Lipodystrophie et diabète Prévention et prise en charge 1

Lipodystrophie et diabète Prévention et prise en charge

Article mis en ligne par le Dr Benichou

Une lipodystrophie c’est quoi ?

Une lipohypertrophie est une anomalie du tissu graisseux sous-cutané qui se traduit par des tuméfactions apparaissant au fil des années aux sites d’injection de l’insuline. Elle est la conséquence de l’effet combiné de l’insuline qui est un facteur de croissance et des traumatismes dus aux injections répétées au même endroit.

Quelles en sont les conséquences ?

Au-delà de leur aspect parfois disgracieux, l’injection de l’insuline dans ces lipodystrophies peut entraîner une résorption imprévisible de l’insuline et conduire à une instabilité  glycémique avec alternance d’hyper et d’hypoglycémies.

Ainsi, un retard de résorption de l’insuline peut donner lieu à un épisode hyperglycémique. Le patient va alors adapter ses doses en les augmentant pour répondre à cette montée de glycémie. Mais s’il injecte cette nouvelle dose dans une zone de tissu sous cutané sain la résorption d’insuline sera alors complète et pourra être à l’origine d’une hypoglycémie car la dose injectée sera trop importante.

Comment les détecter ?

La recherche de lipodystrophies doit être réalisée au moins 1 fois/an par un professionnel de santé.

Elle consiste en une évaluation visuelle associée à une palpation des sites d’injection. Mais il est également important que le patient apprenne à inspecter lui-même ses sites d’injection et ce de manière régulière.

 

 

 

Comment les prévenir ?

Pour prévenir les lipodystrophies il existe 3 mesures simples

  • Réaliser une rotation optimale des sites d’injection

Une bonne technique d’injection inclut un schéma de rotation personnalisé sur les 4 sites possibles

    • L’abdomen
    • Les cuisses
    • Les fesses
    • Les bras

La rotation des sites d’injection peut être réalisée en divisant les sites d’injection en plusieurs zones à utiliser sur une semaine et en changeant toutes les semaines. Au sein de chaque zone, les injections les injections devront être espacées d’environ la largeur d’un doigt. Ainsi chaque point d’injection ne sera pas utilisé plus souvent qu’une fois toutes les 4 semaines.

  • Utiliser la bonne longueur d’aiguille

La longueur des aiguilles est à prendre en compte pour favoriser une rotation optimale. Il est actuellement recommandé pour tous les patients d’utiliser des aiguilles courtes (4 mm) pour permettre d’injecter dans des zones plus larges,  pour permettre d’utiliser differents sites d’injection tout en minimisant les risques d’injection intramusculaire. Cela permet donc de diminuer la fréquence des injections sur un même site et de reduire le risque de developper des lipodystrophies.

  • Ne pas réutiliser les aiguilles

En France près  d’un patient sur 4 réutilise ses aiguilles, le plus souvent par facilité.

Ils n’ont généralement pas conscience des conséquences engendrées par leur réutilisation. En effet, cette réutilisation abime et fragilise l’aiguille et cela a des impacts multiples. L’aiguille n’est plus stérile, elle a davantage de risque de se tordre ou de se casser ; le silicone est en partie enlevé, le biseau se déforme ce qui provoque une augmentation du risque de microtraumatismes de la peau et  donc une augmentation du risque de provoquer des lipodystrophies.

Il est donc important de sensibiliser les patients à l’importance de ne pas réutiliser les aiguilles afin de limiter le risque de douleur à l’injection et de limiter le développement des lipodystrophies

Une fois installées, comment les prendre en charge ?

  • Cessez les injections dans les lipodystrophies et repérer des zones saines ou injecter

Pour limiter les traumatismes d’une part et assurer une résorption plus régulière de l’insuline d’autre part, il est fondamental que le patient n’injecte plus son insuline dans les lipodystrophies. Le rôle des professionnels de santé sera de l’aider à identifier les zones saines ou il peut injecter afin de laisser au repos la zone des lipodystrophies jusqu’à disparition complète de celles-ci ce qui peut prendre des semaines ou même des mois.

  • Adapter les doses d’insuline

Si le patient injectait dans une lipodystrophie et qu il cesse les injections dans cette zone, il sera nécessaire d’adapter les doses d’insuline. En effet le transfert d’une injection d’une zone lipodystrophique à une zone saine nécessite le plus souvent une réduction des does d’insuline. Cette réduction varie d’un patient à l’autre  mais est souvent >20% de la dose initiale. Sur ce point le médecin a un rôle fondamental à jouer afin d’éviter tout risque d’hypoglycémie.

 

 

 

Les lipodystrophies  sont des complications fréquentes d’une technique d’injection inadéquate avec des conséquences négatives sur l’équilibre glycémique du patient.

Il existe des mesures simples pour prévenir le risque de lipodystrophie a savoir réaliser une rotation optimale des sites d’injection, utiliser la bonne longueur d’aiguille (4mm pour tous les patients) et ne pas réutiliser les aiguilles.

Une fois les lipodystrophies installées, il est important de ne plus injecter dans ces lipodystrophies jusqu’à disparation complète de celles-ci et de rechercher des zones saines d’injection avec adaptation des doses d’insuline pour éviter le risque d’hypoglycémie.


Le petit lexique de l'endocrino 2

Le petit lexique de l'endocrino

A

Acétone: C’est le déchet fabriqué par l’organisme quand il ne peut pas utiliser le glucose (le sucre) comme énergie. C’est un produit acide et dangereux nécessitant un traitement urgent s’il s’accumule.
Acétonémie: Présence anormale dans le sang d'acétone ou de cétone.
Acétonurie: Présence d'acétone dans les urines.
Anti diabétiques oraux : Médicaments qui aident à la régulation du taux de sucre dans le sang.
Asthénie: Une fatigue anormale qui perdure ou ne disparaît pas totalement malgré le repos.

