La dysfonction sexuelle chez la femme diabétique : que savons-nous aujourd’hui ? 1

La dysfonction sexuelle chez la femme diabétique : que savons-nous aujourd’hui ?

(Mis en ligne par le Docteur Nelly MORTINIERA, tiré de l’article publié dans la revue Diabète et obésité d’octobre 2020 par le Dr Bernadette DIJOUX, endocrinologue, Institut de diabétologie et de nutrition du centre, Mainvilliers, Orléans). 

Introduction :

Il s’agit d’un sujet moins abordé que celui de la dysfonction sexuelle chez l’homme. Il est pourtant fréquent. La dysfonction sexuelle chez la femme diabétique se retrouve dans 35 à 71% des diabétiques de type 1 et jusqu’à 65% des femmes diabétiques de type 2 âgées de 18 à 70 ans.  

Les symptômes :

Ils touchent les 3 phases du cycle sexuel normal qui sont : 

La phase de désir : marquée par un manque de motivation pour l’activité sexuelle avec la parte de l’initier ou d’y participer. 

La phase d’excitation : qui résulte de l’association d’un trouble vasculaire ou neurologique associé à une diminution du désir sexuel

La phase de l’orgasme : qui peut être perturbée en fréquence, en intensité et en durée. 

Pour être considérés comme dysfonction sexuelle chez la diabétique il faut que ces signes perdurent pendant au moins 6 mois. 

Les causes :

Elles peuvent être d’ordre : 

Physiologiques : c’est la conséquence d’un diabète ancien surtout s’il est mal équilibré avec l’atteinte vasculaire qui diminue la vascularisation, l’atteinte neurologique qui diminue la sensibilité et les sensations et l’hyperglycémie chronique qui diminue la lubrification et favorise les infections génitales. 

Psychologiques : c’est l’image du corps, la peur de l »’hypoglycémie pendant l’acte sexuel ; la dépression et l’anxiété. 

Médicamenteuses : Les traitements des comorbidités (HTA, cholestérol etc…). 

   

La prise en charge :

Elle est multifactorielle. Elle se résume à : 

  • Une prise en charge psychologique avec le suivi par un spécialiste sexologue,  la mise en place d’un espace de parole, un accompagnement spécialisé en cas de dépression et de suivi et la nécessité d’un travail sur le couple car la solution réside aussi dans le style de vie du couple. 
  • La rechercher de paramètres défavorisant qu’il faudra tenter de circonscrire, c’est-à-dire : 
    • Un meilleur équilibre du diabète
    • La lutte contre l’obésité et le syndrome métabolique
    • Arrêter de fumer, éviter les abus d’alcool
    • Bouger tant que faire se peut. 
    • Prendre en charge l’incontinence urinaire et les troubles du sommeil s’il existent.
    • Trouver un support et une activité sociale permettant de s’épanouir
    • Les traitements médicamenteux non accessibles pour l’heure en France ou très controversés ou encore n’ayant pas d’AMM dans le cadre de la prise en charge de la dysfonction sexuelle chez la femme du fait d’effets secondaires importants…
    • La méthode PLISSIT : il s’agit d’une méthode de prise en charge intensive qui permet d’offrir aux patientes diabétiques, un endroit sûr pour exprimer leurs sentiments, explorer les solutions avec leurs partenaires en se référant à une équipe multidisciplinaire comportant : 
      • Un diabétologue avec un référent nutritionniste
      • Un rééducateur sportif
      • Un urologue, 
      • Un gynécologue
      • Un psychiatre et un psychologue
      • Un sexologue
      • Un physiothérapeute spécialisé dans la thérapie du plancher pelvien. 

Conclusion :

La dysfonction sexuelle est fréquente chez la femme diabétique. Chacune des étapes du cycle sexuel est perturbée. La réponse sexuelle chez la femme est beaucoup plus complexe que chez l’homme. De ce fait les freins retrouvés chez la femme diabétique sont plus nombreux. La prise en charge psychologique est indispensable. La méthode PLISSIT encore peu connue consiste en une prise en charge intensive et pluridisciplinaire autour de cette problématique. Les traitements de la dysfonction sexuelle chez la femme diabétique ne sont pas encore accessible. Les molécules les plus prometteuses sont encore à l’étude. 


NovoPen ® 6 et NovoPen Echo ® Plus : les premiers stylos connectés remboursés 2

NovoPen ® 6 et NovoPen Echo ® Plus : les premiers stylos connectés remboursés

Deux nouveaux stylos à insuline connectés sont désormais disponibles et remboursés depuis le 28 mars 2022 pour les patients diabétiques traités par insulinothérapie en multi-injections.

 

NovoPen®6 NovoPen Echo ®Plus
Nombre d’unités 1 à 60 0.5 à 30
Incrémentation 1 unité en 1 unité 0.5 unités en 0.5 unités

 

Il s’agit de stylos réutilisables avec une durée de vie de 4/5 ans.

Ces stylos sont dotés d’une fonction « mémoire de dose ». C’est-à-dire qu’ils enregistrent l’historique des 800 dernières injections d’insuline, soit environ 3 mois de traitement. Ils calculent, également, le temps écoulé entre 2 injections.

Exemple d’affichage sur le stylo NovoPen ® 6 qui indique la dose de la dernière injection d’insuline effectuée et le temps écoulé depuis cette précédente injection.

Attention, le stylo n’affiche pas la quantité d’insuline qu’il faut injecter.

