Les plus du système freestyle libre 2 1

Les plus du système freestyle libre 2

Mis en ligne par le Dr Céline Eid

Le sytème FreeStyle Libre : une innovation en matière de diabétologie

L’autosurveillance glycémique a été révolutionnée il y a 5 ans par l’arrivée du FreeStyle Libre, système Flash d’autosurveillance du glucose.

Pour mémoire, il s’agit d’un dispositif de mesure continue du glucose qui permet de s’affranchir de la piqûre au bout des doigts. Ce système est composé d’un capteur placé à l’arrière du bras et d’un lecteur. Le capteur est changé tous les 14 jours et ne nécessite aucune calibration.

 

                                                     

 

A chaque scan, le lecteur affiche instantanément le taux de glucose, indique par une flèche la tendance à la hausse ou à la baisse des variations glycémiques et visualise la courbe glycémique des 8 dernières heures.

Ce capteur est remboursé pour les patients diabétiques de type 1 ou de type 2, traités par au moins 3 injections  d’insulines quotidiennes ou par une pompe à insuline. La prescription initiale doit être faite par un diabétologue à raison de 2 capteurs par mois pour une durée de 3 mois et peut être renouvelée par le médecin traitant.

 

Quels sont les plus du FreeStyle Libre 2 ?

La technologie FreeStyle Libre évolue avec l’arrivée en France en mars 2020 du FreeStyle Libre 2 dont les performances sont améliorées pour une meilleure précision notamment dans les plages basses du taux de glucose.

Tout aussi facile d’utilisation que le FreeStyle Libre, le dispositif FreeStyle Libre 2 met à disposition des alarmes optionnelles de taux de glucose (glucose bas ou glucose haut) et de perte de signal, faciles à paramétrer (choix du seuil d’hypo ou d’hyper) et à personnaliser (son et/ou vibration).

A l’heure actuelle, les alarmes optionnelles ne sont disponibles que si le capteur est scanné par un smartphone au moyen de l’application FreeStyle Libre Link. Cette application est disponible sur Google Play pour Android et l'App Store pour les iPhones.

Le capteur FreeStyle Libre 2 est compatible avec le lecteur FreeStyle Libre 2, l’application FreeStyle Libre Link ou le Lecteur FreeStyle Libre actuel à condition d’avoir effectué la mise à jour du lecteur sur le site www.freestylediabete.fr. En revanche, les alarmes optionnelles ne sont disponibles qu’avec l’application FreeStyle Libre Link et ne peuvent être activées lorsque le capteur est scanné par le lecteur FreeStyle Libre, même mis à jour.

Le FreeStyle Libre 2 n’est pas encore remboursé en France mais disponible à l’achat sur le site FreeStyle Libre pour les patients qui souhaiteraient l’acquérir.

 

En conclusion

Si l’arrivée du Freestyle Libre a révolutionné le monde de la diabétologie, le Freestyle Libre 2 apporte une sécurité supplémentaire au quotidien de part sa plus grande précision et la mise à disposition d’alarmes optionnelles en cas de taux de glucose bas ou élevé.


Quel aide mémoire pour le suivi du patient diabétique ? 2

Quel aide mémoire pour le suivi du patient diabétique ?

Article mis en ligne par le Docteur Nelly MORTINIERA. Tiré de l’article publié dans Diabétologie Pratique numéro : 76 de juin 2020, publié par : B. Bauduceau, A. Sultan, L. Bordier. Service Endocrinologie, Hôpital d’instruction des Armées Bégin, Saint Mandé. Equipe Nutrition-Diabète, CHU Lapeyronie, Montpellier. France.

 

Introduction :

Le suivi des patients diabétiques nécessite des échanges personnalisés réguliers entre le patient et les soignants. Le diabète de type 2 étant une affection chronique silencieuse, la réalisation de contrôles périodiques est indispensable. Au fil du temps, les recommandations des sociétés savantes, portant sur la fréquence des contrôles et les objectifs à atteindre se sont précisées grâce aux résultats des différentes études menées dans le cadre du diabète.  Le but d’élaborer un aide-mémoire pour les diabétiques est de dresser un calendrier pratique des examens à réaliser dans les délais souhaités pour améliorer la qualité des soins et optimiser la prise en charge des patients diabétiques. Cela permet aussi de diminuer de plus de moitié les complications et la mortalité des patients diabétiques.

Les consultations trimestrielles :

Elles sont faites en dehors de problèmes aigus ou de la survenue de complications. Elles sont réalisées par les médecins traitants en particuliers pour les diabétiques de type 2. Il s’agit de :

-          L’évaluation des mesures hygiéno-diététiques.

Le suivi régulier de ces mesures est souvent négligé si bien que leur efficacité est sous-estimée. Une alimentation équilibrée et la pratique d’une activité physique régulière constituent la première étape de prise en charge des patients diabétiques. Ce suivi doit être systématique. L’incitation à l’arrêt du tabac est importante chez les diabétiques fumeurs.

 

               

 

-          La surveillance du poids et la mesure de la pression artérielle.

Elle est importante. Elle permet de calculer l’Indice de Masse Corporelle (IMC). En cas de surpoids ou d’obésité, la perte même de quelques kilos est souvent bénéfique car elle permet d’améliorer le niveau de glycémie et de pression artérielle.

Le contrôle de la pression artérielle est un temps important. L’HTA (hypertension artérielle) est très fréquente puisqu’elle touche 80 % des patients diabétiques de type 2 et environ 20% des patients hypertendus sont diabétiques. L’objectif idéal de la pression artérielle se situe autour des 140/90mmHg de tension. En cas d’atteinte rénale, l’objectif est plus ambitieux et se situe autour des 120/75mmHg de tension. Chez les patients âgés traités par plusieurs médicaments l’objectif souhaité se situe autour des 150/90mmHg de tension.

                             

-          Vérifier la qualité de l’équilibre glycémique.

Elle se fait grâce au dosage de l’hémoglobine glyquée (HbA1c). Elle se fait au laboratoire tous les 3 à 4 mois. C’est le reflet de l’équilibre glycémique. Pour la majorité des diabétiques la valeur d’HbA1c souhaitée se situe en dessous de 7%. En cas de découverte récente du diabète chez un sujet sans comorbidités (HTA, obésité, hypercholestérolémie etc…) ce chiffre peut être ramené  autour de 6,5%. En revanche, chez les sujets âgés ou présentant de nombreuses comorbidités dont certaines peuvent être très évoluées, ou encore chez des personnes ayant un diabète évoluant depuis très longtemps avec des atteintes importantes au niveau des reins, des yeux, des nerfs, la cible d’HbA1c recommandée se situe entre 7 et 8%.