B

Basal: Injection d’insuline lente qui dure 24h.
Bolus: Injection d’insuline rapide pendant le repas.
Diabète: Se définit par une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1.26gr/l à 2 reprises, ou une glycémie supérieure à 2gr/l à n’importe quel moment de la journée.

E

Echo-Doppler artériel : Examen permettant d’enregistrer le flux sanguin et de visualiser la paroi des artères du cou et des membres inférieurs.

F

Féculents : Correspond aux sucres lents (pomme de terre, pâtes, riz, semoule …).
Fond d’œil: Examen de la rétine permettant de rechercher la présence de diabète dans les yeux. Cet examen doit être réalisé de manière régulière une fois par an chez un ophtalmologue car la plupart du temps l’atteinte des yeux ne s’accompagne d’aucun symptôme particulier.

G

Glucide : C’est ce que l’on appelle communément le sucre. Il existe 2 catégories : lent et rapide.
Glycémie Capillaire: Technique de lecture instantanée de la glycémie au bout des doigts.
Glycémie Interstitielle: La mesure du glucose en continu correspond au taux de glucose contenu dans le liquide qui se trouve entre cellules (liquide interstitiel). Mesurer actuellement par le FreeStyle et capteurs de glycémie.
Glycosurie: Présence de sucre dans les urines que l’on peut détecter avec une bandelette urinaire.

H

Hémoglobine Glyquée (HbA1c): C’est la moyenne de mes glycémies sur les trois derniers mois. C’est facile à mesurer par une simple prise de sang. Elle s’exprime en % et doit se situer au-dessous de 7%.
Hypoglycémie: Taux de sucre dans le sang inférieur à 0.80 g/l.
Hyperglycémie: Taux de sucre dans le sang supérieur à l’objectif défini par le médecin.

I

Index Glycémique: Critère de classement des aliments en fonction de leur contenu en glucides, basé sur leurs effets sur la glycémie.
Insuline: Hormone sécrétée par le pancréas. Son rôle est de faire baisser le taux de sucre dans le sang en permettant l’utilisation du sucre par les cellules de l’organisme.
Insuline Rapide (pour manger): correspond à l'insuline dont le corps a besoin pour couvrir les apports de glucides lors des repas (bolus).
Insuline Lente (pour vivre): Elle équilibre la glycémie toute la journée. Elle correspond à l'insuline dont le corps a besoin pour bien fonctionner (basale).
Insulino-Résistance: Une situation où les cellules deviennent moins sensibles à l’insuline et où le patient a besoin de plus grandes doses d’insuline.
Insulinothérapie: Traitement du diabète à l’aide d’injections insuline.

M

Maculopathie: Atteinte de la macula (partie centrale de la rétine de l’oeil) qui constitue la principale cause de malvoyance chez un diabétique.
Microalbuminurie des 24 heures: Correspond à la présence d’une petite quantité de protéines dans les urines des 24heures.

N

Nécrose: C’est la mort et la décomposition des tissus dans une zone précise.
Neuropathie: Complication du diabète caractérisée par une atteinte des nerfs, surtout au niveau des membres inférieurs.
Néphropathie: Complication du diabète caractérisée par une atteinte du rein.

O

Objectif glycémique: Se définit pour chaque patient une fourchette glycémique adaptée à son type de diabète, à son âge, à l’existence ou non complications. C’est la zone dans laquelle doivent se situer les glycémies pour obtenir un bon équilibre.

P

Post Prandial: Glycémie réalisée 2h après le repas.
Pancréas: Organe qui se trouve dans l’abdomen. Certaines de ses cellules fabriquent l’insuline.
Protéinurie des 24 heures: Correspond à la présence anormale d’une plus grande quantité de protéines dans les urines de 24 heures.

R

Rétinopathie Diabétique: Complication du diabète caractérisée par des lésions de la rétine de l’œil.
Règles Hygieno – Diététiques: Ensemble des mesures, des procédés et des techniques mis en œuvre pour préserver et améliorer la santé. En rapport à la fois avec l’hygiène de vie (activité physique) et l’alimentation.
Resucrage : Action de consommer un aliment sucré afin de corriger une hypoglycémie.

S

Schéma Basal/Bolus: Correspond à une injection d’insuline lente + trois injections d’insuline rapide au moment des repas.
Schéma Basal + : Correspond à une injection d’insuline lente + une injection d’insuline rapide au moment d’un seul repas.
Schéma Basal ++: Correspond à une injection d’insuline lente + deux injections d’insuline rapide au moment de deux repas.
Syndrome polyuro polydispsique: Fait d’uriner plus de 3 litres par jour (polyurie) associée à la consommation d’une grande quantité d’eau (polydipsie).

 


Le Glucagon nasal, une avancée attendue, approuvée récemment en Europe 3

Le Glucagon nasal, une avancée attendue, approuvée récemment en Europe

Publié par le Dr Radaoui Amina
Extrait de l’article « Le glucagon nasal approuvé en Europe » par le Pr Serge Halimi, paru dans le Quotidien du Médecin

 

 

