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LES NOUVELLES TECHNOLOGIES ET LE DIABETE

Nouvelles technologies et diabète : Où en est-on ?

Réalisé par le Dr Muriel BENICHOU

Quelques définitions

e-santé : technologies pour la santé regroupant la m-santé, les objets connectés et la télémédecine

m-santé= applications pour smartphone et tablette

Objets connectés : pompe à insuline, capteur de glucose, lecteur de glycémie capillaire, podomètre, balance connectée, montre connectée

télémédecine : utilisation d’applications ou d’objets connectés dans le cadre d’une organisation médicale humaine

 

Applications pour le diabète

Il existe actuellement  50000 applications de m-santé disponibles et 50 applications m-santé francophones pour le diabète mais en réalité il en existe beaucoup plus car certaines ne sont pas référencées

Il en existe 3 grands types

  • Carnets virtuels : diabete passeport, diabetopartner, bant etc…

Aide diététique et aide à la quantification des glucides : glucocheck, diabete gourmand, my glucocompteur etc…

  • Programmes d’activité physique et de coaching : S health, Runstatic etc…

Le problème de ces applications est double

    • Il n’y a pas d’évaluation scientifique disponible pour les applications francophones
    • Il existe un référentiel HAS réglementaire mais non contraignant

Il apparaît donc essentiel pour le patient de parler de ou des applications qu’ils souhaitent utiliser avec un professionnel de santé pour s’assurer que les conseils prodiguées par ces applications soient en adéquation avec les recommandations scientifiques.

A noter quand même qu’il existe actuellement 2 labels de qualité pour ces applications santé

  • Medappcare
  • DMD-santé (label europeen)

Néanmoins ces labels de qualité ne remplacent pas l’évaluation scientifique par les autorités de santé ce qui n’est pas le cas actuellement.

CONCLUSION

Les patients diabétiques sont dans l’ensemble très intéressés par les nouvelles technologies et notamment par l’utilisation d’applications sur le diabète. Malheureusement les professionnels de santé sont encore réticents à l’intégration de ces nouveaux outils dans leurs pratiques ce qui est dommageable pour les patients qui ont besoin d’informations et de conseils concernant la fiabilité de ces applications. Il est particulièrement important que les professionnels de santé repensent la relation soignant-patient autour du numérique pour ne pas être un frein mais devenir facilitateur dans l’utilisation de ces nouveau outils. Il est important de s’impliquer pour éviter l’ubèrisation de ces pratiques qui ne sont soumis à aucune réglementation contraignante. 


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Et vos pieds : comment vont-ils ?

ET VOS PIEDS : COMMENT VONT-ILS ?

Mis en ligne par Isabelle ROIG

Vous venez de consulter votre médecin traitant ou votre diabétologue, dans le cadre de la prise en charge de votre diabète. Cette maladie peut s’accompagner de complications du pied pouvant être  sévères  et qu’il convient de prévenir. Il est donc très important que vous preniez une part active dans la surveillance et le soin de vos pieds.. La mise en application de certaines mesures préventives réduit considérablement les complications au niveau des pieds

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VOICI QUELQUES CONSEILS

  • La toilette des pieds

Se laver les pieds tous les jours à l’eau tiède avec un savon doux en évitant les bains prolongés car ils ramollissent les tissus qui deviennent encore plus fragiles.

Les sécher soigneusement surtout entre les orteils en tamponnant pour éviter les mycoses

Hydrater les pieds tous les jours avec une crème en évitant de passer entre les orteils afin de limiter les risques de macération

Eviter les produits agressifs ou allergisants : talc, poudres, spray, déodorant.

  • Comment examiner ses pieds

Inspecter ses pieds quotidiennement en vous  servant d’un miroir dessus dessous  vérifier qu’ il n’y ai pas de mycose ,de  callosité d’ampoules de petites plaies ou de fissures .si toutefois vous avez des difficultés de mobilité ou des problèmes de vue il ne faut pas hésiter à  demander l’aide d’une tierce personne  .

  • Soins des ongles

Couper les ongles bien droits pas trop courts avec un ciseau à bout rond, ne pas utiliser de lime en métal, de râpe    ou tout autre outil agressif ou tranchant « exemple coupe ongles » , ces objets peuvent vous blesser.

Eviter de marcher pieds nus y compris sur les moquettes et à la plage car risque de blessure ou brulure.

Les sources de chaleur (bain trop chaud, bouillotte radiateur, cheminée etc. ) sont à proscrire.

Comment choisir de bonnes chaussures

Le chaussage doit être adapté et confortable privilégier le cuir   talon 3 ,4 cm.

Les  pieds doivent  être  protégé par les chaussettes en coton, fil d’Ecosse ou laine l’hiver et changé tous les jours.

Les tongs, espadrilles, mules et toutes chaussures ouvertes sont fortement déconseillées.

Acheter les chaussures en fin de journée (pieds enflés le soir)

Vérifier si ces chaussures ne sont pas blessantes en passant la main à l’intérieur.

Ne jamais garder les chaussures neuves toute la journée.

Vérifier que votre vaccination antitétanique soit à jour.

Que faire en cas de plaie ?

TOUTE PLAIE MÊME NON DOULOUREUSE PEUT ETRE  UNE URGENCE.

Si vous constatez une plaie, ne pas mettre  d antiseptique sur la peau.

Si vous avez identifié la cause de la plaie (chaussures, corps étranger etc.)

Supprimez-la immédiatement, contactez votre médecin.

Nettoyer la plaie avec de l’eau du savon et la recouvrir avec une compresse, ne pas appliquer de ruban adhésif directement sur la peau.