Composition du NovoPen ®6 :

(Image issue du site de Novonordisk.com)

L’ensemble des données collectées grâce à ces 2 stylos peuvent être transmises (grâce à la Communication en Champ Proche) vers des applications partenaires telles que Glooko, Mydiabby, Diabnext pour permettre un accès des professionnels de santé à ces données et éventuellement une télésurveillance.
La lecture des données sur Libreview ne sera effective qu'en juillet 2022.

Cela permet également de transférer l’historique d’injection du stylo vers un smartphone, une tablette, un PC, un lecteur de glycémie pour tenir un journal d’injection personnel.

Ces stylos connectés sont une innovation importante pour les patients diabétiques traités par multi injections. Ils améliorent le suivi de la maladie, l’ensemble des informations collectées grâce à eux garantissent l’accès du médecin à des données précises.


Diabète et Bouche : la parodontopathie, 6ᵉ complication du diabète 3

Diabète et Bouche : la parodontopathie, 6ᵉ complication du diabète

(Mis en ligne par le Dr Amina Radaoui, service d’endocrinologie, CH Perpignan, résumé de la présentation de Mme FANI ANAGNOSTOU et Mr Vincent BLASCO-BAQUE au Congrès de la SFD 2022)

 

 

La cavité buccale n’est pas épargnée par les complications du diabète. Plusieurs pathologies bucco-dentaires touchent fréquemment nos patients diabétiques tels que les troubles salivaires, la carie dentaire, les troubles neuro sensorielle, la xérostomie (la sécheresse buccale). La parodontopathie est sans doute l’une des plus fréquentes, sa relation avec le diabète est bidirectionnelle et explosive. Nous allons nous y pencher plus en détails dans cet article. Pour commencer, quelques mots sur les autres atteintes buccales fréquentes chez le patient diabétique :

  • La xérostomie :

Elle touche 34% des patients diabétiques. Il s’agit de la sécheresse buccale, liée à une altération de la quantité et de la qualité de la salive. La salive a un rôle tampon contre l’acidification du PH buccal par l’alimentation. Son altération expose le patient au risque de carie, de gingivite et de lésion ulcéreuse. Les causes les plus fréquentes de son altération sont : l’hyperglycémie, certains médicaments hypoglycémiants, la neuropathie et un flux salivaire diminué.

  • Les affections neurosensorielles :

Les patients rapportent des paresthésies, une dysgueusie, ou une glossodynie avec sensation de brulures, de fourmillements ou de douleur à la bouche qui impactent leur qualité de vie. Les mécanismes physiopathologiques sont complexes, avec une part probable liée à la neuropathie et aux troubles psychogènes. 

  • Les affections de muqueuses : 

Les candidoses et les chéilites angulaires sont très fréquentes chez le diabétique, favorisées par le déséquilibre glycémique.

  • La maladie carieuse :

La carie est une destruction localisée des tissus dentaires par l’acide issue de la fermentation bactérienne des glucides alimentaires. Elle touche 67% des enfants et adolescents diabétiques. L’intérêt du dépistage et de la prévention sont majeurs limiter la maladie carieuse.

  • Perte de dent : 

Le risque de perte de dent est plus élevé chez le patient diabétique avec un risque relatif augmenté à 1,63. Ce risque est majoré par le déséquilibre glycémique.

  • Les parodontopathies :

Les parodontopathies sont très fréquentes chez le patient diabétique, elles font l’objet de nombreuses études ces dernières années, avec plus de 400 publications d’articles par an, tant leurs liens et impact sur le diabète est important. Elles touchent 8 patients diabétiques sur 10, et évoluent à bas bruit : les douleurs sont rares, les saignements sont plus fréquents, mais rarement considérés par le patient. Les conséquences peuvent parois être graves : dans 75% des cas, en l’absence de traitement, la parodontopathie mène à la perte de dent avec une nette diminution de la qualité de vie du patient. Elle représente 10% des frais médicaux de ces patients. 

  • Cause : les parodontopathies sont dues à la plaque dentaire composée d’un biofilm dysbiotique. Le biofilm naturel est altéré et devient dysbiotique avec un PH acidifié du fait d’un mauvais brossage de dent, de l’hyperglycémie, d’une nutrition inadaptée, de médicaments ou d’hormones sexuels… 3 jours de brossage correct des dents suffiraient à supprimer cette plaque dysbiotique. En dehors d’une fluctuation du PH, on retrouve dans ce biofilm altéré une augmentation des germes bacilles gram négatifs chez les patients diabétiques, alors que le microbiote naturel est généralement composé de bacilles gram positifs. Il existe donc une rupture de l’eubiose entrainant une atmosphère pro-inflammatoire.
  • On distingue deux grandes catégories : 
  • La gingivite : il s’agit d’une inflammation chronique de la gencive sans atteinte de l’os alvéolaire

La parodontite : est lié à la formation d’une poche inflammatoire sous gingivale provoquant la destruction du parodonte (tissus qui entourent et protège la dent dans l’alvéole, constitué de la gencive, du ligament et de l’os) et qui aboutit à la perte osseuse, au décollement de la gencive et une perte d’attache entrainant une mobilité dentaire pouvant aller jusqu’à la perte dentaire.

 

  • Les signes cliniques : Les patients souffrant de parodontopathies présentent une gencive inflammatoire rouge, augmentée de volume, lisse et molle, provoquant parfois des douleurs, des saignements, une altération du goût et des difficultés à s’alimenter.

