Vaccination chez le diabétique, référentiel 2020 selon la Société Francophone du Diabète (SFD) 1

Vaccination chez le diabétique, référentiel 2020 selon la Société Francophone du Diabète (SFD)

La vaccination contre la grippe démarre à Genève | Tribune de Genève

Parmi les actualités abordées lors du congrès de la SFD 2020, qui a eu lieu de façon virtuelle au début du mois de septembre, le référentiel de la vaccination chez le patient diabétique a été présenté. Celui-ci est le résultat d’un groupe de travail multidisciplinaire incluant la participation de diabétologues, pédiatres, gériatres, infectiologues, et pharmaciens.

- Pourquoi ce référentiel ?

Aucun texte officiel et spécifique à la vaccination du patient diabétique n’existait jusqu’à ce référentiel. Or nous savons, selon les différentes études menées dans ce domaine, qu’il existe une augmentation du risque infectieux chez les patients diabétique.

Nous savons également, que la couverture vaccinale dans cette population à risque reste insuffisante, du fait de l’existence de freins, médicaux, para médicaux et individuels à la vaccination.

Ce référentiel a été rédigé par le groupe de travail, après la réalisation d’une enquête auprès des patients diabétiques (3500 patients), leurs entourages et des membres de la SFD.

Les résultats de ces enquêtes ont confirmé la mauvaise couverture vaccinale. Pour les vaccins concernant la grippe et le tétanos, 70% des patients interrogés déclarent être à jour, en revanche pour les vaccinations contre le pneumocoque, le zona et hépatite B, seulement 20 à 30% des patients se déclarent couverts, bien en deçà des objectifs de couverture vaccinale recommandés par les autorités de santé.

- Vaccination contre la grippe :

o Intérêt : les données épidémiologiques révèlent une augmentation de la sévérité de la grippe au cours du diabète en termes de risque d’hospitalisation, de complication et de mortalité. Il a également été démontré que l’équilibre glycémique a un impact sur sa sévérité.

o Bénéfices : réduction significative de l’incidence de la grippe et de pneumonie en cas de vaccination, ainsi que de la mortalité toute cause confondue, y compris des événements cardio-vasculaires.

o Les données vaccinales en France confirme, là encore, une insuffisance vaccinale notamment chez les sujets les plus fragiles de plus de 65 ans.

o La vaccination anti grippale est réalisable par les infirmiers, les médecins, les pharmaciens, et les sages femmes.

Campagne de vaccination contre la grippe | Ville de Fourmies

- Vaccination anti-pneumococcique :

o Intérêt : augmentation du risque d’infections invasives à pneumocoque au cours du diabète. Impact majeur de l’association diabète-comorbidités dans le risque d’infection à pneumocoques. La encore, augmentation de la sévérité des infections à pneumocoques chez les diabétiques, avec un risque aggravé d’hospitalisation et de mortalité.

o Deux vaccins sont disponibles en France, le VPC 13 pour la primo-vaccination, puis le VPP23.

o Bénéfices : les bénéfices cliniques de ces deux vaccins ont été démontrés au cours du diabète lors d’études randomisées

- Vaccination contre le zona :

o Intérêt : l’augmentation du risque du zona au cours du diabète est connue

o Bénéfice clinique : démontré au cours du diabète, avec réduction de son incidence et des douleurs post-zostériennes chez le patient de plus de 60 ans

- Vaccination antitétanique :

o Intérêt : L’incidence du tétanos est plus élevée chez les personnes vivant avec un diabète, du fait des plaies chroniques, notamment au niveau des pieds.

o En revanche, il n’existe pas d’études spécifiques d’efficacité du vaccin antitétanique chez les sujets diabétiques.

o Le calendrier vaccinal est identique à celui des sujets non diabétiques, les recommandations en cas de plaies ont été réalisées par le Haut conseil de santé public avec un protocole précis à suivre.

- Vaccination contre l’hépatite B :

o Intérêt : Augmentation du risque de contamination de l’hépatite B et d’évolution vers la cirrhose en cas de diabète.

o Bénéfice sérologique de la vaccination démontré, y compris au cours du diabète

o La vaccination contre l’hépatite B n’est pas impliquée dans la survenue d’affections démyélinisantes comme la sclérose en plaque.

- Chez les enfants diabétiques :

o Le risque d’infection est plus faible en cas de bon équilibre glycémique.

o En cas d’infection le risque de déséquilibre glycémique est augmenté.

o Il existe une indication spécifique de vaccination antigrippale, dès l’âge de 6 mois, chez les enfants diabétiques très fragiles, pour les autres enfants diabétiques, le calendrier vaccinal habituel doit être suivi.

o Il n’existe pas de sur risque de maladies auto-immunes démontré après vaccination chez l’enfant ou adolescent atteint d’un diabète de type 1.

Calendrier vaccinal 2020

Pour conclure, l’analyse de cette base de données recommande la vaccination antigrippale, antipneumococcique et contre le zona après l’âge de 65 ans chez les patients diabétiques. Pour les autres patients diabétiques, il est préconisé de suivre le calendrier vaccinal.