Mes interlocuteurs privilégiés

Le médecin traitant ou le diabétologue qui examine les pieds au moins une fois par an

Le pédicure podologue qui va vous faire les soins adaptés.

Vos pieds sont comme la prunelle de vos yeux

Pour avoir bon pied, protégez-les

 


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Quelle contraception chez le diabétique ?

Quelle contraception chez la diabétique ?

Mis en ligne par le Docteur Nelly MORTINIERA.

Tiré de l’article du Docteur Hélène CHACRON. Publié  en juin 2019 dans le volume 14 de la revue Diabète & Obésité

 

1 -  La contraception en France : où en est-on ?

En France la prescription de la « pilule » contraceptive représente le moyen de contraception le plus utilisé. Cependant on observe ces dernières années une baisse de son utilisation du fait de risques élevés événements cardio-vasculaires. Bien que la couverture contraceptive médicale des femmes françaises soit l’une des plus élevée au monde, 1 grossesse sur 3, reste non prévue. 8% des françaises en âge de procréer n’utilisent pas de moyens de contraception. Seule 5 % associent 2 méthodes contraceptives (Pilules et préservatifs).

 

 

2 -  Quelles sont les différentes méthodes de contraception possibles ?

Les méthodes contraceptives hormonales:

  • La pilule: Ce sont des comprimés contenant des hormones à prendre tous jours. On distingue
    • Les comprimés combinés qui contiennent des œstrogènes et de la progestérone à des dosages variés. C’est la méthode la plus couramment prescrite.
    • Les progestatifs purs, ils ne contiennent que de la progestérone à des dosages variés. Très faiblement dosés, ce sont les micro-progestatifs.
  • Les progestatifs injectables: ils sont fait en injection dans la fesse tous les 3 mois.
  • Le dispositif intra-utérin hormonal (Stérilet hormonal): C’est un dispositif plastique en forme de T contenant des hormones qui est inséré dans l’utérus par le gynécologue. Il est efficace 3 à 5 ans selon le modèle.
  • L’implant contraceptif : Il s’agit d’un petit bâtonnet inséré dans le bras par le gynécologue, qui libère de façon continue des hormones. Son efficacité est d’environ 3 ans.
  • Le patch contraceptif : C’est un timbre qui se colle sur la peau et qui délivre des hormones qui pénètrent dans le sang à travers la peau. Il est identique à la pilule composée. Il est utilisé à raison d’ 1 patch par semaine pendant 3 semaines par mois.
  • L’anneau vaginal : Il s’agit d’un petit anneau hormonal flexible, en plastique qui contient une association d’hormones identique à la pilule combinée. Il est introduit par la femme elle-même au fond du vagin.

 

                                             

 

Les méthodes contraceptives sans hormones:

  • Le préservatif masculin: C’est une protection en latex qui empêche le passage des spermatozoïdes. Il est mis à chaque rapport.
  • Le préservatif féminin: C’est une gaine qui empêche le passage des spermatozoïdes dans le vagin. Il est mis à chaque rapport.
  • Le diaphragme encore appelé cape cervicale: C’est une protection qui s’insère dans e vagin et qui recouvre le col de l’utérus empêchant ainsi le passage des spermatozoïdes. Il doit être utilisé en association avec un spermicide pour être efficace. Il est mis quelques heures avant le rapport et doit-être laissé en place 8 heures après le rapport.
  • Le dispositif intra-utérin au cuivre (Stérilet au cuivre): C’est un dispositif en forme de T sans hormones implanté dans l’utérus par le gynécologue. Il a une efficacité de 3 à 10 ans selon le modèle.
  • La stérilisation à visée contraceptive: Ce sont :
    • La vasectomie ou l’obstruction des canaux qui transportent les spermatozoïdes, chez l’homme.
    • La ligature ou l’obstruction des trompes, chez la femme.
  • Les spermicides: Ce sont des crèmes, des gels ou des ovules insérés dans le vagin qui inactivent ou détruisent les spermatozoïdes. Ils sont à appliquer avant chaque rapport. Ils fonctionnent mieux en association avec une méthode barrière telle que le préservatif masculin ou féminin et le diaphragme.

                                               

3 -  Quel constat fait-on en ce qui concerne la contraception chez la diabétique ?

La grossesse chez la diabétique doit être programmée. Un contrôle glycémique strict avant la conception permet de diminuer le risque de complication secondaire au diabète pour la mère et le bébé. Chez les femmes diabétiques, la couverture contraceptive est insuffisante. Plusieurs études récentes ont montré que les femmes diabétiques sans désir de grossesse avaient tendance à moins utiliser de moyen de contraception.

La prescription ou la discussion d’une méthode de contraception doit être de ce fait, valorisée dans la prise en charge des patientes diabétiques. Elle doit respecter le souhait de la patiente, mais aussi les potentiels risques cardio-vasculaires et les contre-indications. En effet, de nombreuses études ont montré que le risque de faire une attaque cardiaque ou cérébrale est particulièrement augmenté chez la diabétique utilisant comme moyen de contraception les pilules combinées habituelles d’autant plus que le diabète est ancien (> 20 ans), et qu’il existe une atteinte des yeux, et des reins par le diabète, ou qu’elle présente une atteinte cardiaque ou vasculaire avant le souhait de vouloir une méthode contraceptive. L’existence de facteurs de risque cardio-vasculaire multiples associés au diabète tels que : l’hypertension artérielle, un taux de cholestérol élevé, un tabagisme actif … va contre-indiquer l’utilisation de méthodes contraceptives hormonales, seuls les moyens non hormonaux pourront être proposés, dans ce cas de figure. Les études réalisées avec ces produits n’ont pas mis en évidence d’augmentation du risque vasculaire veineux ou artériel.