  • Facteurs de risque et profil du patient atteint :
    • Patient âgé de plus 40 ans
    • Antécédent familial
    • Tabagisme actif
    • Susceptibilité dentaire
    • Stress, prise d’anxiolytique
  • Évolution :

Toute gingivite n’évolue pas systématiquement vers la parodontite, un brossage correct, un détartrage adapté et un sevrage tabagique peuvent suffire à la guérison de celle-ci.

À l’inverse, la parodontopathie est une maladie inflammatoire chronique plus complexe, qui implique la libération de cytokines et de métalloprotéines, entrainant la destruction locale du parodonte (gencive, ligament et os). Une classification de sa sévérité est réalisée en fonction du pourcentage de perte osseuse, allant dune atteinte débutante (moins de 10% de perte osseuse) à sévère (avec plus de 50% de perte osseuse), voir très sévère avec perte de denture, complexe à restaurer. 

Les patients diabétiques ont un risque relatif majoré de présenter une parodontopathie de 2,8 à 3,4  par apport à la population générale, avec des atteintes beaucoup plus sévères et étendus. La sévérité de l’inflammation et de la perte osseuse sont également liées à l’hyperglycémie. Ceci s’explique par trois phénomènes aggravants chez le patient diabétique, que sont : la xérostomie, les perturbations des réactions inflammatoires avec un risque infectieux augmenté et l’angiopathie provoquant une anoxie. Tous ces phénomènes plus fréquents chez le patient diabétique contribuent à l’évolution péjorative de la parodontopathie chez le patient diabétique.

Par ailleurs, depuis les années 1990 et la réalisation de nombreuses études, nous savons que les parodontopathies sont responsables d’une inflammation également systémique avec un


Le contrôle continue de la glycémie en sous cutané plus efficace que les contrôles capillaires chez le diabétique de type 1 4

Le contrôle continue de la glycémie en sous cutané plus efficace que les contrôles capillaires chez le diabétique de type 1

(Mis en ligne par le Dr Nelly MORTINIERA tiré de l’article publié par le Pr Louis Monnier dans la revue Diabétologia, 2022).

Introduction : 

La prévention des complications diabétiques chez le sujet diabétique de type 1 passe par le maintien d’une glycémie la plus proche de celle du patient non diabétique.  L’auto-surveillance de la glycémie par piqure au bout du doigt présente des inconvénients évidents qui sont : 

  • Elle ne donne aucune indication sur les variations de la glycémie au moment où la valeur de la glycémie s’affiche à l’écran. 
  • Elle ne permet pas de prédire les montées ou les descentes plus ou moins brutales de la glycémie (tendance hyperglycémie ou hypoglycémie).

L’enregistrement de la glycémie en continu permet de contourner les limites des de l’auto-surveillance au bout du doigt, l’idéal étant l’enregistrement en temps réel de la glycémie. 

Méthode utilisée par les auteurs : 

Pour tester les avantages potentiels ou présumés du CGM (Mesure en Continu du Glucose dans le tissu sous cutané) par rapport à la mesure de la glycémie au bout du doigt, chez les patients ayant un diabète de type 1, les auteurs ont réalisé un résumé de plusieurs études (21 études au total) qui portaient sur une population totale toute étude confondue de 2149 patients ayant un diabète de type 1 traités soit par stylo à insuline soit par pompe à insuline sous-cutanée. 

La valeur de l’hémoglobine glyquée était le critère principal, et la présence d’hypoglycémies sévères ou d’accidents aigus de type que la décompensation en acidocétose étaient considéré comme des critères secondaires, avec un suivi allant de 3 jours à 48 semaines. 

Résultats rapportés : 

De manière globale : 

Les patients ayants bénéficiés de la pose d’un CGM ont davantage amélioré leur hémoglobine glyquée par rapport à ceux qui sont restés sous contrôle glycémique au bout du doigt. En ce qui concerne les hypoglycémies ou les accidents aigus de type décompensation acido-cétosique, le nombre de ces évènements n’ont pas été modifié de manière significative. Cette analyse globale a conduit à la conclusion que le monitoring continu des glycémies en sous-cutané est associé à une amélioration de l’équilibre glycémique chez le diabétique de type 1 sans pour autant réduire les hypoglycémies et les complications aigues du diabète. L’absence de résultat significatif sur ces 2 paramètres (hypoglycémies et complications aigues) est un peu décevante car on aurait pu s’attendre à leur réduction grâce au port du CGM. 

L’analyse en sous-groupes : 

Les auteurs de cette analyse ont ultérieurement procédé à une analyse en sous-groupes en classant les patients en fonction des variantes suivantes : 

  • Le niveau de l’hémoglobine glyquée : La baisse de l’hémoglobine glyquée était plus importante chez les patients ayant une hémoglobine glyquée supérieure à 8%. En dessous de cette valeur la baisse était non significative.  
  • Le type de traitement : La baisse de l’hémoglobine glyquée n’a été observée que chez les patients traités par stylos d’insuline. 

Conclusion générale : 

Cette analyse a montré que le port d’un CGM améliore le contrôle glycémique des patients ayant un diabète de type 1, en particulier lorsqu’ils sont déséquilibrés avant une hémoglobine glyquée supérieure à 8%. Ce résultat encourageant mérite d’être pris en compte dans la stratégie de prise en charges des patients diabétiques de type 1 qui devrait être incités à utiliser plus largement le CGM dans ce type de diabète. Le point négatif est l’absence pour l’instant de réduction des hypoglycémies et des décompensations aigues en acidocétose.  Cette analyse peut dans l’avenir servir de « starter » pour initier d’autres études portant en particulier sur ces 2 derniers points. 