RUNNING ET DIABETE 2

RUNNING ET DIABETE

SERVICE ENDOCRINOLOGIE DU CENTRE HOSPITALIER DE PERPIGNAN
RUNNING ET DIABETE

Puis-je faire du running alors que je suis diabétique ? Pour de nombreux malades, la question peut se poser. Comment faire pour chausser des baskets et profiter des bienfaits du running quand on est atteint d'un diabète de type 1.
Le diabète de type 1 n'empêche pas de faire du sport, même de la course à pied qui puise pourtant beaucoup dans les réserves de sucre. Cependant, il est important d'y aller progressivement, d'être à l'écoute de son corps, de ses sensations et d'accepter de tâtonner dans un premier temps sur les doses d'insuline à s'administrer. Une période d'adaptation et quelques contraintes à gérer mais le jeu en vaut la chandelle !!!
JE DÉBUTE LA COURSE À PIED, QUE DOIS-JE FAIRE ?
La règle d'or est d'avancer de manière progressive. Faites de petites sorties au début, idéalement accompagnée. Adaptez vos doses d'insuline en accord avec votre médecin avant de partir. Ce sont vos entraînements qui vous permettront de connaître vos réactions et vos besoins en insuline et encas.
JE MANGE QUOI AVANT UNE SORTIE ?
La règle est la même que pour un pratiquant non diabétique. Pendant le sport, l'absorption intestinale est diminuée. Et plus vous courez une longue distance, moins cette absorption sera efficace durant la course. Il est conseillé de s'alimenter 2 ou 3 heures avant votre sortie et privilégier un repas de glucides complexes, comme des céréales, bananes, féculents…
DANS MON SAC, JE METS QUOI ?
Outre votre lecteur de glycémie, vous pouvez emporter une boisson sucrée, du sucre blanc ou des sachets de confiture, une banane, des barres aux céréales... S'il fait très froid et que vous effectuez des glycémies capillaires, prenez des chaufferettes pour vos bandelettes.
De la même manière, protégez vos bandelettes du soleil lors des grosses chaleurs. Prévoyez un peu d'eau pour vous nettoyer le doigt avant de faire un test. La sueur ainsi que les petites impuretés peuvent faire varier votre glycémie !!!
QUELLE DOSE D'INSULINE AVANT UNE COURSE ?
Votre médecin peut vous demander de baisser vos doses d'insuline avant une sortie mais également après.
L'activité sportive peut avoir une incidence sur la glycémie durant 24 heures. Pour une sortie de moins de 10 km à allure moyenne de 10 km/h, il peut-être conseillé de baisser en moyenne votre dose de 2/3.
Si vous partez pour une longue distance, type marathon, votre médecin peut vous recommandez de ne prendre qu'un dixième de vos doses habituelles. Si vous vous trouvez à moins de 1,2 g/l avant le départ d'une course, vous risquez de tomber en hypoglycémie. Faites également attention au stress car il provoque une hausse naturelle de votre glycémie. Si vous courez le soir, pensez à réduire votre insuline du soir au risque de faire une hypoglycémie la nuit.
Tout cela doit se faire en concertation avec votre endocrinologue
COMMENT RECONNAÎTRE UNE HYPOGLYCÉMIE LIÉE À MA COURSE ?
En course, il faut écouter les messages envoyés par son corps. Tout signe inhabituel, comme la déshydratation, une douleur musculaire, une fatigue soudaine, des paillettes devant les yeux, les jambes lourdes, une douleur à la poitrine, des maux de tête... doit être pris comme un signe potentiel d'hypoglycémie.
QUE FAIRE EN CAS D'HYPOGLYCÉMIE EN COURSE ?
S'arrêter ! Puis se resucrer en favorisant les prises sublinguales. On contourne ainsi le tube digestif et l'assimilation est immédiate à travers la muqueuse sublinguale (richement vascularisée et permettant un passage sanguin très rapide). Prenez par exemple une dosette de confiture et placez-la sous votre langue. Laissez fondre puis prenez ensuite une boisson sucrée à doser en fonction de votre taux de glycémie. Puis reprenez votre course uniquement si vous vous sentez mieux.
ENFIN DE COURSE, J'AI UNE GLYCÉMIE ÉLEVÉE, EST-CE NORMAL ?
Oui. D'une manière générale, il faut être attentif à sa glycémie après l'effort. Il est possible que vous vous sentiez en hypoglycémie alors que votre lecteur affiche un taux élevé. Vous pouvez être simplement en déshydratation, ce qui augmente artificiellement les résultats des lecteurs de glycémie. À noter également, l'effort suscite une sécrétion d'hormones de vigilance (adrénaline par exemple) qui s'avère hyperglycémiante.
PUIS-JE COURIR DE LONGUES DISTANCES ?
De nombreux diabétiques insulinodépendants pratiquent des sports de haut niveau. C'est le cas notamment de l'équipe de cyclistes américaine Novo Nordisk composée de 6 coureurs diabétiques de type 1, Alizée Agier, karatéka multi-médaillée, Nacho Fernandez joueur de football du real madrid, Bobby Clarke célèbre meneur des Broad Street Bullies, une des équipes les plus célèbres de l’histoire du hockey…
Il est donc possible de courir de longues distances mais à l'instar de tout runner, il faut adapter ses courses en fonction de son niveau.
Votre expérience sportive vous permettra peu à peu de connaître vos adaptations personnelles de doses et d'efforts possibles.
L'émergence des lecteurs de glycémie connectés
En pleine course, il est souvent difficile de contrôler sa glycémie puisque cela impose de s'arrêter. Forts de ce constat, certains industriels ont lancé sur le marché des lecteurs de glycémie en continu connectés en Bluetooth. Placés en sous-cutané, ces capteurs qui ressemblent à de petits patchs transmettent directement le taux de glycémie en continu via une application dédiée sur votre téléphone.

A la question : « sport et diabète sont-ils compatibles ? », les pratiquants de course à pieds répondent avec un grand « oui ».

Certains exemples valent parfois mieux que de longs discours. A 45 ans et diabétique de « type1 » depuis l’âge de 6ans, Jérome Trublet (entraîneur dans son club d’athlétisme de Seine-et-Marne, président de l’Union Sport & Diabète (USD) dont la vocation est d’encourager les personnes diabétiques à pratiquer une activité physique régulière) marathonien et diabétique de type 1 est ce qu’on appelle un coureur à pied assidu. Il lui est arrivé de s’entrainer six fois par semaine avec parfois deux séances par jour. Il a déjà couru un marathon en 3h28 (à Paris en 2010). Ses proches ont donc l’habitude de le voir runnings aux pieds mais ce n’est pas le seul accessoire qui fait partie du quotidien de cet infirmier. L’autre, c’est sa pompe à insuline.
Pour réguler leur glycémie, les diabétiques dits « insulino-dépendants » s’injectent de l’insuline, soit via une pompe, soit via des multi-injections et contrôlent au quotidien leur glycémie, au minimum trois à quatre fois par jour. Pour certains, c’est plus : six à sept fois, et même en courant.
Jérôme Trublet clame aujourd’hui haut et fort : « On peut vivre normalement. Le diabète, c’est ma force », mais il a bien conscience que tous les diabétiques ne vivent pas leur maladie de la même manière. Et que certains n’osent pas surmonter certaines barrières.
« On a souvent tendance à surprotéger les diabétiques, notamment les enfants, renchérit le docteur Karim Belaid, médecin du sport et coordonateur d’un réseau diabète dans l’Aisne. Pour empêcher tout risque de situation critique d’hypoglycémie, les parents comme le monde sportif préfèrent ne pas prendre de risques. Mais on a aujourd’hui les connaissances suffisantes pour gérer le diabète en situation de sport ».
Bien sûr, cela ne fait pas sans vigilance. Pendant la pratique sportive, l’organisme brûle des glucides, d’où la nécessité de contrôler le taux de sucre dans le sang avant, pendant et même après l’effort. Objectif : éviter l’hypoglycémie principal risque encouru par un diabétique lors d’une activité sportive. La glycémie « peut baisser très fort, et l’hypo est plus fréquente chez ces patients », explique le Dr Belaid.
Les bénéfices du sport sont multiples. « Pour les diabétiques de type 1, au-delà des bienfaits classiques du sport – qui sont les mêmes que pour l’ensemble de la population – il y a surtout un intérêt au niveau de la motivation : le sport peut augmenter l’envie de se suivre, de se gérer correctement. Et offrir aux patients une meilleure image d’eux-mêmes », explique le Dr Karim Belaid.
Pour les diabétiques de type 2, la sédentarité et le surpoids étant souvent des facteurs favorisants de leur pathologie, les bienfaits de l’activité physique sont encore plus flagrants : amélioration de la circulation sanguine, baisse de la tension artérielle, augmentation du bon cholestérol... « Je participe souvent à des randonnées avec des personnes diabétiques de type 2, confie le Dr Belaid. On mesure leur glycémie avant et après l’effort. Pour un taux à 2g avant, on peut atteindre 1.2 g après une heure et demi de marche, même à une allure très modérée (4,5 km/h). Et ce n’est rien d’autre que l’activité physique qui a provoqué cette baisse de la glycémie ».
Il est intéressant d’insister sur le cercle vertueux que peut déclencher l’activité physique: « Les patients qui se mettent au sport associent souvent une démarche diététique, font attention à leur alimentation et perdent du poids ».
« Bougez ! » Voilà donc le message adressé par l’Union Sports et Diabète. Sans oublier, évidemment, d’insister sur la prévention : « L’activité physique empêche le diabète de type 2 d’apparaître trop tôt », rappelle le Dr Belaid. Le mariage entre sport et diabète est donc d’autant plus efficace qu’il est mis en place chez des personnes jeunes et en bonne santé. Surtout en présence d’antécédents familiaux…
Sources :
. Association Union Sports et diabète
. Armand Tomaszewski, médecin du sport, diabétologue et cardiologue. Ancien médecin à la Fédération française d'athlétisme département marathon et ultra-marathon de 2003 à 2010 https://www.topsante.com/medecine/maladies-chroniques/diabete/diabete-et-running-mode-d-emplio-610039
. https://www.lepape-info.com/sante/diabete-et-course-a-pied-un-mariage-heureux/


Comment parler de son diabète aux enfants ? 3

Comment parler de son diabète aux enfants ?

