Gestion de l’activité physique avec un traitement par pompe à insuline

Le traitement par pompe à insuline sous-cutanée vise à mimer au plus près la sécrétion physiologique d’insuline. Cette modalité thérapeutique concerne de nombreux patients diabétiques de type 1 et tend à se développer également chez les patients diabétiques de type 2 nécessitant un traitement intensif par insuline.

Activité physique et diabète

Une activité physique régulière et adaptée (2.5heure/semaine) est recommandée chez les personnes diabétiques. En effet, elle a démontré un effet bénéfique sur l’équilibre glycémique, sur la prévention des évènements cardiovasculaires et des complications microangiopathiques, sur le contrôle du poids et sur le bien-être.

Lors de la réalisation d’une activité physique chez une personne diabétique il existe 2 types de risque :

  • Un risque d’hypoglycémie : avec nécessité de diminuer la dose d’insuline injectée. Ces hypoglycémies sont considérées comme un frein à la pratique et entrainent une diminution des performances.
    Elles peuvent survenir aussi bien pendant qu’après l’activité : soit rapidement après, soit dans les 24h suivantes. Il s’agit d’hypoglycémies dites de récupération et sont en lien avec une augmentation de l’insulino-sensibilité. Les hypoglycémies tardives sont d’autant plus fréquentes que l’activité a eu lieu en fin d’après-midi ou dans la soirée.
  • Un risque d’hyperglycémie : moins fréquent, et souvent transitoire. Les hyperglycémies surviennent le plus souvent lors d’une activité intense sur une courte durée du fait d’une sécrétion de catécholamines et d’une augmentation de la sécrétion hépatique de glucose. Elles présentent un risque de déshydratation et d’une diminution de performance.

Réduire ces évènements hypo et hyperglycémiques est donc essentiel pour pratiquer une activité physique en toute sécurité. Le traitement par pompe à insuline sous cutanée, avec une administration continue d’un analogue rapide ou ultra rapide d’insuline, permet un ajustement rapide des doses et offre donc une meilleure gestion de la glycémie au cours de l’activité physique.

Activité physique et traitement par pompe à insuline sous-cutanée

  • Gestion des hypoglycémies et des hyperglycémies DURANT l’activité
    • Anticiper le risque hypoglycémique en visant un objectif de glycémie avant le début de l’activité physique entre 1.2 et 1.8g/l. Pour cela, il peut être nécessaire de réaliser un apport en glucides ainsi qu’une réduction des doses d’insuline.La conduite à tenir sera différente en fonction du moment où a lieu l’activité physique :
      • Pour une activité physique réalisée moins de 3h après le début d’un repas, il faudra diminuer le bolus au moment du repas. La réduction du bolus sera fonction de l’intensité et de la durée de l’activité prévue. (cf tableau 1) Pompe à insuline et activité physique 1
        Tableau 1 : schéma d’adaptation de la dose d’insuline au moment du repas en fonction de la durée et de l’intensité de l’activité physique. Selon article paru dans Diabetes Care en 2001
      • Pour une activité réalisée à distance d’un repas (plus de 3h) il faudra privilégier une diminution du débit de base de la pompe. Dans ce cas, il est conseillé de réduire le débit de base au moins 1 heure avant l’activité, et d’au moins 50%.
    • En cas de survenue d’une hypoglycémie
      Il est conseillé d’interrompre transitoirement l’activité et de se resucrer avec au moins 15g de glucides à index glycémique élevé (sucre, jus de fruit …) avec nouveau contrôle de la glycémie 1/2heure plus tard. Le resucrage corrigera plus rapidement l’hypoglycémie qu’un éventuel arrêt ou une diminution du débit basal du fait de la persistance d’insuline active à l’arrêt de la pompe.
      L’activité devra être interrompue définitivement en cas de glycémie < à 0.54g/l et transitoirement si elle est < 0.7g/l.
    • Rechercher la cause d’une hyperglycémie et la traiter
      • Pompe à insuline et activité physique 2 Hyperglycémie en lien avec une activité physique intense : il n’est pas recommandé de réaliser des bolus de correction mais de l’anticiper en réduisant la prise de glucides et en ne diminuant pas la dose d’insuline avant l’activité.
      • En cas de problèmes techniques et de déconnexion de la pompe (arrachement du cathéter ou déconnexion volontaire) : il existe un risque de cétose au-delà de 2 heures. La durée maximale autorisée de déconnexion de la pompe n’est pas clairement définie.
      • En cas d’hyperglycémie > 3g/l, une recherche d’acétone est conseillée.
        Devant une acétonémie > à 0.5mmol/l il est conseillé d’arrêter ou de ne pas démarrer l’activité physique
  • Gestion des hypoglycémies survenant APRÈS l’activité physique
    Adaptation du débit de base suivant l’activité physique : selon la durée et l’intensité de l’activité.
    Adaptation du bolus au moment du repas suivant l’activité physique : il est conseillé de diminuer également ce bolus, par exemple de 25%.

Au total, la gestion de l’activité physique chez un patient diabétique traité par insulinothérapie intensive est difficile. Celle-ci peut être facilitée par un traitement par pompe à insuline sous-cutanée mais il est important de souligner qu’il est nécessaire de réaliser une approche personnalisée pour chaque patient et chaque type d’activité physique.

Tableau 2 : Facteurs décisionnels à prendre en compte avant de débuter une activité physique

D’après un article des Dr Berné et Pr Duclos, paru dans la revue Diabète & Obésité en juin 2021

 



🩺
 Soutenez Diabète66 pour améliorer ses E-lives !
👉 https://bit.ly/3mM4OcM
A la clé, une opportunité de développer les e-lives et surtout d’aider plus de monde face au diabète.