Insulines basales hebdomadaires : où en sommes-nous ? 5

Insulines basales hebdomadaires : où en sommes-nous ?

Selon l’article « Insulines basales hebdomadaires : déjà une réalité ? » de L. Meyer et L. Kessler, paru dans Correspondances en MHDN de mars-avril 2022.
Mis en ligne par le Dr A. Fabre

 

Au cours des dernières années, nous avons pu assister à une avancée considérable dans le traitement du diabète avec notamment l’avènement des nouvelles technologies.

Mais en parallèle, les progrès ne sont pas en reste en ce qui concerne l’insulinothérapie avec le développement des analogues ultrarapides et ultralents de l’insuline.

L’arrivée d’insulines d’action hebdomadaire pourrait constituer une révolution dans la prise en charge des patients diabétiques.

En effet, l’adhésion thérapeutique à l’administration quotidienne d’insuline est souvent un challenge, dans un contexte de maladie chronique. L’utilisation d’une insuline basale hebdomadaire pourrait favoriser l’adhésion au traitement et permettre une amélioration de la qualité de vie.

Actuellement, plusieurs insulines basales hebdomadaires sont en cours de développement clinique avec différentes approches technologiques afin de ralentir l’absorption ou de prolonger l’action biologique des insulines basales.

Parmi les différentes molécules en cours de développement, 2 insulines hebdomadaires sont plus particulièrement avancées dans leur développement : l’insuline basale Fc (BIF) et l’insuline icodec.

L’insuline basale Fc (BIF) :

Il s’agit d’un agoniste du récepteur de l’insuline avec une grande sélectivité pour le récepteur à l’IGF1, sa demi-vie est de 17 jours, avec une grande stabilité pharmacocinétique. Elle a fait l’objet d’essais cliniques de phase II dont les résultats ont été récemment présentés à différents congrès européens et américains.

Dans l’une de ces études, l’utilisation de cette insuline basale hebdomadaire a été considérée comme non inférieure à l’insuline dégludec sur la diminution de l’HbA1c chez des patients diabétiques de type 2 sous traitement mixte, avec des épisodes hypoglycémiques moins fréquents et une bonne tolérance générale.

Une autre étude avec une mesure continue de glucose a montré une variabilité intrajournalière significativement plus faible avec BIF qu’avec l’insuline dégludec pour des temps passés dans la cible similaires.

Devant ces résultats encourageants, 5 études mondiales de phase III vont être initiées en 2022.

L’insuline hebdomadaire icodec :

Il s’agit d’un analogue lent d’insuline à administration sous-cutanée hebdomadaire. Une étude de phase II multicentrique prospective randomisée en double aveugle a comparé l’efficacité et la sécurité de l’administration d’icodec versus une injection quotidienne d’insuline glargine U100 chez des patients diabétiques de type 2 jamais insuliné. Dans le groupe icodec, l’HbA1c a diminué (passant de 8.09% à 6.69%) sans différence significative par rapport au groupe glargine. Les données de sécurité retrouvaient : des réactions au site d’injection chez 5 patients (versus 3 dans le groupe glargine). Les événements hypoglycémiques ont été plus fréquents dans le groupe icodec, avec un nombre comparable d’hypoglycémies nocturnes dans les 2 groupes.

 

Perspectives d’utilisation :

Les patients chez qui l’utilisation de ces insulines semble la plus adaptée sont les patients diabétiques de type 2 dont l’objectif glycémique n’est pas atteint malgré un traitement par antidiabétiques oraux et injectables maximal.

Pour le moment, un tel traitement n’est pas envisagé chez le patient diabétique de type 1 du fait d’une variabilité glycémique au quotidien beaucoup plus importante chez les DT1.

De plus, il persiste de nombreux questionnements pratiques concernant l’utilisation de ces insulines : quelle dose faut-il recommander à l’initiation du traitement ? Quelle est la titration à proposer ? Comment éviter les hypoglycémies ? Quelles sont les contre-indications à leur utilisation ?

Ainsi, le développement d’insulines basales hebdomadaires serait une nouvelle avancée dans le traitement des patients diabétiques, notamment chez les patients diabétiques de type 2. Il existe encore de nombreux questionnements quant à son utilisation, et des études sont en cours pour vérifier la sécurité et l’efficacité d’un tel traitement.


Comment traiter les patients porteurs d’un diabète secondaire à une pancréatite ? 6

Comment traiter les patients porteurs d’un diabète secondaire à une pancréatite ?

Le diabète secondaire à une pancréatite est une complication métabolique fréquente des pancréatites, qu’elles soient aiguës ou chroniques.
Il a été montré, dans de nombreuses études épidémiologiques, que l’incidence des pancréatites est en augmentation, avec le risque d’une augmentation des diabètes secondaires.
Le diabète post-pancréatite est déjà un type de diabète courant chez les adultes, mais il est souvent mal classé et traité comme un diabète de type 2.
Cependant, le profil de ces patients est souvent différent avec notamment un poids normal voir bas, une plus grande sensibilité à l’insuline et un moins bon contrôle glycémique.