Nous attendons, depuis plusieurs années, la mise en place d’un spray nasal Glucagon pour faciliter le resucrage des patients diabétiques présentant des hypoglycémies sévères avec troubles de la conscience. Le spray Baqsimi 3mg du laboratoire Lily a obtenu une autorisation de mise sur le marché depuis quelques mois. Le temps et le succès d’administration de cette forme s’avèrent incomparables à la forme injectable du Glucagon, qui doit être réalisée en situation d’urgence par l’entourage du patient, généralement éduqué préalablement.
Pour rappel, l’hypoglycémie sévère est la complication aiguë la plus fréquente, et la plus redoutée par les patients diabétiques, en particulier de type 1, mais elle peut également concerner les diabétiques de type 2 traités par insuline, voire par sulfamides hypoglycémiants. Elle peut provoquer des troubles de la conscience allant jusqu’au coma, rendant le resucrage oral impossible, voir dangereux au vu du risque de fausse route. Il est donc urgent, pour l'entourage, d'administrer au patient du Glucagon, hormone hyper-glycémiante produite par le pancréas, pour corriger la glycémie et permettre le retour à la conscience du patient.
Jusqu’à présent, nous ne disposions que de la forme injectable du Glucagon, par voie sous-cutanée ou intramusculaire. Elle nécessite une préparation à partir d’une poudre et d’un dissolvant. Le patient doit donc éduquer son entourage à sa préparation en cas de nécessité. On estime un temps de préparation d’environ 2 minutes par une personne bien entraînée. Malheureusement cette injection est mal maîtrisée, voir méconnue par l’entourage, à quoi s’ajoute la crainte de mal faire et de porter préjudice au patient, en situation de stress. L’avènement du Glucagon sous forme de spray nasal prêt à l’emploi est donc sans conteste un progrès radical.
Après la FDA américaine (Food and Drug Administration), l’Agence Européenne a autorisé au cours de l’année 2019 le Baqsimi 3mg, forme galénique de glucagon en spray.
Son ouverture est simple. Il peut être conservé à température ambiante entre 18 mois et 2 ans. Il est à usage unique, la dose de 3mg étant délivrée en une seule fois, via l’embout nasal inséré dans la narine et propulsé par la pression exercée sur le piston du dispositif. Cela ne nécessite aucune inhalation du patient. Au total, et selon les études réalisées, ce geste est estimé à 15 secondes, et reste aussi efficace que l’injection de Glucagon.

 

Baqsimi 3mg a obtenu une autorisation de mise sur le marché pour les diabétiques à partir de l’âge de 4 ans. Sa disponibilité faciliterait la gestion de cette situation d’urgence, notamment dans les écoles et autres lieux d’éducation ou de travail – et, bien sûr, chez les particuliers ou dans le sac d’un conjoint ou d’un proche, lors d’un voyage ou d’une randonnée. Après de nombreux essais infructueux d’autres formes de glucagon nasal, Baqsimi représente un progrès majeur pour les patients, leur entourage et les soignants. Nous attendons maintenant impatiemment sa commercialisation en France.

 


LES PLUS DU SYSTEME FREESTYLE LIBRE 2 4

LES PLUS DU SYSTEME FREESTYLE LIBRE 2

Mis en ligne par le Dr Céline Eid

Le sytème FreeStyle Libre : une innovation en matière de diabétologie

L’autosurveillance glycémique a été révolutionnée il y a 5 ans par l’arrivée du FreeStyle Libre, système Flash d’autosurveillance du glucose.

Pour mémoire, il s’agit d’un dispositif de mesure continue du glucose qui permet de s’affranchir de la piqûre au bout des doigts. Ce système est composé d’un capteur placé à l’arrière du bras et d’un lecteur. Le capteur est changé tous les 14 jours et ne nécessite aucune calibration.

 

                                                     

 

A chaque scan, le lecteur affiche instantanément le taux de glucose, indique par une flèche la tendance à la hausse ou à la baisse des variations glycémiques et visualise la courbe glycémique des 8 dernières heures.

Ce capteur est remboursé pour les patients diabétiques de type 1 ou de type 2, traités par au moins 3 injections  d’insulines quotidiennes ou par une pompe à insuline. La prescription initiale doit être faite par un diabétologue à raison de 2 capteurs par mois pour une durée de 3 mois et peut être renouvelée par le médecin traitant.

 

Quels sont les plus du FreeStyle Libre 2 ?

La technologie FreeStyle Libre évolue avec l’arrivée en France en mars 2020 du FreeStyle Libre 2 dont les performances sont améliorées pour une meilleure précision notamment dans les plages basses du taux de glucose.

Tout aussi facile d’utilisation que le FreeStyle Libre, le dispositif FreeStyle Libre 2 met à disposition des alarmes optionnelles de taux de glucose (glucose bas ou glucose haut) et de perte de signal, faciles à paramétrer (choix du seuil d’hypo ou d’hyper) et à personnaliser (son et/ou vibration).

A l’heure actuelle, les alarmes optionnelles ne sont disponibles que si le capteur est scanné par un smartphone au moyen de l’application FreeStyle Libre Link. Cette application est disponible sur Google Play pour Android et l'App Store pour les iPhones.

Le capteur FreeStyle Libre 2 est compatible avec le lecteur FreeStyle Libre 2, l’application FreeStyle Libre Link ou le Lecteur FreeStyle Libre actuel à condition d’avoir effectué la mise à jour du lecteur sur le site www.freestylediabete.fr. En revanche, les alarmes optionnelles ne sont disponibles qu’avec l’application FreeStyle Libre Link et ne peuvent être activées lorsque le capteur est scanné par le lecteur FreeStyle Libre, même mis à jour.

Le FreeStyle Libre 2 n’est pas encore remboursé en France mais disponible à l’achat sur le site FreeStyle Libre pour les patients qui souhaiteraient l’acquérir.

 

En conclusion

Si l’arrivée du Freestyle Libre a révolutionné le monde de la diabétologie, le Freestyle Libre 2 apporte une sécurité supplémentaire au quotidien de part sa plus grande précision et la mise à disposition d’alarmes optionnelles en cas de taux de glucose bas ou élevé.


Quel aide mémoire pour le suivi du patient diabétique ? 5

Quel aide mémoire pour le suivi du patient diabétique ?