Le contrôle régulier des glycémies à domicile est utile car il va permettre de voir l’effet du respect ou non de l’alimentation et de l’activité physique, de vérifier les glycémies d’après repas et de dépister les hypoglycémies non ressenties. L’arrivée des appareils mesurant le taux de glucose en continu chez les patients traités par au moins 3 injections d’insuline ou par pompe sous-cutanée est un progrès considérable.

            

 

Les consultations annuelles :

Elles seront plus complètes et vont intégrer les éléments de contrôle évalués lors des consultations trimestrielles (mesures hygiéno-diététiques, poids, pression artérielle, analyse de l'hémoglobine glyquée tout au long de l’année). Elles seront complétées par :

-          L’examen des pieds.    

Toutes les précautions doivent être prises pour éviter la survenue de plaies au niveau des pieds des patients diabétiques. On recherchera des déformations, on testera la sensibilité des pieds et on les examinera à la recherche du moindre problème. En cas d’anomalie, les conseils de prévention seront renouvelés. Parfois des examens plus poussés seront prescrits. La participation des pédicures et des podologues est indispensable à la réalisation des soins du pied du diabétique.

 

-          La vérification de la couverture vaccinale. 

Si le vaccin contre la grippe et le tétanos sont devenus une évidence chez le diabétique, celui contre le pneumocoque, la coqueluche ou le zona ne le sont pas encore assez. La campagne de vaccination contre la grippe est le bon moment pour faire le point des divers vaccins fortement conseillés chez les diabétiques. Cette démarche va permettre de limiter l’importance de ces maladies qui peuvent lourdement altérer la qualité de vie des patients diabétiques.

-          Le dosage de la créatinine et de la petite albumine dans les urines.

Elles vont permettre de dépister une dégradation de la fonction rénale et une atteinte même débutante du rein par le diabète. La présence de cette petite albumine dans les urines peut aussi traduire la possibilité de faire un évènement cardiaque ou vasculaire tel qu’une crise cardiaque ou une attaque cérébrale. Elles vont permettre également d’intensifier les traitements du patient au profit de médicaments qui protègent le rein du diabétique encore appelés « médicaments néphroprotecteurs »

                                                      

 

-          La recherche d’un taux élevé de cholestérol.

Il peut s’agir d’un excès de triglycérides ou de cholestérol, fréquemment retrouvé chez les diabétiques. Toutes les études réalisées ont montré l’intérêt de traiter ces anomalies du cholestérol chez le diabétique pour prévenir les complications cardiaques ou au niveau des artères.

-          L’examen ophtalmologique et le suivi bucco-dentaire.        

Il va permettre de mettre en évidence l’atteinte des yeux par le diabète encore appelé « rétinopathie diabétique ». Il va aussi permettre de dépister le glaucome, la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge), et la cataracte responsables de troubles de la vue.

                                  

 

La santé de la bouche est très souvent négligée. Chez le diabétique un mauvais état bucco-dentaire va favoriser les caries ou les abcès dentaires, les problèmes de gencives et les déchaussements de dents. Ces infections peuvent entretenir un déséquilibre glycémique. Une consultation chez le dentiste est de ce fait indispensable.

Les examens à réaliser tous les 3 à 5 ans ou devant des signes évocateurs :

-          Le dépistage de l’infarctus silencieux ou de l’insuffisance cardiaque du diabétique.

Il se fait auprès du cardiologue par des examens tels que l’échographie cardiaque, l’épreuve d’effort cardiaque ou l’échographie de stress, la scintigraphie cardiaque…

                              

 

-          L’écho-doppler des artères du cou et des jambes.

A la recherche d’une atteinte des artères qui nourrissent le cerveau et les membres inférieurs. En cas d’anomalies sévères de ces artères, elles peuvent être responsables d’attaque cérébrale et d’artérite jambière augmentant le risque d’amputation chez les diabétiques fumeurs.

 

                                   

 

Conclusion :

La relation médecin-malade occupe une place importante dans le suivi du diabétique. Normaliser la glycémie, la tension, le taux de cholestérol est aussi important que de surveiller les yeux, les reins, le cœur et les artères du diabétique pour lutter contre l’apparition de complications, pour améliorer la qualité de sa prise en charge et permettre l’augmentation de sa qualité de vie. Pour aboutir à ces résultats, la bonne connaissance des objectifs et le respect du calendrier des contrôles est primordial.

 


Les stars et le diabète 3

Une personne sur 11 souffre de diabète dans le monde. Cette maladie n’épargne personne, l’homme riche ou le pauvre, Mr Tout Le Monde ou la star d’Hollywood, l’avocat ou le politique, personne n’y échappe. Mais il n’empêche pas pour autant de briller sous les feux des projecteurs.
Aujourd’hui, nous dressons quelques portraits de personnes diabétiques célèbres

1/ Dans le monde du cinéma

Sharon Stone

Sharon Stone est atteinte du diabète de type 1. La belle actrice de Basic Instinct est donc traitée par des injections d’insuline qu’elle doit répéter 4 fois par jour et doit surveiller sa glycémie de façon régulière. Cependant, cela n’a pas empêché de poursuivre sa carrière à Hollywood.

Halle Berry

Elle découvre qu’elle est diabétique à l’âge de 23 ans, où lors d’une émission de télévision, où elle s’évanouit et tombe dans un coma diabétique. Halle Berry se confiera peu de temps après à un journal britannique : "Finalement, apprendre que j'étais diabétique s'est révélé être un bienfait pour moi car le diabète m'a donné la force et la dureté pour faire face à la réalité."

Depuis, la jolie actrice a appris à vivre avec cette maladie: elle contrôle quotidiennement sa glycémie en suivant un régime alimentaire équilibré et en faisant de l’exercice quotidiennement. En 2009, Halle Berry devient même porte-parole pour la Fondation des enfants atteints de diabète.

