Le diabète et les situations d'urgence

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L’hypoglycémie, c’est quoi ?

On parle d’hypoglycémie lorsque la quantité de sucre dans le sang est trop basse.
Elle est qualifiée de modérée lorsque le taux de sucre dans le sang (glycémie) est compris entre 0.60 et 0.80 g/L et de sévère lorsque la glycémie est strictement inférieure à 0.60g/L.

Comment je me rends compte que je suis en hypoglycémie ?

Lorsque vous êtes en hypoglycémie, vous pouvez ressentir les symptômes suivants :

  • Sueurs
  • Tremblements
  • Faim brutale et intense
  • Fatigue soudaine
  • Sensation de vertiges
  • Sentiment de mal être
  • Palpitations
  • Céphalées (maux de tête)
  • Nausées
  • Troubles de la vision

Généralement, tous ces signes ne sont pas ressentis au cours d’un même épisode d’hypoglycémie. De plus, un patient donné ressent quasiment les mêmes symptômes à chaque épisode d’hypoglycémie ; ce qui lui permet de s’en rendre compte très rapidement.

Les causes de l’hypoglycémie peuvent être multifactorielles. Parmi les plus fréquentes, on retrouve :

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  • Un repas non pris, pris trop tardivement ou insuffisamment riche en glucides
  • Un traitement antidiabétique inadapté : surdosage en insuline ou en sulfamides hypoglycémiants par exemple
  • Un exercice physique imprévu
  • Un excès d’alcool
  • La prise de certains médicaments autre qu’antidiabétiques : aspirine, bêta bloquants, anticoagulants, antidépresseurs …
  • Les lipodystrophies qui, en se désagrégeant, peuvent libérer de l’insuline.
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Je suis en hypoglycémie. Et alors, je fais quoi ?

L’hypoglycémie correspondant à un taux de sucre dans le sang insuffisant, la conduite à tenir est donc d’apporter une quantité de sucre suffisante pour normaliser la glycémie.
Ainsi, la quantité de sucre qu’il va falloir apporter dans l’organisme va être fonction du degré de sévérité de l’hypoglycémie.
Pour cela, dès que les signes d’hypoglycémie vus précédemment apparaissent, il est absolument nécessaire de se mettre au repos et de contrôler sa glycémie

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Se pose alors cette première question : le patient est-il en hypoglycémie modérée ou sévère ?

Lorsque l’hypoglycémie est modérée, le resucrage doit être réalisé avec 7 g de sucres rapides ce qui équivaut par exemple à :

  •  morceaux de sucre n°4 ou
  • ½ verre de jus de fruit sucré ou de soda non allégé ou
  • 1 cuillère à café de confiture ou de miel ou
  • ½ pâte de fruit
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Il n’est pas conseillé de se resucrer avec du chocolat car les graisses qu’il contient vont retarder l’arrivée du sucre dans le sang.
Lorsque l’hypoglycémie est sévère, le resucrage doit être réalisé avec 15 g de sucres rapides ce qui équivaut par exemple à :

  • 3 morceaux de sucre n°4 ou
  • 1 verre de jus de fruit sucré ou de soda non allégé ou
  • 2 cuillère à café de confiture ou de miel ou
  • 1 pâte de fruit ou
  • 3 bonbons ou
  • 1 berlingot de lait concentré (30 g)
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Néanmoins, il est important de savoir que les sucres rapides permettent de faire monter rapidement la glycémie (au bout de quelques minutes) mais leur effet ne dure pas dans le temps, d’où le nom de sucres rapides.

C’est pour cela que le patient doit ensuite se poser cette deuxième question : le prochain repas est-il proche ou lointain ?

Ainsi, à distance d’un repas, il faut ajouter 15 g de sucres lents EN COMPLEMENT des 7 ou 15 g de sucres rapides, ce qui équivaut par exemple à

  • 30 g de pain ou
  • 2 biscottes ou
  • 1 fruit moyen ou
  • 5 madeleines ou
  • 3 sablés ou
  • 2 petits beurre ou
  • 1 croissant de 40 g ou
  • 1 barre de céréale non chocolatée.
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En effet, les sucres rapides auront permis de normaliser la glycémie et les sucres lents permettront de la maintenir jusqu’au prochain repas.

