La présence de comorbidités : Première raison pour vacciner les adultes atteints de maladies chroniques. 1

La présence de comorbidités : Première raison pour vacciner les adultes atteints de maladies chroniques.

Article mis en ligne par le Docteur Nelly MORTINIERA, tiré de la Revue Diabétologie Pratique, publié en octobre 2020 par Benjamin Wyplosz, Groupe de réflexion pluridisciplinaire sur la vaccination.

Les comorbidités sont fréquentes :
En dehors des maladies cancéreuses nécessitant des traitements qui diminuent l’immunité, de nombreuses maladies chroniques exposent les personnes qui en sont atteintes à des risques d’infections plus fréquentes et plus graves. Il s’agit de personnes atteintes de diabète, de problèmes respiratoires, d’infarctus cardiaque ou d’insuffisance rénale sévère. Ces maladies vont s’associer pour donner naissance aux comorbidités. A cela, peut s’ajouter l’âge qui concoure à fragiliser les personnes atteintes de maladies chroniques et à les rendre plus vulnérables. Ainsi, les personnes atteintes de maladies chroniques âgées de plus de 65 ans porteuses d’au moins 2 comorbidités, ont un risque multiplié par 4 de présenter une pneumonie infectieuse. Ce risque est multiplié par 9 lorsqu’elles sont porteuses de plus de 3 comorbidités.


Les conséquences des comorbidités :
La présence de comorbidités augmente la survenue des infections graves nécessitant une hospitalisation ainsi que le taux de mortalité chez les patients porteurs de maladies chroniques. Ces comorbidités vont également s’aggraver ou décompenser à l’occasion d’une infection et entrainer une détresse respiratoire pour les patients porteurs de problèmes respiratoires chroniques, une insuffisance cardiaque pour les patients ayant déjà fait un ou plusieurs épisodes d’infarctus, un déséquilibre glycémique chez les diabétiques avec nécessité d’avoir recours à un traitement par insuline de manière transitoire ou définitive chez les diabétiques de type 2, ou de devoir augmenter les doses d’insuline initiales chez les diabétiques de type 1.


Une meilleure couverture vaccinale permettrait de limiter le risque infectieux :
Certaines infections comme la grippe ou la pneumonie à pneumocoque infectent souvent les patients atteints de comorbidités. Ces infections sont accessibles à la vaccination mais bien que le calendrier vaccinal recommande ces vaccins depuis de nombreuses années, les taux de couverture vaccinale restent insuffisants. Ainsi la vaccination contre la grippe n’a été effectuée que chez 47 % des personnes atteintes de maladies chroniques en 2019. La vaccination contre le pneumocoque étant moins pratiquée car peu connue, n’a concerné que oins de 30 % des patients atteints de maladies chroniques. D’ailleurs, nombreux sont le patients atteints de comorbidités qui ne connaissent pas leur statut vaccinal. On espère que la mise en place de Dossier Médical Partagé (DMP) permettra de tracer les vaccins remboursés. On espère aussi, améliorer le profil vaccinal des patients grâce à la diffusion du carnet électronique qui sera mis en place à l’avenir.

Les occasions de vacciner ne doivent pas être manquées :
Les médecins généralistes se sont engagés en première ligne dans la vaccination des patients porteurs de comorbidités ou immunodéprimés. Au cours de leur parcours de soin ces patients sont également pris en charge par d’autres professionnels de santé. Ces derniers sont d’autant d’occasions qui ne doivent pas être manquées pour améliorer la couverture vaccinale de ces patients. Parmi ces occasions on note : la visite chez le spécialiste, les hospitalisations de jour, les visites des infirmiers à domicile, le passage chez le pharmacien …
Il est essentiel que l’ensemble des professionnels de santé s’implique dans l’amélioration des taux de vaccination des patients porteurs de maladies chroniques. Cette démarche de prévention vaccinale, renforce l’action de l’Assurance Maladie qui assure le remboursement des vaccins chez cette catégorie de patients.

Conclusion :
Les comorbidités comme le diabète, les problèmes respiratoires, cardiaques ou rénaux, s’associent pour fragiliser les patients face aux infections courantes telles que la grippe, la pneumonie et bien d’autres. Celles-ci deviennent des affections plus fréquentes et plus graves entrainant en retour des décompensations répétées des ces maladies chroniques augmentant la fréquence d’hospitalisation de ces patients devenus fragiles et le taux de mortalité. Au regard de l’enjeu de santé publique que représentent les infections chez les patients atteints de maladies chroniques, tous les soignants impliqués dans le parcours de soins de ces patients doivent s’engager dans une démarche de prévention vaccinale comme le souligne un récent communiqué de l’Académie Nationale de Médecine : « L’ensemble des personnels soignants doit s’impliquer en adoptant une démarche simple : Le premier qui y pense vaccine, et informe ensuite les autres... »


Suivi du diabète avec SUDOSCAN 2

Suivi du diabète avec SUDOSCAN

SUDOSCAN permet de suivre les neuropathies autonomes et périphériques chez les patients diabétiques.

La neuropathie diabétique autonome est une complication sérieuse et fréquente du diabète pouvant impliquer tout le système nerveux autonome. Elle précède souvent d’autres complications et se manifeste par le dysfonctionnement d’un ou plusieurs systèmes : cardiovasculaires, gastro-intestinaux, digestifs, urinaires, oculaires ou sudomoteurs.

SUDOSCAN évalue les fibres nerveuses du système nerveux périphérique qui innervent les glandes sudoripares. Il mesure la capacité des glandes sudoripares à libérer des ions chlorure en réponse à un stimulus électrochimique sur les paumes des mains et la plante des pieds, les zones à plus forte densité de glandes sudoripares en utilisant quatre électrodes indépendantes placées sur les paumes des mains, plantes des pieds qui ont une densité élevée de glandes sudoripares.

 

Les résultats des tests SUDOSCAN peuvent être utilisés comme indicateurs pour les patients à risque d'un dysfonctionnement autonome grâce à la mesure de la conductance électrochimique de la peau (ESC) et l'asymétrie observée entre le côté droit et gauche.



SUDOSCAN
a été testé pour évaluer les neuropathies des petites fibres nerveuses dans plusieurs maladies et comparé aux tests de référence préconisés dans : le diabète, Parkinson, polyneuropathie induite par chimiothérapie, polyneuropathie amyloïde familiale, maladie de Fabry.

Ce test s'effectue en 2 minutes grâce à des électrodes sur lesquelles il suffit de placer les mains et les pieds. Il est indolore et sans aucun risque.

Il peut se faire chez un  pharmacien équipé, à n'importe quel moment de la journée, même si vous n'êtes pas à jeun.

 


 

SUDOSCAN a été développé par la société Impeto Medical. Société française qui a développé depuis 2005 une technologie non-invasive (sans piqure).

Pour résumer très succinctement, cette technique permet de détecter si les fibres nerveuses, indices de la présence du diabète, sont affectées.

 

Sources :

https://www.impeto-medical.com/fr/article-news-veloso-2020/

https://www.espace-diabete.com/services/sudoscan/sudoscan

https://www.em-consulte.com/article/876868/sudoscan-et-ezscan-deux-applications-pour-les-diab

 

 

 

 

 


Manifestations dermatologiques du diabète (Hors pied diabétique) 3

Manifestations dermatologiques du diabète (Hors pied diabétique)

Article du Dr Muriel BENICHOU d’après une communication du Dr Senet

 

Au cours du diabète, les atteintes cutanées sont fréquentes touchant de 50 à 60% des patients diabétiques, qu’ils soient de type 1 ou de type 2.

Ces manifestations cutanées peuvent être classées en 3 catégories

  • Dermatoses fortement associées à la présence d’un diabète
  • Dermatoses liées aux complications du diabète
  • Dermatoses liées aux traitements du diabète

 

1°) Dermatoses associées à la présence d’un diabète

 

Certaines atteintes dermatologiques peuvent se retrouver chez les personnes non diabétiques mais sont beaucoup plus fréquentes en cas de diabète. La mise en évidence d’une de ces atteintes chez un patient doit donc faire rechercher un diabète.

Il s’agit de la nécrobiose lipoïdique, du  granulome annulaire, de l’acanthosis nigricans et du vitiligo.