Article mis en ligne par le Docteur Nelly MORTINIERA. Tiré de l’article publié dans Diabétologie Pratique numéro : 76 de juin 2020, publié par : B. Bauduceau, A. Sultan, L. Bordier. Service Endocrinologie, Hôpital d’instruction des Armées Bégin, Saint Mandé. Equipe Nutrition-Diabète, CHU Lapeyronie, Montpellier. France.

 

Introduction :

Le suivi des patients diabétiques nécessite des échanges personnalisés réguliers entre le patient et les soignants. Le diabète de type 2 étant une affection chronique silencieuse, la réalisation de contrôles périodiques est indispensable. Au fil du temps, les recommandations des sociétés savantes, portant sur la fréquence des contrôles et les objectifs à atteindre se sont précisées grâce aux résultats des différentes études menées dans le cadre du diabète.  Le but d’élaborer un aide-mémoire pour les diabétiques est de dresser un calendrier pratique des examens à réaliser dans les délais souhaités pour améliorer la qualité des soins et optimiser la prise en charge des patients diabétiques. Cela permet aussi de diminuer de plus de moitié les complications et la mortalité des patients diabétiques.

Les consultations trimestrielles :

Elles sont faites en dehors de problèmes aigus ou de la survenue de complications. Elles sont réalisées par les médecins traitants en particuliers pour les diabétiques de type 2. Il s’agit de :

-          L’évaluation des mesures hygiéno-diététiques.

Le suivi régulier de ces mesures est souvent négligé si bien que leur efficacité est sous-estimée. Une alimentation équilibrée et la pratique d’une activité physique régulière constituent la première étape de prise en charge des patients diabétiques. Ce suivi doit être systématique. L’incitation à l’arrêt du tabac est importante chez les diabétiques fumeurs.

 

               

 

-          La surveillance du poids et la mesure de la pression artérielle.

Elle est importante. Elle permet de calculer l’Indice de Masse Corporelle (IMC). En cas de surpoids ou d’obésité, la perte même de quelques kilos est souvent bénéfique car elle permet d’améliorer le niveau de glycémie et de pression artérielle.

Le contrôle de la pression artérielle est un temps important. L’HTA (hypertension artérielle) est très fréquente puisqu’elle touche 80 % des patients diabétiques de type 2 et environ 20% des patients hypertendus sont diabétiques. L’objectif idéal de la pression artérielle se situe autour des 140/90mmHg de tension. En cas d’atteinte rénale, l’objectif est plus ambitieux et se situe autour des 120/75mmHg de tension. Chez les patients âgés traités par plusieurs médicaments l’objectif souhaité se situe autour des 150/90mmHg de tension.

                             

-          Vérifier la qualité de l’équilibre glycémique.

Elle se fait grâce au dosage de l’hémoglobine glyquée (HbA1c). Elle se fait au laboratoire tous les 3 à 4 mois. C’est le reflet de l’équilibre glycémique. Pour la majorité des diabétiques la valeur d’HbA1c souhaitée se situe en dessous de 7%. En cas de découverte récente du diabète chez un sujet sans comorbidités (HTA, obésité, hypercholestérolémie etc…) ce chiffre peut être ramené  autour de 6,5%. En revanche, chez les sujets âgés ou présentant de nombreuses comorbidités dont certaines peuvent être très évoluées, ou encore chez des personnes ayant un diabète évoluant depuis très longtemps avec des atteintes importantes au niveau des reins, des yeux, des nerfs, la cible d’HbA1c recommandée se situe entre 7 et 8%.

Le contrôle régulier des glycémies à domicile est utile car il va permettre de voir l’effet du respect ou non de l’alimentation et de l’activité physique, de vérifier les glycémies d’après repas et de dépister les hypoglycémies non ressenties. L’arrivée des appareils mesurant le taux de glucose en continu chez les patients traités par au moins 3 injections d’insuline ou par pompe sous-cutanée est un progrès considérable.

            

 

Les consultations annuelles :

Elles seront plus complètes et vont intégrer les éléments de contrôle évalués lors des consultations trimestrielles (mesures hygiéno-diététiques, poids, pression artérielle, analyse de l'hémoglobine glyquée tout au long de l’année). Elles seront complétées par :

-          L’examen des pieds.    

Toutes les précautions doivent être prises pour éviter la survenue de plaies au niveau des pieds des patients diabétiques. On recherchera des déformations, on testera la sensibilité des pieds et on les examinera à la recherche du moindre problème. En cas d’anomalie, les conseils de prévention seront renouvelés. Parfois des examens plus poussés seront prescrits. La participation des pédicures et des podologues est indispensable à la réalisation des soins du pied du diabétique.

 

-          La vérification de la couverture vaccinale. 

Si le vaccin contre la grippe et le tétanos sont devenus une évidence chez le diabétique, celui contre le pneumocoque, la coqueluche ou le zona ne le sont pas encore assez. La campagne de vaccination contre la grippe est le bon moment pour faire le point des divers vaccins fortement conseillés chez les diabétiques. Cette démarche va permettre de limiter l’importance de ces maladies qui peuvent lourdement altérer la qualité de vie des patients diabétiques.

-          Le dosage de la créatinine et de la petite albumine dans les urines.

Elles vont permettre de dépister une dégradation de la fonction rénale et une atteinte même débutante du rein par le diabète. La présence de cette petite albumine dans les urines peut aussi traduire la possibilité de faire un évènement cardiaque ou vasculaire tel qu’une crise cardiaque ou une attaque cérébrale. Elles vont permettre également d’intensifier les traitements du patient au profit de médicaments qui protègent le rein du diabétique encore appelés « médicaments néphroprotecteurs »

                                                      

 

-          La recherche d’un taux élevé de cholestérol.