Les autres contre-indications telles que : les antécédents de cancer du sein, les problèmes de foie, les antécédents de thrombose artérielle ou veineuse et la présence d’une perturbation du taux de cholestérol sont communes à toutes les femmes sans distinction.

4 -  Quel choix de méthodes contraceptives pour la diabétique ?

Il est recommandé de faire un bilan lipidique avant la mise en route d’une contraception chez toutes les femmes, en particulier en cas de prescription des pilules orales combinées. Ce bilan sera reconduit dans les 3 à 6 mois après l’initiation de la pilule. Une évaluation de l’état métabolique et vasculaire sera systématique et sera accompagnée par la recherche d’éventuelles contre-indications chez les patientes diabétiques à qui il sera proposé une contraception orale. Il n’ya pas de méthodes de première intention à proposer.

  • Une pilule combinée peut être prescrite chez la diabétique, en l’absence de complications avérées du diabète et de cependant de préférer les pilules combinées les moins dosées en œstrogènes. facteur de risque cardio-vasculaire. Il convient
  • En présence de complications avérées, les progestatifs les plus faiblement dosés encore appelés micro-progestatifs ou le stérilet au cuivre représentent les alternatives à utiliser.
  • La contraception injectable est contre-indiquée chez la femme diabétique

Une information complète doit être apportée à ces patientes au moment ou on initie la pilule. Cette information doit portée sur les modalités de prises et d’utilisation du contraceptif choisi, sur son efficacité mais aussi sur ces effets secondaires et les risques potentiels liés au produit choisi.

5 -  Conclusion

Chez la diabétique, la couverture contraceptive est un enjeu majeur pour réduire la fréquence des grossesses non programmées et diminuer le risque de complications maternelles et fœtales. La recherche d’une contraception efficace ne doit pas faire oublier les contre-indications et les éventuelles précautions à prendre avant de lui prescrire une pilule. Les pilules combinées habituelles  peuvent lui être proposées en dehors de facteur de risque cardio-vasculaire et de complications avérées du diabète. Dans tous les cas, les méthodes non hormonales sont possibles. Le choix de la méthode doit se faire en accord avec la patiente et doit être accompagné d’informations claires. Enfin il est nécessaire de maintenir une surveillance régulière afin de réadapter la méthode contraceptive, en fonction de l’évolution de son diabète.

 


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La découverte du diabète chez l'enfant

LA DECOUVERTE DU DIABETE CHEZ L’ENFANT

Mis en ligne par V. HAUTCOEUR, Jessica BELHOCINE et Frédérique POULIN

Extrait du témoignage d’une psychologue lors de la Société Française du Diabète

Avec près de 18 000 jeunes de moins de 19 ans et une progression annuelle de 3.5 % à 7.6 % chez les enfants de 0 à 5 ans, le diabète est une maladie en pleine expansion. D’apparition brutale, le diagnostic  peut être tardif dans plus de 40 % des cas. L’enfant, en plein développement, ne possède pas les mécanismes lui permettant de réguler le  sucre dans le sang. Il est de ce fait, plus vulnérable aux conséquences des déséquilibres des glycémies.

L’annonce du diabète de type 1 chez son enfant est un choc pour les parents. La maladie vient bouleverser l’univers « familial » : « le présent est insoutenable, l’avenir est impensable ».  Elle  renvoie les parents à leur propre histoire, à leur responsabilité dans la transmission de la maladie. Le couple est  mis à mal : morcellement de la famille, deuil de l’enfant en bonne santé…Le processus de deuil est enclenché : les parents subissent plusieurs étapes : mécanisme de défense, refus, surprotection, culpabilité, agressivité, souffrance, angoisse.

      Toute la famille est chamboulée. Les fonctions s’inversent.  La découverte, la prise en charge et le traitement, parfois complexe, sont  source d’angoisse  qui majore le stress des parents. Il faut qu’ils dépassent les ressentis pour accompagner au mieux leurs enfant dans leur nouvelle vie. Il faut que le noyau familial  se restructure, se réorganise.

La place des parents est essentielle dans l’accompagnement de l’enfant. Il faut le guider dans la découverte et l’acceptation du diabète, dans la gestion de son traitement, dans l’intégration des contraintes à la vie de tout les jours, tout en conservant le rôle de parents qui ne doit pas devenir uniquement « soignant ». Il faut faciliter l’intégration sociale et éducative de l’enfant.  Les liens entre parents et adolescent diabétique peuvent être mis à mal car l’adolescent ne trouve pas son espace d’intimité, son autonomie.

En tant que parents, il faut apprendre à lâcher prise, trouver la bonne distance dans le relationnel avec son enfant, maintenir les relations.

En conclusion

La découverte du diabète chez un enfant est un événement majeur qui bouleverse l’organisation familiale. Chacun des membres de la famille va devoir apprendre à connaître  la maladie, chacun va devoir  redéfinir sa place au sein du cercle familial. Il faut prendre le temps, procéder par étape, se faire accompagner.  L’avenir  va résider dans la construction de nouveaux   ponts entre le passé, le présent et le futur qui consolideront  votre famille.

 


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Les perturbateurs endocriniens

LES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

Mis en ligne par le Dr Céline EID, d’après les communications du Pr Patrick Fenichel aux journées Gueritée de 2012 et 2014, l’article du Pr Nicolas Chevalier paru dans « Diabète et Obésité » en décembre 2017 et le site de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Le concept de perturbateurs endocriniens est né dans les années 90 à la suite d’observations faites dans la faune et dans l’espèce humaine en rapport avec l’usage intensif de pesticides dans l’agriculture. Selon  l’Organisation mondiale de la santé, « un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange exogène, possédant  des propriétés susceptibles d’induire une perturbation endocrinienne dans un organisme intact, chez ses descendants ou au sein de sous-populations ». Il s’agit donc de substances chimiques naturelles ou de synthèse capables d’interférer avec le fonctionnement des glandes endocrines, à l’origine de la sécrétion des hormones, avec pour conséquence un effet délétère pour la santé de l’individu ou de sa descendance.

