Les hypoglycémies, plus fréquentes que ce qu’on imagine!!! 1

Les hypoglycémies, plus fréquentes que ce qu’on imagine!!!

Rares sont les personnes diabétiques à n’avoir jamais ressenti d’hypoglycémie. Elles sont souvent mal vécues, appréhendées et peuvent être responsable d’une diminution de la qualité de vie. Par peur de l’hypoglycémie, les personnes ont tendance à diminuer leurs traitement afin de se maintenir en hyperglycémie. Les hypoglycémies constituent alors un réel frein à l’équilibre glycémique.
1/ Rappels
Une hypoglycémie se définie comme toute glycémie (taux de sucre dans le sang) inférieure à 0.70g/L. On les qualifie de sévère à partir du moment où l’intervention d’une tierce personne a été nécessaire pour faire remonter la glycémie.

Elles sont souvent symptomatiques (la personne peut ressentir des sueurs, des palpitations, des troubles de la visions, une sensation de faim intense…) mais ce n’est pas systématique. En effet, depuis l’avènement des capteurs de glucose en continu, on s’est rendu compte que les hypoglycémies dites silencieuses étaient bien plus nombreuses que ce l’on pensait.

2/ Quelques chiffres
L’étude internationale HAT (Hypoglycemia Assessement Tool) a confirmé le constat suivant : la fréquence des hypoglycémies est souvent sous estimées chez les patients adultes insulinotraité. Elle a estimé que 83% des diabétiques de type 1 (DT1) et 46.5% des types 2 (DT2) ont vécu au moins un épisode d’hypoglycémie durant l’étude dont 14.4% et 8.9% d’hypoglycémies sévères.
Une proportion non négligeable de ces hypoglycémies était signalée la nuit.
D’autres études ont démontré que la fréquence des hypoglycémies chez les patients traités par insuline augmentait avec la durée du diabète et de l’insulinothérapie.
3/Causes des hypoglycémies
- La première cause des hypoglycémies est iatrogène. Cela signifie que c’est le traitement qui est directement responsable.

- L’alimentation est également une cause fréquente. En effet, l’hypoglycémie risque de survenir si l’apport de glucides a été insuffisant par rapport au traitement reçu (insuline ou comprimés : sulfamides hypoglycémiants, glinides)
- Toute activité physique doit être anticipée afin d’éviter les hypoglycémies. Il est parfois nécessaire de se ressucrer avant de partir faire du sport (si la glycémie est inférieure en 1.30g/l) et de consommer des sucres lents si l’activité dure plus d’une heure.

- Il est également nécessaire de faire attention à la taille de l’aiguille à insuline. Celle-ci doit être adaptée afin d’éviter que l’injection se fasse en intra-musculaire. En effet, la diffusion de l’insuline peut devenir anarchique et lorsque le muscle est sollicité, celle-ci peut être relargée brutalement, provoquant ainsi une hypoglycémie.
- La consommation d’alcool ou de certains toxiques comme le cannabis peuvent être responsable d’une hypoglycémie.
4/ Pourquoi les hypoglycémies sont parfois non ressenties
On estime que les hypoglycémies syptomatiques surviennent en moyenne 1 fois par semaine chez les DT1 et 1 fois par mois chez les DT2 et que les hypoglycémies silencieuses seraient 2 à 3 fois plus fréquentes.

Ces hypoglycémies silencieuses surviennent également chez le DT2 sous sulfamides hypoglycémiants où elles sont en réalité très fréquentes.
Les causes de ses hypoglycémies silencieuses sont multiples.
- Altération du système de contre régulation du glucose
S’il est évident qu’une dose trop élevée d’insuline par rapport aux besoins de la personne va être responsable d’une hypoglycémie, celle-ci est aggravée par une altération du système de contre régulation du glucose. En temps normal, lorsque la glycémie diminue, le pancréas sécrète une hormone hyperglycémiante : le glucagon. Or chez le DT1, l’altération de ce système est précose et celui-ci ne joue plus son rôle correctement. Chez le DT2, l’altération est plus tardive.
- Altération du système adrénergique
Avec l’âge, le système adrénergique responsable d’une partie des symptômes de l’hypoglycémie (tremblements, tachycardie, sueur, anxiété, sensation de faim, pâleur) est émoussé.

- Les hypo répétées
Les diabétiques qui tout au long de leur vie ont eu de nombreuses hypoglycémies ont développé un mécanisme de compensation leur permettant de maintenir une concentration suffisante de glucose dans les neurones malgré une glycémie abaissée. Par conséquent, ils ne ressentent plus les signes dits neuroglucopénique tels que : les troubles visuels, sensation de malaise, confusion, vertiges, épilepsie, trouble de la conscience.
3/ Conclusion
Les hypoglycémies sont un réel problème pour les personnes diabétiques de type 1 ou 2. Les hypoglycémies asymptomatiques sont donc beaucoup plus fréquentes que les symptomatiques chez le DT1 comme chez le DT2 et quelque soit leur traitement (insuline ou comprimés). Il est donc important de trouver avec le diabétologue des solutions pour en diminuer leur fréquence car elles sont souvent responsables d’une altération de la qualité de vie.


L’avancée majeur des iSGLT2 pour la protection rénale des patients diabétiques avec atteintes des reins 2

L’avancée majeur des iSGLT2 pour la protection rénale des patients diabétiques avec atteintes des reins

Article proposé par le Dr Nelly MORTINIERA, tiré de la Revue Le Quotidien du Médecin Spécialiste Diabétologue N°9892, de mars 2021, publié par le Pr Fabrice Bonnet, Service Endocrinologie-Diabétologie, CHU de Rennes.
Introduction :
En avril 2020, au cœur de l’affection COVID, les iSGLT2 ont obtenu le remboursement tant attendu dans le traitement du diabète de type 2 (DT2). C’est en grande partie grâce à la reconnaissance des bénéfices de ce médicament sur le cœur et su le rein du diabétique qu’il lui a enfin été accordé ce remboursement. Jusque-là, l’utilisation des traitements antihypertenseurs (IEC : Captopril ; ARAII : Irbésratan et Losartan) avait montré il y a plus de 18 ans un bénéfice significatif sur le rein ; d’autre part il avait également été démontré l’importance du contrôle glycémique intensif sur le risque rénal dans le diabète de type 2. Mais malgré ces traitements ; le risque d’insuffisance rénale et d’évènements cardio-vasculaires reste élevé chez les patients DT2 avec atteinte rénale par le diabète.

L’étude CREDENCE :
C’est la première étude avec un iSGLT2 qui avait pour caractéristique principale de regarder l’effet de La Canagliflozine sur le rein et les évènements cardio-vasculaires chez des patients diabétiques de type 2 avec une atteinte rénale modérée. Les résultats observés ont été surprenant car le fait de rajouter la Canagliflozine aux traitements habituels IEC ou ARA II « dit néphroprotecteurs », était associé à une forte réduction du risque d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale de 32%.
Pour les autres études utilisant d’autres iSGLT2 telle que l’étude Empa-reg Outcome utilisant Empagliflozine et l’étude Declare-Timi 58 utilisant elle la Dapagliflozine ; le risque de développer une micro ou une macro-albuminurie (Présence de petites ou de grosses molécules d’albumine dans les urines) a été réduit de 16% dans ces 2 essais cliniques. La compilation de nombreuses études sur les effets rénaux des iSGLT2 a montré une réduction forte et significative d’environ 30% du risque d’évènements rénaux tels que l’évolution vers l’insuffisance rénale terminale ou vers la dialyse.


L’étude Dapa- CKD :
La protection rénale apportée par les iSGLT2 a également été démontrée pour des patients non diabétiques. En effet dans cette étude qui a inclus plus de 4000 patients avec une insuffisance rénale modérée à sévère, suivi pendant 2 ans et demi, il a été noté une réduction de 39% d’évènements rénaux avec une réduction significative de la mortalité totale. Ce bénéfice a été observé à la fois chez des patients diabétiques que non diabétiques de type 2.

Conclusion :
Les iSGLT2 doivent être proposer en association aux traitements habituellement utiliser dans l’atteinte du rein par le diabète, tant dès les premiers stades de la maladie, mais aussi probablement pour des stades plus avancés, y compris dans le cadre d’atteinte rénale sévère car ils assurent une réduction à la fois de l’albumine dans les urines et du risque d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale indépendamment de la baisse de la glycémie.