 

  • La nécrobiose lipoïdique:

 

 

 

 

c’est une dermatose rare survenant chez seulement 0.3% des diabétiques mais 65% des patients présentant une nécrobiose lipoïdique sont diabétiques et 75% sont des femmes. Elle se présente sous forme de lésions rouges violacées, bilatérales, siégeant le plus souvent au niveau de la face antérieure des jambes, dont le centre atrophique peut s’ulcérer spontanément ou après un traumatisme mineur et évoluer vers la nécrose. Elle touche aussi bien les diabétiques de type 1 que de type 2 mais est plus fréquente en cas de complication oculaire ou rénale.  Aucun traitement n’a fait clairement la preuve de son efficacité. Des dermocorticoides ou une corticothérapie générale peuvent être utilisées. Dans les formes ulcérées, l’exérèse chirurgicale suivie de greffe peuvent se discuter.

 

  • Le granulome annulaire :

L’association au diabète est classique mais surtout recherchée dans les formes généralisées ou d’évolution prolongée. Il s’agit de petites papules de la couleur de la peau de disposition arciforme à extension centrifuge siégeant habituellement sur les faces d’extension des membres particulièrement sur le dos des pieds ou des mains. L’évolution est généralement bénigne en quelques mois. La rémission spontanée est généralement la règle justifiant dans la plupart des cas l’abstention thérapeutique.

 

 

  • L’acanthosis nigricans :

 

il s’agit d’un marqueur d’ insulinorésistance que l’on retrouve surtout chez les diabétiques de type 2 et les patients obèses.  Elle se présente sous forme de placards cutanés épais, de pigmentation brune que l’on pourrait prendre pour de la crasse( si l’on veut utiliser un langage courant),  siégeant préférentiellement au niveau des creux axillaires et de la nuque.

 

  • Le vitiligo :

 

Il s’agit d’atteintes cutanées bénignes mais parfois disgracieuses et gênantes pour le patient à type de larges plaques de dépigmentation le plus souvent de localisation péri orificielle ou sur les faces d’extension des membres liées à une destruction des mélanocytes de l’épiderme d’origine auto-immune. Il est donc plus fréquemment associé au diabète de type 1 mais peut aussi être associé au diabète de type 2.

 

 

2° ) Dermatoses liées aux complications du diabète

On distinguera les complications cutanées aigues et chroniques du diabète

 

-Complications aigues

Il s’agit essentiellement des infections. Un dysfonctionnement global des cellules impliquées dans la défense contre les infections (appelés polynucléaires neutrophiles) se manifestent en cas de mauvais équilibre du diabète. Ce dysfonctionnement rend le patient diabétique plus sensible aux infections. Ainsi les infections cutanées sont fréquentes en cas de diabète déséquilibré, dominées par les infections mycosiques. En revanche si le diabète est bien équilibré, ces infections ne sont pas plus fréquentes que dans la population générale.

Infections mycosiques :

L’association des mycoses avec le diabète déséquilibré est fréquente : perlèche, vulvovaginite, balanite, onychomycoses (mycose des ongles). La prévalence des onychomycoses est élevée pouvant toucher 35% des diabétiques en cas de diabète déséquilibré. Elles sont le plus souvent associées à un intertrigo inter orteil. Les dermatophytes et les candida albicans sont les 2 principaux champignons responsables de ces infections mycosiques. Il est particulièrement important de traiter les onychomycoses et les intertrigos inter orteils chez les patients diabétiques car ils peuvent constituer une porte d’entrée infectieuse et faire le lit de plaies sévères. Le traitement des mycoses chez le diabétique est le même que chez le patient non diabétique à base d’antimycotiques mais les indications de traitement sont plus systématiques que chez le non diabétique.

 

  Infections bactériennes :

Un diabète déséquilibré peut favoriser l’apparition d’infections cutanées superficielles extensives, récidivantes et parfois résistantes au traitement à type de folliculites, furonculose, impétigo ou erythrasma.  L’évolution de ces infections est liée étroitement à celle de l’équilibre du diabète.

 

Folliculite, furonculose, impétigo : infections à Staphylocoque et /ou streptocoque

 

 

 

 

 

 

Erythrasma : infection à Corynebacterium minutissimum

 

 

  • Complications chroniques

 

On distingue

 

La bullose des diabétiques

 

Des bulles tendues, souvent multiples, de taille variable peuvent apparaître spontanément  en peau saine chez les diabétiques en dehors de toute maladie auto-immune, infectieuse, traumatique ou de stase.

Ces bulles siègent généralement sur les membres notamment sur la face d’extension des mb < . L’évolution se fait généralement vers la formation d’une croûte avec guérison spontanée en quelques semaine sans traitement particulier en dehors des soins locaux usuels .

La plupart des patients atteints sont des diabétiques de longue date, porteurs de complications vasculaires liées au diabète. Ces complications induiraient une fragilité cutanée en raison de la mauvaise vascularisation cutanée , responsables de la formation de ces bulles.

 

La dermopathie diabétique

 

C’est une des manifestations cutanées les plus fréquentes chez les diabétiques bien qu’elle ne soit pas spécifique.

Il s’agit de lésions atrophiques, arrondies, hyperpigmentées, bilatérales siégeant sur la face tibiale des mb<, survenant chez des diabétiques de longue date. Une atteinte de la microcirculation est souvent avancée. Aucun traitement n’est nécessaire en dehors d’une protection contre les traumatismes.

 

Les états pseudosclérodermiques

 

On distingue le scléroedeme de Buschke, la sclérose des extrémités avec enraidissement articulaire et l’épaississement isolé de la peau

 

-Scléroedème de Buschke

 

 

Il touche préférentiellement des diabétiques de type 2 , obèses et se caractérise par un épaississement cutané important débutant au niveau de la nuque et du haut du dos , s’étendant progressivement sur le tronc et quelquefois les membres, avec respect des extrémités. Ceci se traduit par une limitation des mouvements due à l’épaississement cutané. L’évolution est chronique sans tendance à la régression. La cause en est inconnue.

 

-Sclérose des extrémités avec enraidissement articulaire

 

Elle touche préférentiellement des diabétiques  de type 1 présentant des complications oculaires ou rénales.

Elle débute typiquement par une atteinte du 5° doigt et s’étend progressivement touchant les articulations interphalangiennes, métacarpo-phalangiennes et le poignet. Les patients ne peuvent plus appliquer leurs mains l’une contre l’autre (signe de la prière) ou les apposer à plat sur une table.

 

  • Epaississement isolé de la peau

 

20 à 30% des patients diabétiques depuis plus de 10 ans ont un épaississement cutané du dos des mains mais également des pieds. Cependant il ne limite pas la mobilité articulaire contrairement à la sclérose des extrémités.

 

 

Le prurit

 

Le prurit généralisé n’est pas plus fréquent chez le diabètique.

En revanche, les prurits localisés anaux ou génitaux sont plus fréquents et souvent en lien avec une candidose.

 

 

3° ) Dermatoses liés aux traitements du diabète

 

-Eruptions dues aux antidiabétiques non insuliniques

 

 

L’éruption est le plus souvent à type de rash maculopapuleux bien que des réactions urticariennes soient aussi possibles. Elle survient habituellement dans le premier mois de traitement.

 

  • Réactions cutanées à l’insuline

 

Les réactions allergiques à l’insuline sont rares. Des réactions locales retardées à type de papule ou nodule prurigineux  peuvent survenir aux sites d’injection dans les 24 à 48 h après l’injection, disparaissant généralement en quelques semaines alors que le traitement est maintenu ; des réactions immédiates urticariennes sont également rapportées dans des délais très variables après le début de l’insulinothérapie nécessitant en revanche de changer le type d’insuline. Les réactions allergiques à type d’œdème de Quincke sont elles heureusement exceptionnelles.

 

En conclusion

Les problèmes cutanés chez les patients diabétiques sont particulièrement fréquents puisqu’ils toucheraient plus de la moitié d’entre eux, aussi bien les diabétiques de type 1 que les diabétiques de type 2 , en particulier ceux présentant un diabète ancien et des complications notamment microvasculaires (oculaires, rénales).

Si certaines manifestations sont seulement associées au diabète, d’autres comme les infections trainantes ou récidivantes sont favorisées par un diabète mal équilibré d’où l’importance de traiter  non seulement le problème dermatologique mais aussi de travailler sur un meilleur équilibre glycémique.

 

 


Comment bien gérer mon diabète pendant le ramadan ? 4

Comment bien gérer mon diabète pendant le ramadan ?

Le ramadan correspond à une période très importante pour les musulmans, et fait parti des cinq piliers de l’islam. Il s’agit d’un mois de jeûne, de partage et de spiritualité. Mais alors, nos patients musulmans atteint d’un diabète peuvent il pratiquer le jeun sans danger ? La réponse est oui, bien que celui-ci ne soit pas obligatoire pour les malades, les diabétiques en bon état général peuvent réaliser le ramadan à condition d’être bien équilibrés, et d’anticiper la période de jeûne avec l’aide de leur médecin en adaptant leurs traitements si besoin. Voici quelques éléments pour vous aider dans ce sens.