Aujourd’hui, dans le monde 1 personne sur  11 est  diabétique  dont 4,5 millions de personnes en France.  Toutes les tranches d’âge sont concernées que l’on soit soi-même diabétique ou proche d’un diabétique. Malheureusement, de nombreux enfants vivent  au quotidien avec un proche diabétique et il n’est  pas toujours facile de trouver les mots justes pour leur expliquer ce qu’est le diabète sans les inquiéter mais sans non plus, en minimiser les risques.

1/ Les tout-petits

« Dis-Mamie, pourquoi tu te pique le doigt ?  demande Jules en regardant avec inquiétude sa grand-mère prendre sa glycémie.

Justine, la maman de Jules se mord la lèvre bien embarrassée. Son petit garçon vient de fêter  ses  4 ans  et bien qu’il ne soit plus un bébé,  il est encore bien jeune pour comprendre des mots comme diabète, hypo-glycémie ou insuline.

Grand-mère Yolande fait semblant de ne pas entendre et demande au petit garçon d’aller se laver les mains.

Une scène ordinaire dans une vie ordinaire.

Comme Grand-mère Yolande,  Il peut vous sembler plus simple de faire la sourde-oreille  plutôt que répondre aux questions des tout-petits par désir de les protéger.

Cependant, face aux non-dits, les tout petits risquent de développer de l’anxiété qui peut se manifester par des cauchemars, des caprices, de l’agitation où même de la régression (l’enfant fait pipi au lit alors qu’il était propre).

Alors, comment leur parler ?

  • D’abord choisir le bon moment, où vous serez entièrement disponible.
  • Utiliser des mots simples adaptés à son âge et à son niveau de compréhension (remplacez par exemple le mot glucose par le mot sucre).
  • Il est possible d’expliquer à l’enfant que le corps a besoin de sucre (que l’on trouve dans les aliments) pour fonctionner comme une voiture a besoin d’essence pour rouler,
  • L’organe qui doit réguler cette quantité de sucre ne fonctionne plus ou peu et  la personne doit réfléchir à la place de cet organe qui ne fait plus son travail…Pour savoir si la dose de sucre est bonne , elle doit se piquer le bout du doigt, si le sucre est trop haut, elle se fait une piqure d’insuline et si le sucre est trop bas, elle doit en manger.
  • Montrez-vous rassurante,
  • N’hésitez pas à vous servir de livres pour enfants adaptés à son âge pour vous aider, à de petites vidéos pour enfants sur internet.
  • Posez des limites claires : l’enfant ne doit pas toucher aux médicaments pour jouer.
  • Laissez –leur du temps, chaque enfant est différent et chacun réagira différemment dans une même fratrie.
  • Montrez-vous à l’écoute et surtout expliquez-lui que vous serez toujours là pour répondre à ses questions

 2/ les 6-12 ans

Théo  8 ans se penche sur sa Maman qui s’est endormie sur la banquette. Elle est toute pâle et une fine pellicule de sueur recouvre son front.

«  Maman ? » s’étonne le jeune garçon en lui secouant le bras.

La jeune  femme ouvre les yeux et se redresse  péniblement. Sans un mot, l’enfant  court à la cuisine. Ce n’est pas la première fois que sa mère se retrouve dans cet état de faiblesse  et Théo sait ce qu’il doit faire. Il verse un grand verre de jus d’orange  qu’il apporte dans le salon.

« Merci mon grand »  murmure  la maman  en passant son free Style  sur son bras.

Dans cet exemple, on peut se rendre compte que Théo a reçu des renseignements simples mais pratiques qui lui permet d’affronter dans le plus grand calme l’hypoglycémie de sa maman.

Il est essentiel pour votre sécurité mais également pour la leur,  de leur apporter un maximum d’éléments à leur portée pour qu’ils puissent répondre aux situations d’urgences sans angoisse.

Quelques idées…

    • Lui apprendre à reconnaître les signes de l’hypoglycémie (pâleur, sueur, tremblements, fatigue, somnolence, vertiges, troubles de la parole, perte de connaissance…)
    • Lui expliquer la conduite à tenir en cas d’hypoglycémie :
    • Donner du sucre à la personne
    • S’il s’agit d’une pompe sous-cutanée, lui expliquer qu’il est possible d’arracher la pompe ou de déconnecter le cathéter si la personne est inconsciente.
    • Lui montrer où se trouve le Glucagon et lui apprendre à l’injecter.
    • Mettre à la portée de l’enfant les numéros à appeler en cas d’urgence.
    • Apprenez-lui l’adresse de la maison
    • Pensez à lui montrer comment fonctionne votre téléphone fixe ou portable.
    • N’hésitez pas à mettre en scène sous forme de jeu les différentes situations d’urgence

En conclusion, il est donc important de communiquer avec  les  enfants sur  la maladie et sa prise en charge  afin de dédramatiser le vécu de la situation.  Il ne faut pas hésiter à répondre à leurs questions s’ils en ont sans pour autant les surcharger d’information. Il faut également ne pas hésiter à leur apprendre les gestes d’urgence sous forme de jeu pour qu’ils soient moins angoissés si la situation se présente un jour.


LES DIFFÉRENTS TYPES DE DIABÈTE 4

LES DIFFÉRENTS TYPES DE DIABÈTE

mis en ligne par le Dr Céline Eid d’après la publication de l’OMS sur la Classification des diabètes sucrés (2019) et d’après la communication du Pr José TIMSIT aux Journées Guéritée (novembre 2019)

Le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit pas assez d'insuline ou lorsque l'organisme n'est pas capable d'utiliser efficacement l'insuline qu'il produit. Il en résulte une augmentation du taux de glucose dans le sang ou hyperglycémie.

Le diabète est défini par :
- une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/L (7 mmol/L)
- ou une glycémie 2 heures après charge orale en glucose supérieure ou égale à 2 g/L (11,1 mmol/L)
- ou une glycémie supérieure à 2 g/l à n’importe quel moment de journée en présence de symptômes d’hyperglycémie

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a révisé en juin 2019 la classification des diabètes, distinguant ainsi les formes « hybrides » et les formes « non classées » qui n’existaient pas dans la précédente classification de 1999.

On distingue ainsi les types de diabètes suivants :

DIABÈTE DE TYPE 1

Le diabète de type 1, qui concerne 5 à 10 % des patients diabétiques, est défini par un déficit quasi-complet de la sécrétion en insuline (= insulinopénie) lié à une destruction des cellules bêta pancréatiques médiée, la plupart du temps, par le système immunitaire. Il se caractérise par la présence de marqueurs d’auto-immunité anti- cellules bêta (anticorps anti GAD, anti insuline, anti IA-2, anti ZnT8 dosables dans le sang).

Classiquement, le diabète de type 1 se révèle chez un enfant ou adulte jeune, mince, et se manifeste par la survenue d’une diurèse abondante, liée à l’hyperglycémie, associée à une soif excessive avec augmentation des apports liquidiens ; c’est le syndrome polyuro-polydipsique. Il s’y associe un amaigrissement voire une acido-cétose diabétique en rapport avec une carence profonde de la sécrétion en insuline.