Stéatose hépatique non alcoolique chez le patient diabétique de type 2 (NAFLD) : Quel bilan en pratique courante ? 3

Stéatose hépatique non alcoolique chez le patient diabétique de type 2 (NAFLD) : Quel bilan en pratique courante ?

Article du Dr Muriel BENICHOU d’après une communication du Pr Pierre Gourdy (SFD 2021)

1) Données épidémiologiques

La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) est très fréquente chez les patients diabétiques de type 2 puisqu’elle touche les 2/3 d’entre eux.

La NAFLD regroupe la stéatose simple non évolutive (80% des cas) mais aussi la stéatohépatite ou NASH (20%) qui elle est évolutive avec un risque de fibrose sévère (F3/F4) et d’évolution possible vers une cirrhose et /ou un carcinome hépatocellaire; ainsi le risque de fibrose avancée (F3 /F4) chez le diabétique de type 2 est estimée à 5% .

Le risque de NASH est corrélé
- A l’âge
- Au sexe masculin
- A L’obésité
- A l’HTA
- A l hyperlipidémie

A Noter que la NASH chez un diabétique de type 2 est prédictive de complications hépatiques mais également de complications liées au diabète et de décès. En effet la prévalence des complications cardiovasculaires est augmentée en cas de NASH mais également les complications microangiopathiques dont le risque est multiplié par 2 notamment les complications rénales.

2) Dépistage systématique de la fibrose avancée chez le patient diabétique de type 2

De par ce risque accru chez le patient diabétique le dépistage systématique de la fibrose avancée est recommandé et ce quel que soit le niveau des enzymes hépatiques.

Le test à réaliser en première intention chez le patient diabétique est le SCORE FIB-4 tenant compte de l’âge, des ASAT , ALAT et du taux de plaquettes

- Si ce score FIB-4 est < 1 ,3 , la valeur prédictive négative est de 93% cad qu’il y a 93%de chance pour que le patient diabétique ne développe pas une fibrose sévère . Aucun autre examen n’est nécessaire et le FIB-4 du patient sera recontrôlé tous les 3 ans - Si ce score FIB-4 est > 3,25, la valeur prédictive positive est de 66% cad qu’il y a 66% de risque que le patient diabétique développe une fibrose sévère. Il y a donc lieu de réaliser des examens complémentaires

- Il existe une zone grise entre 1,3 et 3 ,25
A Noter que ce score FIB-4 est à privilégier chez lez patient diabétique car le NAFLD fibrosis score tenant compte de l’âge, du BMI, des ASAT et ALAT ne doit pas être utiliser chez le diabétique car il surestime le risque.

3°) Quels examens complémentaires faut il réaliser en cas de FIB-4 positif ou douteux ?

L’examen clé à réaliser en cas de FIB-4 POSITIF ou douteux est le FIBROSCAN
C’est donc en général à ce moment là que le patient est adressé à l’hépatologue

Le FIBROSCAN ou élastographie impulsionnelle est un examen simple, rapide (5-10 min) indolore et non invasif réalisé généralement par une hépatologue permettant de mesurer la dureté du foie (exprimée en kilopascal)

Si le résultat est <8, la valeur prédictive négative est de 90% cad qu’il y a 90%de chance que le patient n’ait pas de fibrose avançée. On peut donc rassurer le patient Si le résultat est > 12, la valeur prédictive positive est de 67% cas que le patient a 67% de risque d’avoir une fibrose avançée. Le patient devra faire l’objet d’un double suivi par l’hépatologue et le diabétologue pour éviter l’évolution vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire. Dans le cadre de ce suivi une échographie hépatique tous les 6 mois est recommandée.
Si le résultat est >15 , la valeur prédictive positive s’élève à 75%
Il existe en revanche une zone grise entre 8 et 12 Kpascal
L’avantage du FIBROSCAN est son résultat immédiat et sa haute performance
Néanmoins il peut être pris à défaut en cas d’insuffisance cardiaque.

En cas de résultat non fiable, on peut utiliser des outils biologiques comme l’actitest fibrotest ou le fibromètre réalisables en laboratoire et validés mais non remboursés.

CONCLUSION

La NAFLD est une pathologie très fréquente chez les patients diabétiques de type 2 puisqu’elle touche 2/3 d’entre eux mais largement sous diagnostiquée.
Malheureusement les formes sévères sont plus fréquentes chez les patients diabétiques que dans la population générale les exposant à un risque accru de complications hépatiques mais majorant également le risque cardiovasculaire et rénal
Un dépistage systématique est désormais recommandé chez les diabétiques de type 2 et ce quel que soit le niveau des enzymes hépatiques.
Ce dépistage consiste à calculer le score FIB-4 puis à réaliser un FIBROSCAN en cas de FIB-4 positif ou douteux
Si le fibroscan retrouve un score >12, une surveillance conjointe diabétologue et hépatologue est indiquée.


BIENFAITS SANTE DE LA MARCHE ET LES RECOMMANDATIONS DE PAS 4

BIENFAITS SANTE DE LA MARCHE ET LES RECOMMANDATIONS DE PAS


Pratiquée dès le plus jeune âge, la marche est avant tout un moyen de locomotion mais c’est également une activité physique qui nécessite un équipement minimal et qui peut se pratiquer quasiment partout et en toutes saisons. Véritable alliée santé, la marche permet une pratique facile et régulière.
« La marche est le meilleur remède pour l'homme », disait Hippocrate. Elle n'est pas seulement un moyen de déplacement, mais une activité physique à part entière aux vertus aussi diverses qu'inattendues. Nul besoin de payer un abonnement coûteux à une salle de sport pour cajoler sa santé.
Qu’elle prenne la forme d’une randonnée en montagne, d’une marche sportive ou d’une simple promenade urbaine, voici quels sont ses bénéfices.

La marche, source de nombreux bienfaits pour la santé

Au-delà d’offrir de nombreux bienfaits pour le corps et pour l’esprit, la marche est l’activité idéale pour les personnes souhaitant faire travailler leur système cardiovasculaire et entretenir leur silhouette.
En effet, la marche a l’avantage majeur de brûler les calories et de transformer graisses et glucides en énergie. Couplée à une alimentation saine, cette activité peut permettre de perdre du poids et de développer un physique tonique.
La marche intervient dans la prévention de nombreuses maladies :

. Prévention des maladies cardiovasculaires

Pratiquée de façon régulière, la marche augmenterait le taux de « bon » cholestérol tout en empêchant le « mauvais » cholestérol de s’accumuler dans les artères.
Au niveau des capacités respiratoires, elle améliore la capacité de notre corps à utiliser de l’oxygène. De ce fait, le cœur et les poumons travaillent plus efficacement et les effets s’en ressentent sur le souffle.
De plus, la pratique de la marche a montré des bénéfices dans la prévention des accidents cardiovasculaires (AVC, infarctus) et du diabète de type 2. La réalisation de 3 500 pas par jour diminuerait le risque de diabète de 29 %.
Du côté du cœur, le risque de développer une maladie cardio-vasculaire diminuerait drastiquement dès la réalisation de 30 minutes de marche quotidienne. La pression artérielle diminuerait et l'ensemble de la fonction cardio-vasculaire s'en trouverait amélioré.

. Prévention de certains cancers

Bonne nouvelle supplémentaire, et non des moindres, l’activité physique engendrée par la pratique de la marche permet de diminuer significativement le risque de développer un cancer du sein ou de l’intestin.
. Prévention d’autres maladies

La marche favorise également le transit intestinal et protège de l’ostéoporose grâce à l’augmentation de la densité osseuse.

. Bénéfices sur la santé psychique

Sur le plan psychologique, la marche permettrait de booster le moral et de chasser les pensées négatives. Cette sensation de « bonne humeur » serait liée à l’exercice physique mais aussi à l’exposition à la lumière du jour. Le cycle de sommeil est ainsi mieux régulé et la marcheur est moins fatigué.

La marche : une activité du quotidien

Marcher, c’est bien mais marcher efficacement, c’est mieux. Pour que l’ensemble de ces bénéfices se ressentent sur notre corps, il est recommandé de faire 10 000 pas par jour. Cela paraît inaccessible ? C’est en réalité très simple. Il suffit d’intégrer la marche à ses activités quotidiennes.
Sans même nous en rendre compte, nous faisons en moyenne 7 000 pas dans une journée. Il ne manque que 3 000 pas pour atteindre l’objectif des 10 000 pas quotidiens. Il suffit donc de petits réflexes, comme prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur, emmener les enfants à pieds à l’école ou encore descendre une station plus tôt ou se garer plus loin quand on va au bureau pour voir les bénéfices apparaitre sur votre santé. Le plus important est d’être assidu et régulier dans sa démarche et de faire de cette activité, une habitude.
Pourquoi 10 000 pas par jour ?