En outre, tout patient à risque d’hypoglycémie doit toujours avoir sur lui au moins trois morceaux de sucres rapides (ou équivalent) et de quoi contrôler sa glycémie.

En résumé

Lorsque le patient ressent le ou les signes d’hypoglycémie :

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A savoir : si le repas est prévu dans les trente minutes et qu’il peut être pris au moment de l’hypoglycémie, ne pas prendre les sucres lents et avancer le repas.

En conclusion

L’hypoglycémie est un risque qui existe chez le patient diabétique.
Elle est souvent très redoutée et constitue le principal effet secondaire des traitements hypoglycémiants.

Lorsqu’elle est occasionnelle, l’hypoglycémie est liée à un facteur déclenchant temporaire comme une dose d’insuline trop importante ou une activité physique imprévue par exemple.

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Toutefois, lorsque les épisodes d’hypoglycémie sont répétitifs, il est nécessaire de consulter son médecin traitant ou son diabétologue afin de réadapter le traitement antidiabétique.

Définition

L’hyperglycémie est définie par une augmentation du taux de sucre au-delà d’une certaine valeur. On définit pour chaque patient une borne inférieure et supérieure entre lesquelles son taux de sucre doit se situer qu’on surnomme « fourchette » ou « objectif » ou « cible » glycémique.

Avec l’avènement des nouvelles technologies, et les nouveaux outils de contrôle de la glycémie en continu, cette cible a été récemment redéfinie sur le plan international par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) entre 0,70 et 1,80 g/L. On considère donc, chez les patients diabétiques, toute glycémie inférieure à 0,70 g/L comme une hypoglycémie, et toute glycémie au-delà de 1,80 g/L comme une hyperglycémie.

Cependant l’objectif glycémique doit être personnalisé et donc adapté à chaque patient selon son âge et ses antécédents médicaux. Il sera donc fixé par le médecin en accord avec le patient.

On parle d’hyperglycémie sévère, en cas de glycémie supérieure à 2,50 g/L. Elle peut être bénigne si elle est ponctuelle et sans symptômes. En revanche elle est considérée comme grave, si elle persiste avec les symptômes suivants : fatigue, soif, langue sèche, urines abondantes, maux de tête..

hyperglycémie

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Quand faut-il s’inquiéter:

Pour autant, faut il s’affoler devant une hyperglycémie ? Toutes les hyperglycémies sont elles une urgence à traiter ? La gravité de l’hyperglycémie dépend de plusieurs critères :

• La durée et le taux :

En cas d’hyperglycémie ponctuelle (quelques heures voire quelques jours), sans signes associés, sur une cause parfois identifiée (oublis de traitement ou dose inadaptée, écarts diététiques, prise de cortisone, stress, maladie, émotion…), et en l’absence de critères de gravités suivants, il n’y a pas d’urgence à traiter cette hyperglycémie. Et ce d’autant que la glycémie se normalise après correction ou résolution de la cause identifiée .

• En cas d’acétonémie :

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Chez les patients traités par insuline, en cas d’hyperglycémie sur carence d’insuline, le sucre étant la principale source d’énergie de nos cellules, celle-ci vont rechercher une autre source d’énergie pour assurer leur fonctionnement. Les graisses sont alors utilisées, et leur produit de dégradation forme l’acétone, libérée dans le sang (acétonémie) puis dans les urines (acétonurie).

A forte concentration, l’acétone peut devenir dangereuse et provoquer une acidification du sang, on parle alors d’acidocétose. Les patients peuvent alors présenter une fatigue, des douleurs abdominales associés à des nausées ou vomissements, une haleine particulière dite « pomme de reinette », et des troubles de la conscience pouvant aller jusqu’au coma.

Il est recommandé chez les patients traités par insuline, en cas d’hyperglycémie supérieure à 2,50 g/L, de ne pas attendre ces symptômes et de contrôler systématiquement leur taux d’acétonurie par bandelette urinaire, ou acétonémie via des lecteurs spécifiques avec bandelettes acétonémie (Freestyle Optium Néo, Optium Xceed, Freestyle libre, Glucofix Menarini..).