Sur la cohorte de patients danois étudiée, la proportion de diabète secondaire à une pancréatite était de 1.5% (pancréatite aiguë 0.9% et chronique 0.6%).
Les patients avaient 59 ans en moyenne, étaient des hommes dans 62.2% des cas, et présentaient certaines caractéristiques cliniques, comme un pourcentage plus élevé de fumeurs (30.4%) et de consommateurs excessifs d’alcool (40.2%). Ils avaient également plus de comorbidités.

La prise en charge de ce diabète présente des particularités et des difficultés avec notamment un recours précoce à l’insulinothérapie.

Il a été récemment montré que l’utilisation de la Metformine chez ces patients était associée à une diminution de la mortalité, et il est recommandé, actuellement, de maintenir la Metformine même en cas de passage à un schéma par multi injections d’insuline.

Par contre, l’utilisation des sulfamides hypoglycémiants doit être évitée au maximum en raison d’un risque augmenté d’hypoglycémies chez ces patients car ils présentent un déficit de sécrétion en glucagon.

Les incrétinomimétiques, à savoir les analogues du GLP1 et les inhibiteurs de DPP4, ne sont pas, non plus, recommandés car ils pourraient accroître le risque de pancréatite.

Le recours à une insulinothérapie est donc plus précoce et plus fréquent chez les patients atteints d’un diabète post pancréatite, avec utilisation d’autant plus fréquente en cas de pancréatite chronique qu’en cas de pancréatite aigüe.

En conclusion, ces études danoises ont montré que les diabètes post pancréatites étaient souvent initialement considérés à tort comme des diabètes de type 1 ou 2, que la prise en charge de ces diabètes n’était pas optimale avec un recours insuffisant à la Metformine et la persistance de l’utilisation des sulfamides hypoglycémiants et des incrétinomimétiques pourtant déconseillés.
Ceci montre le besoin de recommandations claires sur la prise en charge de ces diabètes de plus en plus nombreux.

 

Publié par le Dr Alexia FABRE
D'après les articles suivants :- « Glucose-lowering therapy in patients with postpancreatitis diabetes mellitus : a nationwide population-based cohort study » de Viggers R et al. paru dans le Diabetes Care en 2021 ; - “Clinical and biochemical characteristics of postpancreatitis diabetes mellitus: A cross-sectional study from the Danish nationwide DD2 cohort” de Olesen et al. paru en décembre 2021 dans Journal of diabetes- Article du Pr DARMON paru dans Diabétologie Pratique en octobre 2021


TROUBLES DU COMPORTEMENT ALIMENTAIRE CHEZ LA PERSONNE DIABÉTIQUE DE TYPE 1 7

TROUBLES DU COMPORTEMENT ALIMENTAIRE CHEZ LA PERSONNE DIABÉTIQUE DE TYPE 1

 

La prévalence des troubles du comportement alimentaire est plus importante chez les patients diabétiques de type 1 que dans la population générale.

Il est important d’être vigilants et de savoir reconnaître les signes devant lesquels les suspecter.

Troubles du comportement alimentaire (TCA):

Ils sont définis par l’existence de perturbations significatives et durables de la prise alimentaire. Ils ont des conséquences sur le plan médical général, sur le plan social et engendrent de la souffrance psychique et physique.

La classification DSM-5 de l’American Psychiatric Association retient l’existence de 3 grands TCA :
- l’anorexie mentale (ou anorexia nervosa) : restriction alimentaire avec insuffisance pondérale associée à une peur intense de prendre du poids, à une faible estime de soi et à une dysmorphophobie (altération de la perception du corps)

- la boulimie (ou bulimia nervosa) : épisodes réguliers de prises alimentaires avec perte de contrôle des quantités ingérées associés à des épisodes compensatoires visant à éviter la prise de poids.
- l’accès hyperphagique ou hyperphagie boulimique (Binge-Eating Disorder) : épisodes récurrents de prises alimentaires incontrôlées sans comportement compensatoire associé.

L’étiopathogénie des TCA est encore mal connue. Ils sont d’origine multifactorielle et en lien avec des facteurs de vulnérabilité (« terrain » génétique et/ou anomalies biologiques préexistantes), des facteurs déclenchants (régimes alimentaires stricts, événements de vie majeurs, puberté et œstrogènes) et des facteurs d’entretien (déséquilibres biologiques induits par le trouble, bénéfices relationnels vis-à-vis de l’environnement, « bénéfices » psychologiques).

Un cas particulier : DIABOULIMIE

Contraction des mots « diabète » et « boulimie », ce néologisme décrit un TCA retrouvé spécifiquement chez le patient diabétique et qui se caractérise par le sous dosage volontaire ou l’absence de réalisation de dose d’insuline dans un but de contrôle pondéral.

En effet, la carence en insuline et l’hyperglycémie qui en résulte induisent une glycosurie et une activation du catabolisme.

On estime que de 6 à 7 % des gens atteints de DT1 souffrent de diaboulimie. La prévalence est plus élevée chez les jeunes de 15 à 30 ans, particulièrement chez les femmes, avec de 10 à 40 % des adolescentes et jeunes femmes DT1 concernées.

TCA et DT1

La prévalence de l’anorexie mentale chez les patients DT1 est comparable à celle de la population générale (de 0,3 à 1,5 %), celle de la boulimie semble être un peu plus élevée (de 1 à 2 %), tandis que les TCA atypiques ou non spécifiés seraient de deux à trois fois plus fréquents que dans la population générale (de 4 à 8 %), et bien plus encore si l’on inclut l’ensemble des comportements pathologiques visant à la maîtrise du poids (vomissements, utilisation de laxatifs ou de diurétiques, régimes restrictifs, périodes de jeûne, activité physique excessive, excès alimentaires après hypoglycémie...).