Longtemps, ce seuil de 10 000 pas par jour a été évoqué, tel un objectif à atteindre. Une moyenne qui pourtant ne repose sur aucune étude scientifique à proprement parler.

En effet, ce chiffre trouve son origine dans une campagne de publicité des années 1960, menée au Japon pour vanter les mérites du premier podomètre, le manpo-kei. Forte des succès sportifs aux JO de Tokyo, la société Yamasa a imaginé un appareil, qui ressemble à un petit chronomètre, capable de mesurer le nombre de pas parcourus. Le but ? Assurer un niveau d’activité minimal, que la pub pour ce podomètre établissait à 10 000 pas quotidiens, présumant une incidence positive sur la santé. En effet, le chercheur Yoshiro Hatano avait calculé que 10 000 pas de marche permettaient de brûler autour de 300 calories, et avaient donc une incidence sur son poids de forme (cf. article du Monde concernant le Manpo-Kei).

Par la suite, diverses études ont repris ce seuil d’activité en le comparant à des niveaux plus bas, pour mettre en lumière les effets bénéfiques de l’activité physique sur les calories brûlées, la tension artérielle ou encore la glycémie.
Même si le chiffre empirique de 10 000 pas fait l’objet de discussions, une chose ressort cependant de toutes les études, si l’on ne se limite qu’à 4000 pas par jour ou moins, les effets délétères peuvent surgir : risque cardiovasculaire et/ou de diabète accru, prise de poids, etc.
Les seuils revus par les scientifiques
Catrine Tudor-Locke, professeure à l’université Amherst du Massachusetts et directrice du laboratoire sur le comportement des marcheurs situé en Louisiane, est spécialiste des effets de la marche et plus généralement de l’activité physique sur la santé, et fait figure de référence quand il s’agit d’analyser les bienfaits des podomètres.
Pour elle, cette injonction lancée par la société Yamasa correspondait un peu au « Just do it » de Nike ! Un vrai slogan avant toute chose ! Catrine Tudor-Locke, outre le caractère empirique de ce seuil, insiste par ailleurs sur la population à qui cette injonction s’adresse. Un adulte japonais moyen des années 60 n’affiche pas la même corpulence qu’un Américain d’aujourd’hui. Il convient donc de personnaliser le niveau d’activité, et cela concerne les Japonais, les Américains au même titre que les Français, bref tout habitant des pays au mode de vie qui s’occidentalise !
Toutefois, ce que la chercheuse entend mettre en lumière, c’est la question : sous quel seuil, doit-on vraiment s’inquiéter ? En dessous de combien de pas quotidiens le danger pointe le bout du nez ?

Dans une étude de 2008* menée avec son collègue de l’université de Tokyo, le fameux Yoshiro Hatano, et d’autres chercheurs japonais et américains, la scientifique modère donc cette croyance généralisée autour des 10 000 pas par jour : « Il ne faut pas en faire une obsession, le but premier est avant tout d’extraire les gens de leur canapé ! […] Nous savons qu’un style de vie sédentaire est néfaste pour la santé, et que si vous ne faites pas une moyenne de 5000 pas par jour au minimum, cela peut engendrer de sérieux problèmes de santé : prise de poids dangereuse, atrophie musculaire, diabète, risque pour la santé osseuse… la liste est longue ! »

L’Organisation Mondiale de la Santé a pourtant relayé ce chiffre clé par le passé, pour finalement affiner ses recommandations par classes d’âge pour commencer, par niveau d’intensité de son activité physique, par sexe aussi.
> L’OMS précise ainsi qu’un enfant ou un ado doit bouger de manière modérée à intense au moins une heure par jour.
> En revanche, une femme enceinte devra lever le pied, tout en maintenant autant que possible, un niveau d’activité modéré et régulier.
> Les seuils évoqués par l’OMS sont indiqués non pas par jour pour les adultes, mais par semaine. Ainsi il est indiqué qu’un minimum de 150 minutes d’activité modérée (marcher, jardiner, faire le ménage, se déplacer à vélo…) ou de 75 minutes d’activité intense soit de sport est requis, avec des moments d’activité supérieurs à 10 minutes.

La marche sportive : le bon compromis

Lorsque la marche est devenue une habitude, il est intéressant de pousser l’exercice et de pratiquer la marche à un rythme plus soutenu. Cela revient à marcher à une allure de 7 à 9,5 km à l’heure en moyenne pendant au moins 30 à 45 minutes par jour. Pour les personnes qui disposent de moins de temps, marcher 3 à 4 fois par semaine est également un bon rythme de croisière.
La marche nordique : l’alternative sportive

Pour ceux qui souhaitent intensifier l’effort, la marche nordique est la version « musclée » de la marche sportive. Véritable discipline sportive, elle permet un renforcement général de toutes les chaines musculaires et articulaires du corps grâce à l’utilisation de bâtons.
Plus tonique, elle permet de dépenser, en moyenne, deux fois plus de calories que la marche normale et est généralement pratiquée sur des chemins plus escarpés (montagne, forêt).
La marche nordique est enseignée et pratiquée dans le cadre de la Fédération française d’athlétisme
Deux mille quatre cents ans après sa mort, la science n'a eu de cesse de confirmer l'adage d'Hippocrate. La marche est un fabuleux médicament, la meilleure des préventions, et ses bénéfices sont innombrables. La vie de ceux qui la pratiquent s'en trouve grandement améliorée, leur espérance de vie aussi. En effet, 75 minutes de marche hebdomadaire allongeraient l'espérance de vie de près de deux ans. Et marcher est avant tout une affaire d'éducation, les enfants n'en sont pas exemptés, bien au contraire, ils y prendront goût pour le restant de leur vie.
Bouger devient aussi une affaire d’État

En France, les gouvernements successifs depuis plusieurs années se sont emparés du problème : on ne bouge pas assez, avec une incidence plus ou moins directe sur la santé, l’espérance de vie, la mortalité même.
L’OMS attribue à l’inactivité physique environ 10 % de la mortalité totale en Europe, et la voit comme la cause de 5 % des cardiopathies coronariennes, de 7 % du diabète de type 2, de 9 % du cancer du sein et de 10 % de cancer ducôlon.
Afin de promouvoir l’activité physique et sportive (APS) et de mener une campagne de prévention de la sédentarité excessive, le ministère des Solidarités et de la Santé a d’abord détaillé ses recommandations en ligne , a validé la prescription de l’activité physique dans le cas de maladies chroniques, pousse les mobilités actives, et a créé le site mangerbouger.fr, sur lequel on peut tester son niveau d’activité. Ce que je vous invite à faire ici !
Les équivalences en nombre de pas
Si l’on s’en tient à ces fameux 10000 pas (chiffre qui peut toutefois s’entendre en tant qu’objectif pour des adultes dynamiques et en bonne santé), cela équivaut en pratique à environ 8 km par jour *, soit 1 heure 40 de marche au total. Il ne s’agit pas évidemment de cumuler 2 minutes par-ci, 5 minutes par-là, mais de bouger au moins 10 minutes d’affilée pour bénéficier de ces activités et agir sur son espérance de vie.

Selon l’exercice physique auquel on s’adonne, le nombre de pas n’est pas identique.
1000 pas = 10 minutes d’une activité d’intensité modérée telle que la marche, la natation, le vélo, le rameur (sans s’arracher !), la danse, le jardinage…
2000 pas = 10 minutes d’une activité à intensité soutenue. C’est-à-dire que durant votre activité, vous pouvez à peine parler sans être immédiatement essoufflée, sports cardio en tête ! Ainsi le running, les séances de fitness type HIIT, le cyclisme, les sports en compétition comme le badminton, le foot… entrent dans cette catégorie.
Le mieux étant de pratiquer régulièrement un sport si vous n’aimez que modérément marcher.