Tom Hanks

Alors qu’il présentait des symptômes depuis longtemps, c’est en 2013 que Tom Hanks découvre son diabète de type 2. Sur un plateau, il explique comment il a appris la nouvelle. “Je suis allé voir les médecins ils m’ont dit ‘Vous voyez ce grand taux de sucre dans votre sang avec lequel vous vivez depuis vos 36 ans ? Eh bien, ça y est : vous avez un diabète de type 2, jeune homme.”

Jacques Villeret

Jacques Villeret n’a jamais voulu soigner son diabète multicompliqué. Mais l’acteur cultissime du " Dîner de cons" n’a jamais voulu se soigner ! En bobn vivant, il a profité de la vie en abusant de la bonne chère et de l’alcool. Il est décèdé à l’âge de 53 ans d’une hémorragie interne hépatique. Son diabète non traité est fortement en cause dans cette mort prématurée.

2/ Chez les humoristes

Jean-Marie Bigard

L’humoriste Jean-Marie Bigard a annoncé être atteint d’un diabète insulinodépendant en janvier 2006. Dans une interview il revient sur sa réaction lors de l'annonce du diagnostic par son médecin. "Au départ, quand tu l'apprends, c'est la colère", poursuit Jean-Marie. "Je suis un loup! Vous n'allez pas me faire bouffer de la salade, je préfère crever! Mais je me suis rangé parce que, sinon je crevais. Littéralement. Ça calme bien, ce genre d'échéance!".
Aujourd’hui, il estime que le "bon Dieu" lui a d'ailleurs fait un cadeau. "Je brûlais un peu la vie par les deux bouts. J'étais comme disent les mécaniciens, réglé, "un peu riche"; y avait plus d'essence que d'air qui rentrait, ça faisait fumer la bagnole. C'est comme si le bon Dieu m'avait dit: Attends, je vais te réexpliquer mais mieux. Et là, j'ai compris. Je suis régulier. Je mange juste ce qu'il faut, c'est une vraie contrainte quotidienne mais c'est pour avoir une belle vie."
Il soutient actuellement l’association DIDi & Diabeline, l’association des enfants Diabétiques Insulino Dépendants

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3/ Et en musique…

Elvis Presley

 

Le King, l’artiste qui a vendu le plus de disques dans le monde (le milliard est atteint) était atteint de diabète. Il disait que «Le diabète est une douleur, mais il ne doit pas vous empêcher de réaliser vos plus grands rêves ». Bien que diabétique, il n’a jamais cessé de croire en son destin.

 

4/ Chez les sportifs de haut niveau

Nacho Fernandez

Le défenseur espagnol du Real Madrid est diabétique. C’est à l'âge de 12 ans, qu’on lui a diagnostiqué un diabète de type 1 et brisé par la même occasion son rêve de devenir footballeur. "Je me rendais à un tournoi pour le Real Madrid, mais je venais de passer une très mauvaise semaine: j'avais bu énormément d'eau et j'étais beaucoup allé aux toilettes. Ma mère a décidé de m'amener à l'hôpital. On m'a diagnostiqué un diabète: j'avais un taux de sucre très, très élevé. C'était le vendredi et on m'a dit que le football était terminé pour moi. J'ai dû vivre tout le week-end avec ce qui a été l'une des pires nouvelles qu'on aurait pu m'annoncer. Le lundi, je suis allé voir mon médecin de famille, qui m'a dit exactement le contraire: faire du sport était la meilleure des choses pour moi, je devais continuer à jouer au foot. Ça a été l'une de mes plus grandes joies d'entendre ça. La seule chose que je devais faire, c'était prendre soin de moi trois fois plus qu'une personne normale. Ça m'a beaucoup aidé pour ma carrière de footballeur puisque l'alimentation et le repos sont fondamentaux pour un sportif de haut niveau. Je ne m'empêche pas de faire quoi que ce soit parce que je suis diabétique. Au contraire, j'en fais parfois plus, si je peux. Si je fais bien attention, il n'y a aucun problème."

5/ Et même en politique

Theresa May

L’ex première ministre britannique, vit aussi avec un diabète dit de type 1 lent (diagnostiqué qu’à l’âge de 56 ans, en 2012). Comme beaucoup de personnes vivant avec un diabète de type 1, Theresa May avoue avoir été choquée, elle ne s’attendait pas à être diagnostiquée avec un diabète de type 1 à son âge.
Cette femme de caractère n’a jamais caché sa maladie aux yeux de tous malgré les risques que cela comportait pour sa carrière. Par exemple, elle aborait un capteur Freestyle Libre lors sommet politique en présence du président américain Donald Trump, en juillet 2018. L’ex première ministre a même déclaré : “Je n’allais pas laisser le diabète m’empêcher de vivre ma vie et d’exercer mon travail”.

Zoom sur le nouveau dispositif Miao Miao 4

Zoom sur le nouveau dispositif Miao Miao

Un nouveau dispositif est apparu récemment sur le marché portant le nom de Miao Miao. Il s’agit d’un « smart reader », ou lecteur intelligent du capteur Freestyle libre qui permet une lecture continue des glycémies interstitielles sans que le patient n’ait besoin de se scanner. Ce dispositif installé sur le capteur Freestyle Libre, va transmettre automatiquement les glycémies interstitielles captées toutes les 5 minutes à un smartphone ou une montre connectée via une application, et permettre au patient de connaitre sa glycémie en temps réel sans se scanner.

Principe d’utilisation

  • Le dispositif Miao Miao se colle sur le capteur Freestyle et sur votre peau à l’aide de stickers fournis dans la boite de livraison. Il est également possible de le renforcer avec un brassard prévu à cet effet.
  • Comme le Freestyle, ce dispositif est étanche, il n’est donc pas nécessaire de le retirer pour la douche, ni la baignade.

 

  • Il doit être rechargé tous les 15 jours via un câble sur secteur ou sur port USB.
  • Les données captées sont transmises à un smartphone via des applications :
    • Spike pour IOS (Iphone), non disponible sur l’Apple store, il faut suivre les indications du site internet pour la télécharger
    • Glimp ou X drip+ pour Androide

Le patient peut en temps réel disposer de sa glycémie capillaire et de la courbe glycémique.

    • Des alertes réglables, en fonction des plages cibles choisies par le patient, vont alors alerter le patient. Il existe des alertes hypo, hyper, et avant hypo, grâce à un algorithme capable de prédire la survenue d’une hypoglycémie dans les minutes qui suivent.