En pratique, tous les tableaux cliniques peuvent être révélateurs d’un diabète de type 1, de l’acido-cétose sévère au simple dépistage d’une hyperglycémie modérée en passant par le diabète diagnostiqué au cours de la grossesse.

DIABÈTE DE TYPE 2

Le diabète de type 2, dont l’incidence est en augmentation, représente 90 % des cas de diabètes. Il résulte d’anomalies quantitatives et qualitatives de la sécrétion en insuline qui devient insuffisante pour compenser une insulinorésistance. Il est favorisé par des facteurs environnementaux et génétiques ; il s’agit d’un diabète polygénique, c’est-à-dire que plusieurs gènes sont impliqués. Il est souvent la conséquence d'un surpoids ou d’une obésité associés à une activité physique insuffisante.

LES FORMES HYBRIDES DE DIABETE

1) Le diabète auto-immun de développement lent

appelé anciennement LADA pour « Latent Autoimmune Diabetes in Adults » ou Diabète de type 1 lent.
Il se distingue du diabète de type 1 « classique » par une progression plus lente vers la destruction des cellules bêta pancréatiques. Son mode de révélation diffère de la carence insulinique aiguë et peut laisser croire à un diabète de type 2 mais, contrairement à celui-ci, il évolue plus rapidement vers un traitement insulinique et est associé à la présence de marqueurs d’auto-immunité.

2) Diabète de type 2 cétosique

Il se caractérise par des épisodes de cétose chez un patient présentant des symptômes d’hyperglycémie et de carence insulinique, mais, contrairement au diabète de type 1, le système immunitaire n’est pas impliqué. L’évolution ultérieure est semblable à celle du diabète de type 2, les patients pouvant se passer d’insuline une fois la phase aiguë jugulée.
Cette forme de diabète est majoritairement observée dans les populations africaines sub-sahariennes et afro-américaines (diabète africain).

LES AUTRES TYPES DE DIABÈTE

1) Les diabètes monogéniques

Les diabètes monogéniques ont été initialement décrits, sous le terme de MODY (Maturity-Onset Diabetes of the Young), comme une forme de diabète non cétosique, non insulino-dépendant, survenant avant l’âge de 25 ans et de transmission autosomique dominante, touchant plusieurs générations successives, suggérant l’anomalie moléculaire d’un gène unique. Les diabètes monogéniques peuvent se révéler en période néo-natale ou dans la petite enfance mais peuvent également être diagnostiqués à l’adolescence ou l’âge adulte. Le diabète peut s’associer à d’autres symptômes dans le cadre de formes syndromiques.
Chez l’enfant et l’adulte, des études de population ont montré que les diabètes monogéniques concernaient au moins 1 à 2 % de l’ensemble des diabètes.

2) Autres causes de diabète

- Les atteintes pancréatiques telles qu’un traumatisme, une chirurgie, une tumeur, une inflammation aiguë ou chronique du pancréas (pancréatite)…

- Les désordres endocriniens avec sécrétion excessive d’hormones antagonistes de l’insuline (hyperthyroïdie, hypercorticisme, acromégalie, phéochromocytome, glucagonome…)

- Les causes iatrogènes : médicaments ou substances chimiques qui altèrent la sécrétion ou l’action de l’insuline (cortisone par exemple) ou qui détruisent les cellules bêta pancréatiques

- Certaines infections virales associées à une destruction des cellules bêta

- Les formes spécifiques de diabète associées à des pathologies immunitaires rares

- Les autres anomalies chromosomiques ou génétiques associées au diabète (trisomie 21…)

LES FORMES NON CLASSÉES

Cette catégorie ne doit être utilisée que temporairement lorsqu’il n’est pas possible de classer le diabète notamment au moment du diagnostic.

HYPERGLYCÉMIE DIAGNOSTIQUÉE DURANT LA GROSSESSE

1) Diabète gestationnel

Le diabète gestationnel se caractérise par la survenue, au cours de la grossesse, d’une hyperglycémie au-dessus des valeurs normales de grossesse mais à des valeurs inférieures à celles conduisant à poser le diagnostic de diabète de type 1 ou de type 2.

Il est défini par les critères OMS de 2013, c’est à dire par :
- une glycémie à jeun supérieure ou égale à 0,92 g/L (mais inférieure à 1,26 g/L)
- ou une glycémie une heure après une charge orale de 75 g de glucose supérieure ou égale à 1,80 g/L
- ou une glycémie deux heures après charge orale en glucose supérieure ou égale à 1,53 g/L.

Le diabète gestationnel est généralement diagnostiqué sur le dépistage des femmes à risque et nécessite une prise en charge adaptée en raison du risque accru de complications materno-fœtales et néonatales en cas d’hyperglycémie.

2) Diabètes diagnostiqués au cours de la grossesse

Si la glycémie à jeun est d’emblée supérieure à 1,26 g/L ou si la glycémie 2 heures après charge orale de glucose dépasse les 2 g/L, il s’agit en général d’un diabète de type 1 ou de type 2 méconnu ou se révélant en cours de grossesse.

EN CONCLUSION

Le diabète de type 2 et le diabète de type 1 représentent plus de 90 % des cas de diabète mais les formes sont hétérogènes et l’on peut parfois méconnaître un diabète d’un « autre type ». Aussi, un diagnostic étiologique précis a des conséquences pratiques sur la prise en charge, le suivi et le traitement du patient lui-même mais également de sa famille dans certaines situations.


Être diabétique à l’heure de la modernité… 5

Être diabétique à l’heure de la modernité…

Ces dernières décennies, de nombreuses avancées thérapeutiques ont marqué la diabétologie avec notamment l’avènement d’outils de mesure comme les capteurs de glycémie mais aussi de traitements tels que les pompes à insuline, de plus en plus modernes. Au-delà de l’aspect pratique dans la gestion du diabète au quotidien et de l’amélioration significative attendue dans l’équilibre glycémique, ces outils sont autant d’objets reliés au corps et à l’esprit du malade. Souvent accueillis comme une aide précieuse, symboles d’efficacité et de fiabilité, ils peuvent aussi susciter le doute face à trop de technicité, voire générer de l’angoisse en réveillant le traumatisme d’une maladie difficile à accepter. Comment expliquer cette contradiction ? Quels sont les enjeux de cette étape thérapeutique dans la prise en charge du patient diabétique ?

Devenir diabétique signifie, pour le sujet, cheminer à travers des étapes de l’ordre du deuil. D’abord sidéré par l’annonce du diagnostic, il se heurte à ses propres représentations de la maladie en général et du diabète en particulier : tantôt redouté, tantôt ignoré. Selon les ressources et la prise en charge dont il dispose, le patient avance ensuite dans la compréhension du fonctionnement, du traitement et des enjeux de la maladie chronique. A ce parcours initiatique se mêlent des mouvements émotionnels perturbants et contradictoires (tristesse, peur, colère, motivation, espoir…). Plus l’accompagnement est adapté et complet, mieux le diabétique parvient à faire le tri entre ses propres croyances chargées d’émotions et la construction d’un savoir et d’une expérience qui deviennent eux-mêmes un savoir-être diabétique. Mais cela ne suffit pas forcément à équilibrer le diabète et c’est là que peut se poser la question de nouveaux outils.