Il peut s’agir d’un excès de triglycérides ou de cholestérol, fréquemment retrouvé chez les diabétiques. Toutes les études réalisées ont montré l’intérêt de traiter ces anomalies du cholestérol chez le diabétique pour prévenir les complications cardiaques ou au niveau des artères.

-          L’examen ophtalmologique et le suivi bucco-dentaire.        

Il va permettre de mettre en évidence l’atteinte des yeux par le diabète encore appelé « rétinopathie diabétique ». Il va aussi permettre de dépister le glaucome, la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge), et la cataracte responsables de troubles de la vue.

                                  

 

La santé de la bouche est très souvent négligée. Chez le diabétique un mauvais état bucco-dentaire va favoriser les caries ou les abcès dentaires, les problèmes de gencives et les déchaussements de dents. Ces infections peuvent entretenir un déséquilibre glycémique. Une consultation chez le dentiste est de ce fait indispensable.

Les examens à réaliser tous les 3 à 5 ans ou devant des signes évocateurs :

-          Le dépistage de l’infarctus silencieux ou de l’insuffisance cardiaque du diabétique.

Il se fait auprès du cardiologue par des examens tels que l’échographie cardiaque, l’épreuve d’effort cardiaque ou l’échographie de stress, la scintigraphie cardiaque…

                              

 

-          L’écho-doppler des artères du cou et des jambes.

A la recherche d’une atteinte des artères qui nourrissent le cerveau et les membres inférieurs. En cas d’anomalies sévères de ces artères, elles peuvent être responsables d’attaque cérébrale et d’artérite jambière augmentant le risque d’amputation chez les diabétiques fumeurs.

 

                                   

 

Conclusion :

La relation médecin-malade occupe une place importante dans le suivi du diabétique. Normaliser la glycémie, la tension, le taux de cholestérol est aussi important que de surveiller les yeux, les reins, le cœur et les artères du diabétique pour lutter contre l’apparition de complications, pour améliorer la qualité de sa prise en charge et permettre l’augmentation de sa qualité de vie. Pour aboutir à ces résultats, la bonne connaissance des objectifs et le respect du calendrier des contrôles est primordial.

 


Les stars et le diabète 6

Une personne sur 11 souffre de diabète dans le monde. Cette maladie n’épargne personne, l’homme riche ou le pauvre, Mr Tout Le Monde ou la star d’Hollywood, l’avocat ou le politique, personne n’y échappe. Mais il n’empêche pas pour autant de briller sous les feux des projecteurs.
Aujourd’hui, nous dressons quelques portraits de personnes diabétiques célèbres

1/ Dans le monde du cinéma

Sharon Stone

Sharon Stone est atteinte du diabète de type 1. La belle actrice de Basic Instinct est donc traitée par des injections d’insuline qu’elle doit répéter 4 fois par jour et doit surveiller sa glycémie de façon régulière. Cependant, cela n’a pas empêché de poursuivre sa carrière à Hollywood.

Halle Berry

Elle découvre qu’elle est diabétique à l’âge de 23 ans, où lors d’une émission de télévision, où elle s’évanouit et tombe dans un coma diabétique. Halle Berry se confiera peu de temps après à un journal britannique : "Finalement, apprendre que j'étais diabétique s'est révélé être un bienfait pour moi car le diabète m'a donné la force et la dureté pour faire face à la réalité."

Depuis, la jolie actrice a appris à vivre avec cette maladie: elle contrôle quotidiennement sa glycémie en suivant un régime alimentaire équilibré et en faisant de l’exercice quotidiennement. En 2009, Halle Berry devient même porte-parole pour la Fondation des enfants atteints de diabète.

Tom Hanks

Alors qu’il présentait des symptômes depuis longtemps, c’est en 2013 que Tom Hanks découvre son diabète de type 2. Sur un plateau, il explique comment il a appris la nouvelle. “Je suis allé voir les médecins ils m’ont dit ‘Vous voyez ce grand taux de sucre dans votre sang avec lequel vous vivez depuis vos 36 ans ? Eh bien, ça y est : vous avez un diabète de type 2, jeune homme.”

Jacques Villeret

Jacques Villeret n’a jamais voulu soigner son diabète multicompliqué. Mais l’acteur cultissime du " Dîner de cons" n’a jamais voulu se soigner ! En bobn vivant, il a profité de la vie en abusant de la bonne chère et de l’alcool. Il est décèdé à l’âge de 53 ans d’une hémorragie interne hépatique. Son diabète non traité est fortement en cause dans cette mort prématurée.

2/ Chez les humoristes

Jean-Marie Bigard

L’humoriste Jean-Marie Bigard a annoncé être atteint d’un diabète insulinodépendant en janvier 2006. Dans une interview il revient sur sa réaction lors de l'annonce du diagnostic par son médecin. "Au départ, quand tu l'apprends, c'est la colère", poursuit Jean-Marie. "Je suis un loup! Vous n'allez pas me faire bouffer de la salade, je préfère crever! Mais je me suis rangé parce que, sinon je crevais. Littéralement. Ça calme bien, ce genre d'échéance!".
Aujourd’hui, il estime que le "bon Dieu" lui a d'ailleurs fait un cadeau. "Je brûlais un peu la vie par les deux bouts. J'étais comme disent les mécaniciens, réglé, "un peu riche"; y avait plus d'essence que d'air qui rentrait, ça faisait fumer la bagnole. C'est comme si le bon Dieu m'avait dit: Attends, je vais te réexpliquer mais mieux. Et là, j'ai compris. Je suis régulier. Je mange juste ce qu'il faut, c'est une vraie contrainte quotidienne mais c'est pour avoir une belle vie."
Il soutient actuellement l’association DIDi & Diabeline, l’association des enfants Diabétiques Insulino Dépendants

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3/ Et en musique…

Elvis Presley

 

Le King, l’artiste qui a vendu le plus de disques dans le monde (le milliard est atteint) était atteint de diabète. Il disait que «Le diabète est une douleur, mais il ne doit pas vous empêcher de réaliser vos plus grands rêves ». Bien que diabétique, il n’a jamais cessé de croire en son destin.