Quelles sont les conséquences ?

L’association du diabète et des troubles du comportement alimentaire, du fait d’un déséquilibre glycémique aigu ou chronique et d’une grande variabilité glycémique, augmente le risque de décompensations acido-cétosiques, et entraîne un risque de complications micro et macroangiopathiques plus précoces et plus sévères.

Il en résulte donc une augmentation de la morbi-mortalité.

Quels sont les facteurs de risque ?

Facteurs personnels généraux :

  • Sexe Féminin
  • Surpoids/Obésité
  • Pressions socio-culturelles
  • Facteurs familiaux
  • Trait de personnalité perfectionniste
  • Mauvaise estime de soi
  • Facteurs psychologiques, anxiété, dépression

 

Facteurs spécifiques liés au diabète et à son traitement :

  • Perte de poids au diagnostic et reprise lors de l’instauration de l’insuline
  • Règles hygiéno-diététiques
  • Retentissement psychologique de la maladie chronique
  • Insulinothérapie fonctionnelle / compte des glucides avec nécessité d’un contrôle de l’alimentation
  • Les hypoglycémies ou la peur des hypoglycémies entraînant un mésusage de l’insuline ou des resucrages inadaptés (parfois même réelles crises d’hyperphagie)

Comment les suspecter / les reconnaître ?

Les éléments cliniques devant faire rechercher un TCA chez un patient diabétique de type 1 sont les suivants :

  • Déséquilibre glycémique chronique
  • Hospitalisations itératives pour acido cétose sans facteurs explicatifs
  • Perte de poids ou fluctuations pondérales importantes
  • Complications précoces du diabète
  • Vécu difficile de la maladie avec anxiété, dépression
  • Difficultés d’adhésion aux soins

 

Un questionnaire a été développé pour aider au dépistage de ces troubles. Il s’agit du questionnaire SCOFF qui comprend 5 questions :

1/ Vous êtes-vous déjà fait vomir parce que vous ne vous sentiez pas bien « l’estomac plein » ?
2/ Craignez-vous d’avoir perdu le contrôle des quantités que vous mangez ?
3/ Avez-vous récemment perdu plus de 6kg en moins de trois mois ?
4/ Pensez-vous que vous êtes trop gros alors que les autres vous considèrent comme trop mince ?
5/ Diriez-vous que la nourriture est quelque chose qui occupe une place dominante dans votre vie ?

Au moins 2 réponses positives sont hautement prédictives de l’existence d’un TCA .

Pour les patients diabétiques de type 1, une variante de ce questionnaire a été proposée en remplaçant la dernière question par « Avez-vous déjà pris moins d’insuline que vous n’auriez dû ? » mais celui-ci n’a pas été validé.

Comment les traiter ?

Nécessité d’une prise en charge pluridisciplinaire avec prise en charge nutritionnelle, psychologiques, diabétologique.

Un suivi médical régulier et rapproché semble nécessaire dans la gestion de ces 2 pathologies.

 

AU TOTAL : 

Il existe une prévalence élevée des troubles du comportement alimentaire chez les patients diabétiques de type 1, notamment la diaboulimie qui consiste en une omission ou un sous dosage volontaire des doses d’insuline dans une volonté de perte pondérale.

Il est indispensable de les rechercher et de mettre en place un suivi rapproché et pluri disciplinaire pour éviter la survenue des complications.

 

Mis en ligne par le Dr Alexia Fabre
Selon l’article « Troubles  du comportement alimentaire et diabète de type 1 – Quand et pourquoi y penser ? » parut dans Diabétologie Pratique en décembre 2021 »
Et l’article  « Conduites alimentaires : la diaboulimie de l’adolescente » du Pr Darmon dans Le Quotidien du Médecin N°9688


Bienvenue au système FREESTYLE LIBRE 3 ! 8

Bienvenue au système FREESTYLE LIBRE 3 !

Article réalisé par le Dr Nelly MORTINIERA,
tiré de la fiche d'information du laboratoire ABBOTT (janvier 2022).

Ça y est le système FREESTYLE LIBRE 3 est sorti, il est pour l’heure non remboursé, mais bien là !

Le système FreeStyle Libre 3 est la nouvelle génération de Mesure Continue de Glucose :

Grâce à une technologie de pointe pour s’adapter à la vie des patients, il vient compléter la gamme des FreeStyle Libre pour répondre aux besoins des patients. C’est le plus petit capteur de glucose, le plus fin et le plus discret au monde ; il correspond à 2 pièces de cinq (5) centimes d’euros empilées. Il possède un applicateur intégré facile à poser. Enfin il est respectueux de l’environnement. Il est constitué de moins de plastique et de carton. Il permet :

  • La mesure continue du glucose en temps réel par une transmission automatique des glycémies vers vos téléphones toutes les minutes ;
  • Une fiabilité pendant 14 jours sans aucune calibration
  • L’absence de perte des données même en cas de perte de signal
  • Le maintien des alarmes de glucose toujours optionnelles
  • L’amélioration de l’équilibre glycémique et la qualité de vie

 

Le capteur FREE STYLE LIBRE 3 s’utilise uniquement avec l’application Free Style Libre 3 (et pas avec l’application Free Style Libre Link.)