* Attention, ces mesures sont données à titre indicatif, mais il s’agit ici de moduler selon son âge, son poids, sa taille, et son état de forme.
7 idées pour sortir de la sédentarité au quotidien

Si vous n’êtes pas sportif ou sportive dans l’âme, alors il va falloir modifier vos habitudes. Voici quelques suggestions pour bouger davantage chaque jour :
– Garez-vous ou descendez de votre bus ou de votre métro plus loin, afin de compléter votre trajet en marchant. Prévoyez 10 minutes pour que ce temps de marche vous soit bénéfique.
– Plutôt que donner rendez-vous pour un café ou un apéritif, proposez une visite d’un quartier ou une balade dans la nature. Bon plan : l’association Paris Zigzag propose tout un tas de promenades thématiques, guidées ou libres, dans Paris et Bordeaux.
– Un coup de fil à passer ? Au lieu de vous avachir sur votre canapé, sortez et marchez tandis que vous parlez, dans le jardin, autour du pâté de maisons…
– Consacrez une partie de votre temps de déjeuner pour sortir et marcher. Voire suivre un cours de gym si vous le pouvez.
– Jouez à des jeux actifs avec vos enfants : à chat, au foot, à la balle au prisonnier, au ping-pong…
– Au boulot, prenez soin de vous lever aussi souvent que possible. Allez parler avec vos collègues plutôt que de leur envoyer un email, montez et descendez les escaliers à la place d’attendre l’ascenseur. Si vous télétravaillez, levez-vous régulièrement, marchez, sautez, dansez même !
– Avant de systématiquement prendre les transports en commun ou votre voiture, vérifiez la distance qui vous sépare d’un lieu où vous vous rendez. C’est à 2 km ? Pourquoi ne pas les parcourir à pied ?

Des outils pour vous aider à compter vos pas

Il va de soi que vous n’allez pas compter vos pas vous-même, lors de chaque déplacement. Des trackers d’activité existent pour vous aider. Non il ne s’agit pas d’engager un détective pour vous surveiller, mais plutôt de vous doter d’une application sur smartphone ou mieux, d’un petit boîtier, d’un bracelet ou d’une montre connectés qui vous indiquent si vous avez suffisamment bougé dans la journée.

Les téléphones de nouvelle génération comportent généralement cette fonctionnalité de podomètre intégré (Apple, Samsung…). Toutefois, vous pouvez aussi vous munir d’un simple podomètre pour ne pas rester focalisé sur votre téléphone.

Quant aux appareils connectés, ils vous apporteront des indications complémentaires : suivi du sommeil, statistiques concernant vos activités sportives, bip quand il faut bouger, rythme cardiaque… que vous paramétrerez. Vous pourrez ensuite retrouver vos activités et comparer les efforts sur une application ad hoc ou sur votre compte (du site associé), une fois rentré. e à la maison.

Pour de nombreuses personnes — dont je fais partie —, ce type d’accessoire participe de la motivation à bouger, même si les données qu’ils relaient peuvent varier d’un outil à un autre. Ainsi je peux constater une différence de 15 % entre ce que m’indique ma montre et ce que me dit mon smartphone. Donc, sachez garder une certaine distance par rapport à ces petits appareils. Gardez en tête que l’important c’est avant tout de bouger !

Les bénéfices de l’activité physique sur la santé

En résumé, les principaux constats sont :

L’activité physique et sportive régulière est un déterminant majeur de l’état de santé des individus et des populations à tous les âges de la vie.
La pratique des activités physiques et sportives est déterminée par des facteurs individuels, sociaux et environnementaux.
La pratique régulière d’une activité physique et sportive, même d’intensité modérée, diminue la mortalité et augmente la qualité de vie.
La pratique régulière d’une activité physique, même d’intensité modérée, est un facteur majeur de prévention des principales pathologies chroniques (cancer, maladies cardiovasculaires, diabète….).
La pratique régulière d’une activité physique permet d’assurer une croissance harmonieuse chez l’enfant et l’adolescent.
La pratique régulière d’une activité physique permet de prévenir l’ostéoporose notamment chez la femme et de maintenir l’autonomie des personnes âgées.
La pratique régulière d’une activité physique aide au contrôle du poids corporel chez l’adulte et l’enfant.
La pratique régulière d’une activité physique est associée à une amélioration de la santé mentale (anxiété, dépression).
La reprise d’une activité physique régulière adaptée est un élément majeur du traitement des principales pathologies chroniques (cardiopathies ischémiques, bronchopathies chroniques obstructives, obésité et diabète de type 2, maladies neurologiques, rhumatismales et dégénératives….).
La pratique d’activités physiques permet une amélioration de la qualité et de la quantité de sommeil, ainsi qu’une amélioration de l’éveil diurne.
Les risques pour la santé de la pratique d’une activité physique sont minimisés par le respect de précautions élémentaires, un suivi médical adapté et un encadrement compétent.
(source Inserm- Expertise collective « Activité physique » (2008) et Anses – Avis et rapport relatifs à l’ « Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité », 2016))
En France, la recommandation diffusée dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS) depuis 2002 est de pratiquer l’équivalent d’au moins 30 minutes de marche physique et la réduction des temps cumulés et continus de sédentarité qui produira les effets les plus marqués sur la santé.
L’Anses propose des recommandations adaptées aux différents groupes de populations : enfants et adolescents, adultes, personnes âgées, femmes en période de grossesse, etc., dans l’objectif de permettre l’adoption d’un mode de vie actif dès le plus jeune âge, dans un environnement favorable.
Pour les adultes, il est recommandé de pratiquer 30 minutes d’activité physique développant l’aptitude cardio-respiratoire d’intensité modérée à élevée, au moins 5 jours par semaine, en évitant de rester 2 jours consécutifs sans pratiquer. Les activités physiques à visée cardiorespiratoire et celles à visée musculaire peuvent être intégrées dans une même activité ou au cours de la même journée. Pour les enfants et adolescents de 6 à 17 ans, il est recommandé de pratiquer au moins 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée à élevée.

Concernant la sédentarité, pour les adultes, il est recommandé de réduire le temps total quotidien passé en position assise et d’interrompre les périodes prolongées passées en position assise ou allongée, au moins toutes les 90 à 120 minutes, par une activité physique de type marche de quelques minutes. Pour les enfants, il est recommandé de limiter la durée totale quotidienne des activités sédentaires et la durée de chaque activité sédentaire, pour ne pas dépasser 2 heures en continu pour les 6 à 17 ans.
(Source Anses – Avis et rapport relatifs à l’ « Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité », 2016)
En février 2016, l’Anses a publié l’avis et le rapport relatifs à l’« Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité ». L’agence recommande la réduction des comportements sédentaires et la pratique d’activités physiques, dans tous les contextes de vie et à tous les âges. C’est la concomitance de l’augmentation de l’activité

Sources :
Fédération française d’athlétisme
Fédération française de la randonnée pédestre
Comité national olympique et sportif français, 2015

https://www.who.int/dietphysicalactivity/factsheet_adults/fr/
https://solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/article/activite-physique-et-sante
Programme national nutrition santé (PNNS) 2011-2015
Plan national santé environnement (PNSE 3) 2015-2019
Plan d’action pour les mobilités actives (PAMA)
Plan cancer 2014-2019


Réseaux sociaux et diabète de type 1 5

Réseaux sociaux et diabète de type 1

Article mis en ligne par le Dr Nelly MORTINIERA, tiré de la revue Diabétologie Pratique publié en février 2021 par S. PICARD du Point Médical, Dijon.

Introduction :
Les réseaux sociaux (RS) font et vont de plus en plus faire partie intégrante de notre vie professionnelle car largement utilisés entre médecins mais également avec les patients de manière multidirectionnelle c’est-à-dire entre professionnels de santé (PS), de PS vers les patients et vice-versa et entre patients.

Les RS parfois pour le pire mais souvent pour le meilleur :
La pandémie de COVID 19 nous montre toute l’importance des RS. Dans le domaine de la santé ces RS sont utilisés à la fois par les PS et les patients pour diffuser des informations scientifiques issues de publications ou rapporter leurs expériences personnelles avec un caractère instantané ou immédiat. Ils sont aussi utilisés pour diffuser des opinions qui peuvent avoir des interprétations dangereuses et néfastes, mais nous allons nous concentrer sur le meilleur de l’utilisation des RS qui constituent une source exceptionnelle d’informations instantanées, d’échanges entre utilisateurs des RS.
Les patients les plus technophiles sont très souvent des diabétiques de type 1, ne serait-ce que parce que leur vie a été totalement bouleversée par l’utilisation de la pompe à insuline, de la mesure en continu du glucose et de l’arrivée très prochaine en France de la boucle fermée (BF) encore appelée « Pancréas Artificiel ».