Jeun et repas du ramadan :

Les personnes pratiquant le jeûne du ramadan sont tenues pendant un mois de s’abstenir de manger et boire du lever du soleil à son coucher. Le rythme et les habitudes de repas sont donc modifiés. Deux à trois repas peuvent être réalisés lors de la rupture du jeûne, selon l’heure du coucher du soleil, plus ou moins tardive selon les années:

  • Al Ftour : à la rupture du jeûne, au coucher du soleil
  • Al Ichaa quelques heures après et avant le coucher
  • S’Hour avant le lever du soleil

Les risques pour le patient diabétique :

Le glucose est l’énergie principale de nos cellules. En cas de jeûne, le taux de sucre et d’insuline chute dans le sang, le foie va alors libérer ses réserves de sucre, stockés jusque là sous forme de glycogène. Mais ces réserves ne sont pas infinies et ne peuvent pas toujours permettre de compenser une longue période de jeûne. D’autres mécanismes se mettent alors en marche, le corps va alors puiser de l’énergie dans le tissu graisseux et les muscles.

Chez le diabétique, la production d’insuline et la réserve hépatique de glucose sont altérés, pouvant entrainer des conséquences beaucoup plus rapidement délétères en cas de jeûne prolongé.

Par ailleurs, l’alternance d’abstinence et parfois d’excès le soir, peut également fortement perturber les glycémies. Certains traitements peuvent exposer le patient au risque hypoglycémique le jour lors du jeûne. Le risque hyper glycémique est plus fréquent la nuit, du fait d’une alimentation parfois trop riche et trop sucré en soirée. Les apports alimentaires augmentent de façon spectaculaire dans un laps de temps court.

Enfin, en période de chaleur, le risque de déshydratation est non négligeable, accentué parfois par l’hyperglycémie qui peut provoquer des urines fréquentes et abondantes.

Dans quels cas le ramadan est contre indiqué ?

Il ne s’agit pas de mettre en danger les malades, ni mettre en péril leur santé.

Le Coran est parfaitement clair sur les règles concernant la dispense du ramadan, comme l’indique plusieurs versets : La Sourate II verset 183 précise :
« Si le jeûne peut altérer de manière significative la santé du jeûneur ou lorsque la personne est malade , l’Islam l’exempte du jeûne.»
Sourate II, verset 185
« Allah cherche à vous faciliter l’accomplissement de la règle, il ne cherche pas à vous la rendre difficile. »

Il est important de noter que lors d’une situation aigue passagère fragilisant le patient, la période de jeune peut être reportée ou compensée par des actions de solidarité.
Sourate II, verset 184
« Celui d’entre vous qui est malade ou qui voyage jeûnera ensuite un nombre égal de jours ».
Sourate II, verset 184
« Ceux qui pourraient jeûner et qui s’en dispensent devront, en compensation, nourrir un pauvre. »

Le ramadan est contre-indiqué aux personnes suivantes :

  • Les enfants avant la puberté et les personnes très âgées sont estimés trop fragiles
  • Les femmes enceintes
  • Les patients diabétiques déséquilibrés
  • Les patients diabétiques porteurs de complications dégénératives non contrôlées (cardio-vasculaire, micro-angiopathies)
  • En cas de maladies ou infections associées

Le ramadan est également fortement déconseillé pour les personnes exerçant un métier nécessitant une activité physique intense et soutenue.

Quelques conseils pour les diabétiques souhaitant réaliser le jeûne

  • Renforcer l’auto-surveillance glycémique, au moins deux glycémies pendant le jeûne et avant les repas. En cas d’hypoglycémie, il faut impérativement rompre le jeûne pour se resucrer (en sachant que le seuil de ressenti du malaise est souvent inférieur).
  • Limiter l’activité physique et sportive durant le jeûne, surtout en cas de forte chaleur.
  • Bien s’hydrater lors de la rupture du jeûne. Seule l’eau est indispensable. Vous pouvez également vous hydrater avec de la soupe, du thé, du café, de la tisane mais les sodas sont à éviter à cause du sucre et des bulles (qui causent des problèmes digestifs) qu'ils contiennent.
  • Equilibrer autant que possible son alimentation lors de la rupture du jeûne sans négliger les glucides complexes et les légumes.E
  • Eviter le grignotage sur la soirée, privilégier un ou deux repas si besoin. Consommer avec modération les alimentshypercaloriques et hyper glycémiques comme les pâtisseries orientales, msmen, Sfenj, fruits secs et oléagineux…

Voici quelques aliments incontournables du ramadan et conseils les concernant 

  •  La Harira est une soupe composée de glucides complexes (vermicelles, farine et légumes secs : pois chiche, lentilles). Elle contient également de la coriandre et du citron pressé qui sont une source de vitamine C (antifatigue), à ne pas négliger sur cette période. Cette soupe correspond à une part de féculents et apporte en moyenne 20 à 30 g de glucides.
  • Les dattes sont habituellement consommées au Ftour. Elles constituent une source intéressante de minéraux (magnésium, potassium, calcium) et de fibres. Deux dattes correspondent à l’équivalent d’un fruit frais.
  • Variez les féculents en mangeant de la semoule, de l’orge, des vermicelles, du boulgour, habituellement moins consommés. Certains, comme l’orge ou le boulgour, ont des index glycémiques plus bas que le riz ou les pâtes.
  • Le pain garde toute sa place pendant ce mois de jeûne. Vous pouvez le choisir complet pour limiter les problèmes de constipation. Il peut être remplacé par de la Harcha ou des Baghrir, plusieurs fois dans la semaine (en tenant compte de l’accompagnement). Les Smens (feuilletés) et les Sfenj (beignets) sont eux beaucoup plus gras.
  • Les fruits oléagineux (cacahuètes, pistaches, amandes etc.) ne sont pas à consommer tous les jours car ils sont riches en graisse et trop souvent grignotés pendant le ramadan.
  • Les pâtisseries orientales procurent du plaisir aux papilles mais sont de véritables bombes caloriques !
    • 1 makroud = 4 morceaux de sucre
    • 1 zlabia = 17 morceaux de sucre
  • Les bricks, comme d’autres aliments frits, sont à éviter si vous avez tendance à prendre du poids pendant le ramadan. Pour alléger leur préparation, vous pouvez les faire cuire au four : badigeonnez légèrement les bricks d’huile, au pinceau, puis passez-les au four et retournez-les à mi-cuisson pour les faire dorer de l’autre côté.

Adaptation du traitement

Adapter son traitement avec votre médecin, surtout en cas de traitements hypoglycémiants.

  • Les sulfamides en monoprise à longue durée d’action (Diamicron, Amarel..) sont à éviter et doivent être modifiés.
  • A l’inverse les glinides à prendre avant les repas peuvent être poursuivis.
  • La Metformine peut être maintenue.
  • Les inhibiteurs DPP4, bien que non hypoglycémiants, doivent être décalés à la prise du repas.
  • En cas d’insulinothérapie, l’insuline basale doit être poursuivie et adaptée si besoin. Les bolus ou injections d'insuline rapide seront adaptés en fonction des prises alimentaires et suspendus lors du jeûne. Il n’y a donc pas de contre indication absolue avec le jeûne chez le patient diabétique insuliné, bien équilibré, avec une bonne adaptation des doses. En revanche les insulines pré-mélangées restent difficiles à adapter dans ce contexte et sont à éviter.

Connaitre ses limites et ne pas hésiter à rompre le jeûne en cas de besoin (malaise, fatigue, déshydratation…)

Bon ramadan à tous nos patients diabétiques musulmans

Dr Radaoui Amina, Centre Hospitalier de Perpignan
Résumé d’articles parus sur la FFD


Diabète cortico-induit 5

Diabète cortico-induit

Bien que peu étudié, le diabète cortico-induit est fréquemment diagnostiqué en clinique. Depuis quelques années, la recherche permet de mieux appréhender les mécanismes moléculaires sous-jacents aux différents effets des corticoïdes et ainsi de mieux connaître la physiopathologie et les facteurs prédictifs du diabète cortico-induit. Actuellement, en vue d’éviter des complications à court et long termes, l’insulinothérapie semble être le traitement de choix.