Les sources d’exposition sont multiples et l’on distingue plusieurs grandes familles de perturbateurs endocriniens :

  • Les substances naturelles retrouvées dans l’alimentation comme les additifs : phytoestrogènes, isoflavonoïdes, lignanes (présents dans le soja et la luzerne)
  • Les produits cosmétiques
  • Les surfactants, les conservateurs
  • Les solvants industriels et leurs déchets (chlorobiphényls ou PCB, dioxines)
  • Les plastiques (comme le bisphénol A), les contenants et emballages plastique
  • Les plastifiants (comme les phtalates)
  • Les pesticides, insecticides, fongicides

D’autres molécules à usage pharmacologique : hormones synthétiques telles le diéthylstilbestrol

Le diéthylstilbestrol (Distilbène®) est à la base des hypothèses concernant le rôle de l’exposition foetale aux perturbateurs endocriniens oestrogénomimétiques sur la survenue à distance de pathologies et sur leur éventuelle transmission transgénérationnelle. Ainsi, cette molécule prescrite dans les années 1950 à 1975 chez les femmes enceintes dans le but de limiter le risque de fausse couche est à l’origine d’un risque accru de malformations génitales, d’hypofertilité, de cancers cervico-vaginaux et du sein chez les filles de mères traitées pendant leur grossesse. Dès 2002, des malformations génitales sont rapportées chez les petits-fils de grands-mères traitées par Distilbène®.

 

 

 

 

 

Les perturbateurs endocriniens agissent à divers niveaux. Ils peuvent soit mimer l’action d’une hormone naturelle, soit bloquer l’action de celle-ci au niveau de son récepteur et empêcher la transmission du signal hormonal, soit perturber la production ou la régulation des hormones ou de leurs récepteurs.

 

 

 

 

L’exposition aux perturbateurs endocriniens existe à très faibles doses pour la population générale, ce qui rend son estimation difficile. En revanche, on peut les retrouver à des taux non négligeables dans le tissu graisseux alors qu’ils pénètrent l’organisme via différents modes de contamination. Ils peuvent être ingérés (eau de boisson par exemple, emballage des denrées alimentaires, résidus de pesticides dans les céréales et végétaux…), inhalés (pesticides, solvants…) ou passer la barrière cutanée (cosmétiques, parabènes…).

Plusieurs études expérimentales réalisées chez l’animal ont permis d’appréhender les effets des perturbateurs endocriniens. Toutefois elles soulèvent dans de nombreux cas la question de l’extrapolation des résultats  à l’espèce humaine, notamment pour des expositions à des faibles concentrations et dans des périodes critiques du développement (gestation, lactation, puberté).

Ainsi des études réalisées in vitro et chez l’animal et plusieurs études épidémiologiques suggèrent que l’exposition au bisphénol A jouerait un rôle dans l’obésité, l’insulinorésistance, le syndrome métabolique et le diabète de type 2. Les perturbateurs endocriniens, via leur action oestrogénique ou anti-androgénique, sont aussi suspectés d’avoir des effets sur la reproduction, induisant notamment des anomalies du développement du tractus génital, une baisse de la qualité du sperme et une hypofertilité masculine.  Ils favoriseraient d’autre part la survenue de cancers hormono-dépendants tels que le cancer du sein ou de la prostate et favoriseraient le cancer du testicule. Il a ainsi été constaté aux Etats-Unis 6 fois plus de cancer du testicule chez les ouvriers agricoles exposés à un pesticide organochloré, l’atrazine. L’incidence du cancer du sein est en augmentation régulière avec une grande disparité entre les zones à forte incidence comme l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie et les zones de faible incidence comme l’Asie ou l’Afrique, suggérant le rôle de facteurs environnementaux nutritionnels ou toxiques.

De nombreuses données suggèrent un rôle des œstrogènes et xénoestrogènes dans la formation du système nerveux. Une exposition précoce à des perturbateurs endocriniens à action oestrogénique pourrait donc avoir des conséquences délétères sur le développement psychomoteur et être impliquée dans l’autisme et la démence.

Enfin, certaines molécules peuvent perturber le fonctionnement thyroïdien en modulant de façon modérée les taux de T3 et T4 sans impacter le taux de TSH.

Le cadre réglementaire des substances chimiques est régi par le règlement REACH qui s’applique dans tous les États membres de l’Union européenne. Il prévoit que les substances possédant des propriétés perturbant le système endocrinien et présentant un niveau de préoccupation équivalent aux substances CMR (cancérigène – mutagène – toxique pour la reproduction) puissent être identifiées comme des substances extrêmement préoccupantes et être inscrites sur la liste des substances soumises à autorisation. Les Etats membres dont la France évalueront 300 substances phytopharmaceutiques d’ici 2025 et 100 substances biocides d’ici 2024.

En France, le ministère des Affaires sociales et de la Santé et le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie se sont engagés, lors de la conférence environnementale de septembre 2012, à définir une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens. Cette stratégie a été adoptée par le gouvernement en avril 2014 et intégrée au 3ème Plan national santé-environnement (PNSE 3). Pour exemple, le bisphénol A, qui avait déjà été retiré de la composition des biberons en 2011, est interdit depuis le 1er janvier 2015 dans tout conditionnement, contenant ou ustensile destiné à entrer en contact direct avec les denrées alimentaires (loi n°2012-1442 du 24/12/12).