Utilisation des RS par les Diabétiques :
1- Les communautés d’utilisateurs des RS :
Les patients diabétiques, tout comme pour les autres maladies chroniques, se sont rassemblés sur les RS en communautés très dynamiques. Ces communautés ont de plus en plus une dimension internationale.
En 2005 l’acronyme DOC (Diabetes Community Oneline) a été fondée pour regrouper la communauté de diabétiques en ligne. Aujourd’hui il s’agit d’une immense dans laquelle on retrouve en majorité des diabétiques de type 1, des parents d’enfants diabétiques, quelques professionnels de santé et des industriels. Cette DOC permet aux utilisateurs de s’exprimer, de partager leur histoire pour aider ou motiver les autres. Elle leur apporte du soulagement personnel et leur permet de faire de leurs frustrations vis-à-vis de la maladie, de la lourdeur du traitement au quotidien, de leurs inquiétudes pour l’avenir, de la nécessité de rendre des décisions pouvant engager leur vie, leur bien-être.
Ils trouvent à travers leurs échanges, une oreille empathique, attentive car ils sont souvent chef de famille et ne veulent pas inquiéter leur entourage. Dans la majorité des cas, ils ne peuvent pas ou ne veulent pas en parler sur leur lieu de travail et ils ne voient leurs diabétologues qu’environ 2 heures par an. Ces plateformes leurs permettent de raconter leur vécu de la maladie à des personnes rencontrant les mêmes difficultés et ce dans l’anonymat totale ou relative par l’utilisation de pseudonymes, ou en profitant de leurs notoriétés pour les artistes ou les célébrités pour diffuser des messages sur le diabète ou pour servir d’exemple le plus souvent auprès des plus jeunes. Exemple la création du groupe « Diabetes Macedonia » sur Facebook en 2008. Dans ce groupe de diabétiques de type 1, une analyse a été réalisée entre 2012 et 2017, qui a montré un meilleur équilibre glycémique avec une baisse de l’HbA1c chez les jeunes adultes et les adolescents suivis vi les RS. Les utilisateurs des RS peuvent être confrontés à la désinformation dans la mesure ou la plupart des commentaires ne sont pas modérés c’est-à-dire vérifiés par des PS qui ont un rôle important à jouer en expliquant aux utilisateurs des RS comment évaluer la véracité des informations. Nous jouons également un rôle important en leur indiquant es sites fiables ou ils peuvent confirmer ou corriger certaines informations. Nous devons aussi être disponible pendant les consultations pour aborder les interrogations persistantes de nos patients utilisateurs des RS.
Les RS jouent aussi un rôle majeur dans l’aide à la technologie, qu’il s’agisse de problème technique avec le matériel actuellement disponible, ou d’interrogation concernant les technologies de développement du « Pancréas Artificiel » pour les diabétiques de type 1. En tant que diabétologue, nous avons le devoir d’informer les risques d’accidents présents sur la toile concernant la possibilité de mettre de fabriquer soi-même des pancréas artificiels grâce à des applications et du matériel remis au gout du jour, en libre utilisation sur les RS.
Aujourd’hui ces communautés ont une reconnaissance scientifique en particulier le mouvement Hachtag DOC.


2- Interaction avec les PS :
Parmi les diabétiques utilisateurs des RS ont distinguent :
Une minorité de patients pour qui la consultation se résume à obtenir une ordonnance de matériel et d’insuline. Ces patients estiment qu’ils obtiendront les réponses à leurs questions sur les RS. Ces patients doivent être repérés pour rétablir une confiance mutuelle.
La majorité des patients diabétiques utilisateurs des RS pour rechercher des réponses aux nombreuses questions ou revendications qu’ils découvrent sue les RS. Il faut dans ce cas trouver les mots justes pour tenir compte de leurs préoccupations et satisfaire leurs interrogations.

Utilisation des RS par les professionnels de santé :
1- Comme outil de formation :
Les RS sont un fabuleux moyen pour recevoir de l’information fiable et de façon optimisée. La majorité des sociétés savantes ont leurs propres réseaux. En s’abonnant à ces réseaux, les professionnels de santé sont tenus informés des résultats des études effectuées, des décisions importantes sous forme de consensus, des innovations technologiques mises sur le marché, des conditions d’utilisations des nouveaux outils en diabétologies, de la tenue des congrès nationaux et internationaux, des différentes formations en diabétologie proposées. Les RS permettent aujourd’hui des coopérations entre spécialités. Ils utilisent tous les moyens : Facebook, YouTube, Twitter, etc…

2- Comme outil de diffusion de l’information :
Les RS peuvent servir aux PS pour diffuser de l’information via une réunion, une conférence, un congrès au profit d’autres PS ou de patients. Ils peuvent permettre de faire connaître un travail réalisé, une étude, une communication. Toutefois sur les RS il faut rester prudent dans ses propos. Il faut penser que les mots ont une portée considérable sur les RS. Actuellement en diabétologie c’est le mouvement « Language matter » qui attire l’attention des professionnels de cette spécialité. Sur les RS il faut toujours penser que toute information publiée est totalement publique et accessible aux patients….
3- Pour toucher les bonnes personnes :
Les RS peuvent permettre d’attirer l’attention d’une personne donnée sur un problème spécifique. Cela peut constituer une bonne technique de sensibilisation mais la dérive ou le dénigrement peut très vite être contre-productif….
4- Pour prendre conscience de la détresse liée au diabète :
Cette détresse s’exprime à travers le vécu, l’histoire du diabète, les contraintes connues qui aujourd’hui grâce aux nouvelles technologies en diabétologie ont largement réduit les contraintes, mais apportent de nouveaux modèles de contraintes, plus sophistiqués pour certains, trop contraignant pour d’autres, non adapté pour certains avec des inquiétudes nouvelles sur l’avenir. Cette détresse est détectée à travers les RS. Une analyse de tweets postées sur les RS sur la période 2017 – 2019 a montré que le prix de l’insuline était une préoccupation importante pour les diabétiques de type 1 aux USA.


Savoir utiliser les RS :
Comme tous les outils, les RS peuvent être source de bénéfices majeurs pour ces utilisateurs mais également de dangers. Il faut apprendre à les manipuler et avoir une bienveillance particulière pour les jeunes diabétiques qui les utilisent de manière quotidienne. On peut apprendre beaucoup des RS à condition de savoir trier les informations. Il faut faire attention aux « fake news ». Il ne faut pas hésiter à aborder tous ces sujets en consultation et attirer l’attention de nos patients à garder un sens critique mais sans agressivité.

Conclusion :
Les RS sont un formidable outil pour recevoir et diffuser de l’information. La plupart des diabétiques de type 1 sont membres d’une communauté sur les RS, pour communiquer fournir et obtenir un accès rapide à l’innovation technologique. Les RS servent aussi à interagir de façon bidirectionnelle entre PS et patients. L’information reçue doit toujours être référencée pour être considérée comme fiable. Ne pas confondre faits et opinion et e langage utilisé sur les RS a une importance majeure :
« Attention aux mots responsables de maux !!!! »


Score calcique chez le patient diabétique 6

Score calcique chez le patient diabétique

Article du Dr Céline Eid d’après un article des Pr BAUDUCEAU et BORDIER paru en 2018 dans « Diabétologie pratique »

Les diabétiques sont considérés comme à haut risque cardio-vasculaire, en particulier s’ils ont un autre facteur de risque comme le tabac, l’hypertension artérielle ou un excès de cholestérol. Les complications cardiaques, notamment celles touchant les artères coronaires (= coronaropathie ou ischémie myocardique), sont souvent silencieuses chez le patient diabétique et nécessitent d’être dépistées en raison du risque non négligeable de morbi-mortalité.

En quoi consiste la mesure du score calcique ?

La mesure du score calcique coronaire s’est révélée ces dernières années comme l’examen de choix pour le dépistage de l’ischémie myocardique silencieuse du diabétique asymptomatique. Il s’agit d’un examen simple, non invasif, reproductible, peu couteux et facile d’accès, qui détecte et quantifie les dépôts de calcium dans les artères coronaires, reflétant l’importance de l’athérosclérose.

En pratique, le patient réalise un scanner thoracique sans injection de produit de contraste. L’examen est rapide puisqu’il dure 2 minutes et est interprété en moins de 10 minutes par le radiologue. Il ne nécessite pas d’être à jeûn et les traitements antidiabétiques tels que la metformine peuvent être poursuivis.

Le taux de calcium coronaire est déterminé par le calcul du score d’Agatston à l’aide d’un logiciel spécifique. La mesure du score calcique a un intérêt diagnostique pour dépister la maladie coronaire silencieuse et pronostique permettant de prédire le risque cardio-vasculaire du patient.

Comment l’interpréter ?