Il n’est pas rare que cette mise en place fragilise le patient diabétique. Tout est une question d’équilibre et de repères lentement acquis. Le patient s’est organisé, structuré (horaires, hygiène de vie, contrôles, modalités de prise du traitement ou de correction de la glycémie) ou au contraire il sort d’une période de rupture thérapeutique, dans le flou et la perte de repères. Le nouvel outil thérapeutique vient modifier cette organisation. Cela peut générer une certaine anxiété, la peur de perdre le contrôle et de déséquilibrer son diabète. Dans cette difficulté à lâcher-prise, la dimension de contrôle est omniprésente, ainsi que la culpabilité et le manque de confiance en soi. L’arrivée d’un outil plus moderne peut être vue comme le résultat d’un échec « je ne suis pas capable seul », « j’ai commis des erreurs »… Elle réveille parfois un sentiment d’injustice et un vécu punitif que certains ont éprouvé à l’annonce du diagnostic.

 

En parallèle, le sujet diabétique se trouve au défi d’apprivoiser la machine. Malgré le temps consacré par les soignants à l’éducation et l’accompagnement proposé (hospitalier, IDE en libéral, prestataires) un temps de sidération peut ralentir la compréhension du fonctionnement de l’appareil. Il peut être délicat de faire confiance à la machine, par peur des conséquences glycémiques. Le patient en manipulant la machine, peut avoir le sentiment de « jouer » avec sa santé. Enfin la barrière générationnelle pour des patients plus âgés. Il faut préciser aussi qu’au-delà de la pédagogie, c’est par la pratique dans son quotidien que le patient va vraiment expérimenter cette nouveauté. Bien conscient de cet enjeu, c’est avec appréhension et une certaine solitude qu’il peut s’y projeter. « Et si je n’y arrivais pas ? Et si la machine tombait en panne ? Et si elle se trompait ? »

Enfin la machine peut être déshumanisante. Un corps étranger collé voire branché à la peau, qui émet des sons à portée anxiogène… C’est un assistant dans la gestion du diabète mais c’est aussi ce qui le rend visible ! Comment faire avec cet objet à la fois traitement et symptôme ? Certains patients ont du mal à négocier avec cette question du visible. C’est encore une fois la question de l’identité qui se pose : « suis-je malade au point que cela se voie ? Puis-je échapper à cette réalité ou me suivra-t-elle dans tous les instants de ma vie et de mon intimité ? » La visibilité du diabète questionne le sujet dans toutes les sphères de sa vie : professionnelle, affective et sociale. Que dire de sa maladie chronique et comment en parler ? Qu’est-ce que cela pourrait changer ?

 

Comme dans toute maladie chronique, l’acceptation est en enjeu permanent et il semble que rien ne soit jamais vraiment acquis. Chaque étape de la maladie, même thérapeutique, renvoie le sujet à la façon dont il peut l’intégrer dans son identité et sa dynamique de vie, ainsi même à ses ressources et à ses failles. L’alliance thérapeutique n’impose pas, elle propose. Dans la confiance du lien, dans la connaissance mutuelle, des outils modernes peuvent trouver leur place si le patient se sent la liberté de les appréhender avant de pouvoir les apprivoiser. Laisser au patient le temps et la place d’exprimer ses doutes, parfois même ses angoisses et son rejet, c’est revenir avec lui sur l’essence même de la chronicité : contraignante, omniprésente et aliénante.

Lorsque le patient se sent entendu et respecté dans ce qui fait obstacle, il est souvent plus facile de se projeter ensemble dans ce qui est réalisable. Cela peut être une façon d’ouvrir un espace pour l’affirmation de soi à travers la découverte puis l’appropriation de l’appareil, au rythme qui sera le sien. Envisager une période d’essai et rappeler que le refus reste sa liberté, c’est éviter qu’une relation de contrainte ne s’installe et ne vienne affaiblir le lien thérapeutique, favorisant un éloignement et des prises de risque. Il s’agit avant tout de chercher un compromis essentiel entre les contraintes de la maladie et le confort d’un équilibre glycémique qui permette de vivre. Comme disait Claude Lévi Strauss « Chaque progrès donne un nouvel espoir, suspendu à la solution d’une nouvelle difficulté. »

 


Diabètes et Traitements anticancereux 6

Diabètes et Traitements anticancereux

Par le docteur Bénichou

Au cours de ces dernières années, l’immunothérapie est devenue un traitement de choix pour la prise en charge d’un certain nombre de cancers dont par exemple les mélanomes.

Ces immunothérapies peuvent provoquer des effets indésirables touchant surtout la peau, le tube digestif mais aussi le système endocrinien. Les effets endocriniens les plus fréquents concernent l’hypophyse et la thyroïde. Mais des cas de diabète insulinodépendant ont également été rapportés. Ces diabètes dits insulinopéniques c'est à dire due à une carence en insuline conduisent fréquemment à des acidocétoses voire à des diabètes fulminants. Il s’agit donc d’une atteinte rare mais aux conséquences potentiellement graves compte tenu du caractère brutal de la maladie.

Pourquoi ?

 

Il s’agit probablement d’une toxicité directe de l’immunothérapie au niveau des cellules du pancréas fabriquant l’insuline ( Ilots de Langhérans) appelée insulite.

 

 

Diagnostic ?

On retrouve les symptômes classiques liés à la carence en insuline cad  soif , fatigue, envie d’uriner.

Le diagnostic est confirmé par une prise de sang retrouvant un taux de sucre dans le sang très élevé. Dans les formes les plus sévères qui sont majoritaires (57% des cas dans les études publiées) il existe déjà une décompensation aiguë du diabète à savoir une acidocétose .

Le diabète est diagnostiqué dans un délai médian de 5 mois après le début du traitement par immunothérapie.

Il est à noter que les autoanticorps (Anticorps anti GAD, anti IA2 , anti ZnT8) sont présents dans environ 50% des cas mais leur dosage avant de demarrer l immunotherapie est inutile car leur présence ne semble pas prédire la survenue d’un diabète.

En revanche il semble y avoir une prédisposition génétique avec une fréquence augmentée du génotype HLA-DR4 présents chez 76% des patients ayant developpé un diabète sous immunotherapie .

Compte tenu du caractère souvent très brutal de ce diabète, il est important d’éduquer le patient à la reconnaissance des symptômes annonciateurs comme besoin de boire ou d’uriner beaucoup, douleur abdominale, vomissements.

Traitement ?

Le traitement se fait par insuline. Le diagnostic du diabète impose la mise en place d’une insulinothérapie mais l immunothérapie pourra être poursuivie. La survenue d’un diabète ne contre indique donc pas la poursuite de l’immunothérapie.  Néammoins, en cas de situation sévère, l’immunothérapie pourra être décalé de quelques jours.

 

Et après ?

Le diabète induit par l’immunothérapie présente un caractère définitif et nécessite donc la poursuite de l’insuline à l’arrêt de l’immunothérapie .

Conclusion

La survenue d’un diabète induit par une immunothérapie anticancéreuse nécessite une prise en charge concertée entre endocrinologue et oncologue

Ce risque rare mais grave nécessite une éducation du patient mais aussi une réactivité de l’oncologue pour une prise en charge rapide et adaptée.

 


QU’EST-CE QUE L’INDEX GLYCÉMIQUE ? 7

QU’EST-CE QUE L’INDEX GLYCÉMIQUE ?

mis en ligne par le Dr EID, d’après un article de Valérie ROSSIGNOL publié dans Diabète et Obésité, n°135, Vol 15, juin 2020

 

Le concept d’index glycémique

On a longtemps cru que la vitesse de passage du glucose dans le sang dépendait de la structure des glucides. Les sucres dits « lents », présentant une structure complexe, tels que l'amidon, étaient supposés être digérés lentement tandis que les sucres dits « rapides », correspondant aux glucides simples, étaient censés élever rapidement la glycémie.