 

En conclusion, les perturbateurs endocriniens, de part leur ubiquité dans l’environnement, leurs effets potentiels sur la santé et leurs possibles effets transgénérationnels constituent un véritable enjeu de santé publique en France et dans le monde. Aussi la sensibilisation des professionnels de santé, industriels, politiques et populations au rôle de l’environnement sur la santé apparaît-elle essentielle pour prévenir et limiter l’exposition à ces substances en particulier dans les périodes à risque telles que la grossesse, la petite enfance et la puberté.

 


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Du nouveau sur la greffe d’îlots en 2020

Du nouveau pour la greffe d’îlots en 2020

Article mis en ligne par le Dr Muriel BENICHOU  d’après une communication du Pr Pierre Yves Benhamou

La thérapie cellulaire du diabète de type 1 actuellement représentée uniquement par la transplantation d’îlots pancréatiques allogéniques va connaitre une avancée réglementaire significative en 2020.

En effet, alors qu’elle est pratiquée depuis 1999 dans le cadre de Programmes de Recherche Clinique        , la transplantation d’îlots a fait l’objet d’une demande de prise en charge par l’Assurance Maladie dans le cadre d’un dossier déposé auprès de la Haute Autorité de Santé (HAS) en juin 2018

 INDICATIONS

La HAS a publié en octobre 2019 une note de cadrage résumant les indications revendiquées

-Patients présentant un diabète de type 1 chroniquement instable avec fonction rénale conservée

-Patients présentant un diabète de type 1 avec insuffisance rénale et indication de transplantation rénale, la greffe d’îlots pouvant être simultanée ou différée

-Patients présentant un diabète de type 1 avec greffon rénal fonctionnel et taux hbA1c>7% ou hypo sévères

 BÉNÉFICES ATTENDUS

Selon les études conduites par le réseau franco-suisse GRAGIL et par le groupe de Lille (étude TRIMECO) les experts français considèrent que la greffe d’îlots permet

  • La maîtrise métabolique du diabète (hbA1c<7% et disparition des hypo sévères)
  • Retarder l’apparition des complications et améliorer la survie de l’organe co greffé (rein)
  • Amélioration de la qualité de vie

Les experts français tenant compte du besoin des patients et de la réalité des capacités de production estime qu’une centaine de patients pourraient être greffés chaque année à l’horizon 2025

 INSCRIPTION A LA CLASSIFICATION COMMUNE DES ACTES MÉDICAUX

Le service d’évaluation des actes professionnels de la HAS a prévu de statuer sur la pertinence de l’inscription de la greffe d îlots à la classification commune des actes médicaux (CCAM)au printemps 2020

pour en permettre le remboursement par l’assurance maladie

 CONCLUSION

Cette inscription à la CCAM permettrait d’éclaircir un peu plus l’horizon des patients présentant une forme sévère de diabète de type 1

Au cours des 5 dernières années, plusieurs travaux ont permis de clarifier le parcours de santé des patients soumis à de fréquentes hypo sévères avec validation de l apport de l’éducation thérapeutique, de la mesure continue du glucose et des pompes connectées ; les résultats très positifs obtenus récemment avec les pancréas artificiels laissent penser qu’à l’avenir la greffe d’îlots interviendra en bout de parcours en cas d’échec de la boucle fermée. Ce sont là des perspectives très encourageantes pour des patients qui encore en début de décennie écoulée étaient en échec thérapeutique.


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L'INSULINOTHERAPIE FONCTIONNELLE

 L’insulinothérapie fonctionnelle

Mis en ligne par  Mathilde et Yamina (Infirmière et aide soignante du service)

L’alimentation est la base de votre traitement si vous êtes diabétique, manger équilibré est donc un bienfait indispensable. Cependant, porter une attention particulière aux portions et à la répartition des aliments contenants des glucides peut engendrer des frustrations.

Il est désormais possible d’apprendre une méthode, qui permet d’adapter sa dose d’insuline en fonction de ses apports alimentaires.  Elle permet alors une liberté au moment des repas, tout en conservant un bon équilibre glycémique, c’est l’insulinothérapie fonctionnelle. Ainsi, c’est le traitement qui s’adapte à votre régime et non l’inverse

Elle  s’adresse aux patients diabétiques sous insulinothérapie administrée par multi-injections, ou porteur d’une pompe sous-cutanée d’insuline.

L’insulinothérapie fonctionnelle est un programme d’éducation thérapeutique. Elle nécessite une hospitalisation de semaine, dans le service d’Endocrinologie.  Au cours de cette semaine, différents ateliers se dérouleront en petit groupe, encadrés par une diabétologue, une infirmière, une diététicienne, une kinésithérapeute et une aide-soignante.

Ces ateliers auront pour but de :

- Quantifier les glucides consommés pour s’injecter la bonne dose d’insuline

- De déterminer votre sensibilité à l’insuline, afin de corriger une hyperglycémie.

- De déterminer le resucrage  adapté à vos besoins pour corriger une hypoglycémie.

- D’évaluer l’influence d’une activité sportive sur votre glycémie.

Lorsque vous êtes sous multi-injections d’insuline vous apprendrez à calculer votre dose d’insuline rapide, en fonction de la quantité de glucides ingérés lors de votre repas et en fonction de votre glycémie.

Lorsque vous êtes porteur d’une pompe sous-cutanée d’insuline, après paramétrage de la fonction « assistant bolus », vous n’aurez plus qu’à rentrer la quantité de glucides que contient votre repas, ainsi que votre glycémie. Votre pompe sous-cutanée adaptera alors automatiquement votre bolus.

