Introduction Inertie thérapeutique et résistance à l’insuline 1

L’inertie thérapeutique correspond à l’absence d’intensification voir d’optimisation des traitements chez les diabétiques de type 2. Elle prolonge la durée d’exposition de ces patients à l’hyperglycémie de ce fait, elle les expose un peu plus aux complications associées à leur diabète. Environ 50 % des patients diabétiques de type 2 traités n’atteignent pas l’objectif glycémique fixé. L’inertie thérapeutique est alors une barrière importante à l’obtention du contrôle glycémique souhaité. Avec l’obésité en particulier abdominale et la résistance à l’insuline qui en découle, elle contribue à l’échec de la prise en charge optimale des patients diabétique de type 2.

Un fréquent retard à l’intensification

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Sur la population de diabétiques de type 2 traités, seuls 30% bénéficient d’une intensification de leur traitement. Le démarrage à modifier le traitement des patients se fait au bout d’un délai moyen de 3 ans et demi. Cette lenteur s’explique par de nombreuses raisons qui vont de la crainte des effets secondaires des médicaments en particulier les sulfamides hypoglycémiant et l’insuline, à la réduction de la qualité de vie en passant par la peur des hypoglycémies, de la prise de poids, la complexité des schémas de traitements qui va conditionner l’adhésion des patients à l’observance de leurs traitements.

L’obésité un facteur d’aggravation de la résistance à l’insuline

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Dans le diabète de type 2, la relation entre la résistance à l’insuline et le poids a été mis en évidence. En effet, plus le poids de l’IMC (l’indice de masse corporelle) et le tour de taille augmente, plus l’indice de résistance à l’insuline augmente et plus l’efficacité des médicaments contre le diabète diminue en particulier l’efficacité de l’insuline. Ces observations montrent l’importance de détecter la résistance à l’insuline chez les patients diabétique de type 2 et de lutter contre la prise de poids.

Comment lutter contre la résistance à l’insuline

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En cas de déséquilibre glycémique persistant chez les patients diabétiques de type 2, le choix des modifications du traitement sera orienté en fonction du profil du patient. L’obésité qui est présente chez la majorité des patients diabétiques de type 2 est un paramètre majeur à prendre en compte. Chez ces patients, avant de passer à un traitement par insuline, l’approche qui permet de combiner les médicaments qui restaurent la sensibilité à l’insuline semble judicieux et sous-tendu par la logique de l’installation de la maladie (Metformine, glitazones non commercialisés en France, analogue du GLP1…) puis vont suivre les médicaments qui permettent la sécrétion d’insuline (sulfamides hypoglycémiants). L’insuline sera la solution uniquement en cas d’échec.

Article mis en ligne par le Dr Nelly MORTINIERA, tiré de la revue Diabétologie Pratique N° 79 publié en février 2021 par C. FERRAT.