Intérêts et avantages

  • Le patient ne nécessite plus de se scanner pour connaitre sa glycémie. La simple consultation de son téléphone lui fourni ces informations. La glycémie s’affiche directement sur l’icône de l’application, il n’est donc pas nécessaire d’ouvrir l’application pour connaitre sa glycémie. L’ouverture de celle-ci fournit d’avantage d’informations : la flèche de tendance, la courbe glycémique, le temps passé dans la cible, l’estimation de l’HBA1C, les différents événements hypo et hyperglycémiques…
  • Le système d’alerte, permet de prévenir le patient d’une situation potentiellement dangereuse, notamment des hypoglycémies nocturnes non ressenties par certains patients.
  • Il est également possible de transmettre ces données à un autre téléphone, via le réglage « partage » sur l’application. Les parents d’enfants diabétiques peuvent ainsi recevoir les mêmes données sur leur téléphone et suivre à distance et en temps réel la glycémie de leur enfant diabétique.
  • Les données peuvent également être envoyées à une montre connectée, vont alors s’afficher sur l’écran de la montre la glycémie, et la flèche de tendance.
  • Vous pouvez utiliser l’application comme carnet de suivi, en entrant vos doses d’insuline injectées ou bolus, les glucides ingérés, et les activités physiques réalisées.
  • Et enfin, il existe une option vocale pour les patients malvoyants, capable d’énoncer la glycémie

Comment se le procurer ?

Le dispositif se commande sur internet, sur le site https://miaomiao.cool/

  • Après commande il vous est envoyé directement du site de fabrication situé en Chine
  • La boite de livraison contient, le lecteur, son câble de recharge, et le sticker de fixation. Aucune notice n’est mise à disposition.

Coût

Ce dispositif n’est pas encore remboursé par la sécurité sociale, son prix reste l’inconvénient majeur. Son coût est d’environ 199 dollars soit 170 euros, il faut compter en plus les frais de port d’environ 15 dollars (13 euros).
Il faut également savoir que le système n’est pas approuvé par le laboratoire Abott qui commercialise les capteurs Freestyle. Il vient concurrencer le Freestyle libre 2, commercialisé récemment, mais également non remboursé. En effet le Freestyle libre 2 dispose d’un système d’alerte similaire mais les patients doivent continuer à se scanner pour bénéficier des informations.

Déjà le Miao Miao 2

Les fonctionnalités restent globalement les mêmes que celles du Miao Miao 1, quelques améliorations ont tout de même été apportées :

  • Plus fin et plus léger, il limite les problèmes d’arrachement du capteur Freestyle.
  • L’autocollant est également plus adhésif.
  • L’application est différente pour l’Iphone : Tomato qui reste simple d’utilisation. Pour
    les Androides les mêmes applications sont utilisables pour le Miao Miao 1 et 2.
  • Enfin celui-ci dispose d’un QR code à l’arrière de la boite de livraison permettant d’accéder aux instructions d’utilisation.


De l’espoir pour l’avenir professionnel des personnes diabétiques 5

De l’espoir pour l’avenir professionnel des personnes diabétiques

Depuis longtemps les personnes diabétiques ne sont pas libres de choisir les formations puis les carrières professionnelles qu’elles souhaitent exercer du fait de réglementations archaïques.
Par exemple, les carrières militaires sont impossibles avec un diabète de type 1, de même que l’accès à l’ensemble des écoles relevant du ministère des armées (école navale, école spéciale militaire de Saint Cyr par exemple).


D’une manière plus générale, les métiers suivants sont interdits aux personnes diabétiques:

  • Certaines professions relevant de la SNCF (conducteur de train par exemple)
  • Les personnels navigants techniques de l’aéronautique civile
  • Les contrôleurs de la navigation aérienne
  • Le personnel des armées
  • Les sapeurs-pompiers professionnels

D’autres métiers ne sont pas strictement interdits, mais sont fortement déconseillés. Ce sont toutes les professions qui nécessitent une excellente acuité visuelle (métiers de l’horlogerie, mécanique de précision, …) ou les métiers de la sécurité (travail en hauteur, travail sur des machines dangereuses, travail isolé, …).

Aujourd’hui, de plus en plus de diabétiques, soutenus par la Fédération Française des Diabétiques (FFD), soulignent que les progrès thérapeutiques et technologiques devraient permettre de faire évoluer cette situation.

Un peu d’histoire

Depuis sa création en 1997, le service social et juridique de la FFD s’est battu sur ce sujet afin de faire évoluer la réglementation du travail.
Le combat s’est accéléré dans les années 2010 avec la parution du premier livre blanc « diabète et travail, propositions pour en finir avec les discriminations ».
En 2018, la députée Agnès Firmin le Bodo a fait une proposition de loi sur les possibilités d’ouverture du marché du travail pour les personnes diabétiques.
En 2019, la pétition « diabetemetiersinterdits » a été lancée pour alerter les pouvoirs publics et elle a recueilli plus de 30 000 signatures dont celles de plusieurs députés. Et le député Ian Boucard a fait une proposition de résolution invitant le gouvernement à revoir la réglementation sur l’emploi des diabétiques. Mais contrairement à une loi ou à un décret, une résolution n’est pas contraignante mais elle a servi à faire évoluer les mentalités.

Dernières avancées

Fin janvier 2020, la proposition de loi sur « l’ouverture du marché du travail aux personnes diabétiques » a été adoptée par l’Assemblée Nationale.

Ce texte de loi prévoit que « Nul ne peut être écarté d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation au seul motif qu’il serait atteint d’une maladie chronique, notamment le diabète » (article 2 de la proposition de loi).

Bien sûr, les décisions seront prises au cas par cas, après avis d’un médecin afin de vérifier l’absence de « motif impérieux de sécurité et de risque pour leur santé ».

On a donc l’espoir que d’ici deux ans (temps nécessaire prévu par le texte pour mettre en œuvre les changements prévus) les personnes souffrant de diabète ne seront plus discriminées quant à leur choix de carrière sur le seul fait de leur pathologie.

On vous tiendra bien sûr au courant des prochaines avancées sur vos droits au fur et à mesure de l’avancée de la loi.


Les graisses alimentaires : Comment démêler le vrai du faux ? 6

Les graisses alimentaires : Comment démêler le vrai du faux ?