Le score calcique renseigne sur la probabilité de sténose (= rétrécissement) significative des artères coronaires et permet de prédire le risque d’événement cardio-vasculaire dans les 5 ans. Plus le score calcique est haut, plus la probabilité de maladie coronaire est élevée.

- Un score calcique nul permet d’identifier les patients à faible risque coronarien qui ne nécessitent pas d’explorations cardiologiques complémentaires.

- Un score calcique entre 10 et 100 correspond à un risque faible à modéré n’imposant pas d’exploration cardiologique complémentaire. La prescription d’antiagrégants plaquettaires tels que l’aspirine pour fluidifier le sang se discute en fonction du score et de l’importance des facteurs de risques cardio-vasculaires.

- Un score calcique entre 100 et 400 définit un risque élevé, à pondérer avec l’âge du patient, et peut nécessiter la prescription d’antiagrégants plaquettaires et la réalisation d’examens complémentaires auprès d’un cardiologue.

- Un score calcique supérieur à 400 témoigne d’un risque cardiovasculaire majeur et nécessite la réalisation d’explorations fonctionnelles complémentaires auprès d’un cardiologue, et, selon les résultats, la réalisation éventuelle d’une coronarographie.
Le score calcique n’a pas d’intérêt chez les patients qui ont déjà fait un accident cardiovasculaire ou qui ont une maladie coronaire avérée. Il est en revanche particulièrement intéressant chez le patient à risque intermédiaire pour reconnaître le très haut risque marqué par un score d’Agatston supérieur à 300 ou 400.

En conclusion

Le score calcique est donc un examen simple de réalisation qui permet de dépister la maladie coronaire silencieuse chez le diabétique. Il permet d’identifier les patients à haut risque de complication cardio-vasculaire justifiant une intensification du traitement des facteurs de risque et des explorations cardiologiques complémentaires.


Ma petite boîte jaune ne connait pas la crise 7

Ma petite boîte jaune ne connait pas la crise

En France, on compte environ 4 millions de diabétiques et nombreux sont ceux qui se piquent régulièrement. D’une part ils se piquent pour connaître leur glycémie et d’autre part, pour s’injecter l’insuline dont ils ont besoin.
50 ans de diabète = + de 100 000 piqûres.
A l’échelle de la France, la gestion des déchets d’activités de soins à risque infectieux de type piquants est un enjeu majeur qui demande une vrai politique sanitaire. Malheureusement, malgré les efforts des collectivités locales, on en retrouve encore bien trop souvent dans les ordures ménagères.

Voici l’histoire d’Emma :
« Emma est une jeune institutrice. Enceinte de six mois, on lui a découvert deux mois plus tôt un diabète gestationnel, l’obligeant à se piquer à l’insuline une fois par jour. Elle rencontre régulièrement une sage-femme dans le cadre de la surveillance de sa grossesse. C’est au cours d’une de ces visites qu’elle lui a apportée un petit bocal à cornichon rempli de ses aiguilles dont elle se savait que faire. Très concernée par l’écologie, elle ne se voyait pas jeter jour après jour ses déchets de soins dans la poubelle. Ce bocal à cornichon vide lui avait semblé approprié. Sa sage-femme saurait sans aucun doute où les recycler. »
A l’image d’Emma, vous ignorez peut-être que faire de vos aiguilles ? Mais que dit la loi ?

L’utilisation de conteneurs spécifiques est obligatoire depuis un arrêté du 26 décembre 2004. L’article R. 1335-5 du code de la santé publique rappelle l’obligation de séparer les DASRI ( Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux) des autres déchets. A titre individuel et dans le cadre de l’auto-traitement, les personnes diabétiques sont juridiquement responsables de leurs déchets piquants et coupants. Leur responsabilité, civile ou pénale peut être engagée s’ils causent à autrui un dommage en ne les collectant pas.

En effet, il est strictement interdit de jeter ses aiguilles dans les ordures ménagères même si elles sont glissées dans une boîte de conserve, une bouteille de lait ou un bocal de cornichon.

Mais alors… où les jeter ?

b) Les BAA ou Boîte à aiguilles :
Depuis l’apparition des aiguilles jetables, la question de leur élimination s’est très vite posée. Heureusement, depuis 2011 des boîtes à aiguilles homologuées (BAA) sont distribuées gratuitement aux patients en auto-traitement par les pharmacies sur présentation d’une ordonnance. C’est même une obligation légale de votre pharmacien. Tout refus constitue une infraction passible d’une amende (décret du 22 octobre 2010 en application de l’article R. 1335 – 8-3 du code de la santé publique)

Ces boîtes jaunes présentent un couvercle vert et sont proposées en trois tailles différentes : 0,5 litres, 1,5 litres ou 2 litres. Elles sont réservées pour recueillir vos déchets dits « piquants, coupants ou tranchants »

Vos déchets mous (style compresses, coton etc… sont eux jetés dans les ordures ménagères ou selon les risque infectieux qu’ils présentent dans un autre contenant plus adapté).
Boîtes jaunes (BAA) et sécurité :
L’histoire d’Odette :
« — Mamie sera trop fière de moi, sourit Zoé en regardant fièrement la petite cuisine où elle a passée une bonne heure à tout ranger. Elle a même dressé la table avec en son milieu un joli bouquet de fleurs qu’elle a cueilli dans le jardin.
—Zoé, intervient justement sa grand-mère qui vient de surgir derrière elle, tu n’aurais pas vu ma boîte jaune, tu sais celle où je mets mes aiguilles ?
Elle s’interrompe en fronçant les sourcils. Elle vient de retrouver sa boîte jaune où s’épanouissent Œillets d Inde, Roses Trémières et grosses Pâquerettes.
—Je, je n’avais pas de vase…murmure la petite timidement, en baissant la tête.
—Mais, mais, et les aiguilles ? S’affole Odette en imaginant le pire. Tu ne t’es pas piquée ?
—Non, non Mamie, j’ai bien fait attention. J’ai tout jeté dans la poubelle !
Odette soupire mais n’a pas le cœur de gronder sa petite fille. » Ce qui vient d’arriver est en partie de sa faute, Sa fille l’a mise en garde de nombreuses fois ; ne pas laisser trainer sa boîte jaune à porter de main des enfants ! »

La négligence d’Odette aurait pu avoir de graves conséquences.
1ère règle :
Ne jamais laisser à portée de main des enfants la boîte à aiguilles . Les enfants sont curieux et parfois débordant d’imagination. Il est important de mettre stylo à insuline, aiguilles, médicaments et boîte à aiguilles hors de leur portée en posant des limites strictes.

2ème règle :
Ne jamais utiliser sa boîte à aiguille sans son couvercle. Pour rappel, toutes les boîtes à aiguilles sont distribuées avec un couvercle. Celui-ci doit être installé avant même la première utilisation afin de limiter les risques pour vous-même mais également pour votre entourage en particulier s’il y a des enfants.
Ces boîtes sont homologuées et répondent à des normes très strictes. Elles disposent d’une double fermeture :
- l’une provisoire avec son petit clapet que l’on referme entre chaque utilisation
- l’autre définitive pour un transport et une élimination en toute sécurité.
3ème règle :
Si vous regardez bien, vous avez une limite de remplissage signalée par de petits pointillés (au trois quart haut de la boîte).

Attention, respectez cette limite afin de pouvoir refermer votre boîte sans difficulté et en toute sécurité.
4ème règle :
Après la fermeture de votre boîte à aiguille vous avez trois mois pour la ramener dans un point de collecte, en général votre pharmacie mais pas toujours. Il existe d’autres lieux de collectes qui peuvent vous êtes indiqués par votre médecin, votre pharmacien mais également au niveau des mairies. Renseignez-vous !

Conclusion :
Chaque diabétique en auto-traitement est acteur de sa santé mais pas seulement. Il est également responsable de la gestion et de l’élimination de ses déchets de soin. Pour la sécurité de tous, il est important de suivre ces consignes simples et pratiques.


Les régimes restrictifs : que faut il en penser ? 8

Les régimes restrictifs : que faut il en penser ?

D'après un article du Dr FONTAINE, le Dr BENICHOU vous propose une publication très actuelle et sujet à polémique.

Différents types de restriction alimentaire sont actuellement en vogue auprès du grand public.  Cela va du jeûne thérapeutique au régime cétogène proposés comme adjuvant lors d’une chimiothérapie  en passant par la restriction calorique au long cours ,censés augmenter notre espérance de vie.

Mais qu’en est il des bases scientifiques de ces attitudes restrictives ?

Le but de cet article est de répondre de manière factuelle aux questionnements que peuvent avoir les patients.