L’insulinothérapie fonctionnelle vous permettra de devenir acteur de votre traitement en évaluant vos propres besoins d’insuline, en fonction de vos repas et de votre activité physique.

Ces sessions d’éducation thérapeutique sont planifiées de manière ponctuelle sur l’année. Dans le service nous programmons deux séances par semestre, 1 pendant les congés scolaires et une hors congés scolaire.  Une programmation est donc nécessaire après avis favorable de votre diabétologue.

Vous pouvez demander des informations complémentaires lors de vos rendez-vous de suivi, ou dès à présent, poser des questions sur notre page Facebook.


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La véritable révolution dans la prise en charge du diabète

La véritable dernière révolution dans la prise en charge du diabète : les dispositifs de mesure en continu du glucose

Mis en ligne par le Dr Amina RADAOUI

Ces dernières années ont été marquées par de belles innovations en ce qui concerne la prise en charge du diabète, tant sur le plan médicamenteux que sur le plan technologique. Nous disposons actuellement d’un large panel d’armes thérapeutiques pour le traitement du diabète de nos patients de plus en plus nombreux et aux caractéristiques disparates.

Si l’on devait récompenser les meilleures innovations en matière de diabétologie, nul doute que la mesure du glucose en continu (MGC) figurerait sur le podium. Saluée tant par les professionnels de santé que par les patients, ces dispositifs ont révolutionné la prise en charge du diabète jusqu’à changer certains paradigmes bien installés de la diabétologie tels que la pertinence de l’HbA1C pour lui préférer le TIR (Time-In –Range, en français temps passé dans la cible).

Pour les patients, ces dispositifs sont une véritable avancée  dans l’amélioration de leur qualité de vie et permettent une meilleure acceptation des contraintes liées à la maladie.          Au-delà du confort, l’équilibre glycémique est également amélioré du fait d’une meilleure visibilité sur les variations glycémiques de la journée. En effet, les  glycémies capillaires, réalisées ponctuellement, à des instants donnés, ne reflètent pas fidèlement les variations glycémiques sur une journée.  La lecture et l’interprétation des résultats ne permettent pas toujours d’anticiper certaines situations potentiellement dangereuses pouvant survenir dans l’intervalle.

Les premiers systèmes, appelés « holters glycémiques », sont apparus dans les années 2000. Ils étaient gérés par les endocrinologues pour étudier les profils glycémiques sans visibilité immédiate pour le patient. Depuis, ces systèmes ne cessent d’évoluer, avec une utilisation facilité pour le patient ; ils mesurent désormais le taux de glucose en temps réel.

Comment ça marche?
- Le capteur de glucose est placé sous la  peau, par le patient lui même. Il mesure le taux de glucose interstitiel (secteur dans lequel baignent les cellules de notre corps). Le taux moyen de glucose est recalculé régulièrement par le capteur et est traduit en signal électrique.
- Le transmetteur transmet ce signal électrique au récepteur.
- Le récepteur affiche ce signal. Il s’agit généralement d’un lecteur, d’une pompe à insuline ou d’un moniteur dédié.
L’ensemble de cette communication se réalise sans fil, par Bluetooth.

Le système de mesure du glucose en continu (MGC) mesure  environ toutes les 10 secondes la concentration de glucose dans le liquide interstitiel  (glucose interstitiel) et non le taux de glucose dans le sang (glucose sanguin). Au bout de 5 minutes, le système affiche la moyenne des valeurs.

Il est toutefois important de connaitre la différence entre la glycémie capillaire que l’on mesure via les lecteurs de glycémie capillaire et la glycémie interstitielle affichée par ces systèmes de mesure. Les glucides consommés lors des repas sont métabolisés en glucose qui diffuse successivement dans les artères, les capillaires puis dans le tissu interstitiel pour alimenter les muscles et les organes. Il existe donc un décalage temporel d’environ 15 minutes entre les deux glycémies, expliquant les variations de chiffres entre les deux glycémies. Ces variations sont d’autant plus importantes que la glycémie varie rapidement, comme après un repas, ou une injection d’insuline.

Les différents systèmes?

A ce jour plusieurs types de systèmes existent :

  • Les systèmes transmettant en continu les données du capteur :
    • Les dispositifs indépendants (capteur, transmetteur, récepteur) : DexcomG4® Platinum (Dexcom), Freestyle Navigator II ® (Abbott), Guardian Connect (Medtronic) Ces systèmes nécessitent une calibration plusieurs fois par jour pour vérifier la concordance entre le taux de glucose interstitiel et les glycémies capillaires.
    • Les dispositifs couplés à une pompe à insuline : le capteur Enlite couplé à la pompe MiniMed 640G®. Ce système dispose de la fonction Smartguard, qui permet de suspendre la diffusion d’insuline en cas de tendance glycémique basse et permet ainsi de minimiser la fréquence et la sévérité des hypoglycémies. Il est disponible et remboursé en France pour les patients diabétiques de type 1 déséquilibrés ou ayant présenté des hypoglycémies sévères ayant nécessité l’intervention d’un tiers.
  • Un système affichant les données rétroactivement par scan du capteur : le système flash d'auto surveillance du glucose : FreeStyle Libre® (Abbott), remboursé en France depuis Mai 2017 pour les patients traités par au moins 3 injections d’insuline ou par pompe à insuline.

Ces systèmes proposent des fonctionnalités nouvelles et permettent un meilleur contrôle du diabète. En voici les principales:

  • affichage des données en temps réel sur le profil glycémique
  •  courbe du taux de glucose
  • flèches de tendance (vitesse et sens de variation du taux de glucose),
  • système d’alarme
  • partage de données

Le Freestyle libre, pourquoi un tel engouement ?