L’application FSL 3 est disponible depuis le 25 janvier 2022 pour les téléphones Androïd, puis elle le sera courant du mois de mars 2022 pour les iPhones. Il n’est pas prévu de lecteur FreeStyle Libre 3.

A ce jour, le système FreeStyle Libre 3 n’est pas remboursé. L’achat des capteurs se fait sur le site www.FreeStyleLibre.fr au prix de 59,90 euros.

 

 

En résumé ce qui a changé :

  • Le système Free Style Libre 3 n’est pour l’heure pas remboursé
  • Il est doté du plus petit capteur qui existe au monde respectueux de l’environnement
  • La transmission automatique des glycémies se fait toutes les minutes
  • L’absence de perte des données même en cas de perte du signal
  • Le système Free Style Libre 3 est dotée d’une application Free Style Libre 3 déjà opérationnelle pour les portables Androïd depuis janvier 2022 et en mars 2022 pour les iPhones.


ZOOM SUR LE PANCRÉAS ARTIFICIEL ENFIN COMMERCIALISÉ ET REMBOURSÉ EN FRANCE 9

ZOOM SUR LE PANCRÉAS ARTIFICIEL ENFIN COMMERCIALISÉ ET REMBOURSÉ EN FRANCE

Article réalisé par le Dr Muriel Benichou

                      

 

On attendait la bonne nouvelle depuis des mois. Le Pancréas artificiel est enfin commercialisé et remboursé en France depuis septembre 2021.

 

1/ Qu’est ce que le Pancréas Artificiel ?

Contrairement à ce que ce terme pourrait laisser entendre, il ne s’agit pas d’un organe que l’on greffe à l’intérieur du corps mais d’un dispositif externe posé sur la peau qui va délivrer de manière automatique l’insuline au patient diabétique.

Ce dispositif est constitué de 2 ou 3 éléments communiquant en eux par Bluetooth : un capteur de glucose posé sur la peau qui va mesurer en continu le taux de sucre et transmettre ces informations à une pompe dite intelligente c'est à dire dotée d’une sorte de cerveau appelé algorithme qui va être capable de calculer seule les doses d’insuline nécessaires pour maintenir le taux de sucre du patient dans l’objectif souhaité. Parfois l’algorithme n’est pas intégré dans la pompe mais hébergé dans un troisième élément à savoir un smartphone.

Le terme de Pancréas artificiel ou de Boucle fermée est un abus de langage car le dispositif ne fonctionne seul qu’en dehors des repas. Au moment des repas le patient doit quand même annoncer ses repas en rentrant dans la pompe la quantité de glucides qu’il va manger. Il faudrait donc plutôt parler de Boucle Hybride.

Il s’agit néanmoins d’une avancée majeure pour le patient qui n’a plus besoin de calculer lui-même ses doses d’insuline.

2/ Les différents dispositifs de Pancréas Artificiel

Il existe 3 dispositifs principaux qui ont le marquage CE.

Parmi ces 3 dispositifs, le premier à avoir eu le remboursement en France est le dispositif DIABELOOP et ce depuis septembre 2021. Un second dispositif vient d’obtenir le remboursement avec une publication au Journal Officiel prévue au plus tard fin février 2022 : il s’agit du dispositif  MEDTRONIC

Un 3e dispositif , le dispositif TANDEM n’est lui pas encore remboursé mais son remboursement devrait intervenir courant 2022.

                   --> Le système DIABELOOP

  • Système français à 3 éléments avec la pompe KALEIDO, le capteur DEXCOM G6 et l’algorithme DBLG1 hébergé dans un smartphone (algorithme prédictif type MPC)
  • Fonctionne avec Novorapid ou Humalog 100
  • Commercialisé et remboursé en France depuis septembre 2021

 

                   --> Le système MEDTRONIC

  • Système à 2 éléments avec la pompe 780 G dite intelligente c'est à dire dans laquelle est intégrée un algorithme FID dénommé SMART GUARD et un capteur GUARDIAN SENSOR 3 nécessitant 2 calibrations bientôt remplacé par le SENSOR 4 sans calibration
  • Fonctionne avec Humalog et Novorapid
  • Commercialisation et remboursement acté avec parution au JO prévu au plus tard fin février 2022.

 

                  --> Le système TANDEM

  • Système à 2 éléments avec la pompe T-SLIM dite intelligente c'est à dire dans laquelle est intégrée un algorithme prédictif de type MPC dénommé CONTROL IQ et un capteur DEXCOM G6
  • Fonctionne avec Novorapid et Humalog
  • Non remboursé en France actuellement mais probablement courant 2022.

 

3/ Le Pancréas Artificiel est il un traitement sûr et efficace?

Ces 3 dispositifs ont fait l’objet d’études contrôlées randomisées à la fois chez l’adulte et chez l’enfant à partir de 6 ans. Des études concernant l’enfant de 0 à 6 ans sont en cours notamment avec le dispositif TANDEM .

Ces études confirment l’efficacité et la sécurité d’emploi du traitement par Pancréas Artificiel et ce quel que soit le dispositif utilisé.

  • Avec une augmentation de 10 à 12% du TIR c'est à dire du temps passé dans la cible entre 0 ,7 et 1 ,8 g/l (soit 2h à 2h30 de plus par jour)
  • Avec une baisse de 8 à 9% du TAR c'est à dire du temps passé au dessus de 1 ,8 g/l (soit 2h de moins par jour)
  • Diminution de moitié du temps passé en hypoglycémie (soit une baisse d’environ 20 à 30 min)
  • Baisse de 0,15 à 0,5 % d’HbA1c
  • Pas d’hypoglycémie sévère ou d’acidocétose

 

4/ Le Pancréas Artificiel peut-il être prescrit et remboursé chez tous les patients diabétiques ?