Or cette classification, qui repose uniquement sur la structure biochimique des glucides, ne prend pas en considération l’effet physiologique des aliments sur la glycémie.

En 1981, Jenkins, un chercheur canadien, fait voler en éclats la classification traditionnelle glucides simples / glucides complexes avec un nouveau concept, celui de l'index glycémique.
En 1984, une étude française montre, chez des patients diabétiques de type 2, un profil glycémique identique après la consommation de pain ou de saccharose au petit-déjeuner, pour une même quantité de glucides.

L’index (ou indice) glycémique indique la capacité d’un aliment à élever la glycémie. Il est calculé en mesurant l’effet sur la glycémie de 50 g de glucides contenus dans un aliment par rapport à l’ingestion de 50 g de glucose. Il se mesure sur une échelle graduée de 0 à 100 et s’exprime en pourcentage par rapport à un aliment de référence : le glucose (dont l’index glycémique est de 100).

L’index glycémique est une notion différente de la teneur en glucides des aliments. Ce n’est pas parce qu’un aliment est riche en glucides qu’il a un index glycémique élevé et inversement. Les glucides qui font grimper fortement et rapidement la glycémie ont un index glycémique élevé.

 

Classification des aliments selon l’index glycémique :

- L’index glycémique est dit bas ou faible s’il est inférieur à 55. C’est le cas de la plupart des légumes, de certains fruits frais, des oléagineux, des pâtes complètes...
- Entre 55 et 70, l’index glycémique est dit moyen.
- Au-dessus de 70, l’index glycémique est fort (aliments raffinés, sucreries, sirops mais aussi pomme de terre cuite, pain blanc.)

 

Comment diminuer l’index glycémique d’un repas ?

L’index glycémique est toujours donné fixe mais il varie en fonction de divers paramètres :
- la maturité de l’aliment : plus un fruit est mûr, plus son index glycémique est élevé,
- de sa cuisson : plus l’aliment est cuit, plus son index glycémique est élevé,
- de son intégrité structurelle : plus il est raffiné, plus son index glycémique est élevé.

Le contexte alimentaire agit également sur la réponse glycémique : si l’aliment est consommé seul ou au cours d’un repas, la variation de la glycémie ne sera pas la même.

Ainsi, pour diminuer l’index glycémique d’un repas et agir sur la glycémie post-prandiale, on peut user de diverses stratégies, par exemple :
- Associer des aliments avec des index glycémiques différents en favorisant les aliments à index glycémique bas
- Associer des aliments glucidiques à des aliments non glucidiques (protéines, lipides) dans le cadre de repas équilibrés
- Privilégier la consommation d’aliments riches en fibres à chaque repas : légumes crus ou cuits, céréales complètes, légumes secs…
- Eviter de trop cuire les aliments (privilégier donc les pâtes « al dente » plutôt que les pâtes trop cuites). Les carottes crues ont un index glycémique de 16. Celui-ci s’élève à 47 lorsqu’elles sont cuites.
- Privilégier des aliments peu ou pas transformés.
Les aliments industriels ou ayant subi une transformation ont généralement un index glycémique plus élevé (pain de mie même complet, purée, compote…)

La notion de charge glycémique

Certains aliments ont un fort taux de glucides mais un index glycémique faible et inversement. Alors, que privilégier ? Il est intéressant dans ce contexte de considérer la charge glycémique qui corrèle l'index glycémique d'un aliment à la quantité de glucides présents dans la portion de l'aliment étudié. Elle est obtenue en multipliant l’index glycémique de l’aliment par la quantité de glucides contenue dans la portion ingérée et en divisant le tout par 100. La charge glycémique est faible en dessous de 10 et élevée au-dessus de 20.

En conclusion

La teneur en glucides d’un aliment n’explique pas à elle seule l’ascension de la glycémie post-prandiale qui peut varier selon l’index glycémique de l’aliment pour une même quantité de glucides.
L’index glycémique de chaque aliment peur être modifié selon le mode de préparation et de consommation et peut varier d’un individu à l’autre.
Un nouveau concept s’est récemment inspiré de l’indice glycémique : la charge glycémique, qui, contrairement à l’index glycémique, intègre la quantité de glucides, et apporte ainsi une vision plus précise de l'effet de la ration consommée sur les variations de la glycémie.


Diabète et Grand âge 8

Diabète et Grand âge

En France, la moyenne d’âge des personnes diabétiques est de 65 ans, un quart d’entre elles a plus de 75 ans, la majorité souffrant d’un diabète de type 2.
Le diabète des personnes âgées est donc actuellement un réel problème de santé publique.

A quel âge est-on considéré comme « vieux » ?

Pour un enfant, on est vieux dès 45 ans voir même avant.
Dans certains milieux professionnels, la cinquantaine passée, on est « dépassés », « obsolètes » et parfois même dès 30 ans, en particulier dans le milieu sportif.
Pour l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), on entre dans la catégorie des personnes âgées dès 65 ans, ce qui correspond généralement à l’âge de la retraite.

Et pour les diabétologues ?

Usuellement en médecine une personne est considérée comme âgée à partir de 75 ans. Cependant, il est plus juste de tenir compte en priorité de l’âge physiologique des patients.

Mais qu’est-ce que l’âge physiologique ?

Il reflète l’état physiologique ou fonctionnel exact de l’individu. C’est-à-dire qu’il tient compte des atteintes des principaux systèmes physiologiques (pathologies cardio-vasculaires, cérébrales, métaboliques, neurologiques…) et de l’état de dépendance des personnes.

En fait, il correspond à l’âge réel de notre corps et non à celui basé sur notre date de naissance.
Par exemple, une personne de 80 ans en bonne santé, qui pratique une activité physique régulière peut avoir le cœur d’une personne de 50 ans et inversement.

L’HAS (Haute Autorité de Santé) définie quant à elle trois catégories parmi les plus de 75 ans en fonction de leur état de santé :

- les personnes dites « vigoureuses » : en bon état de santé, indépendantes et bien intégrées socialement,
- les personnes dites « fragiles » : à l’état de santé intermédiaire et à risque de basculer dans la catégorie des malades. Elles sont décrites comme une population vulnérable, avec des limitations fonctionnelles motrices et cognitives et une baisse des capacités d’adaptation
- les personnes dites « malades » : dépendantes, en mauvais état de santé en raison de poly-pathologies chroniques évoluées, parfois génératrices d’handicap et d’isolement social.

Quelles sont les spécificités de la prise en charge du diabète chez les personnes âgées ?

Les personnes âgées dites « vigoureuses » et dont l’espérance de vie est jugée satisfaisante peuvent bénéficier de la même prise en charge que les sujets plus jeunes.
Chez les personnes dites « fragiles « ou « malades », il convient d’adapter la prise en charge dans l’objectif d’améliorer leur qualité de vie et d’éviter la iatrogénie. Cela consiste en priorité à limiter le risque d’hypoglycémie sévère, souvent majoré par des troubles cognitifs, une dénutrition ou une fonction rénale dégradée.