 

 

  • Rappels physiologiques concernant le jeûne

 

Pour des raisons didactiques, on décrit 4 phases de jeûne chez un sujet bien portant

 

  • Phase précoce avec consommation des réserves en glycogène pour délivrer du glucose
  • Phase de consommation des lipides ou lipolyse
  • Phase de production du glucose par consommation des muscles ou protéolyse (fonte musculaire)
  • Phase de cétogenèse ou fabrication de corps cétoniques qui limite la fonte musculaire

 

Chez un individu malade, l’adaptation au jeûne est très différente de celle décrite ci-dessus. En première approche, il faut savoir que les malades sont incapables de passer en cétogenèse ce qui les rend beaucoup plus vulnérable au jeûne qu’un individu bien portant.

 

 

  • Restrictions alimentaires dans le cancer : affamer la tumeur ?

Si les travaux sur la souris  de l’équipe de Walter D Longo ont suscité beaucoup d’espoir en montrant qu’un jeûne de 48 h entourant la chimiothérapie potentialisait son effet à la fois sur la taille de la tumeur et sur la survie de l’animal, les travaux sur l’homme se sont montrés très décevants en ne montrant aucun effet positif sur l’évolution du cancer. Un travail de revue bibliographique particulièrement exhaustif  a été publié en 2017 par le réseau NACRE . Rappelons enfin que de nombreux travaux chez l’homme indiquent tous sans ambiguité qu’une perte de poids chez le sujet cancéreux est un facteur de mauvais pronostic, la médiane de survie étant alors divisée par deux. De la même façon un régime cétogène au moment de la chimiothérapie n’a pas montré d’efficacité.

 

  • Restriction calorique : le régime anti âge ?

 

La restriction calorique est elle capable de diminuer le stress oxydatif chez l’homme et ainsi d’augmenter la durée de vie ?

Les études semblent indiquer que non en montrant que les maigres n’ont pas une espérance de vie supérieure aux sujets de poids normal ou en surpoids. Un travail récent mené au Royaume Uni sur 3,6 millions d’adultes montre que la relation mortalité en fonction de l IMC dessine une courbe en J , l IMC associé au risque de mortalité le plus faible étant légèrement supérieure à 25. Quelle que soit l’analyse en sous groupes, la mortalité augmente lorsque l’IMC diminue et cela bien avant que l’IMC n’entre en zone de dénutrition.

 

 

Conclusion

                                          

Même si nous avons tous envie de croire que tel aliment ou tel comportement alimentaire est bénéfique pour notre santé , les données de la littérature nous ramène à la réalité en montrant que d’une part le jeûne intermittent, les régimes restrictifs ou le régime cétogène n’ont prouvé aucune efficacité chez l’homme  mais qu’il pourraient même être délétères dans certaines situations en raison de la dénutrition qu’ils pourraient induire.


LES 100 ANS DE L'INSULINE!!! 9

LES 100 ANS DE L'INSULINE!!!

L'insuline a été découverte en 1921 par une équipe de chercheurs de l'Université de Toronto - Canada, F. Banting, C. Best et J. MacLeod. En 1923, Sir Frederik Banting et son équipe ont reçu le Prix Nobel de Médecine pour cette découverte qui a révolutionné la thérapie et le pronostic du diabète. Avant 1921, les personnes diabétiques étaient malheureusement condamnées à mourir ...

Depuis l'antiquité, les Grecs et les Égyptiens connaissaient le diabète. Le mot diabète vient même du grec "passer à travers", terme qui renvoie aux urines sucrées qu'avaient observé les grecs chez certains patients.

L'INSULINE, DE QUOI S’AGIT-IL

• L’insuline est une hormone sécrétée par les cellules β des îlots de Langerhans du pancréas. Chez une personne non diabétique, l’insuline est sécrétée de manière continue et elle régule notamment le taux de glucose (ou glycémie) dans le sang.

• Chez les personnes diabétiques de type 1, le pancréas ne sécrète plus d'insuline. Les personnes atteintes d’un diabète de type 1 doivent apporter de l'insuline à leur organisme pour réguler leur glycémie (taux de sucre dans le sang) pour permettre au corps d'utiliser correctement le glucose ingéré. L’insuline ne peut pas être ingérée (par ex. sous forme de comprimés) car elle serait digérée comme n'importe quel aliment et détruite par l'acide de l'estomac. Elle doit être injectée par voie cutanée pour passer dans le sang.

• Chez les personnes atteintes d’un diabète de type 2, en revanche, l'organisme sécrète de l'insuline, mais ne l'utilise pas correctement. Sans insuline, le glucose reste dans le sang. Or des taux de glycémie constamment élevés peuvent provoquer différents types de dommages à l'organisme.

Chaque personne souffrant d'un diabète est unique et les facteurs qui régissent sa maladie et son style de vie ont un impact sur le traitement.

L'INSULINE, SON HISTOIRE

• 11 janvier 1922 - La première injection d’insuline à l’homme. Les premières injections d’extraits pancréatiques sauvent Leonard Thompson, garçon de 14 ans atteint d’un diabète au stade de coma. C’est une première mondiale.
• 1923 - Le prix Nobel de Médecine est décerné à Banting et Mac Leod. Banting le partage avec Best, Mac Leod avec Collip. La même année, des laboratoires se mettent à produire de l’insuline extraite de pancréas de bœuf et de porc, qui ont une insuline très proche de celle de l’Homme.
• 1935 - Mise au point par Hagedorn et Fisher de l’insuline Protamine Zinc, première insuline d’action lente.
• Mise au point et commercialisation en 1950 de la Neutral Protamine Hagedorn, insuline d’action intermédiaire encore aujourd’hui largement utilisée sous le nom de NPH ou dans les mélanges préétaplies (ou Prémix).
• 1978 - Les laboratoires Eli Lilly réussissent le clonage du gène humain de l’insuline, étape importante pour produire de l’insuline par génie génétique.
• 1980 - L’insuline de porc est humanisée en modifiant le seul acide aminé qui la distingue de l’insuline humaine.
• 1982 - La première insuline humaine obtenue par génie génétique, apparaît sur le marché. Contrairement aux insulines extraites de pancréas animaux, celle-ci est véritablement de l’insuline humaine.
• 1986 - Les laboratoires Novo choisissent la levure Saccharomyces cerevisiae plutôt que le colibacille pour exprimer le gène humain de l’insuline et obtenir l’hormone industriellement.
• Apparition en France des nouvelles insulines dont la structure a été modifiée pour changer leur rapidité d’action : les analogues rapides (1997), comme l'Humalog (E.Lilly), NovoRapid (Novo) et Apidra (Sanofi) et les analogues lents (2003), comme Lantus et Tougéo (Sanofi), Levemir (Novo).
• Et, depuis peu deux nouvelles insulines "ultra rapides" sont disponibles : Fiasp® (Novo) et Lyumjev® (Lilly). Une société française, Adocia, travaille sur un concept de "capsule" - BioChaperone® Lispro - pour accélérer l'action de l'insuline.
L'INSULINE, SES MODES D'ADMINISTRATION

L’insuline peut être administrée soit
• via une pompe à insuline qui est un appareil portable ou implantable destiné à administrer de l’insuline en continu à l'aide d'un fin cathéter placé sous la peau. Le principal avantage de la pompe est qu'elle peut assurer le maintien d'une glycémie plus constante. La pompe à insuline permet également une gestion plus flexible de la vie quotidienne. Les dernières générations de pompe peuvent être couplées à la mesure du glucose en continu et peuvent ainsi agir en automatique sur l’injection d'insuline de façon à protéger le patient de l'hypoglycémie.

• L’apport d’insuline peut se faire sous forme d’injections à l’aide de seringues ou stylos :

. via un schéma de multi-injections quotidiennes, c'est à dire plusieurs piqûres d'insuline/jours mais quel que soit votre schéma d’insulinothérapie et votre profil, l’objectif demeure le même : limiter les trop grandes variations de votre glycémie tout au long du cycle biologique, soit 24h avec alternance d'un jour et d'une nuit (nycthémère).

Les différents schémas d’injections (de 1 à 5 injections par jour) peuvent être prescrits par votre médecin, en fonction de votre type de diabète, de vos besoins en insuline et de votre mode de vie.
Dans le cas d’un schéma basal-bolus, l’insuline basale, aussi appelée insuline pour vivre, correspond à une ou deux injections d’insuline lente. Si vous utilisez une pompe à insuline, cela correspond au débit de base.
L’insuline pour manger (insuline prandiale) est apportée par un bolus, c’est à dire une injection d’insuline rapide au moment des repas, en fonction du nombre de glucides ingérés.
L’insuline de correction permet, grâce à une injection d’insuline rapide, de corriger votre glycémie si elle est trop élevée.

