Mis en ligne par le Dr Amina RADAOUI

Définition

 L’hyperglycémie est définie par une augmentation du taux de sucre au-delà d’une certaine valeur. On définit pour chaque patient une borne inférieure et supérieure entre lesquelles son taux de sucre doit se situer  qu’on surnomme «  fourchette »  ou « objectif » ou « cible » glycémique.

Avec l’avènement des nouvelles technologies, et les nouveaux outils de contrôle de la glycémie en continu, cette cible a été récemment redéfinie sur le plan international par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) entre 0,70 et 1,80 g/L. On considère donc, chez les patients diabétiques, toute glycémie inférieure à 0,70 g/L comme une hypoglycémie, et toute glycémie au-delà de 1,80 g/L comme une hyperglycémie.

Cependant l’objectif glycémique doit être personnalisé et donc adapté à chaque patient selon son âge et ses antécédents médicaux. Il sera donc fixé par le médecin en accord avec le patient.

On parle d’hyperglycémie sévère, en cas de glycémie supérieure à 2,50 g/L. Elle peut être bénigne si elle est ponctuelle et sans symptômes. En revanche elle est considérée comme grave, si elle persiste avec les symptômes suivants : fatigue, soif, langue sèche, urines abondantes, maux de tête..

Que faire en cas d’hyperglycémie ! 1

Quand faut-il s’inquiéter:

Pour autant, faut il s’affoler devant une hyperglycémie ? Toutes les hyperglycémies sont elles une urgence à traiter ? La gravité de l’hyperglycémie dépend de plusieurs critères :

• La durée et le taux :

En cas d’hyperglycémie ponctuelle (quelques heures voire quelques jours), sans signes associés, sur une cause parfois identifiée (oublis de traitement ou dose inadaptée, écarts diététiques, prise de cortisone, stress, maladie, émotion…), et en l’absence de critères de gravités suivants, il n’y a pas d’urgence à traiter cette hyperglycémie. Et ce d’autant que la glycémie se normalise après correction ou résolution de la cause identifiée .

• En cas d’acétonémie :

Que faire en cas d’hyperglycémie ! 2

Chez les patients traités par insuline, en cas d’hyperglycémie sur carence d’insuline, le sucre étant la principale source d’énergie de nos cellules, celle-ci vont rechercher une autre source d’énergie pour assurer leur fonctionnement. Les graisses sont alors utilisées, et leur produit de dégradation forme l’acétone, libérée dans le sang (acétonémie) puis dans les urines (acétonurie). A forte concentration, l’acétone peut devenir dangereuse et provoquer une acidification du sang, on parle alors d’acidocétose. Les patients peuvent alors présenter une fatigue, des douleurs abdominales associés à des nausées ou vomissements, une haleine particulière dite « pomme de reinette », et des troubles de la conscience pouvant aller jusqu’au coma. Il est recommandé chez les patients traités par insuline, en cas d’hyperglycémie supérieure à 2,50 g/L, de ne pas attendre ces symptômes et de contrôler systématiquement leur taux d’acétonurie par bandelette urinaire, ou acétonémie via des lecteurs spécifiques avec bandelettes acétonémie (Freestyle Optium Néo, Optium Xceed, Freestyle libre, Glucofix Menarini..).

Que faire en cas d’hyperglycémie ! 3

• En cas de déshydratation :

L’hyperglycémie grave et persistante, provoque une sensation de soif et des urines abondantes, allant jusqu’à plusieurs litres par jour, appelé syndrome polyuro-polydipsique. Chez les patients, qui ont une sensation de soif altérée, notamment les personnes âgés, la polyurie n’est pas compensé par l’hydratation. Il existe alors un risque de déshydratation majeure pouvant provoquer des troubles de la conscience, appelé le coma hyperosmolaire. Toute hyperglycémie grave et persistante chez la personne âgée doit faire rechercher une déshydratation et faire l’objet d’une prise en charge rapide et adaptée.