Il est de loin le dispositif de MCG le plus populaire du fait de sa facilité d’utilisation, sa discrétion et son indication élargie à tous les patients insulino-traités (au moins 3 injections/j ou pompe à insuline). Les études sociologiques de la fédération française des diabétiques ont montré un véritable engouement pour ce système et ont aidé à son remboursement par l’assurance maladie. Ces études ont démontré l’amélioration de l’équilibre glycémique avec diminution des hypoglycémies chez les patients utilisant ce système, mais également l’amélioration de leur  qualité de vie.

  • Particularités :   Il permet au patient,  par système flash,  au moyen d’un simple scan du capteur positionné sur le bras, de vérifier son taux de glucose dès qu’il le souhaite. Le changement du capteur s’effectue tous les 14 jours (contre environ 6 jours pour les autres systèmes de MCG), et ne nécessite aucune calibration. A chaque scan, le lecteur affiche une estimation de la glycémie, une flèche de tendance à la hausse ou à la baisse, et une courbe rétrospective des 8 dernières heures.
  • Avantages selon les patients :
    • Facile, pratique  et confortable. Il permet en effet d’alléger les contraintes sociales, matérielles, et organisationnelles liées aux contrôles glycémiques. La facilité d’utilisation du Freestyle libre, son remplacement tous les 14 jours, et l’absence de calibration,  le rend également beaucoup plus attractif que les autres MCG. Le confort est également amélioré chez les patients qui doivent multiplier les contrôles ; la mesure est indolore mais certains patients peuvent être gênés par des décollements de capteur ou des réactions cutanées.
    • Un  meilleur vécu. Le Freestyle libre permet une plus grande discrétion dans la surveillance glycémique au quotidien. Depuis son arrivée sur le marché en 2014, les représentations et usages ont évolué. De plus en plus accepté, il est devenu pour certains patients, un marqueur identitaire, ou un signe de ralliement à une communauté que l’on retrouve notamment sur les réseaux sociaux où les patients sont très actifs sur leur partage d’expérience.
    • Autonomisation et implication. Via ce système, le patient dispose de nouvelles données sur son profil glycémique, notamment sur des moments inexplorés jusque là, comme la nuit. Le Freestyle Libre a un intérêt pédagogique pour le patient qui expérimente lui-même, en multipliant les tests, les effets de l’alimentation et de l’insuline sur les variations de ses glycémies. Il  anticipe et adapte ainsi mieux ses doses d’insulines et l’équilibre glycémique s’en trouve amélioré.

Conclusion :

Les dispositifs de mesure continue de glucose sont de véritables révolutions technologiques qui ont bouleversé la prise en charge du diabète. De nouvelles données dynamiques, telles que la prédictibilité des variations glycémiques, ont changé la lecture des diabétologues, permettant un diagnostic précis du profil glycémique des patients et une prise en charge plus adéquate.  Parmi ces dispositifs, le Freestyle libre se distingue des autres par sa grande facilité d’utilisation. Il offre cette visibilité également aux patients, leur permettant une meilleure connaissance de soi et de leur maladie. Ils se sentent acteurs de leur maladie et s’impliquent d’avantage dans sa prise en charge. Depuis sa commercialisation et son remboursement, les études sociologiques révèlent une confiance grandissante dans ce système. En plus d’une amélioration de l’équilibre glycémique, les déterminants sociologiques majeurs de cette confiance grandissante des patients pour ce système, sont liés à l’amélioration de leur qualité de vie et une meilleure acceptation de leur maladie.

Dr Radaoui Amina

Service d’Endocrinologie du CH Perpignan

Références de l’article :

  • La mesure du glucose en continu, federationdesdiabetiques.org
  • Les dispositifs de mesure en continu du glucose, Dr Caroline Guillot, article paru dans « Diabète et Obésité » n°126

 


LES NOUVELLES TECHNOLOGIES ET LE DIABETE 9

Il était une fois le diabète....

 

 

IL ETAIT UNE FOIS …. LE DIABETE. Le diabète à travers les âges.

Mis en ligne par Nathalie Beurier

Dia Baïno/ Diabêtès « couler au travers », telle est l’origine grecque du mot diabète. En effet, il avait été remarqué, à l’époque, du fait d’une soif incessante, que le patient buvait et urinait en permanence, d’où le fait de passer à travers le corps.

Les premières descriptions du diabète interviennent sur un papyrus dans l’antiquité égyptienne en 1 550 avant J.C.  Ce n’est qu’au 5ème siècle que l’on relie la maladie à la présence de sucre dans les urines

En 1776, DOLSON démontre que le sucre est présent non seulement dans les urines mais aussi dans le sang du patient.

A partir de 1855,  le diabète est rattaché à un trouble général de la nutrition.

Puis, quelques années plus tard, découverte des cellules appelées ilôts de Langerhans sécrétées dans le pancréas,         cellules qui, 2 siècles plus tard,  font l’objet d’une greffe chez certains patients. Ces cellules sécrétent l’insuline.

Les Canadiens Charles BEST (1899-1978) et Frederick BANTING (1891-1941) et découvrent l’INSULINE en 1921 après expérimentation sur des chiens diabétiques, en laboratoire. BANTING recevra le prix Nobel de médecine en 1923.

Date importante : le 11 janvier 1922, la 1ère injection d’extraits pancréatiques de porc est réalisée sur un enfant diabètique au stade de coma. Il est sauvé.

Cependant, l’insuline humaine est obtenue par génie génétique en 1982.  Quatre ans plus tard, elle sera industriellement produite et mise sur le marché conduisant, d’année en année, à l’apparition, après modification, des insulines lentes et des insulines rapides.