Les glucocorticoïdes (GC) sont utilisés pour leur propriété anti-inflammatoire, et à dose plus élevée, pour leurs propriétés anti-allergiques et immunosuppressive, en cure courte comme en cure longue. Ils comptent parmi les médicaments les plus prescrits. Certaines études laisseraient supposer que 0.5 % de la population générale en bénéficie un jour ou l’autre...

INTRODUCTION

Depuis leur découverte dans les années 1940, les glucocorticoïdes (GC) font partie des traitements les plus utilisés pour contrôler les maladies inflammatoires ou auto-immunes. Cependant, leurs effets secondaires métaboliques sont non négligeables, particulièrement sur le métabolisme glucidique.

Le diabète cortico-induit est une identité fréquemment retrouvée en clinique. Ses mécanismes physiopathologiques sont multiples, de l’augmentation de la néoglucogenèse hépatique à l’insulinorésistance périphérique ou à l’effet toxique direct sur la cellule β.

Dans le diabète cortico-induit, ce sont essentiellement les glycémies postprandiales qui s’élèvent ; de nombreux cas peuvent être sous-diagnostiqués si le dépistage ne s’effectue que sur une glycémie à jeun. Il est conseillé de la mesurer à jeun et deux heures après les repas chez tout patient recevant une corticothérapie. Les critères diagnostiques du diabète cortico-induit sont les mêmes que ceux utilisés pour le diabète en général, à la différence qu’ils comprennent une exposition aux GC avec une hémoglobine glyquée normale au préalable.

MÉCANISMES PHYSIOPATHOLOGIQUES DU DIABÈTE CORTICO-INDUIT

Le diabète cortico-induit s’explique par de multiples mécanismes : une néoglucogenèse hépatique augmentée, une protéolyse et une lipolyse, une insulinorésistance périphérique, une atteinte de la cellule β du pancréas et des effets synergiques des corticoïdes avec les hormones de stress (glucagon et adrénaline)

SURVEILLANCE DE LA GLYCÉMIE LES JOURS APRÈS INTRODUCTION DE LA CORTICOTHÉRAPIE

En cas de diabète connu, l’autosurveillance glycémique digitale facilitera cette surveillance. On prêtera une attention particulière à la glycémie de 17 h, qui risque de s’élever de façon caractéristique lors des prises matinales de glucocorticoïdes, contrastant avec la chronobiologie du diabète de type 2 où elle est classiquement peu élevée (glycé- mie “de sécurité”). Si le sujet n’est pas diabétique, il peut quand même développer un diabète cortico-induit, qui nécessite de vérifier la glycémie quelques jours après l’initiation de la corticothérapie. La glycémie digitale mesurée à 17  h après la première prise matinale du corticoïde constitue déjà une indication intéressante

QUELLE IMPORTANCE DE PRÉVENIR OU TRAITER UN DIABÈTE CORTICO-INDUIT ?

Plusieurs cas de comas acidocétosique ou hyperosmolaire liés à une corticothérapie sont relevés dans la littérature. Les conséquences à long terme d’un diabète sont bien connues, notamment en ce qui concerne le risque infectieux ou microvasculaire.

L’existence d’un diabète n’est plus une contre-indication à la corticothérapie. Elle nécessite par contre l’instauration d’une autosurveillance chez les patients qui n’en pratiquent pas ou son renforcement afin de juger si des modifications thérapeutiques sont nécessaires :

  • Introduction d’une insulinothérapie temporaire selon des schémas insuliniques prescrit par le médecin en cas de déséquilibre glycémique si le patient est traité par hypoglycémiants oraux
  • Majoration surtout de l’insulinothérapie destinée à couvrir les repas (analogues rapides ou bolus si pompe) si le patient était déjà insulinotraité.

Le traitement sera revu à chaque palier de décroissance de la corticothérapie.

LES TRAITEMENTS PROPOSÉS DU DIABÈTE CORTICO-INDUIT

Ni les mesures diététiques, ni la réduction de la sédentarité, toutes deux proposées en prévention primaire, ne sont à ce jour validées par la littérature.

Les antidiabétiques oraux (ADO), tels que les sulfonylurées, la metformine ou les thiazolidinediones ont été suggérés comme traitement, bien que souvent insuffisants pour obtenir un contrôle glycémique satisfaisant. De plus, le patient nécessitant une corticothérapie présente fréquemment des contre-indications aux ADO ; l’étroite marge thérapeutique des sulfonylurées, couplée à une longue latence d’action des thiazolidinediones écartent souvent ces traitements lors d’un diabète cortico-induit.

La plupart des patients nécessiteraient ainsi une insulinothérapie avec une surveillance glycémique et un ajustement régulier. Les glycémies postprandiales s’élèvent dans le diabète cortico-induit, ce qui correspond au profil pharmacodynamique des GC avec une insulinorésistance augmentant pendant la journée.

CONCLUSION

Les effets bénéfiques des glucocorticoïdes sont parfois balancés par des effets délétères non négligeables comme le diabète cortico-induit. Les critères diagnostiques et les objectifs thérapeutiques seraient proches de ceux du diabète de type 2, mais la prise en charge du diabète cortico-induit reste disparate par l’absence de recommandations consensuelles

L’évaluation de protocoles simplifiés, plus accessibles au patient, permettrait d’améliorer l’efficacité et l’adhérence thérapeutiques.

En général, l'hyperglycémie est réversible à l'arrêt du GC. Le diabète cortico-induit peut être une manifestation clinique du syndrome de Cushing, complication sévère des corticothérapies intensives entraînant un hypercorticisme. Les corticothérapies constituent la cause la plus fréquente de diabète iatrogène. L'apparition d'un diabète lors d'un traitement corticoïde ou le déséquilibre d'un diabète préexistant sont des situations auxquelles on assiste fréquemment en clinique. Pourtant la fréquence du diabète cortico-induit reste mal connue

Comme le soulignent les Recommandations de l’afssaps-HAS concernant le traitement du diabète de type 2, « les corticoïdes ont un effet hyperglycémiant dose-dépendant, réversible et transitoire, qu’ils soient administrés par voie orale, intraveineuse, intramusculaire ou intraarticulaire ». Les services d’Urgences et de Diabétologie accueillent d’ailleurs fréquemment des patients présentant une hyperglycémie majeure voire un coma hyperosmolaire alors qu’ils sont traités depuis peu par corticoïdes pour une pathologie aiguë.

Sources :
https://www.revmed.ch/RMS/2012/RMS-336/Diabete-cortico-induit
https://rhumatos.fr/wp-content/uploads/2018/05/RH134_P121A125_COR.pdf
Diabète et corticoïdes. Dr Florence LABROUSSE-LHERMINE Service de Diabétologie-Maladies Métaboliques et Nutrition CHU Rangueil.
https://rhumatos.fr/
Annales d'Endocrinologie Volume 75, Issues 5–6, October 2014, Page 399

Greffe d’îlots pancréatiques : quoi de neuf en 2021 ? 6

Greffe d’îlots pancréatiques : quoi de neuf en 2021 ?

Article proposé par le Dr Céline Eid, d’après une communication du Dr Sandrine Lablanche au congrès de la Société Francophone du Diabète – mars 2021

La transplantation d’îlots de Langherans est une thérapie cellulaire du diabète de type 1. Elle consiste à prélever un pancréas chez un donneur en état de mort cérébrale puis à isoler, au sein de ce pancréas, les îlots de Langherans contenant les cellules sécrétrices d’insuline. Ces îlots sont ensuite purifiés et injectés au patient diabétique dans la veine porte au niveau du foie, permettant de délivrer de l’insuline et de réguler de façon autonome la glycémie. Cette thérapeutique nécessite le don de 2 à 3 pancréas pour un succès optimal. Les données du registre international de transplantation d’îlots pancréatiques rapportent une insulino-indépendance de 80 % à 1 an et de 30 % à 5 ans. Les patients greffés doivent bénéficier d’un traitement immunosuppresseur au long cours afin d’éviter le rejet de ces îlots.


Alors que la greffe d’îlots n’était pratiquée jusqu’alors que dans le cadre de programmes de recherche clinique, la Haute Autorité de Santé a émis, en juillet 2020, un avis favorable à la prise en charge de la transplantation d’îlots pancréatiques dans des indications bien précises. L’arrêté ministériel permettant de rendre accessible en soins courants la transplantation d’îlots pour les patients français devrait être publié prochainement au Journal officiel. Il est à noter que cette thérapeutique est déjà disponible en routine dans d’autres pays tels que la Suisse ou le Royaume Uni.

Les indications de la greffe d’îlots de Langherans définies par la HAS sont basées sur la balance bénéfice-risque avec des risques portés par le geste lui-même et la nécessité d’une immunosuppression au long cours.

