Article réalisé par le Dr Radaoui Amina, Service d’endocrinologie, CH Perpignan
Résumé d’article « SARS CoV2 : un virus diabétogène » par Patricia Thelliez, paru dans le Vidal

Nous savons depuis le début de la pandémie mondiale provoqué par la Covid-19 que le diabète est l’une des pathologies conduisant à un sur risque de forme grave de Covid-19, cette donnée a été confirmée par l’étude française Coronado. Mais l’infection par Covid-19 peut-elle à contrario provoquer un diabète chez des patients non connus diabétiques jusque-là ? 

Nous avons en effet constaté dans notre pratique quotidienne depuis le début de la pandémie, l’éclosion de nouveaux cas de diabète s’apparentant à des formes de diabète de type 1 dans le cadre d’infection Covid-19. Plusieurs observations publiées semblent confirmer cette donnée, notamment le registre international COVIDIAB, mis en place pour mieux comprendre les liens entre Covid-19 et diabète, et la prise en charge de ces diabètes viro-induits.

Plusieurs équipes, en Europe, et en Asie ont rapporté la déclaration d’un diabète chez des sujets jeunes non connus diabétiques dans les suites d’une infection par SARS CoV2 avec une présentation clinique évoquant un diabète de type 1 associant hyperglycémie, syndrome polyuro-polydypsique, vomissements et une acidocétose.

Une infection COVID-19 peut elle provoquer un diabète ? 1

Quels sont les mécanismes physiopathologiques envisagés ?

Plusieurs scientifiques se sont penchés sur les causes de ce diabète de novo au cours de l’infection par Covid-19, les hypothèses en cours d’études sont nombreuses :

  • Tout d’abord nous savons que de nombreux virus, y compris des coronavirus pouvant entrainer un SRAS (syndrome aigu respiratoire sévère) peuvent provoquer des maladies auto-immunes tel que le diabète de type 1.
  • Une autre hypothèse, rappelle que le pancréas est riche en inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2, protéine qui constitue une porte d’entrée du SARS CoV2. Le virus serait ensuite capable de détruire les cellules pancréatiques et de provoquer un diabète aigu.
  • Autre possibilité envisagée, le SARS-Cov2 induit la production de cytokines responsables d’une réponse immunitaire pouvant également entrainer une destruction cellulaire
  • D’autres scientifiques pensent que le virus pourrait par le biais d’une inflammation majeure, altérer la capacité du pancréas à produire de l’insuline, tout en abaissant la sensibilité du foie et des muscles à l’insuline, qui interviennent également dans la régulation de la glycémie.
  • Enfin, une autre protéine, le SARS-Cov2 semble également se lier à la DPP4 (human dipeptyl peptidase 4), ayant un rôle majeur dans le métabolisme du glucose et de l’insuline.

Les résultats et conclusions du registre COVIDIAB, devraient permettre de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques de ces diabètes de novo, leurs prises en charge et leurs évolutions. En attendant ces diabètes semblent associés à un moins bon pronostic de l’infection Covid-19 avec un taux plus élevé de complications et de décès par comparaison aux patients normoglycémiques ou avec un diabète préexistant à l’infection.