Article mis en ligne par le Dr Muriel BENICHOU d’après une publication du Pr Monnier

 

 

Un grand nombre d’idées reçues circule au sujet du cholestérol alimentaire ou de l’intérêt ou pas de consommer des omégas 3.
Mais qu’en est il vraiment si on confronte ces idées reçues aux derniers travaux scientifiques ?

 

1ère Question : Est-il vrai que le cholestérol alimentaire et la consommation d’œufs augmentent le risque cardiovasculaire ?

Pour rappel, le cholestérol d’origine alimentaire est contenu essentiellement dans le jaune d’œuf, le beurre et les abats.
Le rôle du cholestérol alimentaire restant contesté en tant que facteur de risque cardiovasculaire, une métaanalyse publiée dans le JAMA en 2019 et réunissant 6 études a été conduite pour éclairer cette question .
Les auteurs détaillent les caractéristiques de leur métaanalyse : 29615 sujets, d’âge moyen 51, 6 ans, suivis sur une durée médiane de 17 ,5 années. Pour chaque consommation supplémentaire de 300 mg/j de cholestérol (équivalent de 1 œuf) , le risque cardiovasculaire est augmenté de 17% et la mortalité totale est augmentée de 18% .
Au terme de ce travail les auteurs concluent qu’une augmentation de la consommation en cholestérol alimentaire est associée à un accroissement du risque d’accidents cardiovasculaires ou de décès.

 

2ème Question : Est-il vrai que les omégas 3 ont un rôle protecteur vis-à-vis du risque cardiovasculaire ?

Pour rappel, les graisses dites omégas 3 sont les graisses contenues dans certaines huiles (comme l’huile de colza, l’huile de noix, l’huile de lin), dans les poissons gras (saumons, thon, maquereaux), les noix, ainsi que certains légumes comme la mâche ou les épinards. Elles peuvent être aussi contenues dans certains aliments enrichis comme la margarine primevère ou consommées sous la forme de compléments alimentaires.
Certains nous vantent les propriétés bénéfiques des acides gras omégas 3 dans la prévention et le traitement des maladies cardiovasculaires. Toutefois, la littérature scientifique reste très divisée sur le bénéfice réel de ces graisses et les dernières études notamment l’étude interventionnelle ASCEND qui a porté sur un nombre important de sujets diabétiques avec une méthodologie rigoureuse, confirme que la recommandation de consommer 500 mg d’omégas 3 repose sur des bases fragiles. En tout cas cette étude démontre que si la consommation de 2 portions de poissons gras par semaine reste à conseiller, il n’y a aucun intérêt pour un patient diabétique de prendre une supplémentation en omégas 3 et il est fortement probable qu’elle ne le soit pas davantage chez les personnes qui ont une alimentation normale et qui ne souffrent d’aucune pathologie carentielle.

Conclusion

Les idées reçues concernant les graisses alimentaires doivent être régulièrement confrontées aux données de la littérature scientifique.
Celles que nous venons d’analyser peuvent être résumées de la façon suivante
- Les apports en cholestérol ne doivent pas être excessifs, mais les seuils ne peuvent pas être déterminés.
- Les acides gras omégas 3 n’ont pas fait la preuve de leur rôle protecteur sur le plan cardiovasculaire, si bien que si la consommation de poissons gras 2 fois par semaine reste conseillée il n’y a pas de données permettant de recommander les compléments alimentaires en omégas 3.


Glycémie capillaire et bonnes pratiques 7

Glycémie capillaire et bonnes pratiques

De quel matériel ai-je besoin ?

Pour mesurer votre glycémie capillaire, il vous faut :

  •  Un lecteur de glycémie.

Chez l’adulte, un lecteur de glycémie est remboursé tous les 4 ans si vous êtes sous sulfamides hypoglycémiants, glinides et/ou insuline.
Chez l’enfant et l’adolescent de moins de 18 ans, deux lecteurs sont pris en charge tous les 4 ans, pour en avoir un au domicile et un à l’école.

  •  Des bandelettes adaptées au lecteur de glycémie.
  • Un autopiqueur sous forme de stylo ou autre.

Chez l’adulte, la sécurité sociale prend en charge 1 autopiqueur tous les ans, et chez l’enfant et l’adolescent de moins de 18 ans, la prise en charge est de 2 autopiqueurs tous les ans.

  • Des lancettes si l’autopiqueur est sous forme de stylo.

Et en pratique, je fais comment ?

  • Faire un lavage des mains à l’eau et au savon

Attention ! Ne vous lavez pas les mains avec de la solution hydro alcoolique car elle pourrait réagir avec le réactif contenu dans la bandelette et fausser le résultat.

  • Bien se sécher les mains

En effet, la présence de gouttes d’eau pourrait diluer la goutte de sang et entraîner ainsi un faux résultat bas de votre glycémie.

  • Introduire la bandelette dans le lecteur adapté

et attendre que le lecteur vous indique vous pouvez réaliser la glycémie.

  • Mettre la lancette/aiguille dans l’autopiqueur et régler la profondeur de l’aiguille

  • Choisissez la zone que vous allez piquer

Attention ! Evitez de piquer le pouce et l’index : c’est ce que l’on appelle « la pince ». En effet, la réalisation des glycémies capillaires à répétition peuvent entraîner une perte de sensibilité au bout des doigts et rendre plus difficile le fait d’attraper des objets. De même, privilégiez les côtés des doigts et préservez la partie centrale que l’on appelle « la pulpe ».

  • Piquez la zone que vous avez choisie

  • Faites une pression en serrant la zone

afin de provoquer un afflux de sang.

  • Déposez la goutte de sang sur la bandelette

en vous assurant que le lecteur soit toujours prêt. En effet, si le geste n’est pas réalisé rapidement, le lecteur peut s’éteindre

  • Lisez le résultat

  • Reportez-le dans votre carnet d’auto surveillance glycémique

en indiquant vos commentaires si nécessaire afin de comprendre une éventuelle hypo- ou hyperglycémie.

Important :
- Si votre lecteur dispose d’un logiciel, vous pouvez télécharger automatiquement vos glycémies capillaires à partir de celui-ci. Votre médecin pourra alors les analyser avec vous au moment de votre consultation.

- Les lancettes/aiguilles doivent être jetées, après chaque glycémie capillaire réalisée, dans un collecteur à aiguilles prévu à cet effet. Ne les jetez pas avec vos déchets ménagers.


Quelle cible de LDL-cholestérol chez le diabétique ? 8

Quelle cible de LDL-cholestérol chez le diabétique ?