Ainsi, les patients candidats à l’allogreffe d’îlots (= îlots prélevés sur un autre individu) sont les patients :
- diabétiques de type 1 chroniquement instables avec fonction rénale conservée. L’instabilité glycémique chronique est définie par une variabilité glycémique sur plus de 12 mois, malgré une prise en charge optimale du diabète par une équipe pluri-professionnelle, entrainant des conséquences cliniques et métaboliques imprévisibles telles que des hypoglycémies sévères, altérant la qualité de vie.
- diabétiques de type 1 insuffisants rénaux chroniques avec indication de transplantation rénale
- diabétiques de type 1 porteurs d’un greffon rénal fonctionnel avec une HbA1c supérieure ou égale à 7 % ou présentant des hypoglycémies sévères

Pour ce qui est de l’autogreffe d’îlots (= îlots prélevés sur le patient lui-même), les indications concernent :
- Les patients à risque de diabète par carence en insuline
- Les patients devant bénéficier d’une chirurgie pancréatique étendue ou totale
- Les patients ayant présenté un traumatisme pancréatique entraînant une dévascularisation étendue ou totale du pancréas

Le patient candidat à la greffe d’îlots doit être adressé à une équipe expérimentée et réaliser un bilan pré-greffe afin de s’assurer de l’absence de contre-indication au geste et au traitement immunosuppresseur. Si le bilan pré-greffe est favorable et que le dossier est validé en réunion de concertation pluridisciplinaire, le patient est alors inscrit sur une liste d’attente. Les centres susceptibles d’accueillir des patients pour greffe d’îlots sont actuellement les centres de Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Strasbourg, Paris, Toulouse, Nantes et Nancy.

Pour conclure, depuis les rapports des premiers succès cliniques des transplantations d’îlots en 2000, l’efficacité et la sécurité de la greffe d’îlots a été validée par plusieurs travaux. Les avancées réglementaires récentes permettent désormais une prise en charge de cette technique dans des indications bien précises et confirment sa place dans la stratégie thérapeutique du patient diabétique de type 1 instable en échec d’un traitement optimisé.


Les hypoglycémies, plus fréquentes que ce qu’on imagine!!! 7

Les hypoglycémies, plus fréquentes que ce qu’on imagine!!!

Rares sont les personnes diabétiques à n’avoir jamais ressenti d’hypoglycémie. Elles sont souvent mal vécues, appréhendées et peuvent être responsable d’une diminution de la qualité de vie. Par peur de l’hypoglycémie, les personnes ont tendance à diminuer leurs traitement afin de se maintenir en hyperglycémie. Les hypoglycémies constituent alors un réel frein à l’équilibre glycémique.
1/ Rappels
Une hypoglycémie se définie comme toute glycémie (taux de sucre dans le sang) inférieure à 0.70g/L. On les qualifie de sévère à partir du moment où l’intervention d’une tierce personne a été nécessaire pour faire remonter la glycémie.

Elles sont souvent symptomatiques (la personne peut ressentir des sueurs, des palpitations, des troubles de la visions, une sensation de faim intense…) mais ce n’est pas systématique. En effet, depuis l’avènement des capteurs de glucose en continu, on s’est rendu compte que les hypoglycémies dites silencieuses étaient bien plus nombreuses que ce l’on pensait.

2/ Quelques chiffres
L’étude internationale HAT (Hypoglycemia Assessement Tool) a confirmé le constat suivant : la fréquence des hypoglycémies est souvent sous estimées chez les patients adultes insulinotraité. Elle a estimé que 83% des diabétiques de type 1 (DT1) et 46.5% des types 2 (DT2) ont vécu au moins un épisode d’hypoglycémie durant l’étude dont 14.4% et 8.9% d’hypoglycémies sévères.
Une proportion non négligeable de ces hypoglycémies était signalée la nuit.
D’autres études ont démontré que la fréquence des hypoglycémies chez les patients traités par insuline augmentait avec la durée du diabète et de l’insulinothérapie.
3/Causes des hypoglycémies
- La première cause des hypoglycémies est iatrogène. Cela signifie que c’est le traitement qui est directement responsable.

- L’alimentation est également une cause fréquente. En effet, l’hypoglycémie risque de survenir si l’apport de glucides a été insuffisant par rapport au traitement reçu (insuline ou comprimés : sulfamides hypoglycémiants, glinides)
- Toute activité physique doit être anticipée afin d’éviter les hypoglycémies. Il est parfois nécessaire de se ressucrer avant de partir faire du sport (si la glycémie est inférieure en 1.30g/l) et de consommer des sucres lents si l’activité dure plus d’une heure.

- Il est également nécessaire de faire attention à la taille de l’aiguille à insuline. Celle-ci doit être adaptée afin d’éviter que l’injection se fasse en intra-musculaire. En effet, la diffusion de l’insuline peut devenir anarchique et lorsque le muscle est sollicité, celle-ci peut être relargée brutalement, provoquant ainsi une hypoglycémie.
- La consommation d’alcool ou de certains toxiques comme le cannabis peuvent être responsable d’une hypoglycémie.
4/ Pourquoi les hypoglycémies sont parfois non ressenties
On estime que les hypoglycémies syptomatiques surviennent en moyenne 1 fois par semaine chez les DT1 et 1 fois par mois chez les DT2 et que les hypoglycémies silencieuses seraient 2 à 3 fois plus fréquentes.

Ces hypoglycémies silencieuses surviennent également chez le DT2 sous sulfamides hypoglycémiants où elles sont en réalité très fréquentes.
Les causes de ses hypoglycémies silencieuses sont multiples.
- Altération du système de contre régulation du glucose
S’il est évident qu’une dose trop élevée d’insuline par rapport aux besoins de la personne va être responsable d’une hypoglycémie, celle-ci est aggravée par une altération du système de contre régulation du glucose. En temps normal, lorsque la glycémie diminue, le pancréas sécrète une hormone hyperglycémiante : le glucagon. Or chez le DT1, l’altération de ce système est précose et celui-ci ne joue plus son rôle correctement. Chez le DT2, l’altération est plus tardive.
- Altération du système adrénergique
Avec l’âge, le système adrénergique responsable d’une partie des symptômes de l’hypoglycémie (tremblements, tachycardie, sueur, anxiété, sensation de faim, pâleur) est émoussé.

- Les hypo répétées
Les diabétiques qui tout au long de leur vie ont eu de nombreuses hypoglycémies ont développé un mécanisme de compensation leur permettant de maintenir une concentration suffisante de glucose dans les neurones malgré une glycémie abaissée. Par conséquent, ils ne ressentent plus les signes dits neuroglucopénique tels que : les troubles visuels, sensation de malaise, confusion, vertiges, épilepsie, trouble de la conscience.
3/ Conclusion
Les hypoglycémies sont un réel problème pour les personnes diabétiques de type 1 ou 2. Les hypoglycémies asymptomatiques sont donc beaucoup plus fréquentes que les symptomatiques chez le DT1 comme chez le DT2 et quelque soit leur traitement (insuline ou comprimés). Il est donc important de trouver avec le diabétologue des solutions pour en diminuer leur fréquence car elles sont souvent responsables d’une altération de la qualité de vie.


L’avancée majeur des iSGLT2 pour la protection rénale des patients diabétiques avec atteintes des reins 8

L’avancée majeur des iSGLT2 pour la protection rénale des patients diabétiques avec atteintes des reins

Article proposé par le Dr Nelly MORTINIERA, tiré de la Revue Le Quotidien du Médecin Spécialiste Diabétologue N°9892, de mars 2021, publié par le Pr Fabrice Bonnet, Service Endocrinologie-Diabétologie, CHU de Rennes.
Introduction :
En avril 2020, au cœur de l’affection COVID, les iSGLT2 ont obtenu le remboursement tant attendu dans le traitement du diabète de type 2 (DT2). C’est en grande partie grâce à la reconnaissance des bénéfices de ce médicament sur le cœur et su le rein du diabétique qu’il lui a enfin été accordé ce remboursement. Jusque-là, l’utilisation des traitements antihypertenseurs (IEC : Captopril ; ARAII : Irbésratan et Losartan) avait montré il y a plus de 18 ans un bénéfice significatif sur le rein ; d’autre part il avait également été démontré l’importance du contrôle glycémique intensif sur le risque rénal dans le diabète de type 2. Mais malgré ces traitements ; le risque d’insuffisance rénale et d’évènements cardio-vasculaires reste élevé chez les patients DT2 avec atteinte rénale par le diabète.