 

4/ Chez les sportifs de haut niveau

Nacho Fernandez

Le défenseur espagnol du Real Madrid est diabétique. C’est à l'âge de 12 ans, qu’on lui a diagnostiqué un diabète de type 1 et brisé par la même occasion son rêve de devenir footballeur. "Je me rendais à un tournoi pour le Real Madrid, mais je venais de passer une très mauvaise semaine: j'avais bu énormément d'eau et j'étais beaucoup allé aux toilettes. Ma mère a décidé de m'amener à l'hôpital. On m'a diagnostiqué un diabète: j'avais un taux de sucre très, très élevé. C'était le vendredi et on m'a dit que le football était terminé pour moi. J'ai dû vivre tout le week-end avec ce qui a été l'une des pires nouvelles qu'on aurait pu m'annoncer. Le lundi, je suis allé voir mon médecin de famille, qui m'a dit exactement le contraire: faire du sport était la meilleure des choses pour moi, je devais continuer à jouer au foot. Ça a été l'une de mes plus grandes joies d'entendre ça. La seule chose que je devais faire, c'était prendre soin de moi trois fois plus qu'une personne normale. Ça m'a beaucoup aidé pour ma carrière de footballeur puisque l'alimentation et le repos sont fondamentaux pour un sportif de haut niveau. Je ne m'empêche pas de faire quoi que ce soit parce que je suis diabétique. Au contraire, j'en fais parfois plus, si je peux. Si je fais bien attention, il n'y a aucun problème."

5/ Et même en politique

Theresa May

L’ex première ministre britannique, vit aussi avec un diabète dit de type 1 lent (diagnostiqué qu’à l’âge de 56 ans, en 2012). Comme beaucoup de personnes vivant avec un diabète de type 1, Theresa May avoue avoir été choquée, elle ne s’attendait pas à être diagnostiquée avec un diabète de type 1 à son âge.
Cette femme de caractère n’a jamais caché sa maladie aux yeux de tous malgré les risques que cela comportait pour sa carrière. Par exemple, elle aborait un capteur Freestyle Libre lors sommet politique en présence du président américain Donald Trump, en juillet 2018. L’ex première ministre a même déclaré : “Je n’allais pas laisser le diabète m’empêcher de vivre ma vie et d’exercer mon travail”.

Zoom sur le nouveau dispositif Miao Miao 7

Zoom sur le nouveau dispositif Miao Miao

Un nouveau dispositif est apparu récemment sur le marché portant le nom de Miao Miao. Il s’agit d’un « smart reader », ou lecteur intelligent du capteur Freestyle libre qui permet une lecture continue des glycémies interstitielles sans que le patient n’ait besoin de se scanner. Ce dispositif installé sur le capteur Freestyle Libre, va transmettre automatiquement les glycémies interstitielles captées toutes les 5 minutes à un smartphone ou une montre connectée via une application, et permettre au patient de connaitre sa glycémie en temps réel sans se scanner.

Principe d’utilisation

  • Le dispositif Miao Miao se colle sur le capteur Freestyle et sur votre peau à l’aide de stickers fournis dans la boite de livraison. Il est également possible de le renforcer avec un brassard prévu à cet effet.
  • Comme le Freestyle, ce dispositif est étanche, il n’est donc pas nécessaire de le retirer pour la douche, ni la baignade.

 

  • Il doit être rechargé tous les 15 jours via un câble sur secteur ou sur port USB.
  • Les données captées sont transmises à un smartphone via des applications :
    • Spike pour IOS (Iphone), non disponible sur l’Apple store, il faut suivre les indications du site internet pour la télécharger
    • Glimp ou X drip+ pour Androide

Le patient peut en temps réel disposer de sa glycémie capillaire et de la courbe glycémique.

    • Des alertes réglables, en fonction des plages cibles choisies par le patient, vont alors alerter le patient. Il existe des alertes hypo, hyper, et avant hypo, grâce à un algorithme capable de prédire la survenue d’une hypoglycémie dans les minutes qui suivent.

Intérêts et avantages

  • Le patient ne nécessite plus de se scanner pour connaitre sa glycémie. La simple consultation de son téléphone lui fourni ces informations. La glycémie s’affiche directement sur l’icône de l’application, il n’est donc pas nécessaire d’ouvrir l’application pour connaitre sa glycémie. L’ouverture de celle-ci fournit d’avantage d’informations : la flèche de tendance, la courbe glycémique, le temps passé dans la cible, l’estimation de l’HBA1C, les différents événements hypo et hyperglycémiques…
  • Le système d’alerte, permet de prévenir le patient d’une situation potentiellement dangereuse, notamment des hypoglycémies nocturnes non ressenties par certains patients.
  • Il est également possible de transmettre ces données à un autre téléphone, via le réglage « partage » sur l’application. Les parents d’enfants diabétiques peuvent ainsi recevoir les mêmes données sur leur téléphone et suivre à distance et en temps réel la glycémie de leur enfant diabétique.
  • Les données peuvent également être envoyées à une montre connectée, vont alors s’afficher sur l’écran de la montre la glycémie, et la flèche de tendance.
  • Vous pouvez utiliser l’application comme carnet de suivi, en entrant vos doses d’insuline injectées ou bolus, les glucides ingérés, et les activités physiques réalisées.
  • Et enfin, il existe une option vocale pour les patients malvoyants, capable d’énoncer la glycémie

Comment se le procurer ?