L'INSULINE, SES DIFFERENTS TYPES

Sur le marché français, il existe une trentaine d’insulines commercialisées par plusieurs laboratoires pharmaceutiques : Lilly, Novo Nordisk et Sanofi…

On peut classer les insulines en 4 catégories :
• Les insulines rapides
• Les analogues lents
• Les insulines retard
• Les mélanges d’insulines

On distingue les différentes insulines en fonction de leur durée et rapidité d’action.

Au cours du siècle dernier, notre compréhension du diabète et nos options de traitement se sont considérablement améliorées. Toutefois, il reste encore beaucoup à faire. À l’échelle mondiale, la prévalence du diabète est de 8,8 % et ce taux devrait augmenter partout dans le monde, surtout en raison du vieillissement de la population et de la hausse du taux d’obésité. Bien que ces facteurs contribuent de façon notable à l’augmentation spectaculaire du diabète de type 2, il a été prouvé qu’il y a aussi une prévalence croissante du diabète de type 1.

Sources :
www.medecinesciences.org
www.worlddiabetestour.org
www.federationdesdiabetiques.org
https://parlonsdiabete.com


La consommation de viande rouge : que faut-il croire ? 10

La consommation de viande rouge : que faut-il croire ?


Article proposé par le Dr RADAOUI Amina, service d’Endocrinologie Perpignan
Résumé d’article « Les viandes rouges et transformées : consommation en question ? », par Louis MONNIER, Jean-Louis SCHLIENGER, Institut universitaire de recherche clinique, Université de Montpellier, Faculté de médecine de Strasbourg, paru dans diabétologie pratique

Rappel des bases :
Les sources de protéines sont diverses. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les premières sources de protéines dans notre alimentation sont d’origine végétale, essentiellement fournies par les céréales (blé, riz..), les légumineuses (lentilles, haricots, pois chiches…) et les graines. Les protéines d’origine animale ne sont que la seconde source, qu’ils s’agissent des viandes rouges ou blanches, du poisson, des produits laitiers ou des œufs.

Mais les protéines animales ont l’avantage d’avoir une valeur biologique (rapport entre l’azote ingéré et l’azote fixé) s’élevant à 75% et jusqu’à 95% pour les produits laitiers et les œufs, bien supérieure aux valeurs biologiques des protéines végétales beaucoup plus faibles à 65%. La teneur en protéines est également plus élevée dans les protéines d’origine animale, généralement autour de 20% pour les viandes ou le poisson versus 10% pour le pain ou les légumineuses après cuisson, elle tombe à < 3% pour les pâtes et le riz après cuisson. Dans la mesure où 100g de viande (portion classique) apportent 20 g de protéines, alors qu’il faut consommer 600g de féculents pour obtenir le même apport, il est très difficile d’atteindre l’objectif d’apport protéiné recommandé d’1g/kg/j dans un régime purement végétalien. Que disent les recommandations : Selon les recommandations, pour un régime équilibré, la répartition d’apport protéiné devrait correspondre à 1/3 de protéines végétales, 1/3 de viande rouge ou blanche et 1/3 par les autres aliments (œufs, produits laitiers, poissons…). Les recommandations américaines pour la période 2015-2020 recommandent une consommation de viandes rouges comprise entre 500 et 700 g par semaine, soit 4 à 5 portions par semaine de 125 g. Ces recommandations sont comparables à celles du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) qui préconisent une limitation de la consommation de viandes rouges, du fait d’un effet délétère de celles-ci, notamment dans la survenue de cancers coliques ou d’événements cardio-vasculaires. Remise en question des recommandations :
Certains préconisent pourtant des réductions encore plus drastiques jusqu’à l’exclusion des viandes. Ces positions sont elles justifiées? Plusieurs études sérieuses récentes se sont penchées sur la question et ont tenté d’apporter des éclaircissements sur la relation entre consommation de viande et santé.
Une première étude, Women’s Health Initiative Trial, a inclu 48 835 femmes ménopausées comparant les personnes ayant une alimentation standard à celles qui avaient réduit leur consommation de viande rouge. Les résultats ne montrent aucune réduction significative du risque de mortalité globale ou de décès par accident cardio-vasculaire ou cancer.
Une méta-analyse constituée d’études de cohortes suivies sur une durée allant de 9 à 28 ans, comparant plusieurs centaines de milliers de personnes selon leur consommation de viande rouge ou blanche, transformées (par fumage, séchage, salaison, ou addition de conservateurs dont font partie la charcuterie) ou non. Les investigateurs enregistraient les décès quelle qu’en soit la cause, la survenue d’évènements cardio-vasculaires et de diabète entre des groupes ayant une consommation standard et un autre ayant une consommation réduite (soit 3 portions par semaine). Les résultats sont légèrement significatifs dans la réduction du risque de décès chez les personnes ayant une consommation réduite de viande. Mais ces résultats n’ont pas été considérés valables par les investigateurs eux-mêmes du fait de l’hétérogénéité très élevée des groupes, ne permettant pas d’explorer les mêmes effets.
Il n’existe donc pas à ce jour d’étude permettant de prouver que la consommation de viande portée à un niveau très inférieur à celui conseillé par les recommandations apporte un bénéfice substantiel. Par ailleurs, comme nous l’avons évoqué précédemment, du fait des difficultés à couvrir les besoins protéiques journaliers sans protéines animales, des régimes restrictifs excluant les viandes peuvent exposer à des effets délétères comme des carences protéiques.
Et l’impact environnemental dans tout ça ?
La production et la consommation de viande fait débat dans la cause environnementale depuis plusieurs années. Les estimations de consommation de viande sont de plus en plus importantes dans les pays à PIB élevé où elle se situe entre 60 à 91 g/j. Au niveau mondial, la consommation ne cesse d’augmenter pour atteindre 400 millions de tonnes en 2010. Cette augmentation se traduit par une intensification de l’élevage du bétail nourrit principalement par des produits céréaliers et au soja. L’extension des pâturages et des champs se fait aux dépends d’une déforestation progressive. A cela il faut ajouter l’augmentation des besoins en hydrocarbures nécessaires au fonctionnement des véhicules et engins d’exploitation.
L’augmentation de production de gaz carbonique, et la réduction de son élimination du fait de la déforestation, conduisent à l’augmentation du taux de CO2 de l’atmosphère avec pour conséquence un effet de serre et un réchauffement climatique de plus en plus préoccupant. L’effet de serre est également aggravé par d’autres gaz liés à cette surproduction, dont le méthane (CH4) produit directement par les animaux, et l’oxyde nitreux (N2O) qui dérive des engrais ou de la décomposition des excréments des animaux ou des résidus végétaux.

Deux autres conséquences supplémentaires à l’élevage intensif : la surconsommation d’eau (il faut environ 10 tonnes d’eau pour produire 1 kg de viande), et de protéines végétales (3 à 20 kg de protéines végétales sont nécessaires pour produire 1kg de protéines animales selon l’espèce animale). Ces chiffres sont discutables, en ce qui concerne l’eau, certains estiment ces besoins surestimés selon les référentiels utilisés puisque l’eau dite verte, soit l’eau de pluie, représente 95% de l’eau totale utilisée dans l’élevage. Dans ces conditions l’eau dite bleue, nécessaire à la boisson des animaux ne serait que de 500 litres nécessaires pour la production d’1 kg de viande. En ce qui concerne les protéines végétales utilisées, toute réduction de consommation de protéines animales entrainerait quoi qu’il en soit une augmentation directe de la consommation de protéines végétales.

Conclusion : quelles recommandations retenir ?
La position extrémiste des régimes sans viande reste absurde si on souhaite conserver un apport protidique suffisant avec des protéines à haute valeur biologique comme les protéines animales. Les recommandations nutritionnelles actuelles, 4 à 5 portions de viandes de 125 g par semaine (soit 500 à 700g/semaine), restent donc les plus raisonnables, fondées sur des bases scientifiques sérieuses en terme de santé.
En revanche le problème pour lequel nous n’avons pas de réponse complète est celui des conséquences de la production de viande sur l’environnement. Les plus pessimistes diront que nous nous préparons à un avenir sombre. Dans ce domaine, il est probable que la modération soit préconisée, en espérant que les recommandations de santé et les préoccupations environnementales finissent par converger.