Article rédigé par le Dr Céline Eid, d’après les recommandations de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) de 2019

 

 

L’excès de cholestérol dans le sang ou hypercholestérolémie est un facteur de risque cardiovasculaire au même titre que l’âge (> 50 ans chez l’homme, > 60 ans chez la femme), le diabète, l’hypertension artérielle, l’hérédité ou le tabagisme. Ces facteurs participent à la constitution de plaques d’athérome au niveau de la paroi des artères, entraînant peu à peu un rétrécissement voire une obstruction pouvant aboutir à un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ou une artérite des membres inférieurs.

Les pathologies cardio-vasculaires sont ainsi responsables de 4 millions de décès par an en Europe et constituent la 2ème cause de mortalité en France.

Le LDL-cholestérol est le cholestérol qui va du foie vers les cellules. On l’appelle « mauvais cholestérol » car il est directement impliqué dans la genèse des plaques d’athérome lorsqu’il est en excès. Le HDL-cholestérol ou « bon cholestérol » est la forme qui va des cellules vers le foie pour y être dégradé, participant ainsi à l’élimination du cholestérol et à la protection des artères.

 

 

Quels objectifs de LDL-cholestérol ?

La société européenne de cardiologie (ESC) a publié en 2019 des recommandations concernant la prise en charge de la dyslipidémie. La cible de LDL-cholestérol est déterminée selon le niveau de risque cardio-vasculaire du patient.

 

Ainsi, sont considérés comme à très haut risque cardio-vasculaire :

- les patients diabétiques avec une atteinte d’organe (rétinopathie, néphropathie, neuropathie, coronaropathie, artériopathie) ou présentant au moins 3 facteurs de risque cardio-vasculaires
- les patients diabétiques de type 1 de plus de 20 ans d’évolution
- les patients en prévention secondaire (patients ayant déjà présenté un infarctus du myocarde ou ayant bénéficié d’une revascularisation des artères coronaires, un accident vasculaire cérébral ou une artérite des membres inférieurs)
- les patients présentant une insuffisance rénale sévère
- les patients atteints d’hypercholestérolémie familiale avec maladie cardio-vasculaire ou avec un autre facteur de risque cardio-vasculaire

Chez ces patients, il est préconisé d’abaisser le LDL cholestérol en dessous de 0,55 g/L et de le réduire d’au moins 50 % de la valeur de base.

Sont considérés comme à haut risque cardio-vasculaire :

- les patients présentant un facteur de risque cardio-vasculaire majeur comme une tension artérielle supérieure à 180/110 mmHg, un cholestérol total supérieur à 3,1 g/L ou un LDL cholestérol supérieur à 1,9 g/L
- les patients présentant une hypercholestérolémie familiale sans autre facteur de risque
- les patients diabétiques sans atteinte d’organe, évoluant depuis plus de 10 ans, ou avec d’autres facteurs de risque cardio-vasculaires
- les patients présentant une insuffisance rénale modérée

Pour ces patients, un LDL-cholestérol inférieur à 0,70 g/L est recommandé ainsi qu’une réduction d’au moins 50% de la valeur initiale.

Sont considérés comme à risque cardio-vasculaire modéré :

- les diabétiques de type 1 de moins de 35 ans et
- les diabétiques de type 2 de moins de 50 ans avec une durée d’évolution du diabète de moins de 10 ans, sans autre facteur de risque cardio-vasculaire.

Pour ces patients, l’ESC préconise un LDL-cholestérol inférieur à 1 g/L.

Comment réduire le « mauvais cholestérol » et le risque cardio-vasculaire ?

La réduction globale du risque cardio-vasculaire passe tout d’abord par une modification de l’hygiène de vie avec l’arrêt du tabac et la mise en place d’une activité physique régulière de 30 à 60 minutes par jour associée à une alimentation saine et équilibrée, limitant les aliments riches en cholestérol (jaune d’œuf, foie, charcuterie, abats...), réduisant la consommation des graisses saturées (beurre, crème, fromage, lait entier, viande grasse, lard, charcuterie, pâtisseries...), privilégiant l’utilisation de graisses polyinsaturées (poissons gras, huiles de lin, noix, colza, tournesol, pépins de raisin, arachide, olive) et la consommation de fibres (légumes, fruits, céréales complètes). La réduction pondérale en cas de surpoids ou d’obésité, l’équilibration glycémique chez le diabétique et le traitement d’une hypertension artérielle sont des paramètres à ne pas négliger.

Si un traitement pharmacologique s’avère nécessaire, on privilégiera en première intention les statines qui permettent de réduire la production du LDL-cholestérol par le foie, en gardant à l’esprit que chaque baisse de 0,39 g/L de LDL-cholestérol induit une réduction de 23 % des événements coronariens, de 20 % des décès cardiovasculaires, de 17 % des AVC et de 10 % de la mortalité totale sur 5 ans.

Si la statine seule ne suffit pas ou est mal tolérée, un traitement par ezetimibe (Ezetrol®) pourra être initié. Ce traitement permet de diminuer l’absorption intestinale du LDL-cholestérol alimentaire.

Enfin, dans certaines indications, il pourra être nécessaire de débuter un inhibiteur des PCSK9 (Repatha®, Praluent®). Il s’agit d’un traitement injectable qui permet de réduire le LDL-cholestérol circulant en inhibant la protéine PCSK9 qui participe à la dégradation des récepteurs du LDL-cholestérol.

En conclusion :

Si la polémique de 2013 a pu mettre à mal les statines (https://www.diabete66.fr/fakenews-et-statines-comment-demeler-le-vrai-du-faux/), il est aujourd’hui incontestable qu’une baisse du LDL-cholestérol s’accompagne d’une réduction du risque cardio-vasculaire en prévention secondaire mais également en prévention primaire chez les patients à haut risque. Chaque patient diabétique devrait donc bénéficier d’un bilan lipidique annuel et d’un dépistage ciblé des autres facteurs de risque en vue d’une prise en charge précoce et adaptée afin de limiter les complications cardio-vasculaires à long terme.


L’auto surveillance glycémique ou glycémie capillaire 9

L’auto surveillance glycémique ou glycémie capillaire

La glycémie capillaire : c’est quoi ?

La glycémie capillaire, c’est la mesure du taux de sucre dans le sang au niveau d’un tout petit vaisseau que l’on appelle un capillaire. Elle s’exprime généralement en g/L.