Le dispositif se commande sur internet, sur le site https://miaomiao.cool/

  • Après commande il vous est envoyé directement du site de fabrication situé en Chine
  • La boite de livraison contient, le lecteur, son câble de recharge, et le sticker de fixation. Aucune notice n’est mise à disposition.

Coût

Ce dispositif n’est pas encore remboursé par la sécurité sociale, son prix reste l’inconvénient majeur. Son coût est d’environ 199 dollars soit 170 euros, il faut compter en plus les frais de port d’environ 15 dollars (13 euros).
Il faut également savoir que le système n’est pas approuvé par le laboratoire Abott qui commercialise les capteurs Freestyle. Il vient concurrencer le Freestyle libre 2, commercialisé récemment, mais également non remboursé. En effet le Freestyle libre 2 dispose d’un système d’alerte similaire mais les patients doivent continuer à se scanner pour bénéficier des informations.

Déjà le Miao Miao 2

Les fonctionnalités restent globalement les mêmes que celles du Miao Miao 1, quelques améliorations ont tout de même été apportées :

  • Plus fin et plus léger, il limite les problèmes d’arrachement du capteur Freestyle.
  • L’autocollant est également plus adhésif.
  • L’application est différente pour l’Iphone : Tomato qui reste simple d’utilisation. Pour
    les Androides les mêmes applications sont utilisables pour le Miao Miao 1 et 2.
  • Enfin celui-ci dispose d’un QR code à l’arrière de la boite de livraison permettant d’accéder aux instructions d’utilisation.


De l’espoir pour l’avenir professionnel des personnes diabétiques 8

De l’espoir pour l’avenir professionnel des personnes diabétiques

Depuis longtemps les personnes diabétiques ne sont pas libres de choisir les formations puis les carrières professionnelles qu’elles souhaitent exercer du fait de réglementations archaïques.
Par exemple, les carrières militaires sont impossibles avec un diabète de type 1, de même que l’accès à l’ensemble des écoles relevant du ministère des armées (école navale, école spéciale militaire de Saint Cyr par exemple).


D’une manière plus générale, les métiers suivants sont interdits aux personnes diabétiques:

  • Certaines professions relevant de la SNCF (conducteur de train par exemple)
  • Les personnels navigants techniques de l’aéronautique civile
  • Les contrôleurs de la navigation aérienne
  • Le personnel des armées
  • Les sapeurs-pompiers professionnels

D’autres métiers ne sont pas strictement interdits, mais sont fortement déconseillés. Ce sont toutes les professions qui nécessitent une excellente acuité visuelle (métiers de l’horlogerie, mécanique de précision, …) ou les métiers de la sécurité (travail en hauteur, travail sur des machines dangereuses, travail isolé, …).

Aujourd’hui, de plus en plus de diabétiques, soutenus par la Fédération Française des Diabétiques (FFD), soulignent que les progrès thérapeutiques et technologiques devraient permettre de faire évoluer cette situation.

Un peu d’histoire

Depuis sa création en 1997, le service social et juridique de la FFD s’est battu sur ce sujet afin de faire évoluer la réglementation du travail.
Le combat s’est accéléré dans les années 2010 avec la parution du premier livre blanc « diabète et travail, propositions pour en finir avec les discriminations ».
En 2018, la députée Agnès Firmin le Bodo a fait une proposition de loi sur les possibilités d’ouverture du marché du travail pour les personnes diabétiques.
En 2019, la pétition « diabetemetiersinterdits » a été lancée pour alerter les pouvoirs publics et elle a recueilli plus de 30 000 signatures dont celles de plusieurs députés. Et le député Ian Boucard a fait une proposition de résolution invitant le gouvernement à revoir la réglementation sur l’emploi des diabétiques. Mais contrairement à une loi ou à un décret, une résolution n’est pas contraignante mais elle a servi à faire évoluer les mentalités.

Dernières avancées

Fin janvier 2020, la proposition de loi sur « l’ouverture du marché du travail aux personnes diabétiques » a été adoptée par l’Assemblée Nationale.

Ce texte de loi prévoit que « Nul ne peut être écarté d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation au seul motif qu’il serait atteint d’une maladie chronique, notamment le diabète » (article 2 de la proposition de loi).

Bien sûr, les décisions seront prises au cas par cas, après avis d’un médecin afin de vérifier l’absence de « motif impérieux de sécurité et de risque pour leur santé ».

On a donc l’espoir que d’ici deux ans (temps nécessaire prévu par le texte pour mettre en œuvre les changements prévus) les personnes souffrant de diabète ne seront plus discriminées quant à leur choix de carrière sur le seul fait de leur pathologie.

On vous tiendra bien sûr au courant des prochaines avancées sur vos droits au fur et à mesure de l’avancée de la loi.


Les graisses alimentaires : Comment démêler le vrai du faux ? 9

Les graisses alimentaires : Comment démêler le vrai du faux ?

Article mis en ligne par le Dr Muriel BENICHOU d’après une publication du Pr Monnier

 

 

Un grand nombre d’idées reçues circule au sujet du cholestérol alimentaire ou de l’intérêt ou pas de consommer des omégas 3.
Mais qu’en est il vraiment si on confronte ces idées reçues aux derniers travaux scientifiques ?

 

1ère Question : Est-il vrai que le cholestérol alimentaire et la consommation d’œufs augmentent le risque cardiovasculaire ?