NON

En 2022, le Pancréas Artificiel s’adresse uniquement aux patients diabétiques de type 1, à partir de l’âge de 6 ans, sous pompe à insuline depuis au moins 6 mois avec un équilibre glycémique insuffisant.

Il existe cependant des différences dans les remboursements en fonction des dispositifs :

Indications au remboursement du dispositif DIABELOOP

  • Remboursement uniquement chez l’adulte à partir de 18 ans
  • Chez les patients diabétiques de type 1
  • Sous pompe depuis au moins 6 mois
  • Avec HbA1c8%

Indications au remboursement du dispositif MEDTRONIC

  • Remboursement chez l’adulte et l’enfant à partir de 7ans
  • Chez les patients diabétiques de type 1
  • Sous pompe depuis au moins 6 mois
  • Avec équilibre glycémique insuffisant c'est à dire HbA1c8% mais aussi TIR (Temps dans la cible) <70 % ou hypoglycémies sévères ou fréquentes ou variabilité élevée

Comme indiqué précédemment le système  TANDEM devrait être remboursé courant 2022 et ce chez l’adulte et l’enfant dés l’âge de 6 ans.

 

Conclusion

Le traitement par Pancréas Artificiel est commercialisé et remboursé en France pour 2 des dispositifs présentant le marquage CE et l’on attend le remboursement du  3e dispositif pour courant 2022.

Les indications concernent actuellement  les patients diabétiques de type  1,  à partir de l’âge de 7 ans, ayant déjà une expérience de la pompe à insuline et dont l’équilibre reste insuffisant.

Il s’agit d’une avancée majeure en terme d’efficacité et de sécurité d’emploi mais aussi en terme de qualité de vie avec nette diminution de la charge mentale.


Dysfonction érectile et incontinence urinaire

Dysfonction érectile et incontinence urinaire : deux anomalies peu recherchées chez les hommes diabétiques !

Article mis en ligne par le Dr Nelly MORTINIERA, tiré de l’article publié par le Dr Sébastien BELEY, chirurgien urologue, Paris dans la revue spécialiste Diabétologue by le quotidien du Médecin du 26 mars 2021.

L’incontinence urinaire est fréquente chez les hommes diabétiques

Une étude récente, portant sur des hommes diabétiques hospitalisés dans un service d’urologie de Paris, pour étudier la prévalence et les éléments qui déterminent la présence d’une incontinence urinaire, a montré que 15 % de ces patients étaient atteints d’une incontinence urinaire. Que le mécanisme de cette incontinence urinaire était dans 30% des cas en rapport avec des efforts de miction et dans 52% des cas, en rapport avec une urgenturie encore appelée envie impérieuse d’uriner.
Cette incontinence urinaire n’est pas en lien avec la durée d’évolution du diabète ni avec la qualité de l’équilibre glycémique. 30 % des patients incontinents déclarent que cette incontinence urinaire a un impact sur la qualité de vie.

 

incontinence urinaire

La dysfonction érectile est aussi fréquente chez les hommes diabétiques

Une étude sur la dysfonction érectile chez le patient diabétique réalisée en 2009, a montré que les troubles de l’érection sont une complication fréquente du diabète et touche environ 50% des patients diabétiques après une dizaine d’année d’évolution de leur maladie. Ce risque semble être augmenté avec l’âge, le déséquilibre glycémique, la durée du diabète et la présence de complications du diabète telles que : l’atteinte des yeux par le diabète ou rétinopathie diabétique, ou l’atteinte des reins par le diabète encore appelé néphropathie diabétique. Si de 30 à 34 ans les troubles de l’érection ne concernent que 15% des patients diabétiques, ce chiffre s’élève à 60% après l’âge de 60 ans. Le dépistage des troubles de l’érection permet d’évaluer l’état des artères du cœur. En effet, il existe un lien épidémiologique fort entre la dysfonction érectile et l’atteinte des coronaires notamment chez les patients de moins de 65 ans. Il semble par ailleurs que la sévérité des troubles érectiles soit en relation avec la sévérité de l’atteinte des artères du cœur encore appelée atteinte coronarienne.

Ces problèmes sont malheureusement sous diagnostiqués

En effet, les problèmes d’érection et l’incontinence urinaire font partie des problèmes les plus difficiles à aborder avec le patient diabétique au cours de la consultation, pourtant ils dégradent la qualité de vie de ces patients. Ils créent une importante souffrance chez ces patients et leurs partenaires. Ils entrainent une diminution significative de leurs scores de santé générale, sociale et mentale accompagnés d’une baisse de leur estime de soi.

Dysfonction érectile et incontinence urinaire

Conclusion

La prévalence de l’incontinence urinaire et des troubles de l’érection chez les hommes diabétiques est plus élevée que dans la population générale. Ces complications fonctionnelles en lien avec le diabète ont un réel impact sur la qualité de vie de ces patients, qui pourtant hésitent à en parler en consultation. Il est de ce fait important, que nous en tant que professionnels de santé puissions systématiquement rechercher une incontinence urinaire ou un trouble de l’érection chez les hommes diabétiques.

Dysfonction érectile et incontinence urinaire