Pourquoi je dois surveiller ma glycémie ?

Votre glycémie varie en permanence dans la journée, en fonction de l’alimentation, de l’activité physique ou encore sous l’effet du stress par exemple.
Cette surveillance sert principalement à vous assurer de votre bon équilibre glycémique, à contrôler et prévenir les déséquilibres à type d’hypo- ou d’hyperglycémies, et à adapter votre traitement.
Aussi, cela vous permet de mesurer l’effet de l’alimentation, l’activité physique ou encore le stress sur votre glycémie.

Comment je fais pour surveiller ma glycémie ?

La surveillance de votre glycémie se fait à votre domicile, à l’aide d’un lecteur de glycémie capillaire. C’est ce que l’on appelle l’auto surveillance glycémique (ASG).

On peut également surveiller son équilibre glycémique au laboratoire d’analyses médicales. Cette fois-ci, c’est au moyen d’une prise de sang réalisée tous les trois mois. Elle permet de mesurer la glycémie veineuse à jeun ainsi que l’hémoglobine glyquée (HbA1c).

A quelle glycémie je dois être ?

Avant tout contrôle de votre glycémie capillaire, il est indispensable de connaître ses objectifs glycémiques. Classiquement, on les définit ainsi :

  •  A jeun : 0.80 - 1.30 g/L
  • Post-prandial (2h après le début de chaque repas) : 1.30 – 1.60 g/L

Cependant, ces normes glycémiques ne s’appliquent pas de manière systématique à tous les patients. En effet, c’est votre médecin qui déterminera vos objectifs glycémiques, notamment en fonction de votre âge et de vos pathologies (rétinopathie diabétique, cardiomyopathie ischémique …)

A quelle fréquence dois-je contrôler ma glycémie ?

Là aussi, en fonction du type de votre diabète et donc de votre traitement anti-diabétique associé, c’est votre médecin qui vous indiquera la fréquence à laquelle vous devez réaliser votre auto surveillance.
Cependant, de manière générale :

  • Si vous êtes diabétique de type 1 :

Vous devez réaliser au moins 6 glycémies capillaires par jour, avant chaque repas et 2 heures après le début de chacun d’eux. Ceci, dans le but d’adapter vos doses d’insuline lente et rapide.

NB : Il existe aujourd’hui des lecteurs permettant de mesurer en continu le taux de glucose interstitiel tels que FreeStyle Libre, Dexcom G4, Capteur enlite …etc. Ils seront abordés plus spécifiquement dans les articles à venir.

  • Si vous êtes diabétique de type 2 :

Dans ce cas précis, tout va dépendre du traitement qui vous a été prescrit :

    • Sous traitement non hypoglycémiant :

Il n’est pas nécessaire de réaliser des glycémies capillaires au domicile. Les prises de sang tous les 3 mois au laboratoire d’analyses médicales avec hémoglobine glyquée et glycémie à jeun suffisent.

    • Sous sulfamides hypoglycémiants ou glinides (glimépiride, gliclazide ou répaglinide) :

Choisissez un jour dans la semaine et faites une glycémie capillaire avant le petit-déjeuner (8h), 2 heures après le début du petit-déjeuner (10h) et aux alentours de 17h.

La semaine suivante, faites la même chose mais un jour différent, et ainsi de suite.

    • Sous insuline :

La fréquence ici va varier en fonction du nombre et du type d’injections d’insuline. Ainsi :

          • Si vous êtes sous basale uniquement, c’est-à-dire sous insuline lente :  faites une glycémie capillaire avant le repas du soir (quelquesoit l'heure de l'injection).
          • Si vous êtes sous schéma basal +, c’est-à-dire une insuline lente (matin ou soir) et une insuline rapide à un repas (par exemple le matin) : faites comme pour un patient uniquement sous basale, et ajoutez une glycémie capillaire avant l’heure de l’injection de l’insuline rapide ainsi qu’une glycémie capillaire 2h après l’injection d’insuline rapide.
          • Si vous êtes sous schéma basal ++, c’est-à-dire une insuline lente (matin ou soir) et une insuline rapide au moment de 2 repas (par exemple matin et midi) : faites comme pour un patient sous insuline basale, et ajoutez une glycémie capillaire avant et deux heures après les repas où vous devez faire les injections d’insuline rapide.
          • Enfin, si vous êtes sous ce que l’on appelle un schéma basal/bolus, c’est-à-dire une insuline lente (matin ou soir) et une insuline rapide à chaque repas, vous devez réaliser vos glycémies capillaires au même rythme qu’un patient diabétique de type 1, c’est-à-dire avant chaque repas et 2 heures après le début de chacun d’eux.

  • Si vous avez du diabète gestationnel :

Les objectifs glycémiques chez la femme enceinte sont plus stricts :
A jeun : 0.75 – 0.95 g/L
Post-Prandial : 0.95 – 1.20 g/L
Ainsi, il est préconisé de réaliser 4 glycémies capillaires par jour : le matin à jeun et 2 heures après le début de chaque repas.

Important : 

Il est conseillé d’effectuer des contrôles supplémentaires, avant et après des efforts physiques intenses ou imprévus, dans des circonstances de repas ou d’activités inhabituelles, en cas de sensation d’hypoglycémie ou en cas d’erreur de traitement.

 


Le diabète de type 2 en pédiatrie : Rare ou pas rare ? 10

Le diabète de type 2 en pédiatrie : Rare ou pas rare ?

Mis en ligne par le Dr Nelly MORTINIERA, tiré de l’article publié dans diabétologie pratique N° 75 d’avril 2020, par le Dr Élise BISMUTH REISMAN du service d’endocrinologie et diabétologie pédiatrique de l’hôpital Robert Debré, Paris.

 

Introduction :

 

Le diabète de type 2 de l’enfant reste peu connu alors que sa prévalence augmente dans le monde depuis quelques dizaines d’années. Sa présentation clinique et son évolution diffèrent de celui de l’adulte. Ces différences doivent être connues pour limiter le risque d’erreurs diagnostiques et proposer une prise en charge optimale à ces patients à risques importants de complications à court, à moyen et à long terme. Ce diabète de type 2 qui émerge dans la population pédiatrique semble être en lien direct avec l’augmentation mondiale du taux d’obésité chez les enfants.
En France, ces cas ont été décrits au début des années 2000 à l’hôpital Robert Debré. Les données récentes montrent que ce diabète concerne 1 adolescent sur 10 arrivants pour découverte de diabète. Dans les DOM-TOM ces données sont encore plus inquiétantes.