Des siècles et des siècles de recherches et de progrés en médecine ont permis d’obtenir les traitements actuels du diabète : anti-diabétiques oraux, insulines lentes, insulines rapides, analogues du GLP1, …. Les pompes à insuline, les greffes d’Ilôts et bientôt le pancréas artificiel, peuvent permettre d’espérer qu’un jour le diabète sera définitivement réduit au silence.

Quelques diabétiques célèbres : Charles Quint, Louis XIV, Karl Marx, Champollion, Liz Taylor, Stan Laurel, Jules Verne, Balzac…. (« les grands diabétiques de l’histoire – Dr Françoise Guillon-Metz – Edition Zinedi).


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Les Aliments Ultratransformes

LES ALIMENTS ULTRATRANSFORMES, FAUT-IL S’EN MEFIER ?

Mis en ligne par le Dr Céline EID, d’après un article du Dr Anthony FARDET paru en mai 2019 dans “Correspondances en Métabolismes, Hormones, Diabètes et Nutrition”.

La notion d’aliment ultratransformé (AUT) est née en 2009 au Brésil et a été popularisée en France par le Dr Anthony FARDET, ingénieur agro-alimentaire et Docteur en Nutrition Humaine.

Les Aliments ultratransformés se caractérisent par l’ajout d’ingrédients ou d’additifs à usage principalement industriel, tels les arômes, les colorants, les édulcorants, les exhausteurs de goût, les agents texturants, les conservateurs... Ils ont subi un procédé de transformation qui modifie leurs caractéristiques nutritionnelles.

Les AUT ne se résument pas uniquement aux aliments traditionnels de la “malbouffe” mais concernent également les aliments enrichis en fibres, minéraux ou vitamines, les produits allégés, les produits sans gluten, certains produits bio ou vegans comme la plupart des steaks végétaux reconstitués.

La transformation d’un aliment induit une modification de sa composition, de sa matrice, ou de sa structure. A titre d’exemple, il n’est pas équivalent de manger une pomme (qui contient les fibres du fruit), une compote ou de boire un jus de pomme industriel. Il est en de même pour les céréales complètes et raffinées.

La classification NOVA (“nouveau” en portugais) diffère du Nutri-Score qui est un système d’étiquetage conçu dans le cadre du Programme National Nutrition Santé. Le Nutri-Score est basé sur une échelle allant de A à E et du vert au rouge selon la valeur nutritionnelle d'un produit alimentaire. Ce type d’échelle, qui s’attache à la teneur en nutriments, ne prend pas en compte l’impact de la transformation des aliments.

Ainsi, la classification NOVA distingue 4 groupes d’aliments :

  • Groupe 1 : Aliments peu ou pas transformés.

Les aliments non transformés sont obtenus directement à partir de plantes ou d’animaux (ex : légumes, fruits, œufs, lait...) et achetés pour être consommés en l’état.

Les aliments peu transformés sont des aliments naturels qui ont subi des transformations sans ajout de substance à l’aliment original afin de les conserver, diminuer le temps de préparation et faciliter leur digestion (riz, pâtes, légumineuses...)

  • Groupe 2 : Ingrédients culinaires

Ils sont obtenus à partir d’aliments naturels par des procédés tels que le pressage, le broyage, le concassage, la pulvérisation et le raffinage. Ce sont des ingrédients d’assaisonnement et de cuisson (ex : huiles végétales, beurre, sucre, sel, miel...)

  • Groupe 3 : Aliments transformés

Ils sont obtenus à partir d’aliments naturels ou peu transformés auxquels on a ajouté du sel, du sucre ou d’autres ingrédients culinaires comme l’huile ou le vinaigre afin d’augmenter la conservation et la palatabilité (= aliments agréables au palais, savoureux)

Exemples : conserves de légumes, fruits en bocaux, noix et graines salées, poisson fumé ou salé, jambon fumé ou salé, sardines et thon en boîte, fromages, pain...

  • Groupe 4 : Aliments ultratransformés

Il s’agit d’aliments et de boissons dont la fabrication comporte plusieurs étapes et techniques de transformation impliquant des ingrédients utilisés en grande partie par l’industrie. Le but est d’augmenter la durée de conservation et la palatabilité.

                                                                     

Un produit ultratransformé contient souvent du sucre, du sel, des acides gras ajoutés, des huiles hydrogénées, des isolats de protéines, des agents cosmétiques et économiques (ACE) et des additifs. Exemples : confiseries, biscuits, gâteaux, crèmes glacées, sodas, jus sucrés, produits laitiers sucrés, saucisses, nuggets de poulet, poisson pané, plats surgelés prêts à consommer, chips, soupes en sachet,  nouilles instantanées, céréales du petit déjeuner, snacks emballés, barres de céréales, pizzas, substituts du sucre.

Plusieurs études scientifiques ont montré que la consommation régulière d’AUT était associée à une majoration du risque métabolique (surpoids, obésité, diabète de type 2, dyslipidémie, hypertension artérielle), du risque d’intestin irritable, de dépression, de cancers et à une mortalité plus élevée. La consommation d’AUT s’accompagne en outre d’une augmentation significative de la prise calorique (+20% sur 2 semaines) par le biais d’une consommation plus importante de glucides et de lipides.

En conclusion, la consommation régulière d’aliments ultratransformés est susceptible d’avoir des effets délétères sur la santé. Pour rester en bonne santé, il est donc conseillé de privilégier des produits sans ou avec peu d’additifs au sein d’une alimentation équilibrée associée à un mode de vie qui favorise l’activité physique et l’absence de tabagisme.