Conduite à tenir :

• En cas d’absence de signe de gravité (acétone ou déshydratation) :

  • En cas de traitement anti diabétique oraux :

    •  Il faut contrôler votre glycémie régulièrement
    • Identifier une cause ou un facteur déclenchant
    • Si l’hyperglycémie persiste, il faut vous rapprocher de votre médecin traitant ou de votre diabétologue pour revoir votre traitement de base
  •  En cas de traitement insulinique :

    •  Il faut contrôler votre glycémie régulièrement
    • S’assurer de l’absence d’acétonurie ou acétonémie
    •  Réajuster votre dose d’insuline rapide au prochain repas et votre insuline lente si besoin
  •  En cas de traitement par pompe à insuline :

    • Il faut contrôler votre glycémie régulièrement
    • S’assurer de l’absence d’acétonurie ou acétonémie
    • envisager un dysfonctionnement de la pompe ou un problème de cathéter (bouché, désinséré,..)
      avoir à disposition de quoi reprendre les injections
    • disposer d’un stock suffisant de matériel pour la pompe (pile, cathéter…)
    •  Faites un bolus supplémentaire (selon les recommandations du médecin)
    •  Contrôlez au bout de 2h, si l’hyperglycémie persiste, rechercher de nouveau l’acétone

• En cas d’acétonémie :

Chez les patients traité par insuline, en cas d’hyperglycémie > 2,50 g/L persistante, il faut systématiquement contrôler l’acétonémie, si celle-ci est positive (supérieur à 0.6 mmol/L), il faut :

  • Injecter de l’insuline rapide selon le protocole suivant (à préciser par votre diabétologue)
  • Contrôler la glycémie et l’acétonémie 2h plus tard
  • Réinjecter de l’insuline rapide tant que la glycémie reste supérieure à 2,50 g/L avec acétonémie positive

ACETONE DANS LES URINES

ACETONE DANS LE SANG

+

++

+++

 : 1 A 3 UNITES

: 2 A 6 UNITES

: 3 A 9 UNITES

0.6 – 1.5

1.5 – 3

SUPERIEUR A 3

: 3 UNITES

: 5 UNITES

: 10 UNITES

  • En cas d’acétonémie chez les patients traités par pompe à insuline :
    • Retirez la pompe
    • Faites une injection d’insuline au stylo (selon les recommandations du médecin)
    • Changez la totalité du cathéter
    • Replacez la pompe
    • Faites au maximum 2 injections (rajouts) à la pompe à 2h. Toujours continuer à s’alimenter quelle que soit la glycémie (sinon, on peut être en hypoglycémie avec toujours de l’acétone et on ne peut plus faire les suppléments)
    • S’il n’y a pas d’amélioration après 2 rajouts à la pompe, reprenez les injections sous cutanées au stylo (arrêt de la pompe). Contactez rapidement votre médecin prescripteur ou votre diabétologue.

• En cas d’oubli de traitement :

  • Antidiabétique oraux : Dans tout les cas, il n’y pas lieu de s’inquiéter, la durée d’action des antidiabétiques oraux est longue (24 à 48h), vous êtes donc couvert par la dernière prise. Pour éviter tout risque de surdosage, ou d’hypoglycémies, mieux vaut reprendre le lendemain vos traitements à dose habituelle. Au pire, vous constaterez une courte période d’hyperglycémie transitoire qui se corrigera à la reprise des doses habituelles.
  • Insuline :
    • Rapide : Si vous avez oublié votre injection de rapide, attendez le prochain repas et la prochaine dose de rapide à majorer pour corriger l’hyperglycémie. Une injection d’insuline rapide dite de rattrapage, en dehors de toute prise alimentaire, vous expose à l’hypoglycémie.
    • Lente :
      • Si oubli constaté le matin : injecter à ce moment 50% de la dose oubliée.
      • Si oubli constaté à midi : injecter à ce moment 100% de la dose oubliée, et ne pas faire l’injection du soir ce jour là.
      • Si oubli constaté le lendemain soir : faire l’injection du soir à sa dose habituelle ou majorée de 20% si la glycémie à ce moment n’est pas satisfaisante.

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