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• En cas de déshydratation :

L’hyperglycémie grave et persistante, provoque une sensation de soif et des urines abondantes, allant jusqu’à plusieurs litres par jour, appelé syndrome polyuro-polydipsique. Chez les patients, qui ont une sensation de soif altérée, notamment les personnes âgés, la polyurie n’est pas compensé par l’hydratation. Il existe alors un risque de déshydratation majeure pouvant provoquer des troubles de la conscience, appelé le coma hyperosmolaire. Toute hyperglycémie grave et persistante chez la personne âgée doit faire rechercher une déshydratation et faire l’objet d’une prise en charge rapide et adaptée.

Conduite à tenir :

• En cas d’absence de signe de gravité (acétone ou déshydratation) :

En cas de traitement anti diabétique oraux :
– Il faut contrôler votre glycémie régulièrement
– Identifier une cause ou un facteur déclenchant
– Si l’hyperglycémie persiste, il faut vous rapprocher de votre médecin traitant ou de votre diabétologue pour revoir votre traitement de base
En cas de traitement insulinique :
– Il faut contrôler votre glycémie régulièrement
– S’assurer de l’absence d’acétonurie ou acétonémie
– Réajuster votre dose d’insuline rapide au prochain repas et votre insuline lente si besoin
En cas de traitement par pompe à insuline :
– Il faut contrôler votre glycémie régulièrement
– S’assurer de l’absence d’acétonurie ou acétonémie
– envisager un dysfonctionnement de la pompe ou un problème de cathéter (bouché, désinséré,..)
a- voir à disposition de quoi reprendre les injections
– disposer d’un stock suffisant de matériel pour la pompe (pile, cathéter…)
– Faites un bolus supplémentaire (selon les recommandations du médecin)
– Contrôlez au bout de 2h, si l’hyperglycémie persiste, rechercher de nouveau l’acétone

• En cas d’acétonémie :

Chez les patients traité par insuline, en cas d’hyperglycémie > 2,50 g/L persistante, il faut systématiquement contrôler l’acétonémie, si celle-ci est positive (supérieur à 0.6 mmol/L), il faut :

– Injecter de l’insuline rapide selon le protocole suivant (à préciser par votre diabétologue)
– Contrôler la glycémie et l’acétonémie 2h plus tard
– Réinjecter de l’insuline rapide tant que la glycémie reste supérieure à 2,50 g/L avec acétonémie positive

ACETONE DANS LES URINES ACETONE DANS LE SANG
+

++

+++

 : 1 A 3 UNITES

: 2 A 6 UNITES

: 3 A 9 UNITES

0.6 – 1.5

1.5 – 3

SUPERIEUR A 3

: 3 UNITES

: 5 UNITES

: 10 UNITES

En cas d’acétonémie chez les patients traités par pompe à insuline :
– Retirez la pompe
– Faites une injection d’insuline au stylo (selon les recommandations du médecin)
– Changez la totalité du cathéter
– Replacez la pompe
– Faites au maximum 2 injections (rajouts) à la pompe à 2h. Toujours continuer à s’alimenter quelle que soit la glycémie (sinon, on peut être en hypoglycémie avec toujours de l’acétone et on ne peut plus faire les suppléments)
– S’il n’y a pas d’amélioration après 2 rajouts à la pompe, reprenez les injections sous cutanées au stylo (arrêt de la pompe). Contactez rapidement votre médecin prescripteur ou votre diabétologue.

Antidiabétique oraux :

Dans tout les cas, il n’y pas lieu de s’inquiéter, la durée d’action des antidiabétiques oraux est longue (24 à 48h), vous êtes donc couvert par la dernière prise. Pour éviter tout risque de surdosage, ou d’hypoglycémies, mieux vaut reprendre le lendemain vos traitements à dose habituelle. Au pire, vous constaterez une courte période d’hyperglycémie transitoire qui se corrigera à la reprise des doses habituelles.

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Insuline :

Rapide : Si vous avez oublié votre injection de rapide, attendez le prochain repas et la prochaine dose de rapide à majorer pour corriger l’hyperglycémie. Une injection d’insuline rapide dite de rattrapage, en dehors de toute prise alimentaire, vous expose à l’hypoglycémie.
Lente :
Si oubli constaté le matin : injecter à ce moment 50% de la dose oubliée.
Si oubli constaté à midi : injecter à ce moment 100% de la dose oubliée, et ne pas faire l’injection du soir ce jour là.
Si oubli constaté le lendemain soir : faire l’injection du soir à sa dose habituelle ou majorée de 20% si la glycémie à ce moment n’est pas satisfaisante.