L’étude CREDENCE :
C’est la première étude avec un iSGLT2 qui avait pour caractéristique principale de regarder l’effet de La Canagliflozine sur le rein et les évènements cardio-vasculaires chez des patients diabétiques de type 2 avec une atteinte rénale modérée. Les résultats observés ont été surprenant car le fait de rajouter la Canagliflozine aux traitements habituels IEC ou ARA II « dit néphroprotecteurs », était associé à une forte réduction du risque d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale de 32%.
Pour les autres études utilisant d’autres iSGLT2 telle que l’étude Empa-reg Outcome utilisant Empagliflozine et l’étude Declare-Timi 58 utilisant elle la Dapagliflozine ; le risque de développer une micro ou une macro-albuminurie (Présence de petites ou de grosses molécules d’albumine dans les urines) a été réduit de 16% dans ces 2 essais cliniques. La compilation de nombreuses études sur les effets rénaux des iSGLT2 a montré une réduction forte et significative d’environ 30% du risque d’évènements rénaux tels que l’évolution vers l’insuffisance rénale terminale ou vers la dialyse.


L’étude Dapa- CKD :
La protection rénale apportée par les iSGLT2 a également été démontrée pour des patients non diabétiques. En effet dans cette étude qui a inclus plus de 4000 patients avec une insuffisance rénale modérée à sévère, suivi pendant 2 ans et demi, il a été noté une réduction de 39% d’évènements rénaux avec une réduction significative de la mortalité totale. Ce bénéfice a été observé à la fois chez des patients diabétiques que non diabétiques de type 2.

Conclusion :
Les iSGLT2 doivent être proposer en association aux traitements habituellement utiliser dans l’atteinte du rein par le diabète, tant dès les premiers stades de la maladie, mais aussi probablement pour des stades plus avancés, y compris dans le cadre d’atteinte rénale sévère car ils assurent une réduction à la fois de l’albumine dans les urines et du risque d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale indépendamment de la baisse de la glycémie.


Stéatose hépatique non alcoolique chez le patient diabétique de type 2 (NAFLD) : Quel bilan en pratique courante ? 9

Stéatose hépatique non alcoolique chez le patient diabétique de type 2 (NAFLD) : Quel bilan en pratique courante ?

Article du Dr Muriel BENICHOU d’après une communication du Pr Pierre Gourdy (SFD 2021)

1) Données épidémiologiques

La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) est très fréquente chez les patients diabétiques de type 2 puisqu’elle touche les 2/3 d’entre eux.

La NAFLD regroupe la stéatose simple non évolutive (80% des cas) mais aussi la stéatohépatite ou NASH (20%) qui elle est évolutive avec un risque de fibrose sévère (F3/F4) et d’évolution possible vers une cirrhose et /ou un carcinome hépatocellaire; ainsi le risque de fibrose avancée (F3 /F4) chez le diabétique de type 2 est estimée à 5% .

Le risque de NASH est corrélé
- A l’âge
- Au sexe masculin
- A L’obésité
- A l’HTA
- A l hyperlipidémie

A Noter que la NASH chez un diabétique de type 2 est prédictive de complications hépatiques mais également de complications liées au diabète et de décès. En effet la prévalence des complications cardiovasculaires est augmentée en cas de NASH mais également les complications microangiopathiques dont le risque est multiplié par 2 notamment les complications rénales.

2) Dépistage systématique de la fibrose avancée chez le patient diabétique de type 2

De par ce risque accru chez le patient diabétique le dépistage systématique de la fibrose avancée est recommandé et ce quel que soit le niveau des enzymes hépatiques.

Le test à réaliser en première intention chez le patient diabétique est le SCORE FIB-4 tenant compte de l’âge, des ASAT , ALAT et du taux de plaquettes

- Si ce score FIB-4 est < 1 ,3 , la valeur prédictive négative est de 93% cad qu’il y a 93%de chance pour que le patient diabétique ne développe pas une fibrose sévère . Aucun autre examen n’est nécessaire et le FIB-4 du patient sera recontrôlé tous les 3 ans - Si ce score FIB-4 est > 3,25, la valeur prédictive positive est de 66% cad qu’il y a 66% de risque que le patient diabétique développe une fibrose sévère. Il y a donc lieu de réaliser des examens complémentaires

- Il existe une zone grise entre 1,3 et 3 ,25
A Noter que ce score FIB-4 est à privilégier chez lez patient diabétique car le NAFLD fibrosis score tenant compte de l’âge, du BMI, des ASAT et ALAT ne doit pas être utiliser chez le diabétique car il surestime le risque.

3°) Quels examens complémentaires faut il réaliser en cas de FIB-4 positif ou douteux ?

L’examen clé à réaliser en cas de FIB-4 POSITIF ou douteux est le FIBROSCAN
C’est donc en général à ce moment là que le patient est adressé à l’hépatologue

Le FIBROSCAN ou élastographie impulsionnelle est un examen simple, rapide (5-10 min) indolore et non invasif réalisé généralement par une hépatologue permettant de mesurer la dureté du foie (exprimée en kilopascal)

Si le résultat est <8, la valeur prédictive négative est de 90% cad qu’il y a 90%de chance que le patient n’ait pas de fibrose avançée. On peut donc rassurer le patient Si le résultat est > 12, la valeur prédictive positive est de 67% cas que le patient a 67% de risque d’avoir une fibrose avançée. Le patient devra faire l’objet d’un double suivi par l’hépatologue et le diabétologue pour éviter l’évolution vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire. Dans le cadre de ce suivi une échographie hépatique tous les 6 mois est recommandée.
Si le résultat est >15 , la valeur prédictive positive s’élève à 75%
Il existe en revanche une zone grise entre 8 et 12 Kpascal
L’avantage du FIBROSCAN est son résultat immédiat et sa haute performance
Néanmoins il peut être pris à défaut en cas d’insuffisance cardiaque.

En cas de résultat non fiable, on peut utiliser des outils biologiques comme l’actitest fibrotest ou le fibromètre réalisables en laboratoire et validés mais non remboursés.

CONCLUSION

La NAFLD est une pathologie très fréquente chez les patients diabétiques de type 2 puisqu’elle touche 2/3 d’entre eux mais largement sous diagnostiquée.
Malheureusement les formes sévères sont plus fréquentes chez les patients diabétiques que dans la population générale les exposant à un risque accru de complications hépatiques mais majorant également le risque cardiovasculaire et rénal
Un dépistage systématique est désormais recommandé chez les diabétiques de type 2 et ce quel que soit le niveau des enzymes hépatiques.
Ce dépistage consiste à calculer le score FIB-4 puis à réaliser un FIBROSCAN en cas de FIB-4 positif ou douteux
Si le fibroscan retrouve un score >12, une surveillance conjointe diabétologue et hépatologue est indiquée.


BIENFAITS SANTE DE LA MARCHE ET LES RECOMMANDATIONS DE PAS 10

BIENFAITS SANTE DE LA MARCHE ET LES RECOMMANDATIONS DE PAS


Pratiquée dès le plus jeune âge, la marche est avant tout un moyen de locomotion mais c’est également une activité physique qui nécessite un équipement minimal et qui peut se pratiquer quasiment partout et en toutes saisons. Véritable alliée santé, la marche permet une pratique facile et régulière.
« La marche est le meilleur remède pour l'homme », disait Hippocrate. Elle n'est pas seulement un moyen de déplacement, mais une activité physique à part entière aux vertus aussi diverses qu'inattendues. Nul besoin de payer un abonnement coûteux à une salle de sport pour cajoler sa santé.
Qu’elle prenne la forme d’une randonnée en montagne, d’une marche sportive ou d’une simple promenade urbaine, voici quels sont ses bénéfices.

La marche, source de nombreux bienfaits pour la santé

Au-delà d’offrir de nombreux bienfaits pour le corps et pour l’esprit, la marche est l’activité idéale pour les personnes souhaitant faire travailler leur système cardiovasculaire et entretenir leur silhouette.
En effet, la marche a l’avantage majeur de brûler les calories et de transformer graisses et glucides en énergie. Couplée à une alimentation saine, cette activité peut permettre de perdre du poids et de développer un physique tonique.
La marche intervient dans la prévention de nombreuses maladies :

. Prévention des maladies cardiovasculaires

Pratiquée de façon régulière, la marche augmenterait le taux de « bon » cholestérol tout en empêchant le « mauvais » cholestérol de s’accumuler dans les artères.
Au niveau des capacités respiratoires, elle améliore la capacité de notre corps à utiliser de l’oxygène. De ce fait, le cœur et les poumons travaillent plus efficacement et les effets s’en ressentent sur le souffle.
De plus, la pratique de la marche a montré des bénéfices dans la prévention des accidents cardiovasculaires (AVC, infarctus) et du diabète de type 2. La réalisation de 3 500 pas par jour diminuerait le risque de diabète de 29 %.
Du côté du cœur, le risque de développer une maladie cardio-vasculaire diminuerait drastiquement dès la réalisation de 30 minutes de marche quotidienne. La pression artérielle diminuerait et l'ensemble de la fonction cardio-vasculaire s'en trouverait amélioré.