La stratégie de prise en charge se concentre alors sur plusieurs points :

- Lutter contre la dénutrition : il faut préférer aux restrictions alimentaires des règles hygiéno-diététiques simples comme l’adaptation des menus aux goûts de la personne même si cela inclut la consommation de produits sucrés de façon plus fréquente (mais pas systématique). En effet, le goût sucré est souvent celui qui persiste le plus chez les personnes très âgées donc ce sont ces produits pour lesquels ils ont le plus d’appétence.
- Définir des objectifs glycémiques et d'hémoglobine glyquée raisonnables :
        o Pour les personnes âgées dites « fragiles », une cible d’HbA1c inférieure ou égale à 8 % est recommandée.
o Pour les personnes âgées dites « malades », la priorité est d’éviter les complications aiguës liées au diabète (déshydratation, coma hyperosmolaire) et les hypoglycémies ; des glycémies capillaires préprandiales comprises entre 1 et 2 g/l et/ou un taux d’HbA1c inférieur à 9 % sont recommandés.
- Adapter les traitements médicamenteux afin de limiter le risque d’hypoglycémie. Il convient également de prendre en compte la fonction rénale du patient et son état de dénutrition. L’HAS a édité des recommandations pour la stratégie de prise en charge médicamenteuse du patient âgé :
o La metformine et les sulfamides hypoglycémiants doivent être utilisés avec précaution et doivent être arrêtés en cas d’insuffisance  rénale, cardiaque ou hépatique sévère.
o Lorsque les comprimés ne peuvent pas être utilisés, une insulinothérapie est recommandée si nécessaire mais doit être adaptée en fonctions des objectifs glycémiques du patient.
o L’utilisation des analogues du GLP-1 (Victoza, Trulicity, Ozempic) n’est actuellement pas recommandée chez les personnes âgées du fait d’un manque d’étude clinique.
- Dépister et limiter l’aggravation des complications liées au diabète

Dans cette prise en charge, la famille joue un rôle fondamental car elle est non seulement le lien entre le patient et le médecin mais elle en est également le pilier :

 

- Elle connait les goûts du patient pour adapter ses menus
- Elle peut donner l’alerte en cas de déséquilibre glycémique, en cas d’altération de l’état général, de la mauvaise prise des traitements etc….
- Elle participe au bien-être de la personne âgée
- Elle gère parfois le quotidien à la maison : prise des médicaments, soins corporels, etc…

En conclusion, il est important que la famille soit inclue dans la prise en charge par le biais d’information et d’éducation thérapeutique.


Free Style Libre 9

Free Style Libre

Le FreeStyle Libre, c’est quoi ?

Le système d’autosurveillance du glucose FreeStyle Libre est un dispositif de mesure en continu des taux de glucose dans le liquide interstitiel.

En effet, une glycémie classique, dite « capillaire », mesure le taux de sucre dans le sang. Le lecteur FreeStyle Libre, lui, mesure le taux de sucre dans le liquide interstitiel qui est le liquide qui se trouve entre les cellules sous la peau.

Le FreeStyle Libre est composé :

- d’un lecteur qui permet de scanner le capteur et de collecter les résultats.
- d’un capteur jetable, posé à l’arrière du bras, et qui dure 14 jours. Aucune calibration n’est requise.

Et comment ça marche ?

Le FreeStyle Libre est un système flash, c’est-à-dire qu’il permet de mesurer et collecter les données de glucose, en scannant le capteur avec le lecteur.

Ensuite, l’écran d’accueil vous donne 3 informations :
- votre taux de glucose actuel, avec noté HI (pour High = haut en anglais) si votre taux de sucre est supérieur à 5g/L, ou bien LO (pour Low = bas en anglais) si votre taux de sucre est inférieur à 0.40 g/L.
- une flèche de tendance de vos taux de glucose, vous indiquant si votre taux de glucose est stable, en train de monter ou de descendre plus ou moins rapidement
- l’historique de vos 8 dernières heures. Pour cela, il est nécessaire de scanner votre capteur au minimum toutes les 8 heures afin de ne pas perdre de données. Pensez donc à vous scanner juste avant d’aller vous coucher.

A noter qu’il existe un décalage physiologique d’environ 5 à 10 minutes entre le taux de sucre donné par la glycémie capillaire, et celui donné par le lecteur FreeStyle Libre. Cela correspond au temps de transfert du sucre du sang vers le liquide interstitiel.

Ainsi, devant toute hypo- ou hyperglycémie constatée avec le FreeStyle Libre, il est impératif de réaliser une glycémie capillaire afin de se resucrer ou, au contraire, de rechercher une acétonémie et ainsi réaliser une injection d’insuline si nécessaire.

Pour cela, le lecteur FreeStyle Libre comporte un lecteur de glycémie et d’acétonémie intégré, qui fonctionne avec des bandelettes (bleues pour le glucose et violettes pour l’acétone) comme un lecteur de glycémie classique.

Ai-je le droit au FreeStyle Libre ?

Le lecteur FreeStyle Libre est indiqué chez les enfants de plus de 4 ans, les adultes et les femmes enceintes.
Il est pris en charge par la Sécurité Sociale à partir de 3 injections d’insuline par jour ou pour les patients sous pompe sous-cutanée d’insuline.

Comment faire pour l’avoir ?

La prescription initiale est réalisée par votre médecin endocrinologue, qui vous prescrira un lecteur et deux capteurs. C’est ensuite à votre médecin traitant de vous prescrire les capteurs. Puisqu’un capteur a une durée de vie de 14 jours, deux capteurs vous seront prescrits chaque mois. Cependant, puisqu’un mois compte en moyenne 30 à 31 jours, vous avez droit au remboursement de 26 capteurs par an. Sachez quand même que si un capteur vient à présenter un défaut, vous pouvez joindre le service client au 0800 10 11 56. Ils peuvent exceptionnellement vous envoyer un capteur si le vôtre est défectueux.

Le FreeStyle Libre dans la vie quotidienne

N’immergez pas votre capteur à plus de 1 mètre de profondeur, ni pendant plus de 30 minutes, dans l’eau ou autre liquide. Il n’est pas étanche.

Il doit être utilisé à une température allant de 10 à 45 °C. Si le capteur est trop chaud ou trop froid, un message vous indiquera de recommencer le test dans quelques minutes.

Si vous devez prendre l’avion, informez le personnel de sécurité lorsque vous passez les portiques, mais également la compagnie aérienne.

Si vous devez passer une radiographie, un scanner ou un IRM, retirez le capteur que vous portez et appliquez en un nouveau une fois votre rendez-vous terminé. Si vous pouvez l’anticiper, décalez peut-être la pose du capteur afin de ne pas le jeter précocement, et remplacez par la glycémie capillaire en attendant.

Sachez que votre lecteur peut scanner par-dessus 4 cm de vêtements. Inutile donc de remonter vos manches et de retirer votre gilet.

Enfin, il est possible de personnaliser votre lecteur, et même vos capteurs, à l’aide d’autocollants que vous retrouverez sur le site internet www.FreeStyleDiabete.fr

Les solutions connectées (librelink, libre linkup pour le partage, libreview pour l’ordi)

- Système LibreView

Il permet d’exporter toutes les données de votre lecteur et de les partager avec votre médecin endocrinologue. Ainsi, les données telles que l’estimation de l’hémoglobine glyquée, votre taux de glucose moyen, vos événements hypoglycémiques ou encore le temps passé dans la plage cible de glycémie définie par votre médecin pourront être analysées et interprétées.

Ainsi, vous pouvez ajouter et enregistrer des commentaires sur votre lecteur.

Pour cela, il vous suffit :
1- D’appuyer sur l’icône en forme de crayon en haut à droite de l’écran
2- De sélectionner la case qui correspond à la remarque que vous voulez ajouter
3- De rajouter des informations plus spécifiques en appuyant sur le +, comme par exemple le nombre d’unités d’insuline administrées
4- De valider en appuyant sur OK.

