Particularités de la ménopause chez les femmes diabétiques 1
A l’occasion du congrès annuel de l’ADA (American Diabetes Association) qui s’est tenu en virtuel cette année, plusieurs orateurs se sont intéressés aux différentes problématiques de la ménopause chez les patientes diabétiques. Les études et mises au point ont ainsi concerné les axes suivants : effets du diabète sur le vieillissement ovarien, les symptômes vasomoteurs et le risque de diabète, les effets de la ménopause précoce sur le diabète, les effets du diabète sur l’ostéoporose et enfin les effets du traitement de la ménopause.

1) Les effets du diabète sur le vieillissement ovarien

Ils s’expliqueraient par divers mécanismes.
Chez les patientes diabétiques de type 1, la destruction auto-immune des cellules ovariennes rendrait compte de 30 % des ménopauses précoces.
L’insuline a par ailleurs des effets directs sur l’ovaire. Il existe en effet des récepteurs ovariens à l’insuline avec une action sur la croissance des follicules et du volume ovariens expliquant la fréquence du syndrome des ovaires polykystiques chez les patientes diabétiques de type 2, insulino-résistantes. La glucotoxicité liée à l’hyperglycémie chronique participerait également au vieillissement prématuré de l’ovaire.

2) Les symptômes vasomoteurs et le risque de diabète

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Environ 70 % des femmes ménopausées ressentent des symptômes vasomoteurs qui se manifestent principalement par des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes.
Ces symptômes s’expliqueraient non seulement par des variations hormonales mais également par un dysfonctionnement du système nerveux.
Les symptômes vasomoteurs seraient corrélés à l’insulinorésistance et associés plus fréquemment au diabète lorsque ceux-ci sont intenses et précoces, débutant avant la ménopause.
Les troubles vasomoteurs favorisent par ailleurs les troubles du sommeil, eux-mêmes plus fréquents chez les diabétiques que chez les non diabétiques.

3) Effet de la ménopause précoce sur le diabète

L’étude EPIC a montré que la survenue d’une ménopause précoce avant 40 ans était associée à un surrisque de diabète de 32 %. Une autre étude chinoise portant sur 1600 femmes ménopausées avant 45 ans a montré qu’elles avaient 20 % de risque supplémentaire de développer un diabète.
Ainsi il est établi que la survenue d’une ménopause précoce augmente le risque de diabète de type 2.

4) Effets du diabète sur l’ostéoporose

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L’ostéoporose correspond à une fragilisation de l’os due à une perte osseuse excessive, qui peut se compliquer de fractures.
Chez les diabétiques de type 1, le risque de fracture de hanche est multiplié par 5. La masse osseuse diminuerait dès l’âge de 20 ans, les patientes faisant moins de sport à l’adolescence par peur des hypoglycémies.
Dans le type 1 comme dans le type 2, l’os serait plus poreux, expliquant un taux plus élevé de fractures. Les femmes diabétiques ont ainsi 1,85 fois plus de risque de présenter une fracture par rapport aux femmes non diabétiques.

5) Les effets du traitement de la ménopause

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Un traitement hormonal substitutif de la ménopause peut être discuté en cas de troubles climatériques (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes) altérant la qualité de vie, en cas de ménopause précoce avant 40 ans ou pour prévenir l’ostéoporose et les fractures associées. Il associe un estrogène et un progestatif.

Le diabète n’est pas une contre-indication en soi à l’utilisation du traitement hormonal substitutif, mais les contre-indications sont plus fréquentes chez les femmes diabétiques (hypertension artérielle, surpoids, accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, cancer du sein, phlébite ou embolie pulmonaire…)

Une étude américaine portant sur 21 000 femmes avec un suivi de 12 ans a montré que le traitement hormonal substitutif permettait de réduire l’incidence du diabète de type 2 de 20 %, la résistance à l’insuline de 13 % et la glycémie à jeûn de 13 %.

Des taux élevés de l’hormone DHEA seraient associés également à une diminution du diabète de type 2 de 27 %.

En conclusion :

La survenue d’une ménopause précoce et de symptômes vasomoteurs intenses expose donc les femmes à un risque accru de diabète justifiant une vigilance particulière chez ces patientes afin de leur proposer des solutions préventives après évaluation du risque global.