. Prévention de certains cancers

Bonne nouvelle supplémentaire, et non des moindres, l’activité physique engendrée par la pratique de la marche permet de diminuer significativement le risque de développer un cancer du sein ou de l’intestin.
. Prévention d’autres maladies

La marche favorise également le transit intestinal et protège de l’ostéoporose grâce à l’augmentation de la densité osseuse.

. Bénéfices sur la santé psychique

Sur le plan psychologique, la marche permettrait de booster le moral et de chasser les pensées négatives. Cette sensation de « bonne humeur » serait liée à l’exercice physique mais aussi à l’exposition à la lumière du jour. Le cycle de sommeil est ainsi mieux régulé et la marcheur est moins fatigué.

La marche : une activité du quotidien

Marcher, c’est bien mais marcher efficacement, c’est mieux. Pour que l’ensemble de ces bénéfices se ressentent sur notre corps, il est recommandé de faire 10 000 pas par jour. Cela paraît inaccessible ? C’est en réalité très simple. Il suffit d’intégrer la marche à ses activités quotidiennes.
Sans même nous en rendre compte, nous faisons en moyenne 7 000 pas dans une journée. Il ne manque que 3 000 pas pour atteindre l’objectif des 10 000 pas quotidiens. Il suffit donc de petits réflexes, comme prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur, emmener les enfants à pieds à l’école ou encore descendre une station plus tôt ou se garer plus loin quand on va au bureau pour voir les bénéfices apparaitre sur votre santé. Le plus important est d’être assidu et régulier dans sa démarche et de faire de cette activité, une habitude.
Pourquoi 10 000 pas par jour ?

Longtemps, ce seuil de 10 000 pas par jour a été évoqué, tel un objectif à atteindre. Une moyenne qui pourtant ne repose sur aucune étude scientifique à proprement parler.

En effet, ce chiffre trouve son origine dans une campagne de publicité des années 1960, menée au Japon pour vanter les mérites du premier podomètre, le manpo-kei. Forte des succès sportifs aux JO de Tokyo, la société Yamasa a imaginé un appareil, qui ressemble à un petit chronomètre, capable de mesurer le nombre de pas parcourus. Le but ? Assurer un niveau d’activité minimal, que la pub pour ce podomètre établissait à 10 000 pas quotidiens, présumant une incidence positive sur la santé. En effet, le chercheur Yoshiro Hatano avait calculé que 10 000 pas de marche permettaient de brûler autour de 300 calories, et avaient donc une incidence sur son poids de forme (cf. article du Monde concernant le Manpo-Kei).

Par la suite, diverses études ont repris ce seuil d’activité en le comparant à des niveaux plus bas, pour mettre en lumière les effets bénéfiques de l’activité physique sur les calories brûlées, la tension artérielle ou encore la glycémie.
Même si le chiffre empirique de 10 000 pas fait l’objet de discussions, une chose ressort cependant de toutes les études, si l’on ne se limite qu’à 4000 pas par jour ou moins, les effets délétères peuvent surgir : risque cardiovasculaire et/ou de diabète accru, prise de poids, etc.
Les seuils revus par les scientifiques
Catrine Tudor-Locke, professeure à l’université Amherst du Massachusetts et directrice du laboratoire sur le comportement des marcheurs situé en Louisiane, est spécialiste des effets de la marche et plus généralement de l’activité physique sur la santé, et fait figure de référence quand il s’agit d’analyser les bienfaits des podomètres.
Pour elle, cette injonction lancée par la société Yamasa correspondait un peu au « Just do it » de Nike ! Un vrai slogan avant toute chose ! Catrine Tudor-Locke, outre le caractère empirique de ce seuil, insiste par ailleurs sur la population à qui cette injonction s’adresse. Un adulte japonais moyen des années 60 n’affiche pas la même corpulence qu’un Américain d’aujourd’hui. Il convient donc de personnaliser le niveau d’activité, et cela concerne les Japonais, les Américains au même titre que les Français, bref tout habitant des pays au mode de vie qui s’occidentalise !
Toutefois, ce que la chercheuse entend mettre en lumière, c’est la question : sous quel seuil, doit-on vraiment s’inquiéter ? En dessous de combien de pas quotidiens le danger pointe le bout du nez ?

Dans une étude de 2008* menée avec son collègue de l’université de Tokyo, le fameux Yoshiro Hatano, et d’autres chercheurs japonais et américains, la scientifique modère donc cette croyance généralisée autour des 10 000 pas par jour : « Il ne faut pas en faire une obsession, le but premier est avant tout d’extraire les gens de leur canapé ! […] Nous savons qu’un style de vie sédentaire est néfaste pour la santé, et que si vous ne faites pas une moyenne de 5000 pas par jour au minimum, cela peut engendrer de sérieux problèmes de santé : prise de poids dangereuse, atrophie musculaire, diabète, risque pour la santé osseuse… la liste est longue ! »

L’Organisation Mondiale de la Santé a pourtant relayé ce chiffre clé par le passé, pour finalement affiner ses recommandations par classes d’âge pour commencer, par niveau d’intensité de son activité physique, par sexe aussi.
> L’OMS précise ainsi qu’un enfant ou un ado doit bouger de manière modérée à intense au moins une heure par jour.
> En revanche, une femme enceinte devra lever le pied, tout en maintenant autant que possible, un niveau d’activité modéré et régulier.
> Les seuils évoqués par l’OMS sont indiqués non pas par jour pour les adultes, mais par semaine. Ainsi il est indiqué qu’un minimum de 150 minutes d’activité modérée (marcher, jardiner, faire le ménage, se déplacer à vélo…) ou de 75 minutes d’activité intense soit de sport est requis, avec des moments d’activité supérieurs à 10 minutes.

La marche sportive : le bon compromis

Lorsque la marche est devenue une habitude, il est intéressant de pousser l’exercice et de pratiquer la marche à un rythme plus soutenu. Cela revient à marcher à une allure de 7 à 9,5 km à l’heure en moyenne pendant au moins 30 à 45 minutes par jour. Pour les personnes qui disposent de moins de temps, marcher 3 à 4 fois par semaine est également un bon rythme de croisière.
La marche nordique : l’alternative sportive

Pour ceux qui souhaitent intensifier l’effort, la marche nordique est la version « musclée » de la marche sportive. Véritable discipline sportive, elle permet un renforcement général de toutes les chaines musculaires et articulaires du corps grâce à l’utilisation de bâtons.
Plus tonique, elle permet de dépenser, en moyenne, deux fois plus de calories que la marche normale et est généralement pratiquée sur des chemins plus escarpés (montagne, forêt).
La marche nordique est enseignée et pratiquée dans le cadre de la Fédération française d’athlétisme
Deux mille quatre cents ans après sa mort, la science n'a eu de cesse de confirmer l'adage d'Hippocrate. La marche est un fabuleux médicament, la meilleure des préventions, et ses bénéfices sont innombrables. La vie de ceux qui la pratiquent s'en trouve grandement améliorée, leur espérance de vie aussi. En effet, 75 minutes de marche hebdomadaire allongeraient l'espérance de vie de près de deux ans. Et marcher est avant tout une affaire d'éducation, les enfants n'en sont pas exemptés, bien au contraire, ils y prendront goût pour le restant de leur vie.
Bouger devient aussi une affaire d’État

En France, les gouvernements successifs depuis plusieurs années se sont emparés du problème : on ne bouge pas assez, avec une incidence plus ou moins directe sur la santé, l’espérance de vie, la mortalité même.
L’OMS attribue à l’inactivité physique environ 10 % de la mortalité totale en Europe, et la voit comme la cause de 5 % des cardiopathies coronariennes, de 7 % du diabète de type 2, de 9 % du cancer du sein et de 10 % de cancer ducôlon.
Afin de promouvoir l’activité physique et sportive (APS) et de mener une campagne de prévention de la sédentarité excessive, le ministère des Solidarités et de la Santé a d’abord détaillé ses recommandations en ligne , a validé la prescription de l’activité physique dans le cas de maladies chroniques, pousse les mobilités actives, et a créé le site mangerbouger.fr, sur lequel on peut tester son niveau d’activité. Ce que je vous invite à faire ici !
Les équivalences en nombre de pas
Si l’on s’en tient à ces fameux 10000 pas (chiffre qui peut toutefois s’entendre en tant qu’objectif pour des adultes dynamiques et en bonne santé), cela équivaut en pratique à environ 8 km par jour *, soit 1 heure 40 de marche au total. Il ne s’agit pas évidemment de cumuler 2 minutes par-ci, 5 minutes par-là, mais de bouger au moins 10 minutes d’affilée pour bénéficier de ces activités et agir sur son espérance de vie.