- Application FreeStyle LibreLink

Elle est compatible avec les smartphones iPhone (à partir de l’iPhone 7) et Androïd. Elle permet de remplacer votre lecteur FreeStyle Libre. Cependant, vous pouvez aussi scanner votre capteur en utilisant soit FreeStyle LibreLink, soit le lecteur FreeStyle Libre, soit les deux.

Dans le cas où vous souhaitez utiliser le lecteur et l’application, il faut :
1- Scanner d’abord votre nouveau capteur avec votre lecteur
2- Puis scanner ce même capteur avec votre application.

Attention ! Si vous ne réalisez pas le premier scan avec le lecteur, vous ne pourrez plus scanner ce même capteur avec le lecteur durant les 14 jours de durée de vie du capteur.

- Application LibreLinkUp

Celle-ci vous permet de partager à distance vos résultats de taux de glucose ou celui de vos proches (votre enfant par exemple). Elle est également compatible avec les smartphones iPhone et Android.

 

Mise à jour du lecteur FreeStyle Libre et de l’application FreeStyle LibreLink

- Si vous utilisez uniquement le lecteur FreeStyle Libre :

Il est indispensable que vous mettiez à jour votre lecteur FreeStyle Libre lorsque le capteur que vous portez est terminé (14ème jour), et AVANT d’en appliquer un nouveau. Sinon, vous ne pourrez plus scanner celui-ci.

- Si vous utilisez l’application FreeStyle LibreLink :

Vous pouvez mettre à jour l’application et continuer à scanner le capteur que vous portez. Cependant, si vous utilisez à la fois le lecteur ET l’application, les taux de glucose affichés peuvent être différents si les 2 ne sont pas mis à jour.

En pratique, il suffit de :
- Vous connecter sur le site internet www.FreeStyleDiabete.fr quand vous avez terminé votre capteur
- Connecter votre lecteur à votre ordinateur (Mac sous OS X Sierra ou supérieur OU PC sous Windows 7 SP1 ou supérieur) à l’aide du câble USB jaune disponible dans la boite de votre lecteur, ou avec un autre câble USB compatible
- Télécharger le logiciel nécessaire à la mise à jour de votre lecteur
- Suivre les instructions affichées.

A ce jour, il n’est pas possible de mettre à jour votre lecteur FreeStyle Libre à partir d’une tablette ou d’un smartphone.


Lipodystrophie et diabète Prévention et prise en charge 10

Lipodystrophie et diabète Prévention et prise en charge

Article mis en ligne par le Dr Benichou

Une lipodystrophie c’est quoi ?

Une lipohypertrophie est une anomalie du tissu graisseux sous-cutané qui se traduit par des tuméfactions apparaissant au fil des années aux sites d’injection de l’insuline. Elle est la conséquence de l’effet combiné de l’insuline qui est un facteur de croissance et des traumatismes dus aux injections répétées au même endroit.

Quelles en sont les conséquences ?

Au-delà de leur aspect parfois disgracieux, l’injection de l’insuline dans ces lipodystrophies peut entraîner une résorption imprévisible de l’insuline et conduire à une instabilité  glycémique avec alternance d’hyper et d’hypoglycémies.

Ainsi, un retard de résorption de l’insuline peut donner lieu à un épisode hyperglycémique. Le patient va alors adapter ses doses en les augmentant pour répondre à cette montée de glycémie. Mais s’il injecte cette nouvelle dose dans une zone de tissu sous cutané sain la résorption d’insuline sera alors complète et pourra être à l’origine d’une hypoglycémie car la dose injectée sera trop importante.

Comment les détecter ?

La recherche de lipodystrophies doit être réalisée au moins 1 fois/an par un professionnel de santé.

Elle consiste en une évaluation visuelle associée à une palpation des sites d’injection. Mais il est également important que le patient apprenne à inspecter lui-même ses sites d’injection et ce de manière régulière.

 

 

 

Comment les prévenir ?

Pour prévenir les lipodystrophies il existe 3 mesures simples

  • Réaliser une rotation optimale des sites d’injection

Une bonne technique d’injection inclut un schéma de rotation personnalisé sur les 4 sites possibles

    • L’abdomen
    • Les cuisses
    • Les fesses
    • Les bras

La rotation des sites d’injection peut être réalisée en divisant les sites d’injection en plusieurs zones à utiliser sur une semaine et en changeant toutes les semaines. Au sein de chaque zone, les injections les injections devront être espacées d’environ la largeur d’un doigt. Ainsi chaque point d’injection ne sera pas utilisé plus souvent qu’une fois toutes les 4 semaines.

  • Utiliser la bonne longueur d’aiguille

La longueur des aiguilles est à prendre en compte pour favoriser une rotation optimale. Il est actuellement recommandé pour tous les patients d’utiliser des aiguilles courtes (4 mm) pour permettre d’injecter dans des zones plus larges,  pour permettre d’utiliser differents sites d’injection tout en minimisant les risques d’injection intramusculaire. Cela permet donc de diminuer la fréquence des injections sur un même site et de reduire le risque de developper des lipodystrophies.

  • Ne pas réutiliser les aiguilles

En France près  d’un patient sur 4 réutilise ses aiguilles, le plus souvent par facilité.

Ils n’ont généralement pas conscience des conséquences engendrées par leur réutilisation. En effet, cette réutilisation abime et fragilise l’aiguille et cela a des impacts multiples. L’aiguille n’est plus stérile, elle a davantage de risque de se tordre ou de se casser ; le silicone est en partie enlevé, le biseau se déforme ce qui provoque une augmentation du risque de microtraumatismes de la peau et  donc une augmentation du risque de provoquer des lipodystrophies.

Il est donc important de sensibiliser les patients à l’importance de ne pas réutiliser les aiguilles afin de limiter le risque de douleur à l’injection et de limiter le développement des lipodystrophies

Une fois installées, comment les prendre en charge ?

  • Cessez les injections dans les lipodystrophies et repérer des zones saines ou injecter

Pour limiter les traumatismes d’une part et assurer une résorption plus régulière de l’insuline d’autre part, il est fondamental que le patient n’injecte plus son insuline dans les lipodystrophies. Le rôle des professionnels de santé sera de l’aider à identifier les zones saines ou il peut injecter afin de laisser au repos la zone des lipodystrophies jusqu’à disparition complète de celles-ci ce qui peut prendre des semaines ou même des mois.

  • Adapter les doses d’insuline

Si le patient injectait dans une lipodystrophie et qu il cesse les injections dans cette zone, il sera nécessaire d’adapter les doses d’insuline. En effet le transfert d’une injection d’une zone lipodystrophique à une zone saine nécessite le plus souvent une réduction des does d’insuline. Cette réduction varie d’un patient à l’autre  mais est souvent >20% de la dose initiale. Sur ce point le médecin a un rôle fondamental à jouer afin d’éviter tout risque d’hypoglycémie.

 

 

 

Les lipodystrophies  sont des complications fréquentes d’une technique d’injection inadéquate avec des conséquences négatives sur l’équilibre glycémique du patient.

Il existe des mesures simples pour prévenir le risque de lipodystrophie a savoir réaliser une rotation optimale des sites d’injection, utiliser la bonne longueur d’aiguille (4mm pour tous les patients) et ne pas réutiliser les aiguilles.

Une fois les lipodystrophies installées, il est important de ne plus injecter dans ces lipodystrophies jusqu’à disparation complète de celles-ci et de rechercher des zones saines d’injection avec adaptation des doses d’insuline pour éviter le risque d’hypoglycémie.