Pour rappel, le cholestérol d’origine alimentaire est contenu essentiellement dans le jaune d’œuf, le beurre et les abats.
Le rôle du cholestérol alimentaire restant contesté en tant que facteur de risque cardiovasculaire, une métaanalyse publiée dans le JAMA en 2019 et réunissant 6 études a été conduite pour éclairer cette question .
Les auteurs détaillent les caractéristiques de leur métaanalyse : 29615 sujets, d’âge moyen 51, 6 ans, suivis sur une durée médiane de 17 ,5 années. Pour chaque consommation supplémentaire de 300 mg/j de cholestérol (équivalent de 1 œuf) , le risque cardiovasculaire est augmenté de 17% et la mortalité totale est augmentée de 18% .
Au terme de ce travail les auteurs concluent qu’une augmentation de la consommation en cholestérol alimentaire est associée à un accroissement du risque d’accidents cardiovasculaires ou de décès.

 

2ème Question : Est-il vrai que les omégas 3 ont un rôle protecteur vis-à-vis du risque cardiovasculaire ?

Pour rappel, les graisses dites omégas 3 sont les graisses contenues dans certaines huiles (comme l’huile de colza, l’huile de noix, l’huile de lin), dans les poissons gras (saumons, thon, maquereaux), les noix, ainsi que certains légumes comme la mâche ou les épinards. Elles peuvent être aussi contenues dans certains aliments enrichis comme la margarine primevère ou consommées sous la forme de compléments alimentaires.
Certains nous vantent les propriétés bénéfiques des acides gras omégas 3 dans la prévention et le traitement des maladies cardiovasculaires. Toutefois, la littérature scientifique reste très divisée sur le bénéfice réel de ces graisses et les dernières études notamment l’étude interventionnelle ASCEND qui a porté sur un nombre important de sujets diabétiques avec une méthodologie rigoureuse, confirme que la recommandation de consommer 500 mg d’omégas 3 repose sur des bases fragiles. En tout cas cette étude démontre que si la consommation de 2 portions de poissons gras par semaine reste à conseiller, il n’y a aucun intérêt pour un patient diabétique de prendre une supplémentation en omégas 3 et il est fortement probable qu’elle ne le soit pas davantage chez les personnes qui ont une alimentation normale et qui ne souffrent d’aucune pathologie carentielle.

Conclusion

Les idées reçues concernant les graisses alimentaires doivent être régulièrement confrontées aux données de la littérature scientifique.
Celles que nous venons d’analyser peuvent être résumées de la façon suivante
- Les apports en cholestérol ne doivent pas être excessifs, mais les seuils ne peuvent pas être déterminés.
- Les acides gras omégas 3 n’ont pas fait la preuve de leur rôle protecteur sur le plan cardiovasculaire, si bien que si la consommation de poissons gras 2 fois par semaine reste conseillée il n’y a pas de données permettant de recommander les compléments alimentaires en omégas 3.


Glycémie capillaire et bonnes pratiques 10

Glycémie capillaire et bonnes pratiques

De quel matériel ai-je besoin ?

Pour mesurer votre glycémie capillaire, il vous faut :

  •  Un lecteur de glycémie.

Chez l’adulte, un lecteur de glycémie est remboursé tous les 4 ans si vous êtes sous sulfamides hypoglycémiants, glinides et/ou insuline.
Chez l’enfant et l’adolescent de moins de 18 ans, deux lecteurs sont pris en charge tous les 4 ans, pour en avoir un au domicile et un à l’école.

  •  Des bandelettes adaptées au lecteur de glycémie.
  • Un autopiqueur sous forme de stylo ou autre.

Chez l’adulte, la sécurité sociale prend en charge 1 autopiqueur tous les ans, et chez l’enfant et l’adolescent de moins de 18 ans, la prise en charge est de 2 autopiqueurs tous les ans.

  • Des lancettes si l’autopiqueur est sous forme de stylo.

Et en pratique, je fais comment ?

  • Faire un lavage des mains à l’eau et au savon

Attention ! Ne vous lavez pas les mains avec de la solution hydro alcoolique car elle pourrait réagir avec le réactif contenu dans la bandelette et fausser le résultat.

  • Bien se sécher les mains

En effet, la présence de gouttes d’eau pourrait diluer la goutte de sang et entraîner ainsi un faux résultat bas de votre glycémie.

  • Introduire la bandelette dans le lecteur adapté

et attendre que le lecteur vous indique vous pouvez réaliser la glycémie.

  • Mettre la lancette/aiguille dans l’autopiqueur et régler la profondeur de l’aiguille

  • Choisissez la zone que vous allez piquer

Attention ! Evitez de piquer le pouce et l’index : c’est ce que l’on appelle « la pince ». En effet, la réalisation des glycémies capillaires à répétition peuvent entraîner une perte de sensibilité au bout des doigts et rendre plus difficile le fait d’attraper des objets. De même, privilégiez les côtés des doigts et préservez la partie centrale que l’on appelle « la pulpe ».

  • Piquez la zone que vous avez choisie

  • Faites une pression en serrant la zone

afin de provoquer un afflux de sang.

  • Déposez la goutte de sang sur la bandelette

en vous assurant que le lecteur soit toujours prêt. En effet, si le geste n’est pas réalisé rapidement, le lecteur peut s’éteindre

  • Lisez le résultat

  • Reportez-le dans votre carnet d’auto surveillance glycémique

en indiquant vos commentaires si nécessaire afin de comprendre une éventuelle hypo- ou hyperglycémie.

Important :
- Si votre lecteur dispose d’un logiciel, vous pouvez télécharger automatiquement vos glycémies capillaires à partir de celui-ci. Votre médecin pourra alors les analyser avec vous au moment de votre consultation.

- Les lancettes/aiguilles doivent être jetées, après chaque glycémie capillaire réalisée, dans un collecteur à aiguilles prévu à cet effet. Ne les jetez pas avec vos déchets ménagers.