L’épidémie Covid-19 bat toujours son plein, l’émergence de nouveaux mutants fait craindre une augmentation de la contagiosité du virus et du nombre de cas, on enregistre de nouveaux records de contaminations aux Etats unis avec 290 000 cas en 24h enregistrés le 09 janvier et une situation critique en Angleterre qui va atteindre la saturation de ses lits hospitaliers dans les prochains jours. Depuis le début de cette pandémie qui plonge le monde dans une crise sanitaire et mondiale sans précédent, une seule bonne nouvelle : le vaccin anti-Covid! N’en déplaise aux antivax, aux complotistes, et leur fakes news qui sèment le doute dans une population française déjà très défiante, c’est aujourd’hui la seule solution concrète et efficace, qui peut nous laisser espérer un retour à la « normale », et une sortie de la pandémie.
Alors que l’efficacité du vaccin ne fait pas de doute, que les données des essais cliniques sont très rassurantes sur son innocuité, et que les pays du monde entier se sont lancés dans une course à la vaccination de masse, la France, pointée du doigt, est à la traine, entre une population méfiante, et un gouvernement en difficulté organisationnelle.. Alors pourquoi un tel retard pour une des premières puissances mondiales ? Pourquoi une telle défiance de la population française?
Voici quelques informations pour mieux comprendre le contexte, et se rassurer !
Le vaccin anti COVID à ARN messager, comment ça marche ?
Cette BD explique simplement et efficacement le principe du vaccin anti-Covid à ARN messager. Elle a été réalisée par un médecin, qui publie régulièrement sur la page Vie de carabin, les sources principales concernant ce sujet sont l’INSERM, l’ANSM et Pubmed.
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La France mauvais élève de la vaccination, les craintes sont elles justifiées ?
Nous n’avons pas attendu le Covid en France pour polémiquer autour des vaccins, en effet la France est malheureusement connue pour cette défiance envers la vaccination, avec une couverture vaccinale jugée insuffisante, voire en baisse pour certaines maladies virales comme la grippe.
Ces craintes sont elles justifiées ?
Alors que les vaccins ont montré depuis des décennies leur efficacité et innocuité, capables d’éradiquer des maladies mortelles comme la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, ou la rougeole. Ils évitent chaque année 2 à 3 millions de décès dans le monde. Les études ont démenti leurs implications dans l’émergence de maladies auto-immunes, comme la sclérose en plaque pour laquelle le vaccin contre l’hépatite B a été incriminé, à tort. Malgré ce, rien y fait, cette défiance est bien installée dans la culture française, alimentée probablement par une défiance générale envers nos gouvernements et les politiques menées jusque-là notamment dans la gestion des crises sanitaires. La défiance est telle, qu’elle divise le monde médical, au point que certains soignants remettent également en cause le principe de vaccination, malgré leurs rôles et responsabilités dans la promotion des politiques de santé publique et la solidarité de masse nécessaires pour l’éradication des maladies. Nous en sommes loin…
La rapidité exceptionnelle de la mise en place du vaccin anti COVID (en moins d’un an, versus une moyenne d’environ 10 ans pour l’élaboration d’un vaccin), alimente sans doute ces craintes.
Pourtant plusieurs éléments justifient cette rapidité et devraient nous rassurer:
• D’abord la lutte contre la COVID et la mise en place d’un vaccin, a mobilisé l’ensemble des scientifiques du monde et des centres de recherche autour de la même cause. L’enjeu économique est tel que des moyens colossaux ont été mis à contribution pour trouver une solution rapide et efficace.
• Grace à l’avènement récent de nouvelles technologies et outils de séquençage, l’étude détaillée d’un génome est beaucoup plus rapide aujourd’hui. Il a fallu seulement 10 jours entre l’apparition du virus COVID en Chine et l’obtention de la totalité de son génome, versus plusieurs semaines voir plusieurs mois avec les anciennes techniques. A titre d’exemple, 2 ans ont été nécessaire pour séquencer le génome complet du virus du VIH.
• Une nouvelle méthode a été préférée pour l’élaboration du vaccin anti-COVID, l’ARN messager. Celle- ci permet aux laboratoires pharmaceutiques une fabrication plus rapide et en plus grande quantité du vaccin, avec pour contrainte majeure le respect de la chaine de froid à très faible température. Pour autant cette méthode est bien connue et utilisée, notamment par le laboratoire Merck pour le vaccin contre l’Ebola. D’autres laboratoires allemands (BioNTech et Curevac) et américains (Moderna) s’y attellent depuis une dizaine d’années pour les vaccins contre la grippe, le virus Zika, ou contre le cytomégalovirus… Au vu des avantages que cette technique présente, les futurs vaccins contre des virus à ARN seront probablement tous élaborés selon cette méthode.
• Autre élément rassurant, la taille des échantillons d’études en phases cliniques. La contagiosité importante du virus est à l’origine de l’importance de la pandémie, avec plus de 84 millions de personnes contaminées dans le monde dont 20 millions aux Etats Unis, pays le plus sévèrement touché et hébergeant les plus gros laboratoires pharmaceutiques. Ces circonstances malheureuses ont permis la constitution rapide d’échantillon massif pour les phases d’essai clinique. Avec des effectifs rarement atteints dans ce type d’étude, allant de 25 à 50 milles personnes. Or nous savons que plus les effectifs testés sont importants dans ce type d’étude, plus le niveau de preuve est haut, notamment en ce qui concerne l’efficacité et l’innocuité d’un traitement.
• Pour rassurer les peurs infondées des antivax, ce vaccin ne contient ni adjuvant ni aluminium.
• Enfin un système de vaccinovigilance renforcé a été mis en place dans le cadre de la campagne vaccinale pour détecter au plus tôt les éventuels effets secondaires non rapportés pendant les études cliniques et les prendre en charge au plus tôt.