Selon l’exercice physique auquel on s’adonne, le nombre de pas n’est pas identique.
1000 pas = 10 minutes d’une activité d’intensité modérée telle que la marche, la natation, le vélo, le rameur (sans s’arracher !), la danse, le jardinage…
2000 pas = 10 minutes d’une activité à intensité soutenue. C’est-à-dire que durant votre activité, vous pouvez à peine parler sans être immédiatement essoufflée, sports cardio en tête ! Ainsi le running, les séances de fitness type HIIT, le cyclisme, les sports en compétition comme le badminton, le foot… entrent dans cette catégorie.
Le mieux étant de pratiquer régulièrement un sport si vous n’aimez que modérément marcher.

* Attention, ces mesures sont données à titre indicatif, mais il s’agit ici de moduler selon son âge, son poids, sa taille, et son état de forme.
7 idées pour sortir de la sédentarité au quotidien

Si vous n’êtes pas sportif ou sportive dans l’âme, alors il va falloir modifier vos habitudes. Voici quelques suggestions pour bouger davantage chaque jour :
– Garez-vous ou descendez de votre bus ou de votre métro plus loin, afin de compléter votre trajet en marchant. Prévoyez 10 minutes pour que ce temps de marche vous soit bénéfique.
– Plutôt que donner rendez-vous pour un café ou un apéritif, proposez une visite d’un quartier ou une balade dans la nature. Bon plan : l’association Paris Zigzag propose tout un tas de promenades thématiques, guidées ou libres, dans Paris et Bordeaux.
– Un coup de fil à passer ? Au lieu de vous avachir sur votre canapé, sortez et marchez tandis que vous parlez, dans le jardin, autour du pâté de maisons…
– Consacrez une partie de votre temps de déjeuner pour sortir et marcher. Voire suivre un cours de gym si vous le pouvez.
– Jouez à des jeux actifs avec vos enfants : à chat, au foot, à la balle au prisonnier, au ping-pong…
– Au boulot, prenez soin de vous lever aussi souvent que possible. Allez parler avec vos collègues plutôt que de leur envoyer un email, montez et descendez les escaliers à la place d’attendre l’ascenseur. Si vous télétravaillez, levez-vous régulièrement, marchez, sautez, dansez même !
– Avant de systématiquement prendre les transports en commun ou votre voiture, vérifiez la distance qui vous sépare d’un lieu où vous vous rendez. C’est à 2 km ? Pourquoi ne pas les parcourir à pied ?

Des outils pour vous aider à compter vos pas

Il va de soi que vous n’allez pas compter vos pas vous-même, lors de chaque déplacement. Des trackers d’activité existent pour vous aider. Non il ne s’agit pas d’engager un détective pour vous surveiller, mais plutôt de vous doter d’une application sur smartphone ou mieux, d’un petit boîtier, d’un bracelet ou d’une montre connectés qui vous indiquent si vous avez suffisamment bougé dans la journée.

Les téléphones de nouvelle génération comportent généralement cette fonctionnalité de podomètre intégré (Apple, Samsung…). Toutefois, vous pouvez aussi vous munir d’un simple podomètre pour ne pas rester focalisé sur votre téléphone.

Quant aux appareils connectés, ils vous apporteront des indications complémentaires : suivi du sommeil, statistiques concernant vos activités sportives, bip quand il faut bouger, rythme cardiaque… que vous paramétrerez. Vous pourrez ensuite retrouver vos activités et comparer les efforts sur une application ad hoc ou sur votre compte (du site associé), une fois rentré. e à la maison.

Pour de nombreuses personnes — dont je fais partie —, ce type d’accessoire participe de la motivation à bouger, même si les données qu’ils relaient peuvent varier d’un outil à un autre. Ainsi je peux constater une différence de 15 % entre ce que m’indique ma montre et ce que me dit mon smartphone. Donc, sachez garder une certaine distance par rapport à ces petits appareils. Gardez en tête que l’important c’est avant tout de bouger !

Les bénéfices de l’activité physique sur la santé

En résumé, les principaux constats sont :

L’activité physique et sportive régulière est un déterminant majeur de l’état de santé des individus et des populations à tous les âges de la vie.
La pratique des activités physiques et sportives est déterminée par des facteurs individuels, sociaux et environnementaux.
La pratique régulière d’une activité physique et sportive, même d’intensité modérée, diminue la mortalité et augmente la qualité de vie.
La pratique régulière d’une activité physique, même d’intensité modérée, est un facteur majeur de prévention des principales pathologies chroniques (cancer, maladies cardiovasculaires, diabète….).
La pratique régulière d’une activité physique permet d’assurer une croissance harmonieuse chez l’enfant et l’adolescent.
La pratique régulière d’une activité physique permet de prévenir l’ostéoporose notamment chez la femme et de maintenir l’autonomie des personnes âgées.
La pratique régulière d’une activité physique aide au contrôle du poids corporel chez l’adulte et l’enfant.
La pratique régulière d’une activité physique est associée à une amélioration de la santé mentale (anxiété, dépression).
La reprise d’une activité physique régulière adaptée est un élément majeur du traitement des principales pathologies chroniques (cardiopathies ischémiques, bronchopathies chroniques obstructives, obésité et diabète de type 2, maladies neurologiques, rhumatismales et dégénératives….).
La pratique d’activités physiques permet une amélioration de la qualité et de la quantité de sommeil, ainsi qu’une amélioration de l’éveil diurne.
Les risques pour la santé de la pratique d’une activité physique sont minimisés par le respect de précautions élémentaires, un suivi médical adapté et un encadrement compétent.
(source Inserm- Expertise collective « Activité physique » (2008) et Anses – Avis et rapport relatifs à l’ « Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité », 2016))
En France, la recommandation diffusée dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS) depuis 2002 est de pratiquer l’équivalent d’au moins 30 minutes de marche physique et la réduction des temps cumulés et continus de sédentarité qui produira les effets les plus marqués sur la santé.
L’Anses propose des recommandations adaptées aux différents groupes de populations : enfants et adolescents, adultes, personnes âgées, femmes en période de grossesse, etc., dans l’objectif de permettre l’adoption d’un mode de vie actif dès le plus jeune âge, dans un environnement favorable.
Pour les adultes, il est recommandé de pratiquer 30 minutes d’activité physique développant l’aptitude cardio-respiratoire d’intensité modérée à élevée, au moins 5 jours par semaine, en évitant de rester 2 jours consécutifs sans pratiquer. Les activités physiques à visée cardiorespiratoire et celles à visée musculaire peuvent être intégrées dans une même activité ou au cours de la même journée. Pour les enfants et adolescents de 6 à 17 ans, il est recommandé de pratiquer au moins 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée à élevée.

Concernant la sédentarité, pour les adultes, il est recommandé de réduire le temps total quotidien passé en position assise et d’interrompre les périodes prolongées passées en position assise ou allongée, au moins toutes les 90 à 120 minutes, par une activité physique de type marche de quelques minutes. Pour les enfants, il est recommandé de limiter la durée totale quotidienne des activités sédentaires et la durée de chaque activité sédentaire, pour ne pas dépasser 2 heures en continu pour les 6 à 17 ans.
(Source Anses – Avis et rapport relatifs à l’ « Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité », 2016)
En février 2016, l’Anses a publié l’avis et le rapport relatifs à l’« Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité ». L’agence recommande la réduction des comportements sédentaires et la pratique d’activités physiques, dans tous les contextes de vie et à tous les âges. C’est la concomitance de l’augmentation de l’activité

Sources :
Fédération française d’athlétisme
Fédération française de la randonnée pédestre
Comité national olympique et sportif français, 2015

https://www.who.int/dietphysicalactivity/factsheet_adults/fr/
https://solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/article/activite-physique-et-sante
Programme national nutrition santé (PNNS) 2011-2015
Plan national santé environnement (PNSE 3) 2015-2019
Plan d’action pour les mobilités actives (PAMA)
Plan cancer 2014-2019