 

 

Quels sont les mécanismes qui aboutissent à cette forme de diabète chez l’enfant ?

 

Ce sont des facteurs de prédisposition et un dysfonctionnement du pancréas : Le genre féminin, l’origine ethnique non caucasienne, les antécédents familiaux de diabète de type 2, sont les facteurs favorisants pour un jeune obèse chez qui l’obésité est souvent ancienne. Chez les adolescents d’origine asiatique, le diabète de type 2 peut intéresser des individus à poids normal. A cela s’associe un dysfonctionnement du pancréas. Cependant la découverte d’un diabète de type 2 avant la puberté reste rare.

 

         

 

Une présentation clinique particulièrement trompeuse !

Dans la majorité des cas, il s’agit d’un tableau habituel avec une augmentation de la soif et des mictions. Dans un tiers des cas il y a présence d’acétone, cela traduit l’errance au diagnostic fréquent chez des jeunes pour qui la perte de poids peut être vécue de manière positive pour eux-mêmes et pour leur famille. Certains diagnostics sont posés lorsque l’IMC s’est normalisé, d’où l’importance de bien reconstituer les courbes de croissance et de corpulence pour tous les enfants qui révèlent un diabète. Certains de ces diabètes se révèlent par une coloration foncée du cou donnant l’impression d’avoir « de la crasse » appelée : Acanthosis Nigricans. Dans d’autres cas, l’entrée dans la maladie se manifeste par des décompensations aiguës du diabète.

 

           

 

Quelle prise en charge chez ces patients ?

 

La prise en charge du diabète de type 2 de l’enfant reste superposable à celui de l’adulte avec quelques nuances pour éviter d’éventuels pièges : un adolescent obèse présentant un diabète de type 1 pourrait avoir une présentation clinique très similaire. Le diagnostic de diabète de type 2 peut être suspecté mais certainement pas affirmé. La prise en charge va être guidée par la présentation clinique. Elle sera pour la plupart des cas réalisée à l’hôpital en particulier en cas de décompensation aiguë du diabète.
Cette prise en charge va également permettre de réaliser l’annonce de la maladie, de préciser le type de diabète, d’éduquer le patient et son entourage familial, de mettre en place un suivi régulier du patient, de réaliser l’éducation thérapeutique de la famille et de mettre en place un traitement.

 

                

 

Quels traitements pour ces patients ?

 

Le traitement dans le diabète de type 2 de l’enfant répond aux mêmes principes préconisés chez le diabétique de type 2 adulte qui sont : le respect des règles hygiéno-diététiques; l’application des mesures diététiques seront recommandées à toute la famille. Limiter le temps passé devant les écrans et préserver un temps de sommeil sont aussi des aspects importants de la prise en charge.

L’insuline qui est nécessaire surtout à la découverte de la maladie ou après quelques années de suivi chez les enfants sevrés en insuline. Les traitements contre le diabète en comprimés tels que la METFORMINE qui peut être prescrite chez l’enfant à partir de l’âge de 10 ans. Mais ce traitement reste souvent mal toléré donc mal pris. D’autres molécules sont en cours d’études chez l’adolescent mais ne sont pas encore autorisées en France. Récemment, le Liraglutide encore appelé VICTOZA, a obtenu l’autorisation d’être utilisé dans le diabète de type 2 de l’adolescent. Cela laisse entrevoir des perspectives pour ces patients.

La chirurgie bariatrique (chirurgie de l’estomac) est une possibilité chez l’adolescent présentant un diabète de type 2. Cette chirurgie conduit à de bons résultats mais avec beaucoup de contraintes et de complications, d’où l’importance de bien sélectionner les patients en amont.

 

                            

 

Quel suivi ultérieur pour ces patients ?

 

Le risque de complications chroniques liées au diabète et à l’obésité associée est plus élevé chez les adolescents. Les complications par atteinte des petits vaisseaux encore appelées micro angiopathie peuvent survenir précocement. Leur dépistage sera alors réalisé dès la découverte et tous les ans en particulier pour l’atteinte des vaisseaux des yeux et des reins. La cible d’hémoglobine glyquée est < 7% voir même < 6,5%. Une éducation thérapeutique adaptée sera réalisée pour prévenir les situations aiguës. La prise en charge des comorbidités sera associée à la prise en charge du diabète. Ces adolescents devront être informés des risques qu’ils encourent sur leur état de santé, en cas de consommation de tabac et d’alcool.

 

 

Faut-il mieux dépister les adolescents obèses ?

 

Les recommandations préconisent de rechercher un pré-diabète après l’âge de 10 ans et/ou après le début de la puberté chez les adolescents obèses présentant des facteurs de risque. Ces facteurs de risque sont : la présence d’un diabète gestationnel lors de la grossesse de l’enfant en question, les antécédents de retard de croissance pendant la grossesse de l’enfant, la présence d’un diabète chez les parents, les ethnies à haut risque (asiatique par exemple…), la présence de signes cliniques d’insulino-résistance. Ceci dit, très peu d’adolescents révèlent un diabète de type 2 suite à un dépistage. Ce qui veut dire que la plupart des adolescents obèses n’effectuent pas de dépistage du diabète de type 2, soit par ignorance des pédiatres, soit par refus de la famille. Les informations sur les signes de l’hyperglycémie, sont essentielles et doivent être données dans le cadre de la prise en charge de tout enfant obèse.

 

 

Conclusion :

Le diabète de type 2 révélé à l’âge pédiatrique n’est plus rare. Il est nécessaire d’y penser devant un diabète inaugural chez un adolescent aux antécédents d’obésité et en l’absence d’anticorps, car il existe des enjeux pronostiques et thérapeutiques pour ces patients. Le diabète de type 2 de l’adolescent est une maladie grave dont le diagnostic est souvent trop tardif : une perte de poids « inexpliquée » chez un adolescent obèse devra faire évoquer le diagnostic. Contrairement au diabète de type 2 de l’adulte, la nécessité de recourir à l’insuline est fréquente chez le jeune. La transition et la poursuite du suivi régulier en endocrinologie adulte sont importantes et doivent tenir compte des particularités de cette forme de diabète caractérisée par des complications précoces.