A ce stade, six candidats vaccins pour l’Union Européenne :
L’Union Européenne, constituée de 27 Etats membres dont la France, est chargée de garantir l’accès à la vaccination à ses 448 millions de citoyens. C’est la Commission Européenne, en concertation et après accord de l’Agence Européenne du Médicament (EMA), qui négocie donc avec les entreprises pharmaceutiques. A ce stade, 6 candidats vaccins ont été précommandés et seront susceptibles, après accord des agences de sécurité sanitaire, d’être administrés aux personnes qui souhaiteront y avoir accès. Il s’agit des vaccins des entreprises suivantes :

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• Après les vaccins Pfizer-BioNTech, l’agence européenne des médicaments vient d’approuver le vaccin Moderna le 08/01/2021, son arrivée en France devrait être imminente.
• L’Angleterre va approuver prochainement le Vaccin Astra Zeneca, sa conservation facile en frigidaire simple devrait permettre d’accélérer la vaccination de la population.
• Le protocole prévoit 2 injections à 3 semaines d’intervalle pour assurer une immunité de plusieurs mois mais certains pays comme l’Angleterre préfèrent d’ores et déjà repousser la seconde injection pour privilégier la vaccination du plus grand nombre en attendant que les industries pharmaceutiques livrent d’avantages de doses. Il faut tout de même rester prudent, car les études tendent à montrer que la protection après la première dose ne s’élève qu’à 50%, alors qu’elle atteint une efficacité de 95% après la deuxième dose.
• A ce stade, il n’est pas encore possible de savoir si la vaccination contre la Covid-19 sera nécessaire chaque année, d’autant qu’on ne connait pas encore la durée d’efficacité de l’immunité acquise

La stratégie de vaccination française ?
Nous savons que pour atteindre les objectifs de protection de la population générale, une vaccination de masse couvrant au moins 60 à 80% de la population générale doit être réalisée pour espérer une immunité collective et sortir de l’épidémie. Pour autant, la France a opté pour une stratégie de priorisation car les risques d’exposition et de formes graves diffèrent selon les professions et les comorbidités des personnes. D’autre part le gouvernement craignait le manque de doses de vaccin disponibles pour couvrir d’emblée l’ensemble de la population favorable. Enfin la lourde logistique, avec notamment la mise en place d’une consultation pré-vaccinale, et le manque de médecin restent également des facteurs limitants.
Alors que nous débâtons encore sur l’intérêt de la vaccination et son organisation, la France à ce jour, atteint péniblement les 100 000 vaccinés, au même moment les Etats unis avaient déjà vacciné plus de 2 millions d’américains, l’Angleterre a également dépassé le million de vaccinés, l’Italie vient d’atteindre les 650 000 vaccinés, l’Allemagne a également atteint le demi-million, et Israël avec la meilleure stratégie vaccinale mondiale va bientôt compter 20 % de sa population vaccinée soit 2,2 millions d’ici la fin du mois. Les moyens financiers et logistiques ont été déployés pour aller au plus vite, avec la mise en place de vaccinodromes.
Face à cette course contre la montre historique, et la pression médiatique, alors que l’épidémie reprend de plus belle avec de nouveaux confinements en perspective, le gouvernement français a accéléré sa stratégie : en multipliant les centres de vaccinations passant à 600 centres contre 300 centres prévus initialement, en élargissant la réalisation du vaccin à d’autres soignants que les médecins en phase 1 et 2, et en élargissant l’indication selon les phases.

Voici les différentes phases préalablement définies par le gouvernement, qui vont probablement être amenées à changer dans ce contexte :
• 1ière phase de Janvier à fin Février :
Vaccination principalement des résidents EHPAD
• 2ième phase à partir de Mars
Vaccination des:
o Professionnels de Santé en priorisant les plus de 50 ans ou ayant une comorbidité
o Les Personnes âgées de plus de 75 ans, puis
o Les personnes âgées de 65 à 74 ans avec comorbidité, puis
o Les personnes âgées de 65 à 74 ans sans comorbidité

• 3ième phase à confirmer

o Les personnes âgées de plus de 50 ans
o Les patients à risque
o Les personnes ayant une profession indispensable au fonctionnement du pays (sécurité, éducation…)

• 4ième phase à confirmer

o Les personnes fortement exposées dont l’environnement favorise l’infection (contact régulier du public, milieu clos…
o Les personnes vulnérables ou précaires (patient résident en milieu psychiatrique, SDF..)

• 5ième phase à confirmer

o Les personnes âgées de plus de 18 ans
Les enfants ne sont pas concernés pour le moment.
La vaccination restera gratuite et non obligatoire. Le choix devra rester personnel, après concertation et consentement éclairé de chacun.

Face à une crise sans précédent, qui semble s’éterniser, avec une souffrance économique et psychologique de l’ensemble des populations mondiales, l’OMS appelle à une solidarité internationale. Une solution efficace et sans risques majeurs, avec des données scientifiques fiables est enfin à notre portée. L’heure n’est plus aux polémiques infondées, ni à la défiance politique. Alors renseignez vous, triez les informations, vérifiez leurs sources et prenez la bonne décision pour éviter de nouvelles vagues, de nouveaux confinements et l’alourdissement d